Aket · Le journal · Enfants & argent
Enfants & argent
2 guides, 5 situations types et 120 questions sur ce thème dans l’application.
Les guides
L’argent expliqué à ses enfants : 8 repères
L’argent s’apprend aussi à la maison. Entre la tirelire de 7 ans et le premier bail de 22 ans, huit étapes suffisent à donner les bons…
Lire l’articleL’étudiant et l’argent : 7 chiffres
Bourse, job, prêt, impôts, logement : sept nombres que les parents d’un futur étudiant découvrent parfois trop tard, à la rentrée.
Lire l’articleLes situations
Parents d’un adolescent
L’enfant a une carte, un téléphone, bientôt un job d’été. L’argent est devenu invisible, et les parents cherchent comment lui en parler.
Grands-parents qui veulent aider
Des grands-parents aimeraient donner un coup de pouce à leurs petits-enfants, sans léser leurs enfants ni payer de droits inutiles.
Mon enfant est en situation de handicap
Les aides d’abord, la fiscalité ensuite, et une question qui vient tôt et ne quitte plus les parents : qui décidera pour lui, et de quoi vivra-t-il, quand ils ne seront plus là.
Parents d’un petit, 4 à 6 ans
L’enfant demande le prix de tout, croit que la carte fabrique l’argent et pleure quand la pièce ne revient pas. C’est l’âge des premiers gestes, pas des explications.
Mon enfant étudie, je l’aide
L’enfant a quitté la maison pour ses études. Loyer, bourse, aide au logement, rattachement ou pension : les parents paient, et veulent que ça compte au bon endroit.
Les questions et leurs réponses complètes
Les 55 € de différence, c’est…
Léo, 8 ans, a besoin de nouvelles chaussures. Il veut les baskets de son idole, à 90 €, plutôt qu’une paire solide à 35 €. Ses parents lui expliquent la différence.
Les 55 € de différence, c’est…
- Une envie
- Un besoin, comme les chaussures
- Une obligation de l’école
Voir la réponseMasquer la réponse
Avoir des chaussures est un besoin : on ne peut pas s’en passer. Avoir celles de son idole est une envie : c’est agréable, mais d’autres chaussures feraient aussi bien l’affaire. Les 55 € d’écart paient l’envie, pas le besoin. Distinguer les deux aide à décider : on couvre d’abord les besoins, puis on choisit, parmi les envies, celles qui valent vraiment leur prix.
Pourquoi c’est comme ça
La distinction besoin-envie se vérifie dans la vie des enfants : manger, dormir, se chausser, aller à l’école sont des besoins ; la marque, le modèle, la couleur sont des envies. Ce que les parents peuvent ajouter, c’est le prix de l’envie en unités que l’enfant connaît : 55 € d’écart, c’est onze semaines d’un argent de poche de 5 €, ou quatre livres, ou une sortie en famille ; l’enfant ne compare pas 90 et 35, il compare des semaines. La grille se complète vers 10 ans par une troisième catégorie, l’envie qui dure, un vélo, un instrument, et l’envie qui passe, une mode, ce qui aide à trier entre elles.
Jusqu’où ça va
Des familles appliquent une règle simple et stable : les parents paient le besoin, ici 35 €, et l’enfant paie la différence avec son argent de poche ou ses cadeaux s’il tient à l’envie ; la règle a deux effets possibles : l’enfant renonce de lui-même, ou il épargne les 55 € et prend soin de baskets qu’il a payées. La méthode des trois pots, dépenser, épargner, donner, avec des proportions choisies par l’enfant, rend visible que l’argent a plusieurs usages. Les marques, elles, misent sur l’identification à une idole ; la loi interdit la publicité trompeuse et oblige les influenceurs à signaler les partenariats, mais rien n’interdit de vendre l’envie, et c’est bien ainsi : la publicité fait partie du monde où l’enfant apprend à choisir.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Léo, une paire à 35 € payée par ses parents aujourd’hui, et le droit d’économiser 55 € pour les baskets de son idole s’il y tient encore dans onze semaines ; s’il y arrive, elles auront une valeur que les baskets offertes n’auraient pas eue, et s’il change d’avis en route, il aura appris que les envies passent. Ce que la scène coûte aux parents : dix minutes d’explication et un peu de résistance ; ce qu’elle évite : une négociation à chaque rayon pendant dix ans.
Combien de semaines doit-elle attendre ?
Jade, 9 ans, reçoit 5 € d’argent de poche chaque semaine. Elle rêve d’un jeu à 30 €. Elle décide de tout mettre de côté.
Combien de semaines doit-elle attendre ?
- 30 semaines
- 6 semaines
- 3 semaines
Voir la réponseMasquer la réponse
Chaque semaine, Jade ajoute 5 € : 10 € après deux semaines, 20 € après quatre, 30 € après six. Il lui faut six semaines. Attendre demande un peu de patience, mais permet d’acheter plus gros que ce qu’une seule semaine permet. C’est le principe de l’épargne : renoncer à dépenser tout de suite pour dépenser mieux plus tard.
Pourquoi c’est comme ça
La capacité d’un enfant à attendre a été étudiée depuis les années 1970 par l’expérience de la guimauve, où des enfants de 4 ans choisissaient entre une friandise tout de suite et deux plus tard ; sa réplication de 2018 sur un échantillon plus large a montré que l’attente prédit bien moins la réussite future qu’on ne le croyait, le milieu familial et les capacités précoces de l’enfant en expliquant l’essentiel. Six semaines d’épargne construisent chez Jade l’expérience que l’attente paie, à condition que le jeu soit encore là à la fin et que personne ne pioche dans sa boîte. À 9 ans, six semaines sont une durée longue ; les outils qui aident sont un objectif visible, une image du jeu sur la tirelire, et des paliers, la moitié, les trois quarts, fêtés au passage.
Jusqu’où ça va
Certaines familles ajoutent un bonus à l’arrivée, un euro par tranche de cinq épargnés, ou le dernier cinquième offert, ce qui reproduit le principe des intérêts : l’argent qui attend rapporte ; le dosage compte, un bonus trop gros fausse le rapport entre effort et résultat, et il s’applique mieux à un objectif défini d’avance qu’à toute épargne. L’avance sur argent de poche, à l’inverse, apprend le crédit : recevoir le jeu tout de suite et rembourser six semaines de suite, sans rien toucher ; c’est une leçon utile vers 12 ans, à condition de la nommer, avec parfois un petit intérêt, un euro, pour montrer que l’argent d’avance a un prix. Vers 11 ans, passer l’argent de poche au mois allonge l’horizon et rend le budget nécessaire.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Jade, six semaines, un tableau à six cases, et un jeu qui vaut, à ses yeux, 30 € et six semaines ; ce qu’elle apprend vaut plus que le jeu : qu’un objectif se découpe, qu’attendre est possible, et que l’argent mis de côté ne disparaît pas. Si elle change d’avis à la cinquième semaine, c’est aussi un résultat : 25 € pour autre chose, ou pour continuer. La seule règle qui compte pour les parents est de ne pas acheter le jeu à sa place à la troisième semaine.
Lequel coûte le moins cher au kilo ?
Au supermarché, Noah, 10 ans, compare deux paquets de céréales : 500 g à 3 €, ou 1 kg à 5 €. Il pense que le petit paquet est moins cher.
Lequel coûte le moins cher au kilo ?
- Le paquet de 1 kg
- Les deux se valent
- Le paquet de 500 g
Voir la réponseMasquer la réponse
Deux paquets de 500 g coûteraient 6 € pour un kilo. Le grand paquet d’un kilo coûte 5 € : au kilo, il est moins cher. Les étiquettes des magasins affichent ce prix au kilo, ou au litre, en petit sous le prix. C’est lui qui permet de comparer des paquets de tailles différentes. Encore faut-il avoir besoin d’un kilo !
L’explication complète
Le prix au kilo, au litre ou à la pièce est une obligation légale : un produit préemballé vendu au poids ou au volume, s’il figure sur les listes de l’arrêté du 16 novembre 1999, qui couvrent l’essentiel de l’alimentation, de l’hygiène et de l’entretien, doit porter, à côté de son prix de vente, son prix à l’unité de mesure, en caractères lisibles, pour permettre la comparaison entre des paquets de tailles différentes. Pour les conserves et les produits dans un liquide, le prix au kilo se calcule sur le poids net égoutté, ce qui est écrit sur la boîte. Depuis le 1er juillet 2024, les magasins de plus de 400 mètres carrés doivent en outre signaler pendant deux mois, sur l’étiquette ou à côté du produit, qu’un produit a diminué de quantité tandis que son prix au kilo a augmenté, la réduflation : le paquet de céréales qui passe de 500 à 450 grammes au même prix doit le dire.
Les exceptions
Le grand format n’est pas toujours le moins cher : les magasins le savent, et certains formats familiaux ont un prix au kilo plus élevé que le format moyen, ce que seule l’étiquette révèle ; les promotions par lot, deux achetés le troisième offert, font baisser le prix au kilo mais augmentent la dépense, et n’ont d’intérêt que pour ce qu’on consomme avant la date limite. Les marques de distributeur affichent souvent un prix au kilo nettement inférieur à celui des grandes marques pour des produits comparables, ce qui est l’autre lecture que l’étiquette permet. À l’inverse, le prix au kilo ne dit rien du gaspillage : un kilo entamé et jeté à moitié coûte deux fois son prix au kilo ; pour une famille de deux, le petit paquet peut être le bon choix.
Ce que ça change chez vous
Pour Noah, un jeu de courses qui tient dans une consigne : trouver dans le rayon le prix au kilo le plus bas, et le comparer à ce que la famille prend d’habitude ; puis, la fois suivante, repérer les étiquettes de réduflation. À 10 ans, il lit un rayon comme ses parents ne l’ont pas appris à faire, et une liste de courses faite avec ces réflexes allège la note, semaine après semaine.
Combien la libraire doit-elle lui rendre ?
Louise, 8 ans, achète un livre à 7,50 € à la librairie. Elle donne un billet de 10 €.
Combien la libraire doit-elle lui rendre ?
- 2,50 €
- 1,50 €
- 3,50 €
Voir la réponseMasquer la réponse
De 7,50 € à 10 €, il manque 2,50 € : c’est la monnaie à rendre. Une astuce consiste à compter en avançant : 7,50 € plus 50 centimes font 8 €, plus 2 € font 10 €. Vérifier sa monnaie est un geste courant. Payer en espèces rend visible le départ de l’argent, ce qu’une carte bancaire ne montre pas.
L’explication complète
Payer en espèces est un droit : un commerçant qui refuse des pièces ou des billets en euros ayant cours légal commet une contravention, sauf pour un billet ou une pièce suspectés faux ou abîmés ; mais c’est au client de faire l’appoint : la loi met sur le payeur l’obligation de disposer de la monnaie, et le commerçant n’est pas tenu de rendre la monnaie sur un billet de 50 € pour un achat de 2 €. Personne n’est obligé d’accepter plus de 50 pièces pour un seul paiement, et un particulier ne peut pas payer plus de 1 000 € en espèces à un professionnel. La France n’arrondit pas les prix aux cinq centimes : la libraire rend 2,50 € exactement, et une pièce de un centime reste un moyen de paiement.
Les exceptions
Rendre la monnaie en comptant en avançant, du prix vers le billet, est la méthode des caissiers : 7,50 €, puis 8 € avec une pièce de 50 centimes, puis 10 € avec une pièce de 2 € ; l’enfant vérifie en refaisant le chemin. Ce que le calcul apprend dépasse la monnaie : l’ordre de grandeur, l’estimation avant de payer, et la vérification du ticket, sur les promotions non passées ou les articles comptés deux fois. Les paiements par carte, par téléphone ou par montre suppriment l’opération, et avec elle la perception de la dépense.
Ce que ça change chez vous
Pour Louise, un porte-monnaie avec de vraies pièces pour les petits achats, le droit de payer elle-même à la boulangerie et à la librairie, et le réflexe de compter la monnaie avant de la ranger ; le jeu de marchande à la maison, avec les pièces du porte-monnaie, prépare ces moments. Plus tard, quand la carte arrivera, elle saura ce qu’un paiement retire, parce qu’elle l’aura vu partir pièce par pièce.
Où ses 100 € deviennent-ils 102 € au bout d’un an ?
Pour son anniversaire, Nathan, 9 ans, reçoit 100 €. Il peut les garder dans sa tirelire, ou les placer sur un livret à son nom, qui rapporte 2 % par an.
Où ses 100 € deviennent-ils 102 € au bout d’un an ?
- Sur le livret
- Dans la tirelire
- Nulle part
Voir la réponseMasquer la réponse
Dans la tirelire, 100 € restent 100 €. Sur le livret, la banque verse des intérêts : 2 % de 100 €, soit 2 €, au bout d’un an. La banque paie parce qu’elle utilise l’argent déposé, par exemple pour prêter à d’autres. L’année suivante, les intérêts rapportent à leur tour : c’est le début de l’effet boule de neige. La tirelire cache aussi un piège : les prix montent un peu chaque année. La Banque centrale européenne vise 2 % par an. Dans un an, les 100 € de la tirelire achèteront un peu moins de choses qu’aujourd’hui. Les 102 € du livret en achèteront à peu près autant. Garder l’argent sans le placer, c’est le voir fondre doucement.
Pourquoi c’est comme ça
L’argent reçu par un enfant lui appartient : ses parents en sont les administrateurs légaux, ils ouvrent le livret, déposent, retirent pour ses besoins, mais ne peuvent pas s’en servir pour eux ni le donner ; jusqu’aux 16 ans de l’enfant, la loi leur accorde en revanche la jouissance légale des revenus de ses biens, c’est-à-dire que les intérêts du livret leur reviennent en droit. Le Livret A peut être ouvert dès la naissance, au taux de 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, plafonné à 22 950 € ; le livret jeune, de 12 à 25 ans, à un taux fixé par chaque banque au moins égal à celui du Livret A, parfois un peu supérieur, plafonné à 1 600 € ; les intérêts des deux sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, calculés par quinzaine, un dépôt fait le 3 du mois rapportant à partir du 16, et versés le 31 décembre.
Jusqu’où ça va
La tirelire a une vertu que le livret n’a pas : l’enfant voit et touche son argent, et pour un enfant de 9 ans, l’argent qu’on ne voit pas n’existe pas tout à fait ; le livret ajoute deux idées, la banque qui paie pour utiliser l’argent, et le temps qui travaille ; le relevé de fin d’année, avec ses intérêts, est le moment où l’idée devient concrète. L’inflation est la troisième idée, la plus difficile : avec des prix qui montent de 2 % par an, la cible de la Banque centrale européenne, 100 € gardés un an achètent ce que 98 € achetaient ; le livret à 2 % ne fait que compenser, il ne fait pas gagner ; ce qui fait gagner, ce sont des placements qui rapportent plus, avec un risque, ce qui vient bien plus tard. Sur dix ans, 100 € en tirelire perdent près d’un cinquième de leur valeur ; sur le livret, ils la gardent.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Nathan, 20 € en tirelire pour l’usage, 80 € sur un livret à son nom, avec un rendez-vous chaque 1er janvier pour lire le relevé et compter les intérêts ; à 12 ans, le livret jeune pourra prendre le relais, à un taux au moins égal à celui du Livret A. Le geste qui compte pour les parents est de ne jamais puiser dans le livret pour la maison : la confiance dans la banque commence par la confiance dans les parents.
D’où vient l’argent quand on paie par carte ?
En voyant sa mère payer les courses en approchant sa carte, Emma, 7 ans, croit que la carte fabrique de l’argent, puisqu’on ne voit aucun billet.
D’où vient l’argent quand on paie par carte ?
- Du compte en banque de sa mère
- Le magasin l’offre au client
- La carte le fabrique en payant
Voir la réponseMasquer la réponse
Une carte bancaire ne crée pas d’argent. Elle donne l’ordre à la banque de prendre la somme sur le compte de celui qui paie, ici la mère d’Emma. La banque la verse ensuite au magasin. L’argent part aussi sûrement qu’avec des billets, simplement on ne le voit pas. C’est pourquoi on dépense souvent plus facilement avec une carte. Quand le compte est vide, la carte ne peut plus payer, ou crée une dette.
L’explication complète
Quand la carte s’approche du terminal, le magasin envoie en quelques secondes une demande d’autorisation à la banque de l’acheteuse, qui vérifie que le compte ou le plafond permet la dépense et donne son accord ; l’argent est ensuite prélevé sur le compte, le jour même avec une carte à débit immédiat, en fin de mois avec une carte à débit différé, où toutes les dépenses du mois partent d’un coup. Le sans contact par carte, sans code, fonctionne jusqu’à 50 € par paiement ; au-delà, il faut le code, ou l’authentification du téléphone pour un paiement mobile, et après plusieurs paiements consécutifs, ou un cumul de 150 €, la carte demande le code. En cas de perte ou de vol, la loi limite à 50 € ce que le titulaire peut perdre avant de faire opposition, et à rien du tout pour des paiements faits sans le code ; la banque rembourse les opérations non autorisées, sauf négligence grave, comme un code écrit sur la carte.
Les exceptions
Si le compte n’a pas assez d’argent, deux cas : la banque refuse le paiement, ce qui arrive avec les cartes à autorisation systématique, qui interrogent le compte à chaque fois ; ou elle accepte et le compte passe en découvert, autorisé jusqu’à un montant convenu, avec des intérêts, ou non autorisé, avec des commissions d’intervention plafonnées à 8 € par opération et 80 € par mois, plus des frais de rejet eux aussi plafonnés. C’est ainsi qu’une carte crée une dette : elle ne fabrique pas d’argent, elle emprunte celui de la banque. Banques et applications proposent des cartes à autorisation systématique liées à un compte alimenté par les parents, qui voient chaque dépense et fixent des plafonds ; c’est le support qui apprend l’argent invisible, à un âge où l’enfant paie déjà seul.
Ce que ça change chez vous
Pour Emma, le relevé de compte de sa mère, ouvert sur la table après les courses, avec la ligne du supermarché et le montant, puis le solde qui a baissé d’autant : l’argent est parti, il est juste passé par la banque. À 7 ans, l’expérience qui parle est de payer une fois en espèces la même somme et de voir le porte-monnaie se vider ; à 12 ans, ce sera sa propre carte, et le message qui arrive sur le téléphone à chaque dépense fera le même travail que le relevé.
Comment ce jeu gagne-t-il de l’argent ?
Sacha, 10 ans, joue à un jeu gratuit sur la tablette. Le jeu lui propose d’acheter des pierres précieuses pour avancer plus vite. Il se demande comment un jeu gratuit peut gagner de l’argent.
Comment ce jeu gagne-t-il de l’argent ?
- Il n’en gagne pas du tout
- L’État le paie pour les enfants
- Par la publicité et les achats dans le jeu
Voir la réponseMasquer la réponse
Un jeu gratuit coûte cher à fabriquer. Il gagne de l’argent autrement : en affichant de la publicité, et en vendant des objets ou des avantages payés avec de l’argent réel. Les pierres précieuses ne sont pas un jeu : chaque achat débite la carte d’un parent. Les réglages de la tablette permettent de bloquer ces achats.
L’explication complète
Un jeu gratuit se finance par la publicité, vue en échange de bonus, et surtout par les achats intégrés : monnaies du jeu, objets, accélérations ; dans ce modèle, l’immense majorité des joueurs ne paie jamais, et une petite minorité finance l’essentiel, ce qui explique que le jeu soit conçu pour trouver ces joueurs : progression qui ralentit au bout de quelques jours, minuteurs qu’on peut sauter en payant, monnaie intermédiaire, pierres ou gemmes, qui masque le prix en euros, coffres à contenu aléatoire proches d’un jeu de hasard, et offres limitées dans le temps.
Les exceptions
Un achat fait par un enfant de 10 ans avec la carte d’un parent est un contrat annulable : le mineur ne peut contracter seul que les actes de la vie courante, et l’achat de pierres précieuses n’en est pas un ; les boutiques d’applications examinent les demandes de remboursement d’achats non autorisés, faites depuis l’historique des achats, et la banque peut contester une opération non autorisée. Les réglages sont plus sûrs que les recours : sur les deux systèmes de tablette, l’option qui exige l’accord d’un parent ou un mot de passe pour chaque achat, la carte non enregistrée, ou un compte enfant sans moyen de paiement ; et le pictogramme PEGI « achats intégrés » sur la fiche du jeu dit d’avance ce que le jeu vendra. Une carte cadeau à montant fixe, si l’enfant veut dépenser, borne la dépense.
Ce que ça change chez vous
Pour Sacha, le prix des pierres traduit en euros, puis en semaines d’argent de poche : un pack à 9,99 € vaut deux semaines à 5 €, et le pack qui fait avancer d’un niveau vaut un livre ou une place de cinéma ; à ce prix, l’envie retombe souvent. Ce qu’il comprend en plus, c’est que le jeu est fait pour lui vendre quelque chose, comme un magasin, et qu’un jeu où l’on n’a jamais besoin de payer pour avancer existe aussi, au prix d’un achat unique.
Combien coûte le jouet soldé ?
Pendant les soldes, un jouet affiché 40 € est vendu « moins 50 % ». Rose, 9 ans, veut savoir combien il coûte vraiment.
Combien coûte le jouet soldé ?
- 35 €
- 20 €
- 10 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Moins 50 %, c’est la moitié du prix en moins. La moitié de 40 €, soit 20 €, est retirée : il reste 20 € à payer. Une réduction n’est une affaire que si l’on voulait déjà l’objet. Acheter parce que c’est soldé revient à dépenser 20 € qu’on n’aurait pas dépensés. La loi oblige d’ailleurs le magasin à calculer la réduction à partir d’un vrai prix de référence.
C. consom. art. L.112-1-1
L’explication complète
Un pourcentage de réduction se calcule à partir du prix de départ : moins 50 %, la moitié en moins ; moins 25 %, le quart ; moins 10 %, le dixième ; moins 30 %, trois fois le dixième ; ainsi 40 € moins 30 % font 28 €, et 40 € moins 70 % font 12 €. Les magasins affichent le pourcentage parce qu’il frappe plus que le prix final, et enchaînent parfois deux réductions, moins 50 % puis moins 20 % supplémentaires, qui ne font pas moins 70 % mais moins 60 %, la seconde s’appliquant au prix déjà réduit. La loi impose que toute annonce de réduction indique le prix antérieur, qui est le prix le plus bas pratiqué par le vendeur au cours des trente jours précédant la réduction : un magasin ne peut plus gonfler un prix la veille des soldes pour afficher une fausse remise, et la répression des fraudes le contrôle.
Les exceptions
Les soldes ont lieu deux fois par an, quatre semaines chacune, en janvier à partir du deuxième mercredi, le premier s’il tombe après le 12, et en juin à partir du dernier mercredi, l’avant-dernier s’il tombe après le 28, sauf dates décalées dans certains départements ; c’est l’une des exceptions à l’interdiction de vendre à perte, comme les fins de saison, ce qui explique les vraies affaires, sur des articles proposés à la vente et payés depuis au moins un mois. Hors soldes, les promotions et ventes privées suivent la même règle des trente jours mais sans vente à perte. Un article soldé reste couvert par la garantie légale de conformité de deux ans, et la mention « ni repris ni échangé » ne vaut que pour un changement d’avis, pas pour un défaut ; en ligne, le droit de rétractation de quatorze jours s’applique aussi aux soldes.
Ce que ça change chez vous
Pour Rose, 20 € à payer, et une seule question qui vaut pour tous les rayons : l’aurait-elle voulu à 40 € ? Si oui, elle a gagné 20 € ; si non, elle a dépensé 20 €. Les enfants retiennent cette formulation mieux que les pourcentages, et elle leur sert ensuite pour les promotions des jeux, des vêtements et des abonnements. Le calcul à la main, la moitié, le quart, le dixième, se pratique dans le magasin, avant la caisse ; c’est un exercice de mathématiques qui a l’avantage de servir.
Combien d’intérêts touchera-t-il en un an ?
Gabin, 12 ans, a 200 € sur son livret, qui rapporte 1,7 % par an. Il espère gagner 30 € d’intérêts en un an.
Combien d’intérêts touchera-t-il en un an ?
- 30 €
- 0,17 €
- 3,40 €
Voir la réponseMasquer la réponse
1,7 %, c’est 1,70 € pour 100 €. Sur les 200 € de Gabin, cela fait 3,40 € par an. Pour gagner 30 €, il faudrait près de 1 800 € placés, ou un taux neuf fois plus élevé. Les intérêts d’un livret sont modestes, mais sûrs. Ils s’ajoutent chaque année au capital, et rapportent à leur tour l’année suivante.
Pourquoi c’est comme ça
À 12 ans, Gabin a accès à deux livrets réglementés : le Livret A, à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, plafonné à 22 950 €, et le livret jeune, réservé aux 12-25 ans, dont le taux est fixé librement par chaque banque sans pouvoir être inférieur à celui du Livret A, parfois un peu supérieur selon les établissements, plafonné à 1 600 € ; les intérêts des deux sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, et les fonds disponibles à tout moment. Les intérêts se calculent par quinzaine : un dépôt fait entre le 1er et le 15 rapporte à partir du 16, un dépôt fait après le 15 à partir du 1er du mois suivant, et un retrait cesse de rapporter dès la quinzaine où il est fait ; déposer un 15 et retirer un 1er limite donc les jours sans intérêts. Les intérêts sont ajoutés au capital le 31 décembre et rapportent à leur tour l’année suivante.
Jusqu’où ça va
Cette capitalisation est lente à un taux de livret : la règle de 72, où l’on divise 72 par le taux, donne le nombre d’années pour doubler, 42 ans à 1,7 %, 24 ans à 3 %, 10 ans à 7 %, ce qui montre à un enfant pourquoi les livrets protègent l’argent plus qu’ils ne le font croître, et pourquoi d’autres placements, plus risqués, existent pour le long terme. L’autre comparaison est l’inflation, la hausse des prix : 1,6 % par an en moyenne de 2005 à 2025, 2,4 % sur un an en août 2026, selon l’Insee ; à ce dernier rythme, un livret à 1,7 % fait perdre un peu de pouvoir d’achat, un livret jeune mieux payé, à 2,5 % par exemple, en fait gagner un peu ; le taux du Livret A est d’ailleurs calculé, deux fois par an, à partir de l’inflation et des taux à court terme. Pour gagner 30 € par an, il faudrait 1 000 € sur un livret à 3 %.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Gabin, 200 € placés sur un livret jeune à 2,5 %, si sa banque le propose, plutôt que sur le Livret A rapportent 5 € au lieu de 3,40 €, et un versement de 10 € par mois, déposé avant le 15, y ajoute 120 € par an ; en six ans, à ses 18 ans, il aura près de 1 000 € en ayant vu l’effet des intérêts sur les intérêts. Un tableau tenu chaque 1er janvier, capital, intérêts de l’année, total, sur une page, est la meilleure leçon de finance qu’un adolescent puisse recevoir, parce que ce sont ses chiffres.
Combien lui reste-t-il à la fin du mois ?
Anna, 13 ans, reçoit 20 € d’argent de poche par mois. Elle va deux fois au cinéma, à 5 € la séance, et dépense 6 € en goûters. Elle se demande ce qui lui reste.
Combien lui reste-t-il à la fin du mois ?
- 9 €
- 14 €
- 4 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Deux séances à 5 € font 10 €. Avec 6 € de goûters, Anna a dépensé 16 € sur ses 20 € : il lui reste 4 €. Tenir un budget, c’est simplement comparer ce qui entre et ce qui sort. Noter ses dépenses permet de voir où part l’argent, et de décider à l’avance ce qu’on garde de côté.
L’explication complète
Un budget tient en trois lignes, ce qui entre, ce qui sort, ce qui reste, et la seule difficulté est de le tenir avant de dépenser et non après : les méthodes qui fonctionnent avec les adolescents rendent le plan physique. Les enveloppes, une par poste, sorties, goûters, cadeaux, épargne, avec l’argent du mois réparti le premier jour ; les trois pots, dépenser, épargner, donner, avec des proportions choisies ; et la règle des adultes qui s’applique tôt, se payer en premier : l’épargne est mise de côté dès la réception, 4 € sur 20, et le reste se dépense sans culpabilité. Le passage de l’argent de poche à la semaine au mois, vers 11 ans, est ce qui rend le budget nécessaire : avec 20 € le 1er, il faut que le cinéma du 25 soit encore possible.
Les exceptions
Le montant compte moins que le périmètre : un argent de poche qui ne couvre rien n’apprend rien, et des familles élargissent progressivement ce que l’adolescent paie lui-même, ses sorties, ses goûters, puis vers 14 ans une partie de ses vêtements ou son forfait téléphonique, avec un montant augmenté en conséquence, ce qui lui transfère des arbitrages réels : les baskets ou trois sorties. Les cartes pour adolescents avec suivi sur le téléphone des parents remplacent le carnet : chaque dépense s’affiche, classée, et l’adolescent voit son solde avant de payer ; elles permettent aussi les virements de l’argent de poche à date fixe, et un plafond. Le carnet reste utile un mois par an, parce qu’écrire la dépense oblige à la regarder.
Ce que ça change chez vous
Pour Anna, un mois de carnet, chaque dépense notée le jour même, puis un dimanche pour lire la liste : les goûters à 6 € par mois peuvent être le poste qui surprend, parce qu’il est fait de petites sommes ; le cinéma, lui, est un choix. Le mois suivant, 4 € mis de côté le 1er, deux cinémas prévus, et 6 € pour le reste ; les 4 € qui restent chaque mois font 48 € par an, de quoi financer un projet qu’elle choisit. Le budget d’un adolescent n’a pas d’autre but que celui-là : décider avant.
Que signifie cette mention ?
Sur les réseaux sociaux, l’influenceuse préférée d’Ambre, 13 ans, montre un sérum « trop bien » et un code promo. En petit, il est écrit « collaboration commerciale ».
Que signifie cette mention ?
- Que le produit est gratuit
- Que la marque la paie pour en parler
- Qu’elle a acheté le produit elle-même
Voir la réponseMasquer la réponse
« Collaboration commerciale » ou « publicité » signifie que la marque paie l’influenceuse pour présenter son produit, en argent ou en produits. Depuis 2023, la loi l’oblige à l’indiquer clairement. Elle lui interdit aussi de promouvoir certains produits, comme la chirurgie esthétique. Son avis n’est donc pas neutre : c’est une publicité, même si elle semble spontanée.
Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023
L’explication complète
Depuis juin 2023, toute personne qui, contre rémunération ou avantage en nature, promeut un produit ou un service sur les réseaux sociaux exerce l’activité d’influence commerciale et doit faire apparaître la mention « publicité » ou « collaboration commerciale », de façon claire, lisible et identifiable, ou une mention équivalente adaptée au format, dès que l’intention commerciale ne ressort pas du contexte ; la loi interdit la promotion de la chirurgie et de la médecine esthétiques, des produits financiers risqués et des cryptoactifs hors acteurs agréés, des paris sportifs et jeux d’argent sur les plateformes accessibles aux mineurs, des produits contenant de la nicotine, et des abonnements à des pronostics sportifs ; elle oblige l’influenceur à signaler les images retouchées ou générées par l’ordinateur. Ces manquements sont punis de deux ans de prison et 300 000 € d’amende, un an et 4 500 € pour les images retouchées non signalées, et la répression des fraudes publie les noms des influenceurs sanctionnés.
Les exceptions
Un code promo n’est pas une faveur : il permet à la marque de compter les ventes apportées par l’influenceuse, qui peut être payée en fonction de ces ventes, ce qui fait de chaque « trop bien » un argument de vente. Les enfants de moins de seize ans qui gagnent de l’argent par des vidéos en ligne sont protégés par une loi de 2020 : quand ils travaillent pour un employeur, une part de leurs revenus est placée à la Caisse des dépôts jusqu’à leur majorité, sans que leurs parents puissent en disposer, et ils ont un droit à l’effacement de leurs vidéos. Ce qu’une adolescente apprend à regarder : la mention, le code, le prix hors code chez d’autres vendeurs, et la question de savoir si l’influenceuse utiliserait le produit sans être payée.
Ce que ça change chez vous
Pour Ambre, trois questions devant le sérum : est-ce une publicité, ce que la mention dit ; combien coûte-t-il ailleurs, ce que deux minutes de recherche disent ; et l’aurait-elle voulu sans la vidéo ? Le sérum peut être bon, la publicité n’est pas un mensonge, c’est une vente ; ce qu’Ambre gagne à le savoir, c’est de décider elle-même. Les parents qui regardent quelques vidéos avec elle, en cherchant la mention ensemble, font plus qu’une interdiction.
De quoi s’agit-il ?
Manon, 12 ans, reçoit un message : « Félicitations, tu as gagné un téléphone ! Paie seulement 2 € de frais de livraison avec la carte de tes parents. »
De quoi s’agit-il ?
- D’un vrai cadeau
- D’une arnaque
- D’un jeu-concours obligatoire
Voir la réponseMasquer la réponse
Personne n’offre un téléphone contre 2 € de frais : c’est une arnaque. Le but est d’obtenir les numéros de la carte bancaire, puis de prélever bien plus, souvent chaque mois par un abonnement caché. Les vrais jeux-concours ne demandent jamais de payer pour recevoir un lot.
L’explication complète
Le message de Manon est un hameçonnage : le téléphone n’existe pas, et les 2 € servent à faire saisir un numéro de carte, sa date et son code de sécurité, qui seront ensuite utilisés pour des achats ou un abonnement mensuel dissimulé dans les conditions du « jeu » ; les variantes visant les jeunes vont du colis en attente au compte de jeu à débloquer, en passant par le faux message d’un ami. Un paiement fait avec ces données sans l’accord du titulaire est une opération non autorisée : la banque doit la rembourser au plus tard le jour ouvré suivant le signalement, sauf si elle prouve une négligence grave, comme la communication volontaire du code confidentiel ; saisir son numéro sur un site frauduleux n’est pas automatiquement une négligence grave, appréciée au cas par cas, la banque devant la prouver et remboursant en entier si elle n’a pas exigé d’authentification forte.
Les exceptions
L’abonnement caché se repère sur le relevé, un prélèvement du même montant chaque mois d’un nom inconnu ; il se signale à la banque, qui fait opposition et remplace la carte ; les prélèvements que la victime n’a pas autorisés se remboursent, sauf négligence grave, et se signale sur SignalConso ; les paiements en ligne sont soumis à une authentification forte, obligatoire depuis 2019, validation sur l’application de la banque, que les fraudeurs contournent en obtenant le code par téléphone, d’où la règle que la banque n’appelle jamais pour demander un code. Un SMS suspect se transfère au 33700, un courriel ou un site à Pharos, et cybermalveillance.gouv.fr guide les victimes ; une plainte est possible et utile pour les remboursements. Une carte virtuelle à usage unique, ou une carte prépayée pour les achats de l’enfant, limitent la perte à ce qu’elle contient.
Ce que ça change chez vous
Pour Manon, ce qui trahit l’arnaque tient en une phrase : un cadeau ne se paie pas, et la carte des parents ne se tape nulle part ; le message se montre à un adulte, puis se transfère au 33700 et s’efface. Pour les parents, un relevé lu chaque mois, l’authentification forte activée, et une carte séparée pour les achats en ligne de la famille ; si des numéros ont été saisis, l’opposition tout de suite, puis la demande de remboursement écrite à la banque, tenue de rembourser sauf négligence grave qu’elle doit prouver.
Les parents peuvent-ils faire annuler la vente ?
Avec ses économies, Évan, 14 ans, achète seul sur un site une console d’occasion à 350 €. Ses parents, qui n’étaient pas d’accord, veulent annuler la vente.
Les parents peuvent-ils faire annuler la vente ?
- Oui, ce n’est pas un achat courant
- Non, l’argent était à lui
- Non, un mineur peut tout acheter
Voir la réponseMasquer la réponse
Un mineur peut faire seul les actes de la vie courante que l’usage lui permet, à des conditions normales. C’est le cas d’un goûter, d’un livre ou d’une place de cinéma. Pour un adolescent de 14 ans, une console à 350 € dépasse ce cadre. Ses parents peuvent demander l’annulation de la vente et la restitution du prix, contre le retour de la console. L’argent de ses économies appartient à Évan, mais ses parents le gèrent jusqu’à sa majorité.
C. civ. art. 1148 · C. civ. art. 1147
L’explication complète
Le mineur non émancipé est incapable de contracter, sauf pour les actes courants autorisés par la loi ou l’usage, à condition qu’ils soient conclus à des conditions normales : les juges retiennent l’âge, le montant par rapport aux ressources d’un adolescent, la nature de l’objet et l’usage social ; une place de cinéma, un livre, un vêtement à 14 ans, oui ; une console à 350 € entre particuliers, en général non, à apprécier selon ses ressources et l’usage. La sanction est la nullité relative : seuls le mineur ou ses représentants légaux peuvent la demander, pendant cinq ans à compter de sa majorité, et le vendeur, lui, ne peut pas s’en prévaloir ; il peut en revanche faire obstacle à la nullité s’il prouve que l’acte était utile au mineur et sans lésion, ce qu’un prix d’occasion normal peut établir.
Les exceptions
Les restitutions se font dans les deux sens, la console contre le prix, mais celles dues par le mineur sont réduites à proportion du profit qu’il a retiré de l’acte : s’il a abîmé ou revendu la console, il ne restitue qu’à proportion du profit qu’il en a tiré, apprécié par le juge, le prix de revente qu’il a encore par exemple, ce qui rend le vendeur perdant et explique que le droit décourage de contracter avec des mineurs. En pratique, entre particuliers, la nullité s’obtient par une lettre au vendeur invoquant la minorité, puis, s’il refuse, par une action devant le tribunal judiciaire ; les plateformes, elles, suspendent le compte ouvert par un mineur et peuvent annuler la transaction si le paiement est passé par leur système. L’argent des économies d’Évan lui appartient, mais ses parents l’administrent : un achat de cette importance relève d’eux.
Ce que ça change chez vous
Pour les parents d’Évan, une lettre au vendeur, avec la preuve de l’âge, demandant la reprise de la console et le remboursement, ce que la plupart acceptent en apprenant qu’ils ont vendu à un mineur, parce qu’ils savent que la vente est fragile ; à défaut, un signalement à la plateforme. Et une décision de famille sur ce qu’Évan peut acheter seul, avec un plafond, 50 € ou 100 €, au-delà duquel il en parle avant : la règle légale est floue, celle de la maison peut être nette.
La banque pouvait-elle accepter ?
Iris, 16 ans, a 1 200 € sur un Livret A qu’elle a ouvert elle-même à 12 ans. Elle veut retirer 300 € seule pour un voyage scolaire. La banque accepte ; son père s’en étonne.
La banque pouvait-elle accepter ?
- Non, il faut l’accord des parents jusqu’à 18 ans
- Oui, à tout âge
- Oui, dès 16 ans, sauf opposition des parents
Voir la réponseMasquer la réponse
Un mineur peut avoir un livret à son nom. Avant 16 ans, ses retraits demandent l’accord de ses parents. À partir de 16 ans, il peut retirer seul sur un livret qu’il a ouvert lui-même. Seule exception : si ses parents s’y sont opposés auprès de la banque. Iris pouvait donc retirer ses 300 €. L’argent du livret lui appartient. Ses parents le gèrent jusqu’à sa majorité, mais ne peuvent pas s’en servir pour eux.
CMF art. L.221-3
L’explication complète
Un mineur peut se faire ouvrir un Livret A sans l’intervention de ses parents, et y déposer ; il peut retirer seul les sommes figurant sur ce livret ouvert par lui après seize ans révolus, sauf opposition de son représentant légal, opposition qui se notifie à la banque par écrit et vaut jusqu’à sa levée ; avant seize ans, chaque retrait suppose la signature d’un parent. Le livret jeune suit la même règle, quel que soit celui qui l’a ouvert ; le compte courant, lui, s’ouvre avec l’autorisation des parents, à un âge que fixe chaque banque, avec une carte à autorisation systématique, et l’adolescent y gère seul les dépenses dans les limites fixées. La banque d’Iris a donc appliqué la loi : à 16 ans, sur un livret ouvert par elle et sans opposition enregistrée, le retrait lui appartenait. Les parents restent administrateurs des biens de leur fille jusqu’à 18 ans, mais l’usage courant de son épargne lui est ouvert deux ans plus tôt.
Les exceptions
Seize ans est aussi l’âge où cesse la jouissance légale : jusque-là, les revenus des biens de l’enfant, les intérêts du livret, reviennent en droit aux parents ; après, ils sont à l’enfant, comme l’est depuis toujours l’argent qu’il gagne par son travail, sur lequel les parents n’ont jamais eu de jouissance. Le père d’Iris peut faire opposition, mais l’opposition porte sur les retraits, pas sur la propriété : l’argent reste à Iris, et à 18 ans elle en disposera sans condition ; une opposition non expliquée peut devenir la source d’un premier conflit d’argent, quand une règle convenue, un plafond de retrait ou une information avant un gros retrait, ne l’est pas.
Ce que ça change chez vous
Pour Iris et son père, une conversation plutôt qu’une opposition : les 300 € du voyage sont un usage raisonnable de son épargne, et une règle pour la suite, un retrait au-delà de 200 € annoncé avant, tient lieu de contrôle sans passer par la banque. À 18 ans, elle aura un peu plus de 900 € et l’habitude de décider ; c’est l’objectif du livret. Si le père voulait protéger une somme importante, une donation ou un héritage, ce serait un autre outil, avec une clause confiant la gestion à un tiers jusqu’à la majorité.
Combien touchera-t-il vraiment sur son compte ?
Pour son premier job d’été, Yanis, 17 ans, signe un contrat à 1 900 € brut par mois. Il prévoit déjà de dépenser 1 900 € pendant ses vacances.
Combien touchera-t-il vraiment sur son compte ?
- Environ 1 480 €
- 1 900 €
- Environ 900 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Le salaire brut est celui du contrat. Le net est ce qui arrive sur le compte. Entre les deux, les cotisations de retraite et la CSG-CRDS financent la protection sociale, retraite, maladie et chômage compris. Pour un salarié du privé, elles représentent environ 22 % du brut. Sur 1 900 €, Yanis touchera donc environ 1 480 €. Sa fiche de paie détaille chaque ligne. Jeune et étudiant, il ne paiera en principe pas d’impôt sur ce salaire.
L’explication complète
Entre le brut et le net, la fiche de paie retire les cotisations à la charge du salarié : assurance vieillesse de base, retraite complémentaire, et la CSG et la CRDS, qui financent la protection sociale ; l’assurance maladie et le chômage n’ont plus de part salariale depuis 2018, mais restent financés par les cotisations de l’employeur et la CSG. L’ensemble représente environ 22 % du brut pour un salarié non cadre, 1 900 € devenant environ 1 480 € nets ; l’employeur paie de son côté des cotisations patronales de plus de 40 % du brut au taux plein, presque entièrement effacées près du SMIC par la réduction générale, ce qui porte le coût d’Yanis pour son employeur à un peu plus de 2 000 €. Un mineur peut être payé moins que le SMIC : 80 % avant 17 ans, 90 % de 17 à 18 ans, sauf s’il a six mois de pratique dans la branche ; un contrat à 1 900 € brut pour un temps plein à 17 ans est au-dessus du minimum.
Les exceptions
Les salaires perçus par les jeunes de moins de 26 ans au 1er janvier, élèves et étudiants, en rémunération d’une activité exercée pendant leurs études ou leurs vacances, sont exonérés d’impôt sur le revenu dans la limite de trois SMIC mensuels bruts par an, environ 5 500 € en 2026, sur option dans la déclaration, qu’Yanis reste à charge de ses parents ou soit imposé à part ; au-delà, l’excédent est imposé. Son employeur applique le prélèvement à la source au taux non personnalisé de la grille, faute de taux propre, nul pour un mois payé au SMIC, et régularisé l’année suivante. Un job d’été ouvre déjà des droits : un trimestre de retraite par tranche de 150 heures payées au SMIC, soit un trimestre pour environ 1 800 € bruts en 2026, et Yanis en valide un avec son mois.
Ce que ça change chez vous
Pour Yanis, 1 480 € et non 1 900 € : un budget de vacances construit sur le brut dépasse de plus d’un quart ce qui arrivera, et la fiche de paie, lue ligne à ligne avec un parent, montre où sont partis les 420 €, retraite, CSG, et ce qu’ils achètent, un trimestre de retraite à 17 ans. Si son employeur lui propose un second mois, le plafond d’exonération d’environ 5 500 € couvre encore ses deux salaires : au printemps prochain, rien n’est à inscrire dans la déclaration de ses parents, où ses salaires ne sont pas préremplis.
Combien remboursera-t-il au total ?
À 18 ans, Mathéo emprunte 1 000 € sur deux ans pour acheter un scooter, à un taux de 15 % par an. Il pense rembourser 1 000 € en tout.
Combien remboursera-t-il au total ?
- Environ 1 160 €
- 1 000 €
- Environ 1 300 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Un crédit se rembourse avec des intérêts : c’est le prix de l’argent prêté. À 15 % par an, les 24 mensualités d’environ 48 € font à peu près 1 160 €. Le scooter coûte donc 160 € de plus. Plus le taux est élevé et la durée longue, plus l’écart grandit. Un crédit à la consommation coûte en moyenne bien plus cher qu’un prêt immobilier. Un paiement en plusieurs fois avec frais coûte davantage encore.
Pourquoi c’est comme ça
Le taux d’un crédit s’exprime en taux annuel effectif global, qui comprend les intérêts, les frais de dossier et l’assurance si elle est exigée ; il ne peut pas dépasser le taux d’usure calculé chaque trimestre par la Banque de France, 23,60 % au quatrième trimestre 2026 pour un prêt jusqu’à 3 000 €. Avant la signature, le prêteur remet une fiche d’information standardisée, vérifie la solvabilité de l’emprunteur, ses revenus, ses charges, et consulte le fichier des incidents de remboursement ; l’emprunteur dispose ensuite de quatorze jours pour se rétracter sans motif, le vendeur n’étant pas tenu de livrer le scooter, si le crédit est affecté à l’achat, avant l’issue de ce délai, sauf demande expresse de livraison immédiate. Un prêt de 1 000 € sur deux ans, à un taux nominal de 15 % sans frais, se rembourse par vingt-quatre mensualités d’environ 48,50 €, 1 164 € en tout, soit un TAEG d’environ 16,1 % ; à un TAEG de 15 %, ce serait environ 48 € par mois et 1 153 € en tout.
Jusqu’où ça va
Le paiement en trois ou quatre fois proposé par les magasins et les sites échappe encore aux règles du crédit s’il ne dépasse pas trois mois et ne coûte rien ou presque, jusqu’au 19 novembre 2026, et entre dans le crédit à la consommation pour les contrats conclus à partir du 20 novembre 2026 ; au-delà de ces limites, c’est un crédit ordinaire, soumis au TAEG et à l’usure, avec des frais qui, rapportés à l’année, font parfois un taux élevé. Un retard de paiement entraîne des pénalités, 8 % des échéances impayées au plus, ou 8 % du capital restant dû si le prêteur exige tout, et des impayés égaux à deux mensualités, non régularisés dans les trente jours suivant l’avertissement du prêteur, conduisent à l’inscription au fichier des incidents pour cinq ans au plus, ce qui ferme en pratique l’accès au crédit, y compris au futur prêt immobilier. Le remboursement anticipé d’un crédit à la consommation est libre et sans frais jusqu’à 10 000 € remboursés sur douze mois : un jeune qui reçoit une prime peut solder le prêt et économiser les intérêts restants. Pour les personnes sans accès au crédit bancaire, le microcrédit personnel, jusqu’à 8 000 € sur sept ans au plus, à un taux fixé par la banque, accompagné par une association, finance un véhicule nécessaire à un emploi ou une formation.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Mathéo, 1 164 € pour un scooter à 1 000 €, 164 € d’intérêts ; en épargnant 100 € par mois, il l’aurait payé 1 000 € en dix mois, ou, en empruntant sur douze mois au lieu de vingt-quatre, 1 083 € ; la durée coûte autant que le taux. Le crédit devient raisonnable quand le scooter sert à un travail qui rapporte plus que les intérêts ; s’il signe malgré tout, la fiche d’information, le TAEG écrit et les quatorze jours sont ses trois protections.
De quoi s’agit-il le plus probablement ?
Sur un réseau social, un inconnu promet à Lilou, 16 ans, de doubler son argent en quelques semaines grâce à une cryptomonnaie : « 10 % par semaine, garanti ». Il suffit de lui envoyer 200 €.
De quoi s’agit-il le plus probablement ?
- D’une arnaque
- D’un livret en ligne
- D’un bon placement
Voir la réponseMasquer la réponse
Aucun placement honnête ne garantit 10 % par semaine : ce serait des milliers de pour cent par an. Plus un rendement promis est élevé et « garanti », plus le risque d’arnaque est grand. L’Autorité des marchés financiers publie des listes noires de sites frauduleux.
L’explication complète
Dix pour cent par semaine, composés, multiplient une mise par plus de cent quarante en un an : 200 € deviendraient 28 000 €, et n’importe qui disposant d’un tel rendement n’aurait aucun besoin des 200 € de Lilou. Les seules structures qui versent des gains pareils pendant quelques semaines sont des pyramides : les premiers déposants sont payés avec l’argent des suivants, publient leurs captures d’écran, recrutent, et tout s’arrête quand les entrées ne couvrent plus les sorties ; l’argent envoyé en cryptomonnaie vers un portefeuille inconnu est irrécupérable, la transaction ne pouvant être annulée. Depuis le 1er juillet 2026, au terme de la transition ouverte en décembre 2024, tout prestataire de services sur cryptoactifs en Europe doit être agréé, et l’Autorité des marchés financiers tient un registre des acteurs autorisés et une liste noire des sites signalés, consultables en deux minutes ; un inconnu sur un réseau social n’est ni l’un ni l’autre.
Les exceptions
Les approches qui visent les adolescents se ressemblent : un compte à l’apparence riche, une conversation amicale de quelques jours, une première mise faible, un premier gain versé pour établir la confiance, puis la demande d’un montant plus important, emprunté aux parents ou pris sur un livret, et enfin des frais à payer pour retirer les gains, qui ne viendront jamais ; certaines pratiques ajoutent une seconde arnaque, un « récupérateur » qui promet de retrouver l’argent contre des frais. La loi interdit aux influenceurs de promouvoir des cryptoactifs sans acteur agréé ; l’escroquerie est punie de cinq ans de prison ; la plainte reste utile, pour les enquêtes et parfois pour les remboursements bancaires si un virement a été forcé.
Ce que ça change chez vous
Pour Lilou, une réponse en une ligne et un blocage du compte, puis le signalement sur Pharos ; les 200 € gardés valent plus que tout ce que la conversation promettait. Ce que ses parents peuvent faire avec elle : ouvrir la liste noire de l’AMF, chercher le nom cité, et lire deux témoignages de victimes de son âge ; à 16 ans, un livret jeune, payé au moins autant que le Livret A, accueille l’argent qu’on veut faire fructifier, et, à 18 ans, un PEA en versements réguliers, où 10 % est un bon rendement par an, pas par semaine.
Ce salaire augmente-t-il l’impôt du foyer ?
Lycéenne de 17 ans à la charge de ses parents, Capucine gagne 3 000 € pendant l’été. Ses parents craignent que ce salaire fasse grimper l’impôt du foyer.
Ce salaire augmente-t-il l’impôt du foyer ?
- Non, dans une limite, il est exonéré
- Oui, il s’ajoute aux revenus des parents
- Oui, il est taxé à part à 10 %
Voir la réponseMasquer la réponse
Les salaires d’un jeune de 25 ans au plus, gagnés pendant ses études ou ses vacances scolaires, sont exonérés d’impôt. La limite est de trois fois le SMIC mensuel par an. Les 3 000 € de Capucine restent sous cette limite. Ils ne sont pas imposés, même si elle reste rattachée à ses parents. Seule la partie qui dépasserait le plafond serait à déclarer.
CGI art. 81
L’explication complète
Les salaires versés aux élèves et étudiants âgés de 25 ans au plus au 1er janvier de l’année d’imposition, en rémunération d’une activité exercée pendant leurs études ou leurs congés, sont exonérés d’impôt sur le revenu, sur option, dans la limite annuelle de trois fois le SMIC mensuel brut, environ 5 500 € en 2026 ; la limite s’apprécie par jeune et par an, tous employeurs confondus, et seul l’excédent est imposable. L’option s’exerce dans la déclaration : les salaires d’un enfant à charge ou rattaché n’y sont pas préremplis, et le déclarant inscrit seulement l’excédent, zéro pour 3 000 € ; l’exonération vaut que la jeune soit rattachée au foyer de ses parents, comme c’est possible avant 21 ans au 1er janvier, ou 25 ans si elle poursuit des études, ou qu’elle déclare seule. Elle ne s’applique pas aux salaires d’apprentissage ni de contrat de professionnalisation, ni à un emploi qui marque le début d’une vraie carrière ; un job régulier pendant l’année d’études reste éligible.
Les exceptions
Le rattachement donne aux parents une demi-part, une part entière à partir du troisième enfant, plafonnée à 1 807 € d’économie d’impôt par demi-part pour les revenus de 2025 ; l’alternative, pour un enfant majeur qui déclare seul, est la déduction d’une pension alimentaire versée, dans la limite de 6 855 € par an pour les revenus de 2025, ou du logement et de la nourriture fournis, évalués forfaitairement, ce qui peut gagner pour des parents imposés à 30 % ou plus à partir de la majorité de l’enfant. D’autres revenus des jeunes sont exonérés : la gratification de stage et le salaire d’apprenti jusqu’au SMIC annuel, l’indemnité de service civique, les bourses sur critères sociaux ; les salaires d’un job étudiant au-delà des trois SMIC ne le sont pas. L’employeur applique le prélèvement à la source au taux non personnalisé de la grille, qui ne dépend que du salaire du mois, et le trop-prélevé est restitué l’été suivant.
Ce que ça change chez vous
Pour la famille de Capucine, une déclaration au printemps prochain sans rien à inscrire pour les 3 000 € de Capucine, restés sous le plafond, la demi-part conservée, et aucun impôt supplémentaire ; l’an prochain, si Capucine travaille tout l’été et gagne 6 000 €, environ 450 € seront à déclarer, le plafond d’environ 5 500 € s’appréciant sur l’année civile, pas sur l’été. Le bulletin de paie de juillet est à garder, comme la fiche de l’employeur ; seul un éventuel excédent s’inscrit, dans les salaires du foyer, à la ligne de Capucine.
Ce salaire est-il imposable ?
En apprentissage chez un boulanger, Enzo, 18 ans, gagne 11 000 € sur l’année. Il est rattaché au foyer de sa mère et se demande s’il fera grimper son impôt.
Ce salaire est-il imposable ?
- Non, sous le montant annuel du SMIC
- Oui, en entier, comme tout salaire
- Oui, pour la moitié seulement
Voir la réponseMasquer la réponse
Le salaire d’un apprenti est exonéré d’impôt dans la limite du montant annuel du SMIC. Avec 11 000 €, Enzo reste en dessous : son salaire n’augmente pas l’impôt du foyer de sa mère. Au-delà, seule la partie qui dépasse ce montant serait imposable. L’exonération vaut qu’il soit rattaché à ses parents ou qu’il déclare seul.
CGI art. 81 bis
L’explication complète
Les salaires versés aux apprentis munis d’un contrat d’apprentissage sont exonérés d’impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du SMIC, 22 184 € en 2026, quel que soit le foyer où ils sont déclarés ; l’exonération se calcule par année civile, sans proratisation pour un contrat commencé ou terminé en cours d’année, et seule la fraction excédant le plafond est portée dans la déclaration : l’apprenti qui déclare seul corrige le montant prérempli ; chez ses parents, ses salaires ne sont pas préremplis. La rémunération d’un apprenti est fixée en pourcentage du SMIC selon l’âge et l’année de contrat : 27 % avant 18 ans en première année, 43 % de 18 à 20 ans, 53 % de 21 à 25 ans, 100 % à partir de 26 ans, avec une progression à chaque année de contrat ; les 11 000 € d’Enzo, environ 50 % du SMIC, se situent entre les minimums de première et de deuxième année à son âge, 43 % et 51 %, soit parce qu’une année de contrat chevauche l’année civile, soit parce que l’employeur ou la convention collective de la boulangerie paie plus que le minimum.
Les exceptions
Pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025, les apprentis ne sont plus totalement exonérés de cotisations salariales : l’exonération est limitée à la fraction du salaire inférieure à 50 % du SMIC, et la CSG-CRDS s’applique au-delà, ce qui réduit un peu le net des contrats les mieux payés, et à peine celui d’Enzo. L’apprenti majeur peut demander la prime d’activité dès que son salaire net dépasse 78 % du SMIC net, environ 1 145 € par mois en 2026, ce qui n’est pas le cas à 11 000 € par an, mais le devient en troisième année ; il a droit à la carte d’étudiant des métiers et aux aides au logement, l’aide au permis de 500 € ayant été supprimée le 21 février 2026, et son employeur perçoit une aide à l’embauche, 5 000 € en 2026 pour les entreprises de moins de 250 salariés et un diplôme jusqu’au bac. Le rattachement au foyer de sa mère lui reste ouvert s’il a moins de 21 ans au 1er janvier, ou moins de 25 ans s’il poursuit des études, avec la demi-part pour elle ; il peut aussi déclarer seul, sans impôt, ce qui lui ouvre certaines aides calculées sur son propre revenu fiscal.
Ce que ça change chez vous
Pour Enzo, 11 000 € exonérés, rien à inscrire dans la déclaration de sa mère, où ses salaires ne sont pas préremplis, et une demi-part conservée ; s’il passe en deuxième année à 51 % du SMIC, environ 11 300 €, il reste sous le plafond ; la prime d’activité, qui dépend de ses revenus et non de sa déclaration d’impôt, reste hors de portée à ce niveau, et la demi-part vaut jusqu’à 1 807 € d’économie pour sa mère. La comparaison se fait chaque année ; le rattachement se décide au printemps, pour l’année précédente.
Robin peut-il ouvrir un PEA ?
Étudiant de 20 ans, rattaché au foyer de ses parents, Robin veut commencer à investir en bourse avec ses économies. Il pense qu’il faut attendre d’être indépendant pour ouvrir un PEA.
Robin peut-il ouvrir un PEA ?
- Non, pas tant qu’il est rattaché
- Oui, un PEA jeune jusqu’à 20 000 €
- Oui, sans aucun plafond
Voir la réponseMasquer la réponse
Robin peut ouvrir un PEA dit jeune. C’est possible pour un jeune majeur rattaché au foyer de ses parents, de moins de 21 ans au 1er janvier, ou de moins de 25 ans s’il étudie. Le plafond de versements est de 20 000 €. Il fonctionne comme un PEA classique. Après cinq ans, les gains échappent à l’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus. Quand Robin cessera d’être rattaché, son plan deviendra un PEA ordinaire, au plafond de 150 000 €. Il gardera son ancienneté.
CMF art. L.221-30
L’explication complète
Un jeune majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA dont les versements sont plafonnés à 20 000 € tant que dure le rattachement ; à la fin de celui-ci, le plan devient un PEA ordinaire, plafond de 150 000 €, en conservant sa date d’ouverture, qui est ce qui compte : après cinq ans, les retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu et ne supportent que les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026, sur les gains, et n’entraînent plus la clôture ; avant cinq ans, un retrait clôture le plan et les gains sont imposés à 12,8 % plus 18,6 % ; un licenciement ou une invalidité évitent la clôture, et une création d’entreprise aussi l’impôt sur le revenu. Ouvrir à 20 ans avec 100 € fait démarrer le compteur : à 25 ans, le plan est mûr, quels que soient les versements faits entre-temps. Une personne ne peut détenir qu’un seul PEA, et un couple deux.
Les exceptions
Le PEA accueille les actions de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen et les fonds investis à 75 % au moins dans ces titres ; certains fonds indiciels éligibles répliquent pourtant des indices mondiaux ou américains par des mécanismes d’échange, ce qui permet une diversification mondiale dans l’enveloppe. La loi plafonne les frais : 0,5 % par ordre en ligne, 0,4 % de droits de garde par an, et 150 € au plus pour un transfert, et les plateformes en ligne facturent nettement moins que les banques de réseau, selon l’AMF ; les ETF d’actions ont coûté 0,33 % par an en moyenne en 2025. Des versements programmés, 50 € par mois, lissent le prix d’achat et retirent la question du moment ; sur longue période, les actions mondiales ont rapporté de l’ordre de 5 % par an au-delà de l’inflation de 1900 à 2024 selon l’annuaire UBS des rendements, avec de fortes baisses en chemin.
Ce que ça change chez vous
Pour Robin, un PEA ouvert cette année chez un courtier en ligne, un fonds indiciel mondial éligible, et 50 € par mois pris sur ses économies, avec le reste de son épargne sur un livret pour les imprévus ; 50 € par mois à 7 % font de l’ordre de 8 700 € en dix ans, dont près de 2 700 € de gains exonérés d’impôt, seuls les prélèvements sociaux restant dus. Ce qu’il apprend en plus d’un livre : que les baisses arrivent et qu’on ne vend pas ce jour-là, ce qu’un plan qui ne peut pas être touché avant cinq ans sans perdre son avantage aide à tenir.
Que prévoit la loi pour ces revenus ?
Victoria, 13 ans, publie des vidéos qui lui rapportent des revenus de partenariats. Ses parents comptent utiliser cet argent pour payer ses activités et leurs vacances.
Que prévoit la loi pour ces revenus ?
- Tout revient à la plateforme
- Une part est bloquée jusqu’à sa majorité
- Les parents les gèrent librement
Voir la réponseMasquer la réponse
Une loi de 2020 protège les revenus qu’un enfant de moins de 16 ans tire de vidéos en ligne. Au-delà d’un seuil, la part qui dépasse doit être versée à la Caisse des dépôts et consignations. Elle y reste bloquée jusqu’à sa majorité ou son émancipation, sans que ses parents puissent en disposer. Pour l’enfant qui publie lui-même, ce seuil reste à fixer par un décret non publié à ce jour. Les marques qui rémunèrent Victoria pour un placement de produit versent directement cette part. Victoria dispose aussi d’un droit à l’effacement de ses vidéos.
Loi n° 2020-1266 du 19 octobre 2020
L’explication complète
La loi distingue deux situations. Quand l’enfant travaille dans un cadre organisé, contrat avec une marque, une agence, des tournages, il relève du régime des enfants du spectacle : autorisation individuelle de l’administration, avis d’une commission, horaires limités, et une part de la rémunération, fixée par la commission, versée à la Caisse des dépôts sur un compte bloqué jusqu’à sa majorité, le reste étant laissé aux parents pour l’entretien de l’enfant. Quand l’enfant publie lui-même ses vidéos, hors lien de subordination, ses parents doivent déclarer l’activité à l’administration dès que sont franchis des seuils de durée cumulée de vidéos ou de revenus que la loi renvoie à un décret, non publié à ce jour, et sont alors informés de leurs obligations ; les revenus tirés des vidéos au-delà d’un montant fixé par ce décret sont versés par les parents à la Caisse des dépôts, comme pécule, et directement par l’annonceur pour un placement de produit.
Les exceptions
Le pécule appartient à l’enfant : il est restitué à sa majorité ou à son émancipation, avec les intérêts, et les parents ne peuvent ni le retirer ni l’engager ; ce qui reste en dehors du pécule doit être employé dans l’intérêt de l’enfant, activités, études, épargne à son nom, et des vacances familiales financées par les vidéos d’une fille de 13 ans exposent les parents à une action de leur enfant à sa majorité pour mauvaise administration. Les plateformes doivent adopter des chartes, faciliter les signalements et retirer les vidéos à la demande de l’enfant seul, sans l’accord de ses parents : c’est le droit à l’effacement.
Ce que ça change chez vous
Pour les parents de Victoria, une déclaration de l’activité si les seuils sont franchis, une part des revenus qui part à la Caisse des dépôts sans passer par eux, et l’obligation d’employer le reste pour elle ; un compte à son nom, livret puis compte-titres ouvert au nom de Victoria, en garde la trace. Les vacances se paient avec l’argent des parents ; l’argent de Victoria l’attend, et elle pourra en demander compte à 18 ans, ce que la loi a précisément voulu.
Quelle solution existe pour elle ?
Étudiante de 20 ans, Rania trouve un studio, mais le propriétaire exige un garant. Ses parents, à la retraite, n’ont pas des revenus suffisants pour se porter caution.
Quelle solution existe pour elle ?
- Une garantie publique gratuite
- Aucune, sans garant pas de logement
- Payer un an de loyer d’avance
Voir la réponseMasquer la réponse
Action Logement propose aux jeunes de 18 à 30 ans une garantie gratuite, appelée Visale. Elle se porte garante du paiement du loyer à la place des parents. Si Rania ne paie pas, Visale règle le propriétaire, puis se fait rembourser par elle. Le dépôt de garantie, lui, reste plafonné à un mois de loyer pour un logement vide.
CCH art. L.313-3 · Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 art. 22
L’explication complète
Visale est un cautionnement gratuit accordé par Action Logement, organisme financé par les employeurs, à tout jeune de 18 à 30 ans, étudiant, apprenti, salarié, demandeur d’emploi, sans condition de ressources pour les étudiants et les alternants, et pour un loyer charges comprises n’excédant pas, depuis le 6 janvier 2026, pour un étudiant, 1 000 € en Île-de-France, 840 € dans les grandes agglomérations et 680 € ailleurs, et, pour les autres, 1 940 €, 1 575 € et 1 365 € ; il est aussi ouvert aux salariés de plus de 30 ans en mobilité ou en période d’essai. Il couvre le bailleur pour les loyers et charges impayés, dans la limite de 36 mensualités survenues pendant les trois premières années du bail pour un logement du parc privé, et les dégradations locatives constatées à la sortie à hauteur de deux mois de loyer ; il ne couvre pas le dépôt de garantie, qui reste dû par le locataire, un mois de loyer hors charges pour un logement vide, deux pour un meublé.
Les exceptions
La demande se fait en ligne avant la signature du bail : le jeune obtient un visa, valable trois mois, qu’il présente au propriétaire, lequel adhère à son tour sur le site pour activer la garantie ; le bail doit être signé après le visa, et un bailleur ne peut pas cumuler Visale avec une caution de personne physique, le contrat Visale excluant toute autre caution. En cas d’impayé, Action Logement paie le bailleur, puis se retourne contre le locataire, avec un échéancier de remboursement sans intérêts ; la dette reste due. Sont exclus les logements loués par un membre de la famille du locataire, les logements de fonction, et les locations dépassant le plafond de loyer. La caution bancaire, où la banque garantit contre un dépôt bloqué de plusieurs mois de loyer, entraîne des frais variables selon la banque ; la caution parentale engage les parents sur leurs biens pour la durée du bail.
Ce que ça change chez vous
Pour Rania, un visa obtenu en quelques jours avec sa carte d’étudiante et une pièce d’identité, présenté au propriétaire avant la signature, qui y gagne une garantie plus solide qu’une caution de retraités, 36 mois d’impayés couverts ; ses parents ne signent rien, et le dépôt de garantie d’un mois reste à verser. Si le propriétaire ne connaît pas Visale, une page imprimée du site peut suffire ; s’il refuse malgré tout, il peut exiger une caution personne physique à la place, mais pas les deux.
La bourse doit-elle être déclarée ?
Étudiant boursier, Rayane reçoit 4 587 € de bourse sur l’année. Ses parents, qui le rattachent à leur foyer, pensent devoir déclarer cette somme.
La bourse doit-elle être déclarée ?
- Oui, au-delà de 3 000 €
- Oui, comme un revenu
- Non, elle est exonérée
Voir la réponseMasquer la réponse
Les bourses d’études attribuées sur critères sociaux sont exonérées d’impôt sur le revenu. Rayane et ses parents n’ont rien à déclarer à ce titre. Le rattachement au foyer reste possible pour un étudiant de moins de 25 ans au 1er janvier, et ouvre une demi-part aux parents. Un job étudiant, lui, suit ses propres règles d’exonération.
CGI art. 81
L’explication complète
Les bourses d’études accordées par l’État sur critères sociaux sont exonérées d’impôt sur le revenu, et n’apparaissent nulle part dans la déclaration, ni chez l’étudiant ni chez ses parents ; l’exonération ne couvre pas une bourse versée par une entreprise en contrepartie d’un engagement de travail, imposable. Le montant dépend d’un échelon, de 0 bis à 7, déterminé par le revenu brut global des parents de l’avant-dernière année, le nombre d’enfants à charge et la distance entre le domicile et le lieu d’études ; en 2026-2027, l’échelon 0 bis donne environ 1 500 € par an et l’échelon 7 environ 6 300 €, versés en dix mensualités, avec l’exonération des droits d’inscription et de la contribution vie étudiante. Les 4 587 € de Rayane correspondent à l’échelon 4.
Les exceptions
Le droit à bourse se calcule sur les revenus des parents que l’étudiant soit rattaché ou non : le rattachement est une option fiscale, la bourse un droit social, et pour 2026-2027, il n’est évalué sur ses seules ressources que dans des cas d’indépendance limités. Les autres ressources d’un étudiant suivent leurs propres règles : les aides au logement ne sont pas imposables, et ses ressources y sont réputées égales à un forfait ; la gratification de stage est exonérée jusqu’au SMIC annuel ; les salaires d’été le sont jusqu’à trois SMIC mensuels ; la prime d’activité est fermée aux étudiants sauf s’ils gagnent plus de 78 % du SMIC net.
Ce que ça change chez vous
Pour Rayane et ses parents, rien à déclarer pour les 4 587 €, une demi-part conservée par le rattachement, et une demande de bourse à renouveler chaque printemps, entre le 1er mars et le 31 mai, sur le dossier social étudiant ; un job d’été de 3 000 € restera exonéré, et une aide au logement, s’il quitte le domicile, se calculera sur le forfait de ressources des étudiants boursiers. Le seul cas où le rattachement se rediscute est celui de parents dont l’impôt est élevé, pour qui une pension déduite peut gagner plus que la demi-part.
Peut-elle toucher l’aide au logement ?
Étudiante, Maya s’installe dans le studio que ses parents possèdent en ville et leur verse un loyer de 450 € par mois. Elle compte demander l’aide au logement.
Peut-elle toucher l’aide au logement ?
- Oui, comme tout locataire avec un bail
- Oui, mais divisée par deux
- Non, le logement appartient à ses parents
Voir la réponseMasquer la réponse
L’aide personnelle au logement n’est pas versée quand un parent ou un grand-parent du locataire, ou de son conjoint, détient une part du logement. Maya ne peut donc pas la toucher pour ce studio. Ses parents, eux, déclarent les loyers reçus comme revenus fonciers. S’ils la logent gratuitement, ils ne déclarent rien, mais ne déduisent aucune charge.
Code de la construction et de l’habitation
L’explication complète
Les aides personnelles au logement ne sont pas dues lorsque le logement est loué par un ascendant ou un descendant du locataire, ou de son conjoint, partenaire ou concubin, ce qui vise les parents, les grands-parents et les beaux-parents, y compris quand ils détiennent le logement par une société civile immobilière, sauf part inférieure au seuil réglementaire, mais pas un oncle, un frère ou une sœur. Les parents qui louent à Maya déclarent 5 400 € de loyers en revenus fonciers : au micro-foncier, sous 15 000 € de loyers annuels, 30 % d’abattement, le reste imposé au barème et aux prélèvements sociaux, environ 1 800 € d’impôt en 2026 pour des parents dans la tranche à 30 % ; au réel, les intérêts d’emprunt, la taxe foncière, les travaux et l’assurance se déduisent, ce qui gagne quand le studio est financé à crédit.
Les exceptions
Un loyer demandé à un enfant nettement inférieur au marché peut conduire l’administration, en l’état de la jurisprudence, à imposer les parents sur la valeur locative réelle, l’écart étant traité comme une libéralité ; le prêt gratuit, lui, ne crée aucun revenu imposable. Quand les parents logent Maya gratuitement, ils ne déclarent aucun revenu et ne déduisent aucune charge, et la valeur du logement prêté ne se déduit pas comme pension alimentaire : l’administration n’admet cette déduction en nature que pour un ascendant. Rattacher Maya à leur foyer leur donne en revanche une demi-part, dont l’avantage est plafonné à 1 807 €. Une colocation avec un autre étudiant ouvre l’aide au logement à celui-ci, pas à Maya.
Ce que ça change chez vous
Pour la famille de Maya, deux configurations principales : un loyer de 450 € déclaré, environ 1 800 € d’impôt pour les parents, aucune aide au logement pour Maya ; un logement gratuit avec Maya rattachée, ni revenu ni charge pour les parents, et une demi-part en plus. Non rattachée, Maya déclarerait seule ses revenus et accéderait à des aides calculées sur son propre revenu, hors aide au logement, mais ses parents perdraient la demi-part sans pouvoir déduire la valeur du studio prêté. Le choix du rattachement se fait chaque année dans la déclaration de printemps, et se compare à la pension en argent que les parents pourraient verser et déduire, dans la limite de 6 855 € par an pour les revenus de 2025.
Que se passe-t-il si elle lui donne directement les titres ?
En 2014, Élisabeth a placé 20 000 € en fonds indiciels sur son compte-titres ; ils valent 60 000 € aujourd’hui. Elle veut aider son fils Aurélien, 25 ans. Vendre, puis donner l’argent, lui coûterait l’impôt sur 40 000 € de plus-value.
Que se passe-t-il si elle lui donne directement les titres ?
- La plus-value disparaît pour les deux
- Elle paie quand même l’impôt sur la plus-value
- Aurélien paie l’impôt sur 40 000 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Donner des titres n’est pas les vendre : Élisabeth ne paie aucun impôt sur la plus-value. Pour Aurélien, le prix d’achat des titres devient leur valeur au jour du don, 60 000 €. S’il les revend aussitôt, sa plus-value est nulle. Les 40 000 € de gain échappent ainsi à 12 560 € d’impôt et de prélèvements. Le don, déclaré, reste sous l’abattement de 100 000 € entre parent et enfant. L’argent doit ensuite rester à Aurélien.
CGI art. 150-0 D · CGI art. 779
Le détail du calcul
Vente puis don : Élisabeth vend 60 000 €, réalise 40 000 € de plus-value, paie la flat tax de 31,4 %, près de 12 600 € en 2026, et donne un peu plus de 47 000 €. Don puis vente : elle transfère les titres par virement de son compte-titres vers celui d’Aurélien, sans imposition, la donation n’étant pas une cession ; le don manuel est déclaré en ligne, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, sous l’abattement de 100 000 € entre parent et enfant renouvelable tous les quinze ans, donc sans droits ; Aurélien reçoit des titres dont le prix d’acquisition fiscal est la valeur retenue pour la donation, 60 000 €, et s’il les vend à ce prix, sa plus-value est nulle. Les 40 000 € de gain ne sont imposés chez personne ; c’est la purge de la plus-value par donation, admise par la loi et par le juge, à une condition.
Les conditions à remplir
La condition est que la donation soit réelle : le prix de vente reste à Aurélien, sur ses comptes, pour ses projets ; s’il revient à sa mère, par virement, prêt ou placement à son nom, l’administration peut requalifier l’opération en abus de droit, ce que le juge a admis, et imposer la plus-value chez Élisabeth avec une majoration de 80 %. La donation doit aussi précéder la vente : des titres cotés se vendent en un clic, la chronologie est simple, mais une vente déjà passée avant le virement est celle d’Élisabeth. Le montage n’a pas d’intérêt pour des titres en moins-value, dont la vente par le donateur dégage une perte imputable sur d’autres gains pendant dix ans ; et il ne fonctionne pas avec un PEA, dont les titres ne peuvent pas être transférés à un tiers sans retrait préalable, imposé ou non selon l’âge du plan. Au décès d’Élisabeth, le don sera rapporté à la succession pour sa valeur, pour l’égalité avec d’éventuels frères et sœurs.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Élisabeth, un ordre de virement de titres à son courtier, une déclaration en ligne, aucun impôt, et 60 000 € de titres chez Aurélien qui en dispose, les vend ou les garde ; l’économie est de près de 12 600 € en 2026, et l’abattement de 100 000 € reste entamé à hauteur de 60 000 € pour quinze ans. Si Aurélien a une sœur, une donation-partage chez un notaire, avec des titres pour chacun, fige en principe les valeurs, si chaque enfant y reçoit et accepte son lot, et évite le rapport ; sinon, le don manuel suffit, et la seule chose à ne pas faire est de toucher à l’argent après.
Quelle différence décisive entre les deux ?
À la naissance de sa fille, Jérôme veut mettre 50 € par mois de côté pour ses 18 ans. Il hésite entre un livret au nom de sa fille et un compte-titres à son propre nom, qu’il lui donnerait plus tard.
Quelle différence décisive entre les deux ?
- Sur le livret, l’argent est déjà à elle
- Le compte-titres est interdit pour ce projet
- Aucune, l’argent finit chez elle
Voir la réponseMasquer la réponse
Sur un livret au nom de sa fille, l’argent lui appartient dès le versement. Jérôme le gère jusqu’à ses 18 ans, puis elle en dispose librement. Sur un compte-titres au nom de Jérôme, l’argent reste à lui. Il décide du moment et du montant du don, qui efface alors la plus-value latente pour sa fille. Le livret est sûr mais rapporte peu. Les fonds d’actions peuvent rapporter plus, avec des variations. Le plan d’épargne avenir climat offre une troisième voie, au nom de l’enfant.
CMF art. L.221-3 · CGI art. 150-0 D
Pourquoi c’est comme ça
Tout ce qui est versé sur un compte au nom d’un enfant lui appartient dès le versement, ses parents en assurant l’administration jusqu’à 18 ans sans pouvoir le reprendre ; jusqu’à ses 16 ans, ils ont la jouissance légale des revenus, intérêts et dividendes, qui deviennent ensuite ceux de l’enfant. Les enveloppes ouvertes dès la naissance : le Livret A, 1,7 %, 22 950 € ; le plan d’épargne avenir climat, ouvert depuis juillet 2024 aux moins de 21 ans, plafonné à 22 950 €, investi sur les marchés avec une sécurisation progressive, exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, mais bloqué jusqu’aux 18 ans de l’enfant et cinq ans de détention, sauf accidents de la vie ; l’assurance-vie au nom de l’enfant, souscrite par les parents, où une donation avec pacte adjoint peut interdire tout retrait jusqu’à un âge choisi, par exemple 25 ans, sans âge maximal fixé par la loi, si la clause est temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, le juge pouvant la lever si cet intérêt disparaît ; elle évite qu’un capital de 18 ans parte dans une voiture ; et, à 12 ans, le livret jeune.
Jusqu’où ça va
Le compte-titres ou l’assurance-vie au nom du parent laisse tout ouvert : Jérôme reste propriétaire, peut changer d’avis, donner à 18, 25 ou 30 ans, à sa fille ou à un autre enfant, et la donation des titres purge la plus-value latente, la fille recevant les titres à leur valeur du jour ; chaque versement mensuel sur un compte au nom de l’enfant est en revanche une donation faite, définitive, bien que sous l’abattement de 100 000 €, sans être un présent d’usage, réservé aux cadeaux faits à l’occasion d’un événement. La fiscalité en cours de route diffère : au nom de l’enfant, les gains d’un PEAC ne sont jamais imposés ; au nom du parent, un compte-titres subit la flat tax sur les dividendes, ce qui plaide pour des fonds capitalisants, et une assurance-vie est imposée au retrait seulement. Le risque diffère aussi : un livret ne perd jamais, des fonds d’actions peuvent perdre 40 % l’année des 18 ans.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Jérôme, 50 € par mois pendant dix-huit ans, 10 800 € versés : sur un Livret A au taux actuel de 1,7 %, environ 12 600 € ; sur un PEAC ou des fonds d’actions à 6 % par an en moyenne, environ 19 400 €, sans garantie ; au nom de sa fille, la somme est à elle à 18 ans, quoi qu’il arrive entre-temps ; à son nom, il décide, et donne les titres quand elle est prête, sans plus-value. Les deux se combinent : un PEAC au nom de l’enfant pour la part définitive, un compte-titres au sien pour ce qu’il veut garder en main.
Dans quel ordre peuvent-ils s’ouvrir ?
Pour Sami, ses parents ont noté trois comptes possibles : un PEA, un Livret A, un livret jeune. Chacun s’ouvre à un âge différent.
Dans quel ordre peuvent-ils s’ouvrir ?
- Livret jeune, Livret A, PEA
- PEA, livret jeune, Livret A
- Livret A, livret jeune, PEA
Voir la réponseMasquer la réponse
Le Livret A s’ouvre dès la naissance, au nom de l’enfant. Le livret jeune attend ses 12 ans, et se ferme à la fin de l’année de ses 25 ans. Le PEA, lui, exige d’être majeur, soit 18 ans. Il prend la version jeune tant que l’enfant est rattaché au foyer de ses parents. Trois âges, trois comptes, du plus simple au plus risqué.
CMF art. L.221-3 · CMF art. L.221-24 · CMF art. L.221-30
L’explication complète
De la naissance à 18 ans, un enfant peut détenir, dans cet ordre : un Livret A dès la naissance, ouvert par ses parents ou par lui-même, 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, plafonné à 22 950 € ; un plan d’épargne avenir climat, dès la naissance et jusqu’à 21 ans, investi sur les marchés, exonéré d’impôt, bloqué jusqu’à 18 ans et cinq ans au moins ; une assurance-vie souscrite par ses parents à son nom, dès la naissance, avec éventuellement un pacte adjoint au don qui interdit les retraits jusqu’à un âge fixé, 25 ans par exemple, si ce blocage est temporaire et justifié par un intérêt sérieux et légitime ; un livret jeune à 12 ans, taux libre au moins égal au Livret A, plafonné à 1 600 €, qui se ferme au plus tard le 31 décembre de l’année de ses 25 ans ; un compte courant avec carte, à un âge que fixe chaque banque, avec l’autorisation des parents, où il gère seul ; puis, une fois qu’il déclare seul ses revenus, un livret de développement durable et, sous condition de revenus, un livret d’épargne populaire ; et un PEA à 18 ans, en version jeune tant qu’il est rattaché à ses parents. Avant 16 ans, un retrait demande l’accord des parents, qui retirent eux-mêmes sur le Livret A ; à partir de 16 ans, il retire seul sur son livret jeune ou sur un Livret A qu’il a ouvert lui-même, sauf opposition.
Les exceptions
Chaque compte a sa date de fin ou de transformation : le livret jeune est clôturé le 31 décembre des 25 ans, son solde versé sur un autre compte ; le PEA jeune devient un PEA ordinaire quand le rattachement cesse, en gardant sa date ; le plan avenir climat s’ouvre avant 21 ans, n’accepte plus de versements dès que le titulaire a dix-huit ans et le plan plus de cinq ans, et se ferme le 31 décembre de l’année de ses 30 ans ; le Livret A et l’assurance-vie durent toute la vie. Les parents signent pour l’enfant jusqu’à 18 ans la plupart des actes, ouverture, versement, arbitrage, hors le Livret A qu’il ouvre lui-même et les retraits qu’il fait seul dès 16 ans sur son livret jeune ou sur un Livret A qu’il a ouvert lui-même, et la banque doit obtenir l’accord des deux parents pour un retrait important, sous peine d’engager sa responsabilité ; l’argent reste celui de l’enfant, et ce que les parents y déposent est une donation, un présent d’usage seulement s’il s’agit d’un cadeau d’occasion resté modeste.
Ce que ça change chez vous
Pour Sami, un calendrier simple : un Livret A et un plan avenir climat à la naissance, alimentés par les cadeaux de famille et un versement mensuel ; un livret jeune à 12 ans, où va l’argent de poche épargné, jusqu’à 1 600 € ; un compte courant et une carte à 16 ans pour le premier job ; un PEA à 18 ans avec les premiers versements réguliers. Chaque ouverture est un rendez-vous à la banque avec lui, où il signe ce qu’il peut signer ; à 25 ans, il aura tous les comptes d’un adulte, et l’habitude de les regarder.
Combien la boulangère lui rend-elle ?
Maya, 7 ans, achète un pain au chocolat à 1,20 € avec une pièce de 2 €.
Combien la boulangère lui rend-elle ?
- 2 €
- 0,80 €
- 1,20 €
Voir la réponseMasquer la réponse
2 € moins 1,20 €, c’est 0,80 € : la boulangère rend une pièce de 50 centimes, une de 20 et une de 10. Compter ce qu’on rend, c’est vérifier qu’on ne s’est pas trompé, dans un sens comme dans l’autre.
C. civ. art. 1148
Pourquoi c’est comme ça
L’euro compte huit pièces, 1, 2, 5, 10, 20 et 50 centimes, 1 € et 2 €, et sept billets, de 5 à 500 €, le billet de 500 n’étant plus émis depuis 2019 mais toujours valable ; chaque pièce a une face commune et une face nationale, et une pièce frappée en Italie ou en Finlande vaut la même chose en France, ce qui fait des pièces étrangères dans la monnaie rendue une leçon de géographie. Les pièces commémoratives de 2 €, qui célèbrent un événement, ont cours légal et valent 2 €, même si les collectionneurs en paient parfois plus. Un commerçant peut refuser un billet trop grand pour l’achat, ou un billet qu’il soupçonne faux, et personne n’est tenu d’accepter plus de cinquante pièces d’un coup ; les pièces de 1 et 2 centimes restent en circulation en France, où les prix ne sont pas arrondis.
Jusqu’où ça va
La loi permet à un mineur d’accomplir seul les actes de la vie courante autorisés par l’usage, à des conditions normales : pour un enfant de 7 ans, acheter son pain au chocolat, un journal ou un ticket est de ces actes, et la boulangère qui le sert et lui rend la monnaie conclut un contrat valable ; ce sont les achats importants qui sont hors de sa portée. Composer 80 centimes se fait de plusieurs façons, 50 plus 20 plus 10, ou quatre pièces de 20, ou huit de 10, ce qui est un exercice de calcul que la caisse fait tous les jours ; l’enfant qui recompte apprend aussi que les erreurs existent, dans les deux sens, et qu’on les signale sans gêne. Payer seul suppose de l’argent à soi : des familles commencent l’argent de poche vers 6 ou 7 ans, avec de petites pièces, précisément pour ces achats.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Maya, un porte-monnaie avec quelques pièces, le droit d’acheter son goûter seule, et la monnaie recomptée sur le comptoir ; dans quelques semaines, elle saura qu’une pièce de 2 € paie un pain au chocolat et qu’il reste 80 centimes, sans le calculer, comme les adultes ; à 8 ans, elle comparera le prix de la boulangerie et celui du supermarché, et à 10 ans, elle lira le ticket. L’apprentissage tient dans ces achats de moins de 2 €, plus que dans les grandes leçons.
Combien de semaines pour l’acheter, sans rien dépenser d’autre ?
Tom, 8 ans, veut un jeu à 30 €. Il reçoit 5 € par semaine.
Combien de semaines pour l’acheter, sans rien dépenser d’autre ?
- 30 semaines
- 3 semaines
- 6 semaines
Voir la réponseMasquer la réponse
30 € divisés par 5 € font 6 semaines. Attendre six semaines, c’est long à 8 ans. C’est exactement ce que l’argent de poche sert à apprendre : le prix des choses se compte aussi en temps.
C. civ. art. 371-1
Pourquoi c’est comme ça
L’argent de poche n’est ni une obligation ni un droit : c’est un choix d’éducation, qui relève de l’autorité parentale, avec des montants modestes, par exemple 5 € par semaine à 8 ans. Ce qui fait la valeur de l’outil, c’est la régularité, le même jour, la même somme, sans avance et sans retenue, parce que c’est ainsi que l’enfant peut prévoir ; et le périmètre, ce que l’argent de poche paie, les petits plaisirs, les cadeaux aux copains, et ce qu’il ne paie pas, les besoins, les fournitures, que les parents continuent d’assurer. À 5 € par semaine, l’enfant peut acheter un magazine tout de suite ou un jeu dans six semaines : c’est exactement le choix qu’on veut lui donner.
Jusqu’où ça va
Deux débats reviennent : lier l’argent de poche aux notes, ou aux tâches ménagères ; des familles séparent : l’argent de poche est inconditionnel, et certaines tâches exceptionnelles, laver la voiture, peuvent être payées à part, comme un petit travail ; les sanctions financières, retirer l’argent de poche pour une bêtise, brouillent aussi le message. Une tirelire transparente, ou un bocal, montre l’argent qui monte ; et un enfant qui, à la troisième semaine, préfère dépenser ses 15 € pour autre chose n’a pas échoué : il a choisi, et le jeu attendra, ce qui est le second apprentissage.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, six samedis, un dessin du jeu collé sur la tirelire, et un rendez-vous chaque samedi pour compter ; le jour où il achète le jeu avec ses pièces, il le paie lui-même à la caisse, et le jeu a une valeur que les cadeaux n’ont pas. Ses parents n’avancent pas, ne complètent pas, n’achètent pas le jeu à la cinquième semaine parce qu’il a été sage : la règle tenue est le vrai cadeau, et à 12 ans il en fera autant avec 30 € par mois.
Lequel est le moins cher au gramme ?
Léna, 9 ans, compare deux paquets de biscuits : 2,40 € les 200 grammes, ou 4 € les 400 grammes.
Lequel est le moins cher au gramme ?
- Le petit
- Le grand
- Les deux se valent
Voir la réponseMasquer la réponse
Le petit coûte 1,20 € les 100 grammes, le grand 1 € les 100 grammes. Le grand est donc moins cher au gramme. Il faut pour cela en manger au moins les cinq sixièmes avant qu’ils ne soient rassis. Sinon, le petit gagne.
C. consom. art. L.112-1 ; Arrêté du 16 novembre 1999
Pourquoi c’est comme ça
Le prix aux 100 grammes, écrit en petit sous le prix du paquet, ramène tous les biscuits à la même quantité, et il piège à l’envers dans certains rayons : les paquets individuels, les formats « pocket », les assortiments coûtent souvent nettement plus cher aux 100 grammes que le paquet familial, et la promotion « deux achetés, un offert » ne baisse le prix que si plus de deux des trois paquets sont mangés avant d’être rassis. La marque de distributeur, parfois fabriquée par les mêmes industriels que la grande marque, avec une recette proche, est vendue nettement moins cher aux 100 grammes, ce que la liste des ingrédients et un test à l’aveugle en famille permettent de vérifier ; l’enfant qui goûte les deux sans voir les paquets apprend ce que la marque fait payer.
Jusqu’où ça va
Le grand paquet ne gagne que s’il est presque fini : les biscuits portent une date de durabilité minimale, « à consommer de préférence avant », qui indique une qualité optimale et non un danger, et peuvent se manger après si le paquet est fermé, à la différence de la date limite de consommation, « à consommer jusqu’au », des produits frais, qui est une limite de sécurité. Le gaspillage alimentaire atteignait en France, en 2023, 55 kilos de parties comestibles par personne et par an, tous stades confondus ; à la maison, près d’un tiers des aliments jetés étaient encore comestibles ; pour une famille, l’économie du grand format disparaît dès qu’un sixième du paquet est jeté. Le vrac, dans les magasins qui le proposent, permet de prendre juste la quantité ; et une boîte hermétique prolonge le paquet entamé.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Léna, 20 centimes d’écart aux 100 grammes, 80 centimes sur le paquet : un jeu en trois questions au rayon, lequel est le moins cher aux 100 grammes, lequel sera fini avant d’être rassis, et lequel est aussi bon les yeux fermés ; la réponse n’est pas toujours le grand. Sur une année de courses, appliquer ces trois questions aux produits du quotidien donne à l’exercice une valeur que Léna peut mesurer en semaines d’argent de poche.
Que fait-il ?
Adam, 8 ans, trouve un billet de 10 € par terre dans la cour de l’école.
Que fait-il ?
- Il le donne à un adulte de l’école, qui cherchera
- Il le dépense vite, avant qu’on ne le voie
- Il le garde : c’est lui qui l’a trouvé, tant pis
Voir la réponseMasquer la réponse
Un billet trouvé appartient toujours à quelqu’un qui l’a perdu. Le rapporter, c’est ce qui est attendu des adultes aussi : un objet trouvé se remet à la mairie ou au responsable du lieu. À l’école, c’est le maître ou la maîtresse.
C. civ. art. 2276 · 2258
Pourquoi c’est comme ça
Un billet perdu reste la propriété de celui qui l’a perdu : la règle « en fait de meubles, la possession vaut titre » ne protège pas celui qui trouve, puisque le propriétaire d’une chose perdue peut la revendiquer pendant trois ans contre quiconque la détient ; celui qui garde un objet trouvé en sachant qu’il appartient à quelqu’un d’identifiable, un portefeuille avec une carte, un téléphone, peut être poursuivi pour vol ; un billet anonyme, dont le propriétaire ne peut pas être retrouvé, reste la chose d’autrui : le garder, c’est se l’approprier. En pratique, un objet trouvé se remet au responsable du lieu, école, magasin, gare, ou au service des objets trouvés de la commune ou de la police ; s’il n’est pas réclamé dans le délai fixé par le service, il est remis au découvreur qui l’a demandé, ou vendu au profit de la collectivité.
Jusqu’où ça va
À 8 ans, un enfant sait déjà que les choses ont un propriétaire et que trouver n’est pas recevoir ; ce qu’il ne sait pas encore, c’est que le propriétaire d’un billet a un visage : un camarade qui a perdu l’argent de sa cantine ou de la sortie, et qui le cherchera. À l’école, les objets trouvés se remettent à l’enseignant ou à la direction, qui les conservent et les annoncent ; c’est là que le billet a le plus de chances de retrouver son propriétaire, et là qu’Adam le remet. Ce que la scène enseigne aussi : un enfant qui a rendu un billet demande l’aide d’un adulte quand il perd le sien, au lieu de le cacher par peur d’être grondé.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Adam, un billet remis à la maîtresse, une question posée dans la classe, et souvent un camarade soulagé ; si personne ne le réclame au bout de quelques semaines, l’école peut le lui rendre, et il peut le garder, tant que son propriétaire ne se fait pas connaître, ce qui est la seule façon honnête de gagner 10 € trouvés. À la maison, la même scène peut se jouer à l’envers : un billet de ses parents « oublié » sur la table, pour voir ce qu’il en fait, est un jeu qui s’est déjà pratiqué, et qui se termine mieux par une discussion que par un piège.
À qui appartenait le jeu ?
Zoé, 10 ans, et ses deux cousins mettent chacun 4 € pour acheter un jeu de cartes à 12 €. Le jeu est cassé au bout d’une semaine.
À qui appartenait le jeu ?
- À celui qui l’a acheté au magasin
- À Zoé, qui l’a rangé chez elle
- Aux trois, chacun pour un tiers
Voir la réponseMasquer la réponse
Quand plusieurs personnes paient ensemble, la chose est à tous, à parts égales sauf accord contraire. Ici, chacun en possède un tiers. Les adultes appellent cela l’indivision. Cela vaut pour une maison comme pour un jeu de cartes.
C. civ. art. 815 · 815-9
Pourquoi c’est comme ça
Quand plusieurs personnes paient une chose ensemble, elles en sont propriétaires en indivision, chacune pour une quote-part fixée par leur accord, égale à défaut ; celui qui a payé plus que sa part n’a qu’une créance sur les autres : trois cousins à 4 € ont chacun un tiers d’un jeu de 12 €. Personne n’a le tout, et les décisions se prennent selon leur gravité : l’usage quotidien est libre pour chacun, à condition de respecter le droit des autres ; réparer ce qui est nécessaire est permis à chacun seul ; les actes de gestion, prêter par exemple, se décident à la majorité des deux tiers ; vendre, donner, transformer exige l’unanimité ; et nul n’est tenu de rester dans l’indivision, chacun pouvant demander le partage, ce qui, pour un jeu de cartes, veut dire qu’un cousin rachète les parts des autres, 8 €, ou que le jeu est vendu et le prix partagé. Un cousin qui a payé une dépense nécessaire, remplacer les cartes perdues, en réclame le remboursement aux deux autres.
Jusqu’où ça va
Le jeu cassé pose la question de la faute : si personne n’est en cause, l’usure, un accident, la perte est celle de tous, chacun a perdu 4 € ; si l’un l’a cassé par négligence, en le laissant sous la pluie, il doit aux deux autres la valeur de leurs parts, 8 €, comme un adulte qui abîme la voiture commune. La règle est la même à toutes les échelles : la voiture achetée à deux, où celui qui a payé 70 % en possède 70 % si l’acte le dit ; la maison des parents héritée par les enfants, où la vente exige l’accord de tous ou le juge et où celui qui l’occupe seul doit une indemnité aux autres ; le cadeau de groupe, qui appartient au destinataire dès la remise. L’indivision est le régime de ce qu’on partage sans l’avoir organisé, et elle fonctionne mal dès qu’on est en désaccord : c’est pourquoi les adultes lui préfèrent une convention écrite.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Zoé et ses cousins, un jeu cassé qui ne coûte rien de plus à personne, et une règle en trois lignes pour le prochain : qui le garde à la fin des vacances, contre combien pour les autres ; qui paie s’il est cassé par l’un d’eux ; et un tour de rôle pour l’usage. Écrite sur une feuille et signée des trois, cette règle est une convention d’indivision, l’outil exact que un notaire propose aux frères et sœurs qui héritent d’une maison, et qui évite les mêmes disputes, en plus grand.
Comment ça s’appelle, quand les prix montent un peu chaque année ?
Nathan, 9 ans, remarque que son paquet de céréales préféré coûte 3,20 € au lieu de 3 € l’an dernier.
Comment ça s’appelle, quand les prix montent un peu chaque année ?
- Une arnaque
- L’inflation
- Une taxe
Voir la réponseMasquer la réponse
Quand les prix de presque tout montent un peu chaque année, c’est l’inflation. Selon l’Insee, elle a été de 1,6 % par an en moyenne de 2005 à 2025, et de 0,9 % en 2025. Les 100 € de la tirelire achètent alors un peu moins chaque année. Les 100 € du livret, avec leurs intérêts, en achètent à peu près autant, selon les années.
CMF art. L.221-1 ; Règlement (UE) 2016/792
Pourquoi c’est comme ça
L’inflation se mesure chaque mois par l’INSEE, qui relève environ 150 000 prix par mois en magasin, plus les données de caisse et les prix en ligne, sur plus d’un millier de familles de produits et services représentatifs de la consommation des ménages, alimentation, énergie, loyers, transports, loisirs, pondérés par leur poids dans les dépenses, et publie l’indice des prix à la consommation ; sa hausse sur un an est le chiffre de l’inflation, 1,6 % par an en moyenne de 2005 à 2025, environ 5 % en 2022 et 2023 sous l’effet de l’énergie et de l’alimentation, autour de 1 % en 2025. Les céréales de Nathan, à 6,7 % de hausse, ont monté plus que la moyenne, comme beaucoup de produits alimentaires ces années-là, tandis que l’électronique baissait ; l’inflation est une moyenne, et chacun vit la sienne selon ce qu’il achète. La Banque centrale européenne vise 2 % et non zéro, parce qu’une légère hausse laisse une marge avant la déflation, la baisse des prix, où chacun repousse ses achats et où les dettes pèsent plus lourd.
Jusqu’où ça va
L’inflation ne frappe pas tout le monde de la même façon : le SMIC est revalorisé automatiquement dès que l’inflation atteint 2 % depuis la dernière hausse, les pensions de retraite sont, en principe, indexées chaque année sur l’inflation, sauf mesure dérogatoire votée par le Parlement, les loyers suivent un indice de référence, mais les salaires ordinaires ne montent que si l’employeur le décide, et l’argent qui dort, tirelire ou compte courant, perd chaque année ce que les prix gagnent ; le taux du Livret A est calculé deux fois par an à partir de l’inflation des six derniers mois et des taux à court terme, avec un plancher, pour que l’épargne populaire suive à peu près. Ceux qui ont une dette à taux fixe, un crédit immobilier, y gagnent si leurs revenus suivent : leur mensualité ne bouge pas tandis que leurs revenus et les prix montent ; c’est ainsi que l’inflation des années 1970 a allégé les emprunts des grands-parents de Nathan.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Nathan, un jeu sur un an : noter le prix de cinq produits qu’il connaît, ses céréales, le pain, une place de cinéma, un jeu, un ticket de bus, et les relever un an plus tard, ce qui donne son inflation à lui, différente de la moyenne publiée par l’Insee. Ce qu’il en tire pour sa tirelire : 100 € gardés un an n’achètent plus qu’environ 94 € de céréales, et le livret sert à limiter la perte ; ce qu’il en tire pour plus tard : un salaire qui ne monte pas d’au moins l’inflation est un salaire qui baisse.
Que peut-elle décider ?
Inès, 10 ans, a 40 € dans sa tirelire. À l’école, on collecte pour une association qui aide les enfants malades.
Que peut-elle décider ?
- Elle peut donner ce qu’elle décide, une petite part, et c’est un vrai don
- Elle doit tout donner
- Elle ne peut pas donner : l’argent des enfants ne se donne pas
Voir la réponseMasquer la réponse
Donner fait partie de ce qu’on peut faire avec de l’argent, avec dépenser et garder. Un enfant peut donner une petite somme de son argent de poche. C’est sa décision, à sa mesure. C’est aussi l’occasion de parler de ce que l’argent peut changer pour d’autres.
C. civ. art. 1148 · 388-1-1
Pourquoi c’est comme ça
Un enfant ne peut pas faire de donation : avant 16 ans, le mineur ne peut disposer de ses biens à titre gratuit, et de 16 à 18 ans seulement par testament et pour la moitié de ce dont un majeur disposerait ; mais les petits dons proportionnés à ses moyens, une pièce dans une collecte, quelques euros à une association, relèvent des actes de la vie courante que l’usage autorise, comme les petits achats, et ce sont ses parents qui en apprécient le caractère raisonnable : 3 € sur 40, oui ; 40 € sur 40, non. Si les parents versent eux-mêmes, à l’association, une somme que l’enfant leur remet, la réduction est de 66 % du don, 75 % pour les associations d’aide aux personnes en difficulté jusqu’à 2 000 € de dons en 2026, et 66 % dans la limite de 20 % du revenu pour le reste, ce qui fait qu’un don de 30 € coûte 10 € aux parents.
Jusqu’où ça va
La méthode des trois pots, dépenser, épargner, donner, avec une part de don choisie par l’enfant, rend le don régulier plutôt que ponctuel. Les collectes à l’école se font dans un cadre, celui des coopératives scolaires ou d’associations agréées, avec des sommes modestes et sans obligation ; l’enfant qui ne donne pas n’est pas montré, et celui qui donne ne l’est pas non plus. Ce qui compte à 10 ans, c’est de relier la somme à un effet : ce que 3 € permettent à l’association, un repas, un cahier, ce que son site détaille souvent.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Inès, 3 € donnés sur 40, une décision qui est la sienne, et une conversation sur ce que l’association fait de l’argent, ce qu’une visite de son site rend concret ; ses parents peuvent doubler la mise en leur nom, avec un reçu, ce qui montre que l’État aussi participe aux dons. Ce qu’elle garde : 37 €, et l’idée que donner est une décision, pas une obligation ; ce qu’elle apprend pour plus tard : qu’un don s’adresse à une association identifiée, pas à une cagnotte anonyme.
D’où vient l’argent ?
Elias, 8 ans, voit son père payer les courses en posant sa carte sur la machine, sans rien donner.
D’où vient l’argent ?
- La machine le fabrique à chaque paiement
- La banque le donne, gratuitement
- Du compte de son père, où arrive son salaire
Voir la réponseMasquer la réponse
La carte ne paie pas : elle dit à la banque de prendre l’argent sur le compte du père et de le donner au magasin. Ce compte se remplit avec le salaire, chaque mois, et se vide avec les courses. Quand il est vide, la carte ne marche plus, ou coûte cher.
CMF art. L.133-3 · L.312-1
Pourquoi c’est comme ça
Un compte en banque est une dette de la banque envers son client : l’argent déposé n’est plus dans un tiroir, il est prêté à d’autres, et la banque s’engage à le rendre à la demande, ce que le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, financé par les banques, garantit jusqu’à 100 000 € par personne et par banque si celle-ci fait faillite. Le compte se remplit chaque mois par un virement, le salaire, envoyé par l’employeur, et se vide de plusieurs façons : la carte au magasin, les retraits d’espèces, les virements qu’on ordonne, et les prélèvements que le loyer, l’électricité, le téléphone ou l’école prennent à date fixe sans qu’on fasse rien, avec une autorisation donnée une fois ; une part du salaire du père d’Elias est déjà engagée avant les courses. Le solde est ce qui reste ; la banque le montre sur le téléphone à tout moment, avec la liste des opérations.
Jusqu’où ça va
Quand le solde est insuffisant, le compte peut passer en négatif : découvert autorisé, dans une limite convenue, avec des intérêts au taux fixé par la banque, sous le taux de l’usure ; ou non autorisé, avec des frais par opération rejetée ou passée, plafonnés à 8 € par opération et 80 € par mois pour les commissions d’intervention, et parfois le refus du paiement à la caisse ; un compte durablement à découvert peut conduire à l’inscription au fichier des incidents et au retrait de la carte. Le relevé mensuel, ou l’application, raconte le mois : ce qui est entré, ce qui est sorti par catégorie, et il suffit à expliquer à un enfant de 8 ans ce que la carte fait : elle donne l’ordre de sortir de l’argent qui est arrivé par le travail. Ce que les enfants retiennent le mieux est l’ordre des choses : le travail, le salaire, le compte, la carte, les courses.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Elias, le solde du compte montré avant les courses et après, 87 € de moins, et une fois par mois le relevé lu ensemble, avec les grandes lignes, ce qui vient du travail, ce qui part pour le logement, ce qui reste pour le reste ; il n’a pas besoin des montants exacts, il a besoin de l’ordre. À 12 ans, sa propre carte, liée à un petit compte que ses parents alimentent, avec le solde sur son téléphone, fera le même travail : la carte est une clé, et la clé n’ouvre qu’un compte rempli.
Cet argent est à qui ?
Sacha, 10 ans, vend ses anciens jouets au vide-grenier de l’école : 23 € gagnés.
Cet argent est à qui ?
- À l’école
- À ses parents, qui avaient acheté les jouets
- À Sacha : les jouets étaient à lui, l’argent aussi
Voir la réponseMasquer la réponse
Les jouets offerts à Sacha lui appartenaient, et l’argent de leur vente lui appartient aussi. Ses parents l’administrent : ils peuvent décider avec lui de ce qu’il en fait, mais ils ne le lui prennent pas. Vendre ce qu’on n’utilise plus, c’est aussi apprendre qu’un jouet à 30 € se revend 3 €.
C. civ. art. 382 · 385
Pourquoi c’est comme ça
Les jouets offerts à un enfant lui appartiennent, et le prix de leur vente aussi : ses parents administrent ses biens, ce qui leur donne le pouvoir de décider de leur usage dans son intérêt, de placer, de dépenser pour lui, mais pas de les confondre avec les leurs ; un enfant qui, à 18 ans, demanderait des comptes sur son épargne pourrait le faire, la loi obligeant les parents à rendre compte de leur gestion. Un particulier peut participer à deux vide-greniers par an au plus, en vendant des objets personnels usagés, sans que ces ventes soient imposables : la vente par un particulier de ses meubles meublants, appareils ménagers et voitures, quel qu’en soit le prix, et de ses autres objets d’occasion vendus 5 000 € au plus chacun, est exonérée d’impôt, et le produit n’a pas à être déclaré, à la différence de ce qui deviendrait une activité régulière d’achat-revente. Le registre de la manifestation mentionne l’identité de l’exposant, ici un parent, qui atteste sur l’honneur ne pas dépasser deux ventes par an.
Jusqu’où ça va
Le vide-grenier enseigne la décote, une des notions les plus utiles de la vie économique : un jouet acheté 30 € se vend 3 € deux ans plus tard, une console à 300 € se revend 100 € ; l’acheteur qui marchande fait un prix, pas une insulte, et le vendeur qui refuse garde son objet, ce qui est aussi un choix. Les ventes sur les plateformes de revente en ligne sont exonérées de la même façon ; la plateforme transmet à l’administration les données des vendeurs qui ont perçu plus de 2 000 € ou réalisé au moins trente ventes dans l’année, sans rendre ces ventes imposables. Ce que dix jouets achetés 250 € en tout et revendus 23 € disent : les objets valent ce que quelqu’un en donne, le jour où l’on vend.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Sacha, 23 € qui lui appartiennent, dont il décide avec ses parents : une part sur son livret, une part pour un projet, et le constat, chiffré par lui, que ses jouets ont perdu 90 % de leur valeur ; c’est la meilleure introduction à l’achat d’occasion, l’autre face de la décote, où le jouet à 30 € s’achète 3 € à quelqu’un d’autre. La prochaine fois qu’il veut un jeu neuf, il saura ce qu’il vaudra dans deux ans, et regardera d’abord le rayon d’occasion.
Qu’est-ce qu’ils apprennent ?
Rayan, 10 ans, prête 6 € à sa petite sœur de 7 ans, qui promet de rendre « bientôt ». Trois semaines plus tard, rien.
Qu’est-ce qu’ils apprennent ?
- Qu’il ne faut jamais prêter, même à son frère
- Qu’un prêt, c’est un accord : combien, et quand on rend
- Que les petits ne remboursent jamais leurs dettes
Voir la réponseMasquer la réponse
Prêter sans dire quand on rend, c’est prêter sans savoir quand on reverra son argent. Un prêt, même de 6 €, se fait avec une date : « tu me rends samedi prochain ». Les adultes écrivent la même chose sur un papier signé. Au-dessus de 1 500 €, la loi l’exige.
C. civ. art. 1892 · 1359
Pourquoi c’est comme ça
Prêter de l’argent, c’est en transférer la propriété à charge d’en rendre autant, à une date convenue ; si aucune date n’a été fixée, le prêteur peut réclamer son argent, mais le juge peut accorder à l’emprunteur un délai selon les circonstances : un prêt sans date n’est pas un don, mais il est plus difficile à réclamer, ce que la sœur de Rayan a compris avant lui. Au-delà de 1 500 €, la preuve d’un prêt exige un écrit, la reconnaissance de dette, signée par l’emprunteur avec le montant en chiffres et en lettres, le nom du prêteur, la date de remboursement et, s’il y en a, le taux d’intérêt ; en dessous, la preuve est libre : un virement avec un libellé et un message peuvent suffire ; tout prêt entre particuliers de plus de 5 000 €, en famille comme ailleurs, doit en outre être déclaré à l’administration fiscale, sans impôt ; cette déclaration ne suffit pas, à elle seule, à écarter une requalification en donation.
Jusqu’où ça va
Un prêt entre proches peut être sans intérêt, ou avec un intérêt modeste, qui est alors imposable chez le prêteur ; ce qui compte est la date, et une règle que les adultes appliquent mal, ne prêter que ce qu’on peut perdre, parce que le recours contre un frère ou un ami coûte plus que la somme, en procédure et en relation. La dette se prescrit par cinq ans à compter de la date où elle est exigible ; pour un prêt sans date, elle se déduit de l’accord des parties et des circonstances, et le juge peut accorder un délai à l’emprunteur. Ce que 6 € entre frères et sœurs enseignent vaut pour 6 000 € plus tard : l’accord est fait de trois choses, combien, quand, et ce qui se passe si la date n’est pas tenue ; et l’oubli est la règle, pas l’exception, chez celui qui doit. Les parents qui refusent d’arbitrer un prêt sans date apprennent quelque chose aux deux.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Rayan, 6 € en attente, une date à convenir avec sa sœur, samedi, et un rappel écrit sur le tableau de la cuisine ; s’il ne les revoit pas, il a appris ce que valent 6 € prêtés sans date. Pour les prêts suivants, une règle de la maison : on écrit le montant et la date sur un papier, même pour 2 €, et la somme prêtée reste une somme dont on peut se passer. À 18 ans, la même règle vaudra pour le prêt à un ami pour un festival, avec un virement et un message ; et, à 30 ans, pour un prêt familial de 20 000 € avec une reconnaissance de dette chez un notaire.
Que se passe-t-il à la caisse ?
Chloé, 12 ans, reçoit sa première carte bancaire. Elle a 15 € sur le compte et veut acheter un jeu à 20 €.
Que se passe-t-il à la caisse ?
- La banque avance les 5 € manquants, comme un découvert
- Le paiement est refusé : la carte vérifie le solde
- Elle paie 20 € et sera à découvert de 5 € jusqu’au mois prochain
Voir la réponseMasquer la réponse
La carte des mineurs est à autorisation systématique. Elle interroge le compte à chaque paiement, et refuse si le solde ne suffit pas. En principe, il n’y a donc ni découvert ni frais d’incident. C’est la carte qui apprend qu’un compte a un fond.
CMF art. L.312-1-3 · L.133-3
Pourquoi c’est comme ça
La carte à autorisation systématique interroge le compte à chaque opération, paiement ou retrait, et n’est acceptée que si le solde couvre la somme ; à la différence d’une carte classique, qui autorise souvent hors ligne ou sur la base d’un plafond et peut mettre le compte à découvert, elle ne peut pas dépenser ce qui n’existe pas, ce qui supprime, en pratique, les découverts, les frais d’incident et les rejets. C’est la carte des comptes de mineurs, ouverts par les parents à un âge minimal fixé par chaque banque, et celle de l’offre spécifique pour les personnes fragiles ; les parents fixent les plafonds de paiement et de retrait, par jour, par semaine, par catégorie de commerces, activent ou non les paiements en ligne et à l’étranger, reçoivent une alerte à chaque opération, et alimentent le compte par virement, ponctuel ou programmé, l’argent de poche du 1er du mois.
Jusqu’où ça va
La carte a des limites que l’adolescent découvre vite : elle est refusée là où le commerçant ne peut pas interroger la banque, certains péages, parkings ou distributeurs automatiques, et pour les paiements qui exigent une caution, une location, un hôtel ; en ligne, le paiement passe par une validation sur le téléphone, l’authentification forte, que les parents peuvent garder pour eux ; et un refus à la caisse ne dit pas pourquoi, solde ou plafond, ce que l’application dit ensuite. En cas de perte, la carte se bloque depuis l’application, et la loi limite à 50 € ce qui peut être perdu avant l’opposition, à zéro pour les paiements faits sans le code ou sans authentification forte ; une fraude du titulaire, ou selon les cas une négligence grave comme un code noté sur la carte, lui laisse en revanche les pertes. Le coût va de la gratuité à quelques euros par mois selon les banques, parfois compris dans l’offre des parents ; les applications spécialisées pour adolescents proposent en plus des tirelires par objectif et des missions rémunérées, qui sont un argent de poche déguisé.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Chloé, un refus à la caisse et un jeu qui attend le prochain versement, ou 5 € de plus déposés par ses parents si le jeu vaut une avance, ce qui se discute ; ce qu’elle sait maintenant, c’est qu’un compte a un fond, et que la carte le connaît mieux qu’elle. L’exercice qui suit, regarder le solde avant d’entrer dans le magasin, est celui que beaucoup d’adultes n’ont jamais appris, faute d’une carte qui disait non ; à 16 ans, avec un compte courant ordinaire, elle aura le réflexe.
Comment un jeu gratuit lui a-t-il coûté 60 € ?
Kenzo, 13 ans, a dépensé 60 € de skins dans un jeu gratuit en un mois, par petits achats de 2 à 5 €.
Comment un jeu gratuit lui a-t-il coûté 60 € ?
- Les achats intégrés : petits, répétés, c’est le modèle
- Le jeu n’était pas vraiment gratuit au départ
- Sa carte a été piratée par le jeu
Voir la réponseMasquer la réponse
Le jeu est conçu pour que les petits achats s’additionnent, sans effort et sans voir de billets. Il utilise une monnaie virtuelle, des promotions limitées et des récompenses aléatoires. 60 € en achats de 2 à 5 €, c’est le prix d’un jeu complet. Et personne ne l’a vu passer.
C. consom. art. L.121-1 · L.221-18 · L.221-28
Pourquoi c’est comme ça
Les jeux gratuits de tir ou d’aventure vendent des objets cosmétiques, skins, danses, tenues, sans effet sur le jeu mais visibles par les autres joueurs, ce qui en fait un marqueur social à 13 ans comme les baskets à 8 ; ils les vendent par une monnaie intermédiaire, achetée par paquets dont le montant tombe rarement sur le prix d’un objet, ce qui laisse souvent un reste qui pousse au paquet suivant ; par des boutiques qui changent chaque jour avec des offres limitées à quelques heures ; et par un passe de combat saisonnier qui récompense le temps de jeu et fait revenir. Une quinzaine d’achats de 2 à 5 € en un mois sont le résultat attendu de ces mécaniques, conçues et testées pour cela, pas une faiblesse de Kenzo ; le prix d’un jeu complet, 60 €, est dépensé sans qu’aucune décision d’achat de 60 € n’ait été prise.
Jusqu’où ça va
La loi française n’interdit pas les achats intégrés ; elle impose l’information sur les prix en euros et encadre la publicité ; l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans votée en 2026 a été censurée par la décision constitutionnelle du 14 août 2026 et n’est pas entrée en vigueur ; le droit de rétractation de quatorze jours ne s’applique pas à un contenu numérique payant dont la fourniture a commencé avec l’accord exprès préalable de l’acheteur, qui a reconnu perdre ce droit, le vendeur lui ayant confirmé cet accord sur un support durable : utiliser le skin ne suffit pas, à lui seul, à l’écarter. Les plateformes ont leurs politiques : examen des demandes de remboursement d’achats non autorisés par un mineur ; sur les consoles, un mot de passe à chaque achat, une limite mensuelle de dépense par compte enfant, et la carte des parents non enregistrée. Le pictogramme PEGI « achats intégrés » et sa mention « éléments aléatoires payants » figurent sur la fiche des jeux concernés.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Kenzo, 60 € en un mois, 720 € par an au même rythme, le prix d’une console ; un budget négocié avec ses parents, une carte cadeau de 15 € par mois achetée par lui ou offerte, chargée sur son compte, et rien d’autre, transforme une quinzaine de petites décisions invisibles en une seule, visible, chaque mois. S’il veut plus, il paie la différence sur son argent de poche ; et le passe de combat, à 10 € par saison, devient un achat réfléchi, pas un réflexe. Les réglages de la console se font en dix minutes, ensemble, ce qui vaut mieux qu’une interdiction.
Quelle différence sur l’année ?
Maël, 14 ans, veut le forfait à 25 € avec beaucoup de données ; ses parents proposent celui à 8 € avec 20 gigas.
Quelle différence sur l’année ?
- 204 €
- 54 €
- 17 €
Voir la réponseMasquer la réponse
17 € par mois, c’est 204 € par an : le prix d’un vélo d’occasion. Regarder un abonnement sur douze mois change la façon de le choisir.
C. consom. art. L.224-28 · L.224-33
Pourquoi c’est comme ça
Un forfait mobile comprend des appels, des SMS et un volume de données, les gigas, consommés hors Wi-Fi. Un forfait sans engagement se résilie à tout moment, en ligne, en trois clics, depuis 2023, sans frais ; un forfait avec engagement de vingt-quatre mois, souvent lié à un téléphone subventionné, se résilie, pour un contrat conclu depuis 2023, après douze mois sans payer les mensualités restantes, sauf téléphone subventionné, 20 % au plus, et avant douze mois en payant les mensualités jusqu’au douzième mois, ce qui fait du téléphone « à 1 € » un crédit déguisé de 24 mensualités. L’itinérance dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein et en Norvège, et depuis 2026 en Ukraine et en Moldavie, est comprise, dans une limite d’utilisation raisonnable ; ailleurs, Suisse et Royaume-Uni compris, son prix est libre.
Jusqu’où ça va
Le hors-forfait est le piège des forfaits d’adolescents : appels vers des numéros surtaxés, jeux et abonnements facturés sur la facture mobile, achats par SMS, dépassement du volume de données ; les opérateurs proposent une option de blocage qui coupe le hors-forfait au-delà du forfait, et le blocage des numéros surtaxés et des achats sur facture, réglable dans l’espace client ; un forfait « bloqué » pour adolescents intègre tout cela. La règle du fois douze vaut pour tous les abonnements : 17 € de plus par mois, c’est 204 € par an, et un abonnement de musique à 11 €, une plateforme vidéo à 9 €, un jeu à 13 € par mois font près de 400 € par an, ce qu’un tableau des abonnements de la famille rend visible.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Maël, un forfait à 8 € avec 20 gigas, sans engagement, avec l’option de blocage activée ; s’il veut celui à 25 €, il paie 17 € par mois sur son argent de poche, ce qui se décide en général tout seul au bout d’un mois. La conversation utile est celle du fois douze, appliquée à ses trois abonnements et à ceux de ses parents, sur une feuille : le forfait n’est jamais la plus grosse ligne, et Maël découvre parfois que la plateforme vidéo de la famille coûte plus que son téléphone.
Combien d’intérêts au bout d’un an, et qui les paie ?
Jade, 12 ans, a 800 € sur son Livret A à 1,7 %.
Combien d’intérêts au bout d’un an, et qui les paie ?
- 80 €, versés par ses parents pour l’encourager
- 13,60 €, versés par la banque au 31 décembre
- Rien avant dix-huit ans : les intérêts attendent
Voir la réponseMasquer la réponse
800 € × 1,7 % = 13,60 €. Ils sont ajoutés au livret au 31 décembre, sans impôt. C’est la banque qui les verse, parce qu’elle prête cet argent à d’autres pendant ce temps. Le taux est fixé par l’État, et il peut changer le 1ᵉʳ février et le 1ᵉʳ août.
CMF art. L.221-1 · L.221-5 ; CGI art. 157, 7°
Pourquoi c’est comme ça
L’argent déposé sur un Livret A ne dort pas : une part, plus de la moitié, est centralisée à la Caisse des dépôts, qui la prête aux organismes de logement social pour construire des logements, et la banque emploie le reste, pour au moins la moitié, en crédits aux petites et moyennes entreprises, et pour une part à la transition énergétique et à l’économie sociale et solidaire ; c’est pour cet usage que l’argent est rémunéré, et parce que l’État le garantit qu’il l’est modestement. Le taux est fixé par l’État deux fois par an, au 1er février et au 1er août, selon une formule qui fait la moyenne de l’inflation des six derniers mois et des taux auxquels les banques se prêtent entre elles, avec un plancher de 0,5 % ; il est de 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, après 1,5 % de février à juillet 2026 et 3 % de février 2023 à janvier 2025. Les intérêts se calculent par quinzaine : un versement fait au plus tard le 15 rapporte à partir du 16, après le 15 à partir du 1er du mois suivant, et un retrait fait le 1er laisse courir les intérêts jusqu’à la fin du mois précédent ; les intérêts sont ajoutés au capital le 31 décembre, leur inscription sur le relevé pouvant attendre début janvier.
Jusqu’où ça va
Sur 800 €, 13,60 € la première année, un peu plus la deuxième parce que les 13,60 € rapportent à leur tour, et ainsi de suite : en six ans, à taux constant, environ 85 € d’intérêts, sans impôt ni prélèvement, ce qui est l’effet des intérêts composés à petite échelle ; le même mécanisme, à 7 % sur quarante ans, multiplie un capital par quinze, et c’est la seule raison de commencer tôt. Chaque personne ne peut avoir qu’un Livret A, plafonné à 22 950 € de versements, les intérêts pouvant le dépasser ; à 12 ans, Jade peut y ajouter un livret jeune, dont le taux, libre, est au moins égal à celui du Livret A, parfois un peu supérieur, dans la limite de 1 600 €, qui rapporte donc au moins autant sur ses premiers 1 600 € ; au-delà, le Livret A prend le relais. Les deux se gèrent avec ses parents jusqu’à 16 ans, seule ensuite pour les retraits du livret jeune, et du Livret A si elle l’a ouvert elle-même, sauf opposition des parents.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Jade, 800 € sur un livret jeune à 2,5 %, si sa banque le propose, soit 20 € par an au lieu de 13,60 € ; un versement de 10 € par mois, déposé le 14 au plus tard, et un relevé lu chaque 1er janvier avec les intérêts de l’année en gras. À 18 ans, elle aura environ 1 700 € et l’expérience de six relevés ; ce que le livret ne lui apprend pas, le risque et le rendement, viendra avec le PEA à 18 ans, quand le livret jeune approchera de son plafond.
Quelle est la vraie remise ?
Lou, 13 ans, voit un sweat « − 40 % » : 36 € au lieu de 60 €. Le même sweat était à 40 € le mois dernier.
Quelle est la vraie remise ?
- 10 %, par rapport au prix réel d’avant
- Aucune : c’est plus cher qu’avant
- 40 %
Voir la réponseMasquer la réponse
La loi impose que le prix barré soit le prix le plus bas pratiqué dans les trente jours avant la promotion. Le sweat était à 40 € : la remise réelle est de 4 €, soit 10 %. Un prix barré gonflé est une pratique trompeuse, et elle est sanctionnée.
C. consom. art. L.112-1-1 · L.121-2
Pourquoi c’est comme ça
Depuis 2022, toute annonce de réduction doit indiquer le prix antérieur, défini comme le prix le plus bas des trente jours précédents. Gonfler le prix avant les soldes pour afficher une grosse remise est interdit et sanctionné comme pratique commerciale trompeuse ; les associations de consommateurs le repèrent avec des historiques de prix.
Jusqu’où ça va
Les soldes ont lieu deux fois par an à dates fixes, quatre semaines ; les promotions, elles, sont libres toute l’année. Un article soldé se rembourse ou s’échange comme un autre en cas de défaut ; le « ni repris ni échangé » ne vaut que pour le changement d’avis en magasin, jamais pour un défaut.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Lou, 4 € de remise réelle sur 40 €, pas 24 € sur 60 € : la remise se calcule sur le prix le plus bas des trente jours qui précèdent la réduction. Une application ou un site d’historique des prix le montre en dix secondes ; l’habitude de regarder le prix d’avant apprend un peu de scepticisme devant les grands chiffres rouges.
Ce cadeau doit-il être déclaré quelque part ?
Yanis, 11 ans, reçoit 500 € de sa grand-mère pour son anniversaire, par virement sur son livret.
Ce cadeau doit-il être déclaré quelque part ?
- Oui, aux impôts, comme tout argent reçu
- Non : un cadeau raisonnable est un présent d’usage
- Oui, à la banque
Voir la réponseMasquer la réponse
Les cadeaux d’anniversaire, de Noël ou de fête sont des présents d’usage, s’ils restent proportionnés aux moyens de celui qui donne. Ils n’ont pas à être déclarés et ne comptent pas plus tard dans l’héritage. Un très gros virement, lui, devient un don manuel à déclarer.
C. civ. art. 852 ; CGI art. 757
Pourquoi c’est comme ça
Un présent d’usage est un cadeau offert pour une occasion, anniversaire, Noël, réussite à un examen, d’un montant raisonnable par rapport à la fortune de celui qui l’offre. Il ne se déclare pas, ne se rapporte pas à la succession, et ne consomme aucun abattement. Il n’y a pas de montant fixé : c’est la proportion qui compte.
Jusqu’où ça va
Au-delà du raisonnable, le cadeau devient un don manuel : il se déclare sur le formulaire papier 2735 quand le donateur n’est pas le représentant légal du mineur, même sans droits à payer grâce à l’abattement de 31 865 € entre grand-parent et petit-enfant ; il n’est pas rapporté à la succession, le petit-fils n’étant pas héritier, mais il compte dans le calcul de la réserve. Un grand-parent qui verse 100 € tous les mois fait des dons manuels, pas des présents.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Yanis, 500 € sur le livret, sans papier. Sa grand-mère, qui a une retraite confortable, pourrait offrir 500 € à Noël sans que cela change ; 10 000 € pour son bac dépasseraient en revanche, pour une retraite confortable sans grande fortune, la mesure d’un présent d’usage : ce serait un don manuel déclaré, non rapportable mais pris en compte dans le calcul de la réserve.
Combien lui reste-t-il pour la boutique, et si elle dépasse ?
Ambre, 14 ans, part une journée avec des amies : 40 € de budget. Cinéma 9 €, déjeuner 12 €, transport 4 €, et une boutique.
Combien lui reste-t-il pour la boutique, et si elle dépasse ?
- 25 €, en comptant sur un petit rabais
- 40 € : les parents rembourseront le surplus
- 15 €, et elle ne peut pas dépasser : personne n’avance
Voir la réponseMasquer la réponse
40 − 9 − 12 − 4 = 15 €. Un budget fixé à l’avance, c’est une somme qui ne bouge pas. Si la boutique coûte 20 €, c’est non, ou c’est un déjeuner moins cher. Décider avant de partir ce qu’on fait de chaque poste évite de rentrer sans transport.
C. civ. art. 371-1 · 1148
Pourquoi c’est comme ça
Un budget de sortie se construit dans l’ordre des priorités, pas dans l’ordre de la journée : d’abord ce qui est obligatoire, le transport du retour, 4 €, mis de côté avant de partir, dans une poche séparée ou sur la carte hors plafond ; puis ce qui est prévu et partagé, le cinéma et le déjeuner, 21 €, dont le prix se connaît d’avance ; enfin ce qui est libre, la boutique, avec ce qui reste, 15 €. Une réserve de 10 %, 4 €, pour l’imprévu, un goûter, un ticket, ramène la boutique à 11 € et évite de rentrer à pied ; ce qui reste à la fin se reporte, sur la semaine suivante ou sur un objectif, et c’est ainsi que les 3 € de trop deviennent 30 € en dix sorties. La règle « personne n’avance » fait le reste : sans avance possible, le budget est une contrainte réelle, et chaque dépense se pèse.
Jusqu’où ça va
La pression du groupe est le vrai sujet à 14 ans : les amies qui ont 60 €, le sweat que tout le monde prend, le restaurant plus cher que prévu ; l’enveloppe fermée donne une réponse qui n’est pas « je ne peux pas » mais « ce n’est pas dans mon budget », qui se dit plus facilement, et un budget annoncé avant la sortie, entre amies, aligne souvent les autres. La carte à autorisation systématique avec un plafond du jour de 40 € fait la même chose sans espèces, avec le solde sur le téléphone avant chaque achat ; ce qu’elle ne fait pas, c’est l’ordre des priorités, qui reste dans la tête. Le passage suivant est le budget mensuel, un argent de poche couvrant sorties et petits achats, où la journée à 40 € devient un choix parmi d’autres : trois sorties modestes ou une grande.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Ambre, 15 € pour la boutique, 11 € si elle garde une réserve, et un sweat à 20 € qui attend la prochaine fois, ou un déjeuner à 7 € au lieu de 12 ; ce qu’elle rapporte, quelques euros et le souvenir d’avoir choisi. Ses parents ne complètent pas par message à 16 h, ce qui est l’essentiel de l’exercice ; en échange, elle décide seule de la répartition, et le mois suivant, l’enveloppe de la journée devient une ligne de son budget mensuel, sur son téléphone.
Que peut-il faire ?
Eliott, 13 ans, a gardé le chien des voisins quatre jours contre 50 € promis. Ils lui donnent 20 € « parce que c’était facile ».
Que peut-il faire ?
- Rappeler l’accord : une promesse de prix engage
- Rien : un enfant ne peut pas réclamer
- Garder le chien jusqu’au paiement
Voir la réponseMasquer la réponse
Un service rendu contre un prix convenu se paie au prix convenu. L’accord verbal engage, mais il est difficile à prouver. Les parents d’Eliott peuvent rappeler l’accord aux voisins. La prochaine fois, un message écrit à l’avance fixera la somme. C’est le premier contrat d’Eliott.
C. civ. art. 1103 · 1359
Pourquoi c’est comme ça
Un accord sur un prix, même à l’oral, est un contrat : celui qui a rendu le service peut réclamer le prix convenu. La difficulté vient de la preuve : parole contre parole. Un message envoyé avant, « 50 € pour quatre jours, d’accord ? », suffit à fixer les choses et à éviter la discussion après.
Jusqu’où ça va
Un mineur peut rendre de petits services rémunérés, garde d’animaux, baby-sitting à partir de 16 ans, aide au jardin ; le baby-sitting rémunéré, lui, est un emploi à domicile qui se déclare. Ses parents peuvent agir pour lui si on ne le paie pas, mais en pratique, la conversation règle presque tout ; le rapport de force n’est pas du côté de l’enfant.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Eliott, 30 € qui manquent, et une leçon à 30 € : un prix fixé par écrit avant, et une baisse après coup qui n’a aucun fondement. Le baby-sitting à 16 ans se paie au moins le SMIC, 12,31 € brut de l’heure en 2026, avec la même règle : le tarif se dit avant la première soirée.
Que doit-il savoir ?
Nino, 13 ans, veut acheter les écouteurs à 90 € qu’un influenceur présente comme « les meilleurs, code promo dans la description ».
Que doit-il savoir ?
- Que l’influenceur a testé pour lui
- Que le code promo est un cadeau
- Que c’est une publicité payée, à signaler
Voir la réponseMasquer la réponse
Depuis 2023, la loi oblige les influenceurs à signaler les contenus payés. Ils affichent « publicité », « collaboration commerciale » ou une mention équivalente. Le code promo permet à la marque de compter les ventes qu’ils lui apportent. Le produit peut être bon, mais l’avis, lui, est acheté.
Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 art. 4 · 5-2 ; C. consom. art. L.121-3
Pourquoi c’est comme ça
Les influenceurs sont rémunérés par les marques, en argent ou en produits, pour présenter des articles ; le code promo est le compteur des ventes qu’ils apportent, qui peuvent être payées à la commission. La loi de 2023 impose la mention claire « publicité » ou « collaboration commerciale », ou une mention équivalente adaptée au format, sous peine de deux ans de prison et 300 000 € d’amende.
Jusqu’où ça va
Certaines promotions sont interdites aux influenceurs : chirurgie esthétique, paris sportifs vers les mineurs, produits financiers risqués, cryptoactifs sans agrément. Un avis acheté n’est pas forcément faux, mais il n’est pas l’avis d’un ami : le comparer à des tests indépendants prend cinq minutes.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Nino, 90 € pour des écouteurs qu’un test indépendant classe au milieu, contre 45 € pour un modèle mieux noté. La question que soulève ce type de vidéo : qui paie celui qui parle ? Elle vaut à 13 ans pour des écouteurs, à 30 pour un placement.
Que dit la loi, et que dit le calcul ?
Thibault, 14 ans, veut parier 10 € sur un match avec le compte d’un cousin majeur.
Que dit la loi, et que dit le calcul ?
- Permis dès quatorze ans avec un adulte
- Un placement comme un autre
- Interdit aux mineurs, et perdant en moyenne
Voir la réponseMasquer la réponse
Les paris sont interdits aux mineurs, même avec le compte d’un tiers. Et le site rend en moyenne au plus 85 % des mises : à long terme, le parieur perd. Les publicités qui ciblent les jeunes sont encadrées, mais elles tournent autour des matchs que Thibault regarde.
Code de la sécurité intérieure art. L.320-8 · L.320-12 ; Loi n° 2010-476 du 12 mai 2010
Pourquoi c’est comme ça
Un site de paris reverse aux joueurs, sur l’ensemble des mises, au plus 85 % pour les paris sportifs, la loi plafonnant ce taux pour limiter l’attrait du jeu ; le reste, 15 % au moins, est sa marge, cachée dans les cotes : quand deux issues sont également probables, une cote honnête serait de 2, et le site propose 1,70, ce qui fait que 10 € misés valent en moyenne 8,50 € à l’instant de la mise, avant tout résultat. Sur un pari, tout peut arriver ; sur cent paris, la moyenne s’impose, et le parieur régulier perd environ 15 % de ce qu’il mise. Le pari combiné, qui multiplie les cotes, multiplie aussi la marge : sur trois matchs, le site garde plus de 35 %.
Jusqu’où ça va
Les jeux d’argent sont interdits aux mineurs, même émancipés, et les opérateurs doivent vérifier l’identité et l’âge à l’ouverture du compte ; le cousin qui prête son compte enfreint les conditions de l’opérateur. La publicité pour les paris ne peut pas cibler les mineurs ni présenter le jeu comme une source de revenus, et l’Autorité nationale des jeux encadre par ses lignes directrices le recours aux influenceurs et la publicité pendant les grandes compétitions ; malgré cela, 27,5 % des jeunes de 17 ans déclaraient en 2022 avoir joué à un jeu d’argent dans l’année selon l’enquête ESCAPAD de l’OFDT. Les signes d’un jeu problématique, miser pour se refaire, cacher ses mises, emprunter, se repèrent tôt.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Thibault, 10 € qui valent au plus 8,50 € en moyenne sur l’ensemble des paris du site, le plafond de 85 % étant une moyenne annuelle et non un compte pari par pari, et un cousin qui risque son compte ; le match se regarde sans mise, et un pronostic entre amis, sans argent, donne le même plaisir de prédire. Ce que ses parents peuvent faire avec lui : lire une cote, en déduire la probabilité que le site lui attribue et la marge, ce qui est un exercice de mathématiques que l’école ne fait pas ; à 18 ans, il saura ce que contient la publicité qui tourne pendant chaque mi-temps.
Est-ce du travail déclaré ?
Salomé, 16 ans, garde des enfants trois soirs par mois, 10 € de l’heure, payée en espèces.
Est-ce du travail déclaré ?
- Non, et ce n’est pas grave sous 500 €
- Non : les mineurs ne se déclarent pas
- Oui : déclaré par le chèque emploi service
Voir la réponseMasquer la réponse
Le baby-sitting est un emploi à domicile. Les parents déclarent les heures sur le chèque emploi service universel et paient les cotisations. Ils récupèrent 50 % en crédit d’impôt. Salomé a alors une fiche de paie et une assurance en cas d’accident. Elle valide aussi des trimestres de retraite si les heures suffisent.
C. trav. art. L.1271-1 · L.4153-1 ; CGI art. 199 sexdecies
Pourquoi c’est comme ça
À partir de 16 ans, un jeune peut travailler avec l’accord de ses parents : job d’été, baby-sitting, petits contrats ; dès 14 ans, des travaux légers pendant les vacances sont possibles avec, en plus, l’autorisation de l’inspection du travail. L’emploi à domicile se déclare par le chèque emploi service universel : l’employeur déclare les heures en ligne, l’URSSAF calcule et prélève les cotisations, et le salarié reçoit un bulletin.
Jusqu’où ça va
Pour les parents employeurs, la moitié des sommes versées revient en crédit d’impôt, remboursé même sans impôt, dans la limite de 12 000 € par an, majorée de 1 500 € par enfant à charge sans dépasser 15 000 €. Pour Salomé, l’assurance accident du travail, la couverture maladie et des trimestres si elle atteint 150 heures au SMIC dans l’année ; les espèces non déclarées ne donnent rien de tout ça.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Salomé, à quatre heures par soirée, environ 1 440 € nets par an ; déclarés, ils coûtent aux parents de l’ordre de 2 400 € avant crédit d’impôt et moitié moins après, soit moins que les 1 440 € en espèces. Tout le monde y gagne.
Ses parents doivent-ils déclarer ces 1 800 € ?
Mathis, 17 ans, gagne 1 800 € nets en juillet et août dans un supermarché. Il est à la charge de ses parents.
Ses parents doivent-ils déclarer ces 1 800 € ?
- Oui, en entier, comme tout salaire
- Non : ils sont exonérés sous trois SMIC mensuels
- Oui, pour la moitié seulement
Voir la réponseMasquer la réponse
Les revenus d’un jeune de moins de 26 ans en études sont exonérés d’impôt, qu’il soit rattaché ou non. La limite est de trois fois le SMIC mensuel brut, environ 5 500 € pour 2026. Au-delà, seul l’excédent se déclare. Les gratifications de stage sont exonérées jusqu’au SMIC annuel.
CGI art. 81, 36° · 81 bis
Pourquoi c’est comme ça
L’exonération des jobs étudiants vise les jeunes de moins de 26 ans au 1ᵉʳ janvier qui poursuivent des études : leurs salaires sont exonérés dans la limite de trois SMIC mensuels bruts par an, environ 5 500 € en 2026 ; seul le surplus est imposable, chez eux ou chez les parents s’ils sont rattachés. L’exonération se demande en ne déclarant pas la somme, ou, pour le jeune qui déclare seul, en corrigeant le montant prérempli.
Jusqu’où ça va
Les gratifications de stage sont exonérées jusqu’au SMIC annuel, 22 184 € en 2026 ; les salaires d’apprenti aussi, jusqu’au SMIC annuel. Les indemnités de service civique sont exonérées en totalité. Un jeune actif en CDI, lui, déclare tout dès le premier euro.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Mathis, 1 800 € exonérés, rien à déclarer : ses salaires ne figurent pas parmi les montants préremplis de ses parents. À 30 % de taux marginal, l’exonération leur épargne environ 400 € d’impôt, après la déduction minimale de 509 € pour frais. Le plafond se compare au salaire net imposable, avant la déduction pour frais : trois mois d’été à temps plein payés au SMIC, congés payés compris, font environ 5 050 € et restent en dessous ; seul un excédent éventuel se déclare.
Combien touche-t-il net ?
Léo, 17 ans, commence un apprentissage en première année : 27 % du SMIC, soit environ 504 € brut.
Combien touche-t-il net ?
- Environ 400 €, après cotisations
- Environ 350 €, après impôt
- Environ 504 €, le brut sans cotisations
Voir la réponseMasquer la réponse
Le salaire d’apprenti est exonéré de cotisations salariales et de CSG-CRDS jusqu’à 50 % du SMIC. À 27 %, le brut de Léo est donc son net : 504 €. Il est aussi exonéré d’impôt jusqu’au SMIC annuel. L’employeur reçoit une aide de l’État.
C. trav. art. L.6222-27 · D.6222-26 ; CSS art. L.136-1-1 ; CGI art. 81 bis
Pourquoi c’est comme ça
Le salaire d’un apprenti est un pourcentage du SMIC qui dépend de son âge et de l’année d’exécution du contrat : avant 18 ans, 27 % en première année, 39 % en deuxième, 55 % en troisième ; de 18 à 20 ans, 43 %, 51 %, 67 % ; de 21 à 25 ans, 53 %, 61 %, 78 % ; 100 % à partir de 26 ans ; les conventions collectives peuvent prévoir des pourcentages supérieurs, et le passage à une tranche d’âge supérieure s’applique dès le premier jour du mois suivant l’anniversaire. Sur le bulletin de Léo, 27 % de 1 867 €, environ 504 € bruts en 2026, aucune cotisation salariale n’est retenue tant que le salaire ne dépasse pas la moitié du SMIC, environ 930 €, et la CSG-CRDS ne s’applique que sur la part au-delà, ce qui vaut pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025 ; en dessous, le net égale le brut, et l’employeur paie ses cotisations, allégées, avec une aide de l’État à l’embauche.
Jusqu’où ça va
Les 504 € sont aussi exonérés d’impôt sur le revenu, dans la limite du SMIC annuel, 22 184 € en 2026, ce qui couvre largement le salaire de Léo ; le bulletin mentionne pourtant un « net imposable », que la déclaration corrige. Un apprenti est un salarié : il valide autant de trimestres de retraite que de trimestres de contrat, quatre par an, quel que soit son salaire, acquiert des points de retraite complémentaire, est couvert pour la maladie et les accidents du travail, et acquiert des droits au chômage à la fin du contrat, dès la durée minimale de travail exigée, six mois en règle générale, avec une allocation calculée sur son salaire ; à 18 ans, il peut demander la prime d’activité si son salaire dépasse 78 % du SMIC net, environ 1 145 € nets en 2026. S’y ajoutent la carte d’étudiant des métiers, les aides au logement et le rattachement possible aux parents avant 21 ans au 1er janvier, ou 25 ans s’il poursuit des études ; l’aide au permis de 500 € a pris fin le 21 février 2026.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Léo, 504 € nets par mois, environ 6 050 € par an sans impôt ni cotisation, une formation payée par l’entreprise et l’État qui coûterait plusieurs milliers d’euros en école privée, et des trimestres de retraite qui commencent à 17 ans ; en deuxième année, 39 % du SMIC, environ 728 €, toujours sans cotisation, et à 18 ans la tranche supérieure. Le premier bulletin, lu avec un parent, montre les lignes à zéro, ce qui est l’occasion d’expliquer ce qu’elles retiendront quand le salaire dépassera 930 €.
Que permet la loi ?
Camille, 16 ans, veut ouvrir un compte avec une vraie carte et un découvert.
Que permet la loi ?
- Un compte avec ses parents, sans découvert seul
- Rien avant dix-huit ans
- Un compte seul, sans les parents
Voir la réponseMasquer la réponse
Avec l’accord de ses parents, un mineur peut détenir un compte et une carte, à un âge que fixe chaque banque. Selon les banques, il peut ensuite retirer et payer seul, dans les limites fixées. Mais aucun crédit ni découvert ne lui est ouvert. Sur un Livret A qu’il a ouvert lui-même, il retire seul dès 16 ans, sauf opposition des parents.
C. civ. art. 387-1 · 1148 ; CMF art. L.221-3
Pourquoi c’est comme ça
Le compte d’un mineur reste sous l’autorité des parents : ils l’ouvrent, fixent les plafonds, peuvent le clôturer. À partir de 16 ans, le jeune peut, selon les banques, effectuer seul les opérations courantes, retraits, paiements, virements, et, de droit, retirer seul sur un Livret A qu’il a ouvert lui-même, sauf opposition des parents ; tout engagement de crédit, découvert, paiement fractionné, abonnement engageant, passe par eux, et un emprunt au nom du mineur exige en outre l’autorisation préalable du juge des tutelles.
Jusqu’où ça va
Les banques proposent des offres jeunes gratuites jusqu’à 18 ou 25 ans, avec une carte à autorisation systématique et une application de suivi partagée. Les banques n’accordent pas de découvert à un mineur, et le crédit attend 18 ans ; à 18 ans, l’offre bascule vers un compte classique dont les frais se comparent.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Camille, un compte gratuit, une carte qui dit non quand c’est vide, et un découvert refusé jusqu’à 18 ans, ce qui lui évite les 8 € par opération de commission d’intervention que découvrent ses aînés. Ses parents voient le solde, pas nécessairement le détail, selon ce qui est convenu.
Est-ce possible ?
Rayan, 17 ans, veut un scooter à 2 500 €. Un site propose un « crédit jeune » sans les parents.
Est-ce possible ?
- Oui, dès seize ans avec un justificatif
- Non : un mineur ne peut pas emprunter seul
- Oui, sous 100 € par mois
Voir la réponseMasquer la réponse
Un mineur ne peut pas contracter un crédit. L’engagement est frappé de nullité relative : les parents peuvent le faire annuler. Le prêteur qui a prêté sans vérifier l’âge et la solvabilité peut perdre son droit aux intérêts. Le scooter se finance par l’épargne, ou par une avance des parents, qui restent libres de refuser.
C. civ. art. 1146 · 1147 ; C. consom. art. L.312-16 · L.341-2
Pourquoi c’est comme ça
Un contrat de crédit signé par un mineur non émancipé est frappé de nullité relative : ses parents, ou lui-même à sa majorité, peuvent le faire annuler, le prêteur ne peut pas s’en prévaloir, et la restitution de ce qu’a reçu le mineur est limitée à ce qui a tourné à son profit ; le prêteur qui n’a pas vérifié la solvabilité de l’emprunteur, ses revenus et son âge, et consulté le fichier des incidents, peut en outre être déchu de son droit aux intérêts, en totalité ou en partie, ce qui fait d’un crédit à un mineur une opération perdante pour tout prêteur sérieux. Aucune banque n’en accorde en pratique ; un site qui propose un « crédit jeune » à 17 ans sans les parents est soit un courtier qui renverra vers les parents comme coemprunteurs, soit une fraude, qui collectera une pièce d’identité, un relevé bancaire et des frais de dossier, et ne prêtera rien ; les prêteurs agréés figurent sur la liste des établissements agréés tenue par l’ACPR, leurs intermédiaires sur le registre de l’ORIAS.
Jusqu’où ça va
À 17 ans, le scooter se finance de trois façons : l’épargne, 2 500 € en deux ans avec un job d’été de 1 500 € et de l’argent de poche ; une avance des parents, avec le montant, une date et une mensualité prise sur l’argent de poche et les jobs, ce qui apprend le crédit sans intérêts, sans faire de Rayan un débiteur : un vrai prêt à son nom exigerait l’autorisation du juge des tutelles, et un représentant autre que ses parents créanciers ; ou un crédit contracté par les parents, en leur nom, avec l’adolescent qui rembourse en pratique, ce qui engage les parents seuls. Le scooter lui-même suppose le permis AM dès 14 ans, une immatriculation et une assurance obligatoire, deux démarches qu’un mineur ne peut pas non plus faire seul : l’assurance d’un scooter de 50 cm³ pour un conducteur de 17 ans, l’entretien et l’essence s’ajoutent chaque année au prix d’achat, à prévoir dans le même budget.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Rayan, un scooter à 2 500 € et un budget annuel pour rouler, financés par un job d’été, une part d’argent de poche et, s’il manque 1 000 €, une avance de ses parents remboursée 50 € par mois sur vingt mois, notée ensemble sur une feuille, sans valeur de dette ; le « crédit jeune » du site se ferme sans donner de pièce d’identité. Un scooter d’occasion à 1 200 €, avec le même budget d’assurance, ramène l’attente à un été.
Comment est-ce encadré ?
Dylan, 15 ans, gagne 300 € par mois avec ses vidéos en ligne. La plateforme lui demande un statut.
Comment est-ce encadré ?
- Aucune règle avant dix-huit ans
- Déclaration et part bloquée au-delà de seuils
- Les revenus reviennent aux parents
Voir la réponseMasquer la réponse
Une loi de 2020 encadre l’activité des moins de 16 ans sur les plateformes. S’il y a un employeur, il faut une autorisation préalable, et une part des revenus est consignée à la Caisse des dépôts. Sinon, une déclaration est due, et la consignation s’applique au-delà de seuils fixés par décret. Les revenus restent ceux de l’enfant, imposables selon leur nature.
Loi n° 2020-1266 du 19 octobre 2020 ; C. trav. art. L.7124-1 ; CGI art. 92
Pourquoi c’est comme ça
La loi de 2020 sur les enfants influenceurs de moins de 16 ans distingue deux cas : pour un enfant qui travaille pour une marque ou une agence, le régime des enfants du spectacle, avec autorisation de la préfecture ; pour un enfant qui publie lui-même, une déclaration des parents au-delà de seuils de durée ou de revenus. Dans le premier cas, et dans le second au-delà d’un seuil, une partie des revenus est versée à la Caisse des dépôts et consignations, bloquée jusqu’à la majorité.
Jusqu’où ça va
Fiscalement, les revenus réguliers d’une activité en ligne relèvent des bénéfices non commerciaux ou des bénéfices industriels et commerciaux, avec le régime micro fiscal et, le cas échéant, des cotisations sociales ; ils se déclarent avec ceux des parents, le mineur étant à leur charge, sauf demande d’imposition distincte. Les cadeaux des marques sont des revenus en nature.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Dylan, 3 600 € par an. Comme il publie lui-même, sans employeur, la déclaration et la consignation ne jouent qu’au-delà de seuils de durée, de nombre de vidéos ou de revenus que la loi renvoie à un décret, non publié à ce jour selon les praticiens ; ses revenus restent les siens, gérés par ses parents comme administrateurs légaux. S’il tournait pour une marque, l’autorisation préalable et la part bloquée jusqu’à sa majorité s’appliqueraient.
Quelles aides existent ?
Emma, 17 ans, veut passer son permis : environ 1 800 € pour 20 heures et les examens.
Quelles aides existent ?
- Prêt à un euro par jour, région, compte de formation
- Aucune aide
- Un remboursement par la Sécurité sociale
Voir la réponseMasquer la réponse
Le permis à un euro par jour prête 600 à 1 200 € à taux zéro aux 15-25 ans. Le remboursement se fait à 30 € par mois. L’aide de 500 € aux apprentis a pris fin le 21 février 2026. Certaines régions et missions locales financent une partie du permis. Le compte personnel de formation, alimenté par le travail, peut payer jusqu’à 900 € du permis B, sous conditions.
Décret n° 2005-1225 du 29 septembre 2005 ; C. trav. art. L.6323-6
Pourquoi c’est comme ça
Le coût du permis B dépend surtout du nombre d’heures de conduite nécessaires. Le permis à un euro par jour est un prêt à taux zéro de 600 à 1 200 €, dont l’État paie les intérêts, remboursé 30 € par mois au plus, pour les 15 à 25 ans, dans les auto-écoles conventionnées. L’aide de 500 € aux apprentis majeurs n’est plus attribuée depuis le 21 février 2026.
Jusqu’où ça va
La conduite accompagnée dès 15 ans, avec 3 000 kilomètres accompagnés, réduit le nombre d’heures payantes et divise par deux la surprime d’assurance du jeune conducteur, 50 % puis 25 % au lieu de 100 % puis 50 %, avant de disparaître la troisième année : plusieurs centaines d’euros. Le compte personnel de formation, alimenté à partir du premier emploi, finance depuis février 2026 jusqu’à 900 € du permis B, pour un demandeur d’emploi inscrit à France Travail ou avec un cofinancement d’au moins 100 €.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Emma, 1 800 € financés par 1 200 € de prêt à taux zéro et 600 € d’épargne ; en conduite accompagnée depuis 15 ans, elle passe l’examen à 17 ans et demi et paiera une surprime jeune conducteur réduite de moitié, 50 % puis 25 %, puis supprimée après deux ans sans sinistre responsable. Le permis se rembourse en 40 mois à 30 €.
Que peut-il faire, et pourquoi le temps compte ?
Victor, 18 ans, a 3 000 € et vingt ans devant lui. On lui parle du plan d’épargne en actions.
Que peut-il faire, et pourquoi le temps compte ?
- Un PEA jeune, plafonné à 20 000 €, et le temps
- Rien avant vingt-cinq ans
- Un livret : les actions sont pour les riches
Voir la réponseMasquer la réponse
Le PEA jeune est ouvert aux majeurs rattachés au foyer de leurs parents, avec un plafond de 20 000 €. Il devient ensuite un PEA classique. Ses gains sont exonérés d’impôt après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux restent. À 6 % par an en moyenne, les 3 000 € de Victor font 9 600 € en vingt ans. Au taux actuel du Livret A, 1,7 %, ils feraient 4 200 €.
CMF art. L.221-30 · L.221-30-1 ; CGI art. 157, 5° bis
Pourquoi c’est comme ça
Le plan d’épargne en actions permet d’investir en actions européennes, en direct ou par des fonds, avec une exonération d’impôt sur les gains après cinq ans ; les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026, restent dus à la sortie. Le PEA jeune, créé en 2019, est réservé aux majeurs encore rattachés à la déclaration de leurs parents, de moins de 21 ans au 1er janvier, ou de moins de 25 ans pour un étudiant, plafonné à 20 000 € de versements.
Jusqu’où ça va
Le rendement des actions n’est pas garanti : il a été de l’ordre de 5 % par an au-delà de l’inflation de 1900 à 2024 pour les actions mondiales selon l’annuaire UBS des rendements, avec de fortes baisses en chemin. C’est le temps qui lisse les écarts d’une année à l’autre. Une réserve de sécurité se loge sur un livret ; le PEA accueille une épargne de long terme.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Victor, 3 000 € qui deviennent peut-être 9 600 € à 38 ans, ou 6 000 € si le rendement n’est que de 3,5 %, ou 4 200 € sur un livret ; et 50 € par mois ajoutés pendant vingt ans à 6 % feraient 23 000 € de plus. Le parcours « Comment marche la bourse » explique ce qu’il achète.
Que devient sa protection ?
Hugo a 18 ans, est étudiant et n’a jamais réfléchi à sa couverture santé.
Que devient sa protection ?
- Le régime général, et la mutuelle des parents
- Il n’est plus couvert du tout
- Il doit prendre la mutuelle étudiante
Voir la réponseMasquer la réponse
Depuis 2019, il n’y a plus de régime étudiant. Hugo reste au régime général, avec sa propre carte Vitale. La mutuelle des parents couvre les enfants selon les termes du contrat. Sinon, la complémentaire santé solidaire est gratuite ou coûte 8 € par mois, sous conditions de ressources. Ce sont les ressources du foyer de ses parents qui comptent, tant qu’il vit chez eux ou leur est rattaché.
CSS art. L.160-1 · L.861-1 ; Loi n° 2018-166 du 8 mars 2018
Pourquoi c’est comme ça
Tout résident majeur est affilié à l’assurance maladie en son nom propre ; dès 16 ans, le jeune reçoit sa propre carte Vitale et déclare son propre médecin traitant. La Sécurité sociale rembourse 70 % du tarif de base d’une consultation de médecin, moins pour d’autres soins ; la complémentaire couvre le reste, et une part des dépassements et de l’optique selon le contrat.
Jusqu’où ça va
Les contrats collectifs des parents couvrent les enfants à charge selon les termes du contrat. L’étudiant qui ne vit plus chez ses parents, déclare ses revenus seul et ne reçoit pas de pension déductible a droit à la complémentaire santé solidaire, gratuite sous environ 870 € de ressources mensuelles en 2026, 8 € par mois au-dessus jusqu’à environ 1 170 €. Les mutuelles étudiantes privées restent facultatives.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Hugo, rester sur la mutuelle de ses parents dépend de leur contrat ; s’il quitte le foyer avec des ressources sous les plafonds, la complémentaire solidaire, gratuite ou à 8 € par mois, couvre lunettes et dentaire au panier 100 % santé. Une mutuelle étudiante privée est payante et intervient quand les deux premières options ne s’appliquent pas.
Que reçoit-elle, et est-ce imposable ?
Aya, 18 ans, s’engage huit mois en service civique.
Que reçoit-elle, et est-ce imposable ?
- Une indemnité d’environ 620 €, exonérée
- Un salaire au SMIC, imposable
- Rien : c’est du bénévolat
Voir la réponseMasquer la réponse
En 2026, le volontaire en service civique perçoit une indemnité d’environ 620 € nets par mois. Une part est versée par l’organisme, en nature ou en argent. Cette indemnité est exonérée d’impôt, sans cotisation à la charge du volontaire. Aya a aussi la couverture maladie et valide des trimestres de retraite. Ce n’est ni un emploi ni du bénévolat.
C. service national art. L.120-1 · L.120-21 ; CGI art. 81, 17° bis
Pourquoi c’est comme ça
Le service civique est un engagement volontaire de six à douze mois, de 16 à 25 ans, 30 ans pour les personnes en situation de handicap, dans une association ou une collectivité. L’indemnité est fixée par l’État, complétée par une prestation de l’organisme d’accueil.
Jusqu’où ça va
L’indemnité n’est pas imposable et n’entre pas dans le calcul des aides des parents ; le volontaire est couvert par la Sécurité sociale et ses mois comptent pour la retraite. Il peut cumuler avec des études ou un emploi à temps partiel dans la limite des heures d’engagement. Le contrat d’engagement est signé avec un organisme agréé et prévoit au moins vingt-quatre heures de mission par semaine ; la part de l’État est versée chaque mois par l’Agence de services et de paiement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Aya, huit mois à 620 €, environ 5 000 € sans impôt, deux trimestres de retraite, une expérience, et, selon leur contrat, la mutuelle de ses parents. Un premier emploi au SMIC aurait rapporté plus ; les deux ne se comparent pas, et les employeurs le lisent bien.
Que peut-elle proposer si ses parents ne peuvent pas ?
Lucie, 21 ans, trouve un studio à 550 €. Le propriétaire demande un garant gagnant trois fois le loyer.
Que peut-elle proposer si ses parents ne peuvent pas ?
- Rien : sans garant, pas de bail
- Payer six mois d’avance
- La garantie Visale, gratuite avant trente ans
Voir la réponseMasquer la réponse
Visale, gérée par Action Logement, couvre gratuitement les loyers impayés dans le parc privé. Elle prend en charge jusqu’à trente-six mois d’impayés sur les trois premières années du bail. Elle vise tout locataire de 18 à 30 ans, sous un plafond de loyer qui dépend de sa situation et de la zone. Le bailleur ne peut pas la cumuler avec une caution des parents. Il ne peut pas non plus imposer plusieurs mois de loyer d’avance : le paiement mensuel est de droit si le locataire le demande. Un loyer payable d’avance pour plus de deux mois exclut le dépôt de garantie.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 art. 22 · 22-1 ; CCH art. L.313-3
Pourquoi c’est comme ça
Le bailleur choisit son locataire, mais dans un cadre : il ne peut demander que les pièces figurant sur une liste limitative, pièce d’identité, justificatif de domicile, de situation professionnelle et de ressources, et les mêmes pour la caution ; il ne peut pas exiger de relevé bancaire, de chèque de réservation, ni plus d’un mois de loyer hors charges en dépôt de garantie pour un logement vide, ni un loyer payé d’avance pour plusieurs mois contre le gré du locataire, le paiement mensuel étant de droit à sa demande ; la règle des revenus égaux à trois fois le loyer est un usage, pas une loi, et l’assurance loyers impayés que souscrivent les bailleurs l’impose souvent, ce qui explique la demande. Le bailleur qui souscrit cette assurance ne peut pas cumuler avec une caution personne physique, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti ; celui qui n’en a pas peut demander une caution, qui s’engage par écrit pour un montant et une durée, en général le bail et ses renouvellements, avec l’obligation d’être informé des impayés.
Jusqu’où ça va
Lucie a quatre voies : Visale, la garantie gratuite d’Action Logement pour les moins de 31 ans, obtenue en ligne avant le bail, qui couvre jusqu’à 36 mois d’impayés sur les trois premières années du bail et que le bailleur ne peut pas cumuler avec une caution de ses parents ; la caution bancaire, où une banque garantit contre un dépôt bloqué de plusieurs mois de loyer, avec des frais ; un garant privé, société qui se porte caution contre rémunération, accepté par certains bailleurs ; ou une caution d’un proche aux revenus suffisants, un oncle, une grand-mère. Pour le dépôt de garantie, l’avance Loca-Pass d’Action Logement prête les 550 € sans intérêt, remboursables en vingt-cinq mois au plus. Refuser un dossier à cause de l’âge, de l’origine ou d’une situation de famille est une discrimination pénalement sanctionnée, mais la préférence pour un dossier avec garant ne l’est pas.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Lucie, un visa Visale demandé la veille de la visite, valable trois mois, présenté avec sa pièce d’identité, sa carte d’étudiante ou son contrat, et son dernier avis d’imposition ; le bailleur qui le refuse pour une caution parentale se prive d’une garantie plus solide, ce qu’une page du site d’Action Logement explique ; le dépôt de 550 € est avancé par Loca-Pass si elle ne l’a pas, et restitué dans le mois suivant son départ si l’état des lieux est conforme. Ses parents ne signent rien, et personne ne paie six mois d’avance.
Que change son détachement ?
Noé, 22 ans, vient de finir ses études et travaille depuis janvier à 1 900 € nets. Ses parents le rattachaient jusque-là.
Que change son détachement ?
- Rien ne change pour ses parents ni pour lui
- Il déclare seul ; ses parents perdent la demi-part
- Il paie l’impôt de ses parents en plus du sien
Voir la réponseMasquer la réponse
Détaché, Noé déclare seul ses 22 800 €. Après l’abattement de 10 % et la décote, il paie environ 530 € d’impôt. Ses parents perdent la demi-part, qui vaut jusqu’à 1 807 €. Une pension ne serait déductible que si Noé était dans le besoin, ce qui est difficile à soutenir avec 1 900 € nets. Le choix se calcule des deux côtés.
CGI art. 6, 3 · 156, II, 2° · 196 B
Pourquoi c’est comme ça
En études et âgé de moins de 25 ans au 1er janvier, un jeune peut être rattaché au foyer de ses parents : une demi-part pour eux, ses revenus ajoutés aux leurs. Détaché, il déclare seul, avec son propre taux de prélèvement à la source, et ses parents peuvent déduire la pension qu’ils lui versent, dans la limite de 6 855 € par an pour les revenus 2025, à condition qu’il en ait besoin.
Jusqu’où ça va
Un jeune actif à temps plein n’est plus étudiant : le rattachement reste possible tant qu’il a moins de 21 ans au 1er janvier, pas au-delà s’il ne poursuit pas d’études. La prime d’activité, ouverte dès 18 ans, ne dépend pas du rattachement fiscal ; elle s’éteint vers 2 000 à 2 150 € nets pour une personne seule en 2026.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Noé, environ 530 € d’impôt, retenus dès ses premiers salaires au taux par défaut de la grille, puis ajustés après sa première déclaration, et une prime d’activité déjà faible à ce niveau de salaire, proche du seuil où elle s’éteint. Pour ses parents à 30 %, la perte de la demi-part vaut jusqu’à 1 807 € ; une aide de 300 € par mois ne serait en principe pas déductible, Noé n’étant pas dans le besoin avec son salaire.
A-t-elle droit à la prime d’activité ?
Sofia, 23 ans, gagne 1 500 € nets en CDI et vit seule.
A-t-elle droit à la prime d’activité ?
- Non : elle gagne plus que le SMIC
- Seulement si elle a un enfant
- Oui, environ 230 € par mois, à demander
Voir la réponseMasquer la réponse
La prime d’activité complète les revenus modestes des travailleurs de plus de 18 ans. Pour une personne seule à 1 500 € nets, sans aide au logement, elle atteint environ 230 € par mois en 2026. La moitié des ayants droit ne la demandent pas. Elle n’est pas rétroactive.
CSS art. L.841-1 · L.842-3
Pourquoi c’est comme ça
La prime d’activité s’adresse aux travailleurs de 18 ans et plus dont les revenus d’activité sont modestes, salariés, apprentis, indépendants, étudiants salariés au-dessus d’un certain seuil. Elle se calcule sur les ressources de trois mois déclarés avec un mois de décalage, en septembre ceux de mai, juin et juillet, avec une bonification individuelle qui croît jusqu’à environ 1 700 € de revenus ; elle devient nulle vers 2 000 à 2 150 € nets pour une personne seule en 2026.
Jusqu’où ça va
La demande se fait en ligne à la CAF, avec une déclaration trimestrielle de ressources ; le versement commence le mois suivant, sans rattrapage des mois antérieurs. Elle n’est pas imposable et se cumule avec l’aide au logement, qui la réduit un peu par le forfait logement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Sofia, environ 230 € par mois, plus de 2 700 € par an, pour une simulation de cinq minutes et une déclaration trimestrielle. Depuis 2025, la solidarité à la source préremplit la déclaration avec les montants transmis par l’employeur.
Que regarde la banque, et que coûte le crédit ?
Karim, 24 ans, 1 800 € nets, veut emprunter 6 000 € sur trois ans pour meubler son appartement.
Que regarde la banque, et que coûte le crédit ?
- Seulement son âge
- Rien : à vingt-quatre ans, le crédit est automatique
- Son taux d’effort et ses relevés ; environ 520 € d’intérêts
Voir la réponseMasquer la réponse
Le prêteur vérifie la solvabilité de Karim et consulte le fichier des incidents. Pour un crédit à la consommation, aucun texte ne fixe de taux d’effort maximal. Le repère de 35 % vient du crédit immobilier. Avec 181 € sur 1 800 €, soit 10 %, Karim en reste loin. À 5,5 % sur 36 mois, ses 6 000 € coûtent environ 520 € d’intérêts. Un crédit renouvelable à 15 % coûterait près du triple.
C. consom. art. L.312-16 · L.312-17 · L.314-1
Pourquoi c’est comme ça
Avant d’accorder un prêt personnel, le prêteur doit évaluer la solvabilité : revenus, charges, crédits en cours, fichier des incidents, et remettre une fiche d’information standardisée avec le taux annuel effectif global. Le taux d’effort de 35 % est une norme du crédit immobilier ; pour le crédit à la consommation, aucun texte ne fixe de taux d’effort maximal.
Jusqu’où ça va
Le prêt personnel, 6,07 % en moyenne en juillet 2026 pour les crédits à la consommation hors renouvelable selon la Banque de France, se compare au crédit renouvelable et au paiement fractionné payant, plus chers, plafonnés à 23,60 % au quatrième trimestre 2026 pour 3 000 € ou moins ; le remboursement anticipé est libre, sans indemnité jusqu’à 10 000 € remboursés sur douze mois.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Karim, 520 € d’intérêts sur 6 000 €, 9 % du capital. La même somme en fractionnés et renouvelable lui aurait coûté 1 000 à 1 500 €, sans qu’aucune banque ne voie l’ensemble. Et meubler à 3 000 € en occasion, avec 3 000 € d’épargne disponible, n’appelle aucun intérêt.
Que doit-elle assurer ?
Manon, 20 ans, emménage dans un studio loué. Le bailleur exige une attestation d’assurance.
Que doit-elle assurer ?
- Facultative pour un studio, sans risque
- Obligatoire : les risques locatifs du logement
- Incluse dans le loyer, payée par le bailleur
Voir la réponseMasquer la réponse
Tout locataire doit assurer les risques locatifs : incendie, dégât des eaux, explosion. Sans attestation, le bailleur peut souscrire pour lui et le lui facturer, ou, si le bail le prévoit, faire jouer la clause de résiliation. Les contrats multirisques ajoutent la responsabilité civile et le mobilier.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 art. 7 g ; C. assur. art. L.121-1
Pourquoi c’est comme ça
L’assurance des risques locatifs est une obligation légale du locataire, vérifiée à la remise des clés et chaque année : elle indemnise le bailleur des dommages au logement ; les voisins relèvent de la garantie recours des voisins et des tiers, que proposent les contrats multirisques. La responsabilité civile vie privée, souvent incluse, couvre les dommages causés à autrui hors du logement ; le vol et le mobilier sont des options.
Jusqu’où ça va
Sans attestation, le bailleur peut, après une mise en demeure restée un mois sans effet, souscrire une assurance pour le compte du locataire et la récupérer avec le loyer, majorée de 10 % au plus ; cette mise en demeure vaut renonciation à la clause résolutoire. Il peut à la place faire jouer cette clause, si le bail la prévoit, un mois après un commandement resté sans effet. Le contrat se résilie à tout moment après un an, en ligne, et dans les trois mois qui suivent un déménagement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Manon, une assurance pour son studio, avec une franchise fixée par le contrat ; une fuite qui abîme le plafond du voisin coûte vite plusieurs milliers d’euros, un incendie bien davantage. C’est l’assurance la plus indispensable de sa vie d’adulte.
Combien arrive sur son compte ?
Théo, 22 ans, signe un CDI à 2 200 € brut. Il pensait toucher 2 200 €.
Combien arrive sur son compte ?
- 2 200 €, tout est net
- Environ 1 720 €, le reste en cotisations
- 1 100 €, la moitié part en impôt
Voir la réponseMasquer la réponse
Les cotisations salariales pèsent environ 22 % du brut, surtout pour la retraite, la CSG et la CRDS. Sur 2 200 €, il reste à Théo environ 1 720 € nets, avant l’impôt prélevé à la source. Maladie et chômage ne lui sont plus prélevés depuis 2018. L’employeur, lui, paie encore ses propres cotisations par-dessus.
CSS art. L.241-1 · L.136-1 ; C. trav. art. L.3243-2
Pourquoi c’est comme ça
La fiche de paie descend du brut au net : cotisations de retraite de base et complémentaire, environ 11 % ; CSG et CRDS, 9,7 % dont une part non déductible ; maladie et chômage ne sont plus prélevés sur le salarié. Le net imposable est un peu plus haut que le net à payer, parce que la CSG non déductible reste imposable.
Jusqu’où ça va
Au-dessus de la fiche, l’employeur verse environ 40 % de cotisations patronales : le coût total d’un salarié à 2 200 € brut est d’environ 3 100 € au taux plein, ramené vers 2 600 € par la réduction générale des cotisations patronales. La mutuelle d’entreprise, obligatoire, est prise en charge à moitié au moins ; le prélèvement à la source apparaît en bas, au taux transmis par l’administration, ou, à défaut, au taux neutre, fixé par une grille selon le net imposable du mois.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Théo, 1 720 € nets et une fiche de paie à lire une fois pour toutes : ses 480 € mensuels financent sa retraite et, par la CSG, la protection sociale ; l’assurance chômage, payée par l’employeur, lui verserait un peu plus de 57 % du brut s’il perdait son emploi. Le parcours « Son premier job » détaille chaque ligne.
Que lui coûte cette habitude, et comment en sortir ?
Inès, 23 ans, 1 600 € nets, est à découvert de 300 € à partir du 20 de chaque mois, dans son autorisation.
Que lui coûte cette habitude, et comment en sortir ?
- Des agios, et surtout un mois de retard permanent
- Rien : le découvert est autorisé par la banque
- Une amende fixe de la banque à chaque fois
Voir la réponseMasquer la réponse
Le découvert de 300 € dure dix jours par mois, au taux de 16 % de sa banque. Il coûte environ 1,30 € par mois, soit 16 € par an : le coût direct est faible. Le vrai coût, ce sont les commissions d’intervention, 8 € chacune, dès qu’un prélèvement dépasse l’autorisation. C’est aussi l’impossibilité d’épargner. Une somme de 300 € trouvée une fois, remboursement d’impôt ou prime, déplace tout le mois.
C. consom. art. L.312-93 ; CMF art. R.312-4-1
Pourquoi c’est comme ça
Le découvert autorisé coûte des agios calculés au jour le jour, à un taux fixé par chaque banque sous le taux de l’usure, plus, selon la convention, des frais fixes. Le découvert chronique, celui qui revient chaque mois à la même date, signale un budget en retard d’un cycle : le salaire du mois paie les dépenses du mois précédent.
Jusqu’où ça va
Le dépassement de l’autorisation déclenche les commissions d’intervention, 8 € par opération et 80 € par mois au plus, et des agios majorés ; au-delà de trois mois consécutifs, la banque doit proposer un crédit classique. La sortie passe par une somme unique égale au découvert habituel, qui remet le compte à l’heure, puis une réserve sur livret.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Inès, 16 € d’agios par an, mais jusqu’à 80 € de commissions les mois où des opérations dépassent l’autorisation, et zéro épargne. 300 € trouvés une fois, remboursement d’impôt, prime, vente d’un objet, et le découvert disparaît pour de bon, à condition de ne pas relever les dépenses d’autant.
Que devient cet argent si elle se pacse, puis se sépare ?
Clara, 24 ans, a reçu 40 000 € de ses grands-parents. Elle emménage avec son compagnon et pense au PACS.
Que devient cet argent si elle se pacse, puis se sépare ?
- Il devient commun avec le PACS, comme tout le reste
- Il se partage par moitié à la séparation
- Il reste à elle : le PACS sépare les patrimoines
Voir la réponseMasquer la réponse
Le PACS conclu depuis 2007 relève par défaut de la séparation des patrimoines. Chacun garde ses biens et ce qu’il acquiert. Même sous le régime optionnel de l’indivision, les dons et héritages restent personnels. L’argent de ses grands-parents reste donc à Clara. Ce qui est acheté avec cet argent, en revanche, ne reste personnel que si l’acte d’achat mentionne l’origine des fonds.
C. civ. art. 515-5 · 515-5-1 · 515-5-2
Pourquoi c’est comme ça
Le PACS organise la vie commune sans faire de communauté : par défaut, chaque partenaire reste propriétaire de ses biens, de ses revenus et de son épargne, et répond de ses dettes, sauf celles du ménage. Sur option, les biens achetés pendant le PACS sont indivis par moitié ; les dons et successions restent personnels dans les deux régimes.
Jusqu’où ça va
Ce qui se perd, c’est la trace : 40 000 € versés sur un compte joint puis utilisés pour un apport dans un appartement acheté à deux, sans que l’acte ne dise qui a apporté quoi, deviennent en pratique difficiles à reprendre pour moitié, faute de preuve. La déclaration d’emploi dans l’acte d’achat, ou une reconnaissance de dette entre partenaires, garde la trace.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Clara, 40 000 € à elle tant qu’ils restent sur son compte ou qu’un acte dit d’où vient l’apport ; mélangés dans un achat 50/50, la moitié devient difficile à récupérer à la séparation, faute de preuve de l’origine des fonds. Le parcours « Vivre à deux sans se marier » détaille le PACS, le concubinage et ce qu’ils ne font pas.
Que change son choix ?
Yasmine, 25 ans, reçoit 800 € de participation dans son entreprise. On lui demande de choisir : perception ou placement.
Que change son choix ?
- Rien : c’est la même somme
- Placée, perdue si elle démissionne
- Perçue, imposable ; placée cinq ans, exonérée
Voir la réponseMasquer la réponse
Perçus tout de suite, la participation et l’intéressement sont imposables comme un salaire. Placés sur le plan d’épargne entreprise ou le PER collectif, ils sont exonérés d’impôt. Seules la CSG et la CRDS de 9,7 % s’appliquent alors, et l’entreprise peut y ajouter un abondement. Le plan d’épargne entreprise est bloqué cinq ans, avec des cas de déblocage, dont le départ de l’entreprise et l’achat de la résidence principale. Le PER collectif reste bloqué jusqu’à la retraite, hors résidence principale et accidents de la vie.
C. trav. art. L.3324-10 · L.3332-25 ; CGI art. 81, 18° bis · 163 bis AA
Pourquoi c’est comme ça
La participation est obligatoire dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, l’intéressement facultatif ; les deux dépendent des résultats de l’exercice et peuvent être nuls ; à chaque attribution, le salarié a quinze jours pour choisir entre perception immédiate, imposable, et placement sur le plan d’épargne entreprise, exonéré d’impôt et bloqué cinq ans, ou sur le PER collectif, bloqué jusqu’à la retraite avec les mêmes déblocages que le PER individuel.
Jusqu’où ça va
Le placement sur le plan d’épargne entreprise peut être abondé par l’employeur, jusqu’à 300 % du versement dans la limite de 8 % du plafond de la Sécurité sociale ; le départ de l’entreprise, le mariage ou le PACS, la naissance d’un troisième enfant, l’achat de la résidence principale, le divorce avec garde d’enfant débloquent les sommes avant cinq ans. À défaut de choix, la participation est placée pour moitié sur le PER collectif, s’il en existe un, et pour moitié selon l’accord.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Yasmine, 800 € placés et abondés à 50 % font, après CSG-CRDS, près de 1 100 € qui fructifient sans impôt ; perçus, environ 520 € nets après prélèvements sociaux et 30 % d’impôt, CSG déductible et abattement de 10 % compris. Elle changera d’entreprise dans trois ans : le départ débloque le plan d’épargne entreprise, sans perdre l’exonération ; ce qui serait sur le PER collectif y resterait jusqu’à la retraite.
Que prévoit la loi ?
Baptiste, 25 ans, a fait cinq ans d’études. On lui parle de racheter des trimestres pour sa retraite à tarif réduit.
Que prévoit la loi ?
- Rien : les années d’études ne se rachètent pas
- Un rachat gratuit avant trente ans révolus
- Jusqu’à douze trimestres, dont quatre à tarif réduit jusqu’à 40 ans
Voir la réponseMasquer la réponse
Les années d’études supérieures peuvent être rachetées, jusqu’à douze trimestres, au tarif de l’âge et du revenu. Pour quatre trimestres au plus, le tarif est réduit jusqu’au 31 décembre de l’année des 40 ans. La réduction est de 670 € ou 1 000 € par trimestre, selon l’option. Le versement est déductible du revenu imposable, sans plafond.
CSS art. L.351-14-1 · D.351-4 · D.351-14-1 ; CGI art. 83, 1°
Pourquoi c’est comme ça
Le rachat de trimestres concerne les années d’études supérieures et les années incomplètes, jusqu’à douze trimestres, à un prix qui dépend de l’âge et du revenu : 1 055 à près de 8 700 € par trimestre en 2026 selon l’option, taux seul ou taux et durée. Plus on rachète jeune, moins c’est cher, mais moins on sait si les trimestres manqueront.
Jusqu’où ça va
Le jeune actif qui rachète avant la fin de l’année de ses 40 ans bénéficie d’une réduction de 670 € par trimestre pour l’option taux, 1 000 € pour l’option taux et durée, sur quatre trimestres au plus, et peut échelonner le paiement. Le montant versé se déduit du revenu imposable sans plafond : à 30 % de taux marginal, l’État finance près d’un tiers.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Baptiste, avec un revenu d’environ 42 000 €, quatre trimestres en option taux seul à environ 1 170 € chacun après réduction, près de 4 700 € déductibles, soit un coût net de l’ordre de 3 300 € à 30 % de taux marginal ; avec un revenu modeste, environ 550 € chacun. S’ils lui évitent un jour une décote de 5 % sur une pension de 2 000 € pendant vingt-cinq ans, ils valent 30 000 €. S’il finit sa carrière avec des trimestres en trop, ils n’auront servi à rien : le simulateur « Ma retraite » situe la question.
Ont-ils droit à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé ?
Lou, 8 ans, a un taux d’incapacité de 80 %. Ses parents gagnent 60 000 € par an.
Ont-ils droit à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé ?
- Non : leurs revenus sont trop élevés
- Seulement si Lou est en établissement
- Oui : 153,01 € par mois, sans condition de ressources
Voir la réponseMasquer la réponse
L’allocation de base est versée sans condition de ressources, sur décision de la maison départementale. Elle vise un taux d’incapacité d’au moins 80 %, comme celui de Lou, ou de 50 à 79 % sous conditions. Six compléments s’ajoutent selon les dépenses et la réduction d’activité d’un parent.
CSS art. L.541-1 · R.541-1
Pourquoi c’est comme ça
L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé compense les frais liés au handicap d’un enfant de moins de vingt ans : taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou de 50 à 79 % avec prise en charge adaptée. Elle ne dépend pas des revenus ; les compléments, de 114,76 € à 1 298,44 € en 2026, dépendent des frais engagés, de la réduction d’activité d’un parent ou du recours à une tierce personne.
Jusqu’où ça va
La prestation de compensation du handicap peut remplacer le complément quand elle est plus favorable, sur devis, pour les aides humaines, techniques et l’aménagement du logement. À vingt ans, l’allocation aux adultes handicapés peut lui succéder, sur demande à la maison départementale et sous ses propres conditions, 1 041,59 € à taux plein en 2026, déconjugalisée depuis 2023.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Lou, l’allocation de base et un complément de troisième catégorie, près de 600 € par mois en 2026, environ 7 000 € par an non imposables, quels que soient les revenus de ses parents. L’allocation de base est due sans échéance jusqu’à ses vingt ans, sauf si le certificat médical prévoit une amélioration ; le complément est fixé pour trois à cinq ans et se redemande.
Combien de parts fiscales ont-ils ?
Les parents de Lou, 60 000 € de revenu imposable, ont deux enfants dont Lou, titulaire de la carte d’invalidité.
Combien de parts fiscales ont-ils ?
- 3,5 parts
- 3 parts
- 4 parts
Voir la réponseMasquer la réponse
L’enfant titulaire de la carte mobilité inclusion mention invalidité ajoute une demi-part supplémentaire, à tout âge. Lou compte donc pour une part entière au lieu d’une demi-part. Le rattachement d’un enfant infirme majeur n’a pas de limite d’âge.
CGI art. 195, 2 · 196 · 196 A bis
Pourquoi c’est comme ça
Le quotient familial accorde une demi-part supplémentaire pour chaque personne à charge titulaire de la carte d’invalidité, taux d’au moins 80 %, ou de la carte mobilité inclusion mention invalidité. L’avantage est plafonné à 1 807 € par demi-part pour les revenus de 2025 ; quand ce plafond joue, une réduction d’impôt complémentaire, de 1 801 € au plus pour les revenus de 2025, s’y ajoute pour cette demi-part d’invalidité. L’enfant infirme majeur peut rester rattaché sans limite d’âge, ou, s’il n’est pas rattaché, ouvrir la déduction d’une pension alimentaire.
Jusqu’où ça va
S’y ajoutent le contrat d’épargne handicap et la rente survie, 25 % de réduction sur 1 525 € plus 300 € par personne à charge, le crédit d’impôt de 50 % pour l’aide à domicile avec un plafond porté à 20 000 €, et l’exonération des allocations elles-mêmes.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les parents de Lou, de l’ordre de 930 € d’impôt en moins par an en 2026, décote comprise, près de 28 000 € sur trente ans à revenus constants ; environ 530 € de plus avec une rente survie au plafond, 2 125 € de primes pour deux enfants à charge ; et la moitié de l’aide à domicile rendue en crédit d’impôt.
Quel acte le permet ?
Les parents de Tom, 22 ans, veulent que sa sœur Anaïs s’occupe de lui après eux, sans procédure.
Quel acte le permet ?
- Une lettre signée des parents
- Le mandat de protection future pour autrui
- Une tutelle demandée dès maintenant
Voir la réponseMasquer la réponse
Le mandat de protection future pour autrui est réservé aux parents qui assument la charge de l’enfant. Il se signe obligatoirement devant notaire, et désigne un mandataire et un remplaçant. Il prend effet au décès ou à l’incapacité des parents, sur certificat d’un médecin inscrit constatant que Tom ne peut plus pourvoir seul à ses intérêts, et après visa du greffe du tribunal. Tom évite ainsi une tutelle décidée en urgence.
C. civ. art. 477 al. 3 · 478 · 484
Pourquoi c’est comme ça
Le mandat de protection future pour autrui permet aux parents d’organiser la protection de leur enfant vulnérable pour le jour où ils ne pourront plus l’assurer : choix du mandataire, étendue des pouvoirs sur la personne et les biens, lieu de vie, contrôle par un notaire. Les parents ne doivent pas être eux-mêmes sous curatelle, tutelle ou habilitation familiale.
Jusqu’où ça va
Sans mandat, le juge des contentieux de la protection est saisi après le décès des parents, par un proche ou par le procureur, que l’établissement peut alerter : certificat médical circonstancié, décision dans l’année de la saisine, mesure choisie parmi l’habilitation familiale, la curatelle ou la tutelle, confiée à un proche s’il en connaît un, sinon à un mandataire professionnel rémunéré sur les revenus de la personne.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, un acte notarié, puis, le moment venu, un certificat médical visé par le greffe, et une sœur qui agit sans jugement ; sans mandat, jusqu’à un an de procédure et une mesure que le juge confie à Anaïs si elle peut l’assumer, sinon à un mandataire professionnel, dont le coût est alors pris sur les revenus de Tom au-delà du montant de l’allocation aux adultes handicapés. Le mandat se signe du vivant des parents, ce qui leur laisse le temps d’en parler avec Anaïs.
De quel abattement bénéficie Tom sur ce qu’il reçoit de chaque parent ?
Les parents de Tom, dont le handicap l’empêche de travailler, veulent lui transmettre davantage qu’à ses frères.
De quel abattement bénéficie Tom sur ce qu’il reçoit de chaque parent ?
- 100 000 €, comme ses frères
- 259 325 € : parenté plus handicap
- 159 325 € au total
Voir la réponseMasquer la réponse
L’abattement spécifique de 159 325 € s’applique à toute personne que son infirmité empêche de gagner sa vie. Il se cumule avec celui du lien de parenté. Il se renouvelle tous les quinze ans.
CGI art. 779, II · 779, I
Pourquoi c’est comme ça
Le code général des impôts accorde un abattement propre aux personnes handicapées sur les donations et successions, quel que soit le lien avec le donateur ou le défunt, sur justificatif de l’incapacité à exercer un travail rentable dans des conditions ordinaires. Il s’ajoute à l’abattement ordinaire et suit la même règle de renouvellement quinzennal.
Jusqu’où ça va
Le capital transmis ne réduit pas l’allocation aux adultes handicapés ; ses revenus, si, sauf la rente-survie constituée pour lui, sans limite, et l’épargne handicap qu’il se constitue, dans une limite fixée par décret. Le legs graduel ou résiduel permet de transmettre à l’enfant vulnérable d’abord, à ses frères et sœurs ensuite, dans la limite de la quotité disponible, son mandataire de protection gérant ce qu’il reçoit.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, 518 650 € reçus sans droits des deux parents, contre 200 000 € pour chacun de ses frères ; sur les 450 000 € hérités de son père, dont la quotité disponible en legs résiduel, environ 36 000 € de droits au lieu de 68 000 €. L’équilibre entre revenus du capital et allocation se calcule ensuite, avec la CAF, qui verse l’allocation, et un notaire.
Quelles aides s’ajoutent au logement autonome ?
Tom, 28 ans, loue un studio à 480 € et perçoit l’allocation aux adultes handicapés à taux plein, avec un taux d’incapacité de 80 % et sans revenu d’activité.
Quelles aides s’ajoutent au logement autonome ?
- La majoration pour la vie autonome et l’aide au logement
- Aucune : l’allocation adulte handicapé couvre tout
- Une allocation logement doublée pour handicap
Voir la réponseMasquer la réponse
En logement autonome, Tom a droit à l’aide au logement, calculée sur ses propres ressources. Avec un taux d’incapacité d’au moins 80 % et sans revenu d’activité, il ouvre aussi droit à la majoration pour la vie autonome. La prestation de compensation, elle, finance les heures d’aide humaine, sur décision de la maison départementale.
CSS art. L.821-1-2 ; CASF art. L.245-1 ; CCH art. L.822-1
Pourquoi c’est comme ça
L’allocation aux adultes handicapés, 1 041,59 € à taux plein en 2026, se complète d’une majoration pour la vie autonome, environ 105 € par mois, pour qui a un taux d’incapacité d’au moins 80 %, vit dans un logement indépendant, perçoit une aide au logement et n’a pas de revenu d’activité. La prestation de compensation du handicap finance les aides humaines, techniques et l’aménagement du logement, sans récupération sur succession.
Jusqu’où ça va
L’habitat inclusif, logements partagés avec un projet de vie sociale, peut recevoir une aide à la vie partagée quand le département la prévoit ; en établissement, le résident garde au moins 30 % de son allocation. La curatelle simple laisse la personne signer seule son bail.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, près de 1 400 € par mois en 2026 entre allocation, majoration et aide au logement, environ 900 € une fois le loyer payé, et environ 1 100 € par mois d’aide humaine prise en charge ; un mi-temps en travail protégé réduirait l’allocation et ferait perdre la majoration pour la vie autonome.
Quels effets ?
Un père verse 1 825 € par an sur un contrat de rente survie au profit de son fils handicapé.
Quels effets ?
- Aucun avantage, et la rente réduira l’allocation
- Une déduction de 1 825 € du revenu
- 25 % de réduction d’impôt, et une rente exclue des ressources
Voir la réponseMasquer la réponse
Le père bénéficie d’une réduction d’impôt de 25 % sur les primes versées. La rente survie et l’épargne handicap ouvrent le même avantage. Les primes sont plafonnées à 1 525 € plus 300 € par personne à charge. La rente versée au fils est exclue des ressources retenues pour l’allocation aux adultes handicapés, sans limite de montant.
CGI art. 199 septies ; CSS art. R.821-4
Pourquoi c’est comme ça
Le contrat de rente survie est une assurance décès souscrite par un parent au profit de son enfant handicapé : au décès du parent, l’assureur verse une rente viagère. Le contrat d’épargne handicap est une assurance-vie souscrite par la personne handicapée elle-même, d’au moins six ans. Les deux partagent une réduction d’impôt de 25 % dans un plafond commun.
Jusqu’où ça va
Les rentes qui en sortent bénéficient d’un traitement propre pour l’allocation aux adultes handicapés : exclusion des ressources, totale pour la rente survie constituée par un proche et dans la limite d’un montant fixé par décret pour l’épargne handicap souscrite par la personne elle-même, et régime fiscal de la rente viagère à titre onéreux. Un capital transmis par assurance-vie ordinaire n’a pas cette protection : ses rachats sont des revenus.
Ce que ça coûte vraiment
Pour le père, 456 € par an rendus par l’impôt sur 1 825 € versés ; pour le fils, au décès de son père, une rente à vie, qui s’ajoute à l’allocation sans la réduire. Le calcul exact dépend de l’âge du père à la souscription et des tables de l’assureur.
Que devient son allocation ?
Tom, allocataire de l’allocation aux adultes handicapés, se met en couple avec Sarah, qui gagne 2 200 € nets.
Que devient son allocation ?
- Elle est maintenue : depuis octobre 2023, les revenus du conjoint ne comptent plus
- Elle est divisée par deux
- Elle est supprimée : les revenus du couple sont trop élevés
Voir la réponseMasquer la réponse
L’allocation de Tom est maintenue. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2023, les revenus du conjoint, du partenaire ou du concubin ne comptent plus dans son calcul : c’est la déconjugalisation. Seuls les revenus propres de Tom peuvent réduire son allocation.
CSS art. L.821-3 ; Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 art. 10
Pourquoi c’est comme ça
Depuis le 1er octobre 2023, l’allocation aux adultes handicapés se calcule sur les seules ressources de l’allocataire : revenus d’activité, pensions, revenus du patrimoine, sans ceux du conjoint, du partenaire ou du concubin, qui n’entrent plus dans le plafond ; le montant à taux plein, 1 041,59 € par mois en 2026, est versé si les ressources propres de Tom sont nulles, et réduit sinon, avec un abattement sur ses revenus d’activité, 80 % de la part inférieure à 30 % du SMIC et 40 % au-delà, qui fait qu’un salaire à mi-temps laisse une allocation partielle et un revenu total supérieur au salaire seul. L’allocation est ouverte aux personnes dont le taux d’incapacité est d’au moins 80 %, ou compris entre 50 et 79 % avec une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi reconnue par la commission des droits, entre 20 ans et l’âge de la retraite, où la pension prend le relais sauf pour le taux de 80 %.
Jusqu’où ça va
Ce que le couple change malgré tout : le mariage ou le PACS crée une déclaration d’impôt commune, où l’allocation, exonérée, n’apparaît pas, mais où le salaire de Sarah détermine le taux du foyer ; la prime d’activité et le RSA restent calculés sur les ressources du couple, et Tom qui travaille peut voir sa prime d’activité baisser du fait du salaire de Sarah, l’allocation n’étant pas concernée ; les aides au logement se calculent aussi sur les ressources du foyer, salaire de Sarah compris, l’allocation n’y entrant pas. La majoration pour la vie autonome, environ 105 € par mois, et le complément de ressources antérieur suivent leurs propres règles, liées au logement indépendant et à l’absence de revenus d’activité.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, 1 041,59 € maintenus en entier quel que soit le salaire de Sarah, sans démarche autre que la déclaration du changement de situation à la caisse d’allocations familiales, dans le mois ; si Tom travaille, l’abattement sur son salaire s’applique et la caisse recalcule chaque trimestre sur sa déclaration de ressources. Le PACS ou le mariage n’enlève rien à l’allocation ; il change l’impôt, souvent en faveur du couple avec un revenu unique, et la prime d’activité, ce qui se simule sur le site de la caisse avant de décider.
Quel outil le permet ?
Les parents de Léa, sans enfant elle-même, veulent lui laisser 200 000 € dont elle pourra user librement, mais dont ce qui restera à son décès ira à ses deux frères.
Quel outil le permet ?
- Une donation ordinaire
- Rien : la loi impose l’égalité
- Un legs résiduel : le reste va à ses frères
Voir la réponseMasquer la réponse
Avec un legs résiduel, Léa reçoit les biens et en use librement. Ce qui subsiste ensuite revient à ses frères, désignés comme seconds gratifiés. Le legs graduel va plus loin : il oblige aussi à conserver. Les seconds gratifiés sont taxés comme s’ils recevaient du testateur.
C. civ. art. 1057 · 1058 · 1061 ; CGI art. 784 C
Pourquoi c’est comme ça
Les libéralités graduelles et résiduelles, réformées en 2006, servent précisément aux enfants vulnérables : le testateur désigne l’enfant comme premier bénéficiaire et ses frères et sœurs, ou une association, comme seconds, dans la limite de la quotité disponible ; au décès du premier, le bien ou son reliquat leur revient, sans passer par la succession du premier, qui souvent n’a pas d’enfant.
Jusqu’où ça va
La charge de conserver ne peut porter que sur la quotité disponible, sauf accord du réservataire ; le résiduel, plus souple, laisse à l’héritier réservataire la libre disposition des biens qu’il a reçus par donation en avancement de part successorale. Le mandataire de protection gère ; les droits des seconds gratifiés se calculent sur leur lien avec le testateur, déduction faite de ceux payés au premier décès.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Léa, 200 000 € placés et gérés par son mandataire de protection, l’un de ses frères par exemple, des revenus pour compléter son allocation, et un capital qui reviendra à ses frères au lieu de remonter à des cousins ou à l’État ; pour les frères, des droits en ligne directe sur ce qui restera, environ 20 % après abattement.
La pièce va-t-elle revenir ?
Léa, 5 ans, donne une pièce de 1 € à la boulangère et reçoit un bonbon. En sortant, elle demande quand la pièce va revenir.
La pièce va-t-elle revenir ?
- Non : elle a été échangée contre le bonbon
- Oui, demain, quand le bonbon sera mangé
- Oui, si Léa dit merci
Voir la réponseMasquer la réponse
Acheter, c’est échanger : on donne une pièce, on reçoit une chose, et la pièce reste chez le marchand. C’est la première idée à installer, et la plus difficile à cet âge : l’argent qu’on donne ne revient pas. Le bonbon, lui, est à Léa.
Pourquoi c’est comme ça
À quatre ou cinq ans, l’argent est un objet parmi d’autres, et la pièce qui disparaît dans la caisse est un mystère. L’idée d’échange, je donne ceci, je reçois cela, et ceci ne revient pas, se construit par la manipulation : donner la pièce soi-même, la voir partir, recevoir l’objet. La carte bancaire brouille tout : rien ne part, tout revient dans le portefeuille. Les pièces sont le bon support parce qu’elles disparaissent vraiment.
Jusqu’où ça va
L’étape suivante, vers 6 ans, est de comprendre que la pièce a « payé » le bonbon, qu’elle vaut quelque chose et que le marchand la garde pour acheter à son tour. Puis que des objets différents valent des pièces différentes. Chaque étape passe par des gestes répétés bien avant les explications : le jeu de la marchande à la maison, un petit achat confié à l’enfant, la pièce posée sur le comptoir par sa main.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte aux parents : quelques euros en pièces et dix minutes par semaine. Ce que ça évite plus tard : l’enfant de 8 ans qui croit que la carte « donne » de l’argent, celui de 12 ans pour qui un achat en ligne ne coûte rien. La notion d’échange est le socle de tout le reste, le prix, l’épargne, le choix.
Peut-il l’acheter ?
Tom, 5 ans, a deux pièces de 1 €. La petite voiture coûte 2 €.
Peut-il l’acheter ?
- Non, il faut une pièce de 2 €
- Oui : deux pièces de 1 € font 2 €
- Non, il lui manque une pièce
Voir la réponseMasquer la réponse
Deux pièces de 1 €, c’est la même chose qu’une pièce de 2 € : ce qui compte, c’est ce qui est écrit dessus, pas le nombre de pièces. Tom peut acheter la voiture. C’est le début du calcul avec l’argent, et d’une confusion très fréquente : plus de pièces ne veut pas dire plus d’argent.
Pourquoi c’est comme ça
Entre 4 et 6 ans, l’enfant compte les objets avant de compter les valeurs : trois petites pièces lui paraissent plus qu’un billet, deux pièces de 1 € plus qu’une de 2 €. La valeur écrite sur la pièce est une abstraction qui s’acquiert par comparaison : poser deux pièces de 1 € à côté d’une de 2 €, et acheter la même chose avec l’une ou l’autre. Le raisonnement numérique se stabilise vers 6 ou 7 ans ; avant, on manipule.
Jusqu’où ça va
L’étape d’après, c’est la monnaie rendue : donner 2 € pour un objet à 1,50 € et recevoir 50 centimes, ce qui suppose de comprendre que 1,50 € plus 50 centimes font 2 €. Puis les billets, qui « valent » plus que des pièces alors qu’ils sont plus légers. Chacune de ces marches prend des mois, et se franchit en jouant, pas en expliquant.
Ce que ça coûte vraiment
Le jeu de la marchande, avec de vraies pièces, est l’activité la plus efficace pour cet âge : l’enfant est tour à tour client et marchand, il compte, il rend, il se trompe. Dix minutes, une fois par semaine. Ce qui se construit là, la valeur, l’équivalence, le compte, servira à l’école pour les mathématiques bien avant de servir pour l’argent.
Avec lequel achète-t-on le plus de choses ?
Nour, 6 ans, tient un billet de 5 € dans une main, une pièce de 2 € dans l’autre. Elle trouve la pièce plus belle et plus lourde.
Avec lequel achète-t-on le plus de choses ?
- Avec la pièce, elle est plus lourde
- Avec le billet : 5, c’est plus que 2
- Avec les deux pareil
Voir la réponseMasquer la réponse
Le billet de 5 € vaut plus que la pièce de 2 €, même s’il est léger et qu’il se froisse. C’est le nombre écrit qui dit ce qu’on peut acheter, pas la matière, le poids ou la beauté. À 6 ans, c’est une découverte : l’argent, ce n’est pas l’objet, c’est ce qu’il vaut.
Pourquoi c’est comme ça
La confusion entre la matière et la valeur est normale à cet âge, et elle a une longue histoire : les pièces ont longtemps valu leur poids de métal, et le billet n’a été accepté qu’en promettant de l’échanger contre de l’or. Pour l’enfant, refaire ce chemin en accéléré passe par des comparaisons concrètes : le même jouet, payé une fois avec le billet, une fois avec des pièces, et ce qui reste dans chaque cas.
Jusqu’où ça va
Vers 7 ou 8 ans, l’enfant comprendra que les billets existent parce qu’on ne peut pas porter cent pièces, et que les nombres écrits dessus suivent une échelle : 5, 10, 20, 50. Plus tard viendra l’argent qu’on ne voit pas du tout, la carte, le téléphone, où il n’y a plus ni poids ni couleur pour aider, seulement un nombre sur un écran.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que cette étape coûte : un billet de 5 € et une pièce de 2 €, et une visite à la boulangerie avec l’un puis l’autre. Ce qu’elle installe : l’idée que la valeur est un nombre, indépendante de l’apparence, c’est exactement ce qui manque à l’adulte qui juge un placement à sa brochure.
Dans combien de samedis pourra-t-il l’acheter ?
Malo, 5 ans, veut une peluche à 4 €. Ses parents lui donnent 1 € chaque samedi, qu’il met dans une tirelire transparente.
Dans combien de samedis pourra-t-il l’acheter ?
- Deux samedis
- Quatre samedis
- Dix samedis
Voir la réponseMasquer la réponse
Malo met 1 € chaque samedi. Après quatre samedis, il a 4 €, le prix de la peluche. La tirelire transparente est importante : il voit les pièces s’ajouter, il compte ce qui manque, il attend. Attendre pour avoir quelque chose de plus gros, c’est l’épargne. À cinq ans, c’est une aventure de quatre semaines.
Pourquoi c’est comme ça
La capacité d’attendre une récompense plus grande se construit entre 4 et 7 ans, et elle se construit mieux quand l’attente est visible et courte : une tirelire transparente, un objectif précis et proche, un compte tenu chaque semaine.
Jusqu’où ça va
Quatre semaines est une bonne première durée ; au-delà de deux mois, l’objectif s’éloigne trop pour un enfant de cet âge. Vers 7 ou 8 ans, on peut allonger, introduire un choix entre deux objectifs, et le premier « renoncement », ne pas acheter le petit jouet pour garder les pièces. C’est le parcours suivant. À 5 ans, l’important est que l’attente finisse par une réussite.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte : 4 € et quatre samedis de régularité, c’est la régularité qui est chère, pas les pièces. Ce que ça installe : la première expérience d’un renoncement qui rapporte. L’enfant qui a vécu ça une fois, avec sa peluche au bout, dispose d’un souvenir concret le jour où, adulte, il faudra attendre dix ans un placement.
Que répondre ?
Zoé, 4 ans, demande combien coûte un câlin de sa maman.
Que répondre ?
- Un câlin ne s’achète pas : il n’a pas de prix
- Un câlin coûte 1 €, comme un bonbon
- Un câlin coûte très cher
Voir la réponseMasquer la réponse
Un câlin ne s’achète pas. Toutes les choses n’ont pas de prix : un câlin, une chanson, un dessin offert, l’aide d’un ami. À 4 ans, découvrir que l’argent sert à certaines choses et pas à d’autres compte autant qu’apprendre à compter les pièces. Cela évite une confusion durable : croire que ce qui compte a un prix, et que ce qui n’a pas de prix ne compte pas.
Pourquoi c’est comme ça
Les jeunes enfants généralisent vite : une fois compris qu’on achète les bonbons avec des pièces, ils demandent le prix de tout, du chat, de la maison, de leur petit frère. La frontière entre ce qui s’échange et ce qui se donne se pose à cet âge, en même temps que celle de l’échange lui-même. Y répondre clairement, ça s’achète, ça se donne, ça ne se vend pas, est une éducation à la valeur au sens large, dont l’argent n’est qu’une partie.
Jusqu’où ça va
Plus tard, l’enfant rencontrera les choses qui coûtent sans se payer avec des pièces, le temps, l’effort, la fatigue d’un parent, et celles qui se paient sans qu’on le voie, comme l’école ou le médecin. Vers 8 ou 10 ans, ce sera le moment d’expliquer que « gratuit » veut souvent dire « payé par quelqu’un d’autre ». À 4 ans, une seule idée suffit : il y a des choses qu’aucune pièce n’achète.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que cette conversation coûte : une minute et une réponse simple. Ce qu’elle protège : la place de l’argent, ni tout ni rien. Parler d’argent tôt et sans gêne, ni tabou ni obsession, installe cette place. C’est avec un câlin sans prix que ça commence.
Combien de pièces doit-elle donner ?
Inès, 6 ans, veut un petit livre. L’étiquette dit 3 €. Elle a des pièces de 1 €.
Combien de pièces doit-elle donner ?
- Une pièce
- Trois pièces
- Autant qu’elle veut
Voir la réponseMasquer la réponse
Le prix est écrit sur l’étiquette : 3 €. Avec des pièces de 1 €, il en faut trois, pas une, pas dix. C’est le prix qui décide, pas le marchand ni l’enfant. Lire l’étiquette, compter les pièces, les poser : à six ans, c’est un acte complet, et une fierté.
Pourquoi c’est comme ça
L’étiquette est le premier contrat que l’enfant lit : un nombre, une règle, la même pour tout le monde. Comprendre qu’on ne négocie pas au supermarché, que le prix ne dépend pas de l’envie qu’on a de l’objet, et qu’il faut avoir assez pour acheter, c’est trois idées en une. La correspondance entre le nombre écrit et le nombre de pièces se travaille avec des prix ronds d’abord, 1, 2, 3 €, avant les centimes, vers 7 ans.
Jusqu’où ça va
Après les prix ronds viennent la monnaie rendue, puis la comparaison entre deux prix, le même jouet moins cher ailleurs, puis l’idée que le prix a un sens : ce qu’il a fallu pour fabriquer l’objet, transporter, vendre. Ce dernier point est pour les 8-10 ans. À 6 ans, l’étiquette est déjà une petite victoire : l’enfant qui sait la lire achète seul son pain.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte : confier à l’enfant un petit achat, lui donner la somme juste en pièces, et le laisser faire au comptoir, en restant derrière. Ce que ça donne : la première fois où l’argent lui a obéi. Le jeu de la marchande le prépare ; la vraie boulangerie le confirme.
Que lui rend-elle ?
Sacha, 6 ans, donne une pièce de 2 € pour un pain au chocolat à 1,50 €. La boulangère lui rend une pièce.
Que lui rend-elle ?
- Rien du tout : il a payé
- 50 centimes, ce qui reste
- Une autre pièce de 2 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Sacha a donné 2 € pour un pain au chocolat à 1,50 €. La boulangère lui rend la différence : 50 centimes. La monnaie, c’est ce qu’on récupère quand on donne plus que le prix. C’est une soustraction avant de savoir soustraire, et le premier « il me reste » de sa vie.
Pourquoi c’est comme ça
La monnaie rendue est l’étape où l’argent devient un calcul, et elle vient naturellement après l’étiquette : on n’a pas toujours la somme juste, on donne plus, on reçoit le reste. À 6 ans, le calcul se fait avec les pièces sous les yeux, en complétant : 1,50 € plus 50 centimes font 2 €. C’est l’addition à trous, que l’école enseigne au même moment. Les centimes sont une difficulté en soi, cent centimes pour un euro, qu’on aborde avec les pièces de 50, 20 et 10 seulement.
Jusqu’où ça va
L’enfant qui rend la monnaie, dans le jeu de la marchande, apprend plus vite que celui qui la reçoit : il doit compléter jusqu’au billet donné. Vers 7 ou 8 ans, on peut vérifier la monnaie rendue à la caisse ensemble, et découvrir qu’un adulte se trompe aussi. Plus tard, la carte fera disparaître la monnaie, et avec elle l’occasion de compter.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte : des pièces de 50, 20 et 10 centimes dans un bocal, et une marchande imaginaire qui rend souvent la monnaie. Ce que ça installe : l’idée qu’on peut donner plus et récupérer la différence, donc que l’argent se divise, une notion que beaucoup d’adultes appliquent mal aux frais et aux pourcentages.
Combien en donne-t-elle ?
Emma, 5 ans, a quatre bonbons. Son petit frère n’en a aucun. Elle veut partager « pareil ».
Combien en donne-t-elle ?
- Un
- Deux
- Trois
Voir la réponseMasquer la réponse
Partager pareil, c’est donner la moitié : deux bonbons chacun. C’est le premier partage équitable, et une division avant de savoir diviser. Ce n’est pas de l’argent, mais c’est la même idée que tout ce qui suivra : une quantité, deux personnes, une part juste.
Pourquoi c’est comme ça
Le partage est une opération mathématique et une opération sociale, et les enfants de 5 ans sont très sensibles à la seconde : « c’est pas juste » arrive bien avant « ça fait deux chacun ». Le sens de l’équité se développe entre 3 et 8 ans ; le calcul de la part suit. Partager quatre bonbons, puis six, puis cinq, avec un reste, pose des questions que les adultes retrouveront dans une succession : à parts égales, et que faire de ce qui ne se coupe pas.
Jusqu’où ça va
Après le partage égal viennent les partages qui ne le sont pas et qui sont justes quand même : le plus petit a moins faim, celui qui a aidé a plus. Vers 7 ou 8 ans, l’enfant distingue égalité et justice. Et plus tard, il rencontrera l’idée que donner une part, c’est aussi choisir de ne pas la garder, le partage comme décision, pas seulement comme calcul.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte : quatre bonbons. Ce que ça installe : la part, la moitié, le reste, et l’idée que partager se décide. Ce sont les mots de l’héritage, du couple et de l’impôt ; ils s’apprennent avec des bonbons, à cinq ans, sans qu’on le dise.
Où faut-il l’acheter ?
Nino, 5 ans, a vu la même petite voiture à 5 € dans un magasin et à 7 € dans un autre.
Où faut-il l’acheter ?
- Là où elle coûte 5 €
- Là où elle coûte 7 €, elle est mieux
- Ça ne change rien
Voir la réponseMasquer la réponse
C’est exactement la même voiture. Elle ne roule pas mieux à 7 €. Le prix n’est pas écrit sur le jouet, c’est le magasin qui le choisit. Acheter à 5 €, c’est garder 2 € pour autre chose.
Pourquoi c’est comme ça
En France, les prix des biens et des services sont librement déterminés par le jeu de la concurrence depuis 1986 : chaque magasin fixe le sien, en fonction de ce qu’il a payé au fabricant, de son loyer, de ses salariés, et de ce qu’il veut gagner ; le fabricant peut indiquer un prix, mais il lui est interdit d’imposer un prix minimal à ses revendeurs, et le même jouet vaut légalement 5 € ici et 7 € là. La grande surface achète par milliers et paie moins cher, le petit magasin de jouets achète par dizaines, paie un loyer de centre-ville et offre un choix et une aide au comptoir : les 2 € d’écart paient parfois quelque chose, parfois rien. La seule exception que rencontre un enfant est le livre : son prix est fixé par l’éditeur, imprimé sur la couverture, et tout vendeur doit le pratiquer, avec une remise de 5 % au plus ; un livre à 12 € coûte au plus 12 € partout, et au moins 11,40 €, pour que les petites librairies existent.
Jusqu’où ça va
Le prix doit être affiché, sur l’étiquette ou le rayon, de façon lisible, pour tout produit exposé, ce qui rend la comparaison possible avant de passer en caisse ; à 5 ans, l’enfant lit les chiffres avant de savoir compter, et « 5 est plus petit que 7 » suffit. La comparaison devient un jeu à sa hauteur : la même boîte de céréales, la même petite voiture, le même paquet de bonbons, dans deux magasins, ou deux marques proches dans le même rayon, l’une à hauteur des yeux, l’autre en bas ; l’enfant remarque aussi que les jouets sont placés à sa hauteur, ce qui est fait exprès. Ce que la comparaison n’enseigne pas encore, la qualité, la garantie, le service, viendra vers 8 ou 10 ans avec le prix au kilo et l’occasion.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Nino, 5 € pour la même voiture, et 2 € qui deviennent un tour de manège ou des bonbons, ce qu’il faut dire à voix haute pour que la différence existe ; la fois suivante, c’est lui qui trouve le prix sur l’étiquette et qui dit lequel est le moins cher. La leçon a une limite qu’on peut lui donner tout de suite : le petit magasin de jouets du quartier vend parfois plus cher, et c’est parfois là qu’on achète quand même, parce qu’on y trouve un vendeur et un cadeau emballé.
Combien coûtent trois tours ?
Lila, 6 ans, adore le manège. Un tour coûte 2 €. Elle veut faire trois tours.
Combien coûtent trois tours ?
- 6 €
- 4 €
- 8 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Un tour, c’est 2 €. Deux tours, c’est 2 € et encore 2 € : 4 €. Trois tours, c’est 4 € et encore 2 € : 6 €. Chaque tour se paie, même quand c’est le même manège.
Pourquoi c’est comme ça
À 6 ans, l’enfant additionne des petites sommes identiques, 2 € et encore 2 € et encore 2 €, ce que l’école appelle l’addition répétée et qui prépare la multiplication du cours élémentaire ; le manège est le meilleur exercice possible, parce que chaque tour a le même prix, se paie à chaque fois, et parce que le plaisir se termine quand la musique s’arrête : l’enfant voit que trois plaisirs coûtent trois fois. La fête foraine ajoute une leçon : le carnet de dix tickets coûte moins que dix tickets à l’unité, 15 € au lieu de 20, ce qui est la remise de quantité, mais oblige à faire dix tours ou à en garder pour une autre fois ; et le prix des attractions doit être affiché à l’entrée, ce qui permet de choisir avant de faire la queue.
Jusqu’où ça va
Des familles décident le budget avant d’entrer, 6 € dans la main de l’enfant, avec la règle que la somme ne grandit pas ; l’enfant choisit alors trois tours, ou un tour et une barbe à papa, ou un tour et 4 € gardés pour la prochaine fois, et chaque choix est le bon, parce que c’est le sien. Ce que « seulement 2 € » enseigne dure toute la vie : les adultes dépensent l’essentiel de ce qui leur échappe en petites sommes répétées, un café, une application, une livraison, dont aucune ne semble compter et dont le total mensuel surprend ; l’enfant qui a compté ses tours de manège saura, à 14 ans, multiplier un abonnement par douze, et à 30 ans, additionner ses cafés.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Lila, trois tours à 6 €, ou un tour et 4 € dans la poche : la question posée avec les pièces dans sa main vaut mieux que la réponse, et il n’y a pas de mauvaise réponse. Si elle choisit les trois tours et réclame un quatrième, la règle du budget fait le travail à la place des parents : il n’y a plus de pièces, et c’est le manège qui a tout pris, pas papa ou maman qui refusent.
Pourquoi les fraises coûtent-elles plus cher en hiver ?
Mahé, 5 ans, veut des fraises en décembre. Sa maman dit qu’elles coûtent beaucoup plus cher qu’en juin.
Pourquoi les fraises coûtent-elles plus cher en hiver ?
- Elles sont plus grosses en hiver
- C’est une punition du magasin
- Il y en a peu, elles viennent de loin
Voir la réponseMasquer la réponse
En hiver, les fraises ne poussent pas ici : il faut les faire venir de très loin, ou les faire pousser sous des serres chauffées. Il y en a peu, et ça coûte cher à produire. Alors le prix monte. En juin, les champs sont pleins, et le prix baisse.
Pourquoi c’est comme ça
Le prix d’un fruit se forme à partir de ce qu’il coûte à produire et à transporter, et du rapport entre ce qui est disponible et ce que les gens veulent acheter : en juin, les champs français sont pleins de fraises, les producteurs en ont plus qu’ils n’en vendent, et le prix au kilo baisse ; en décembre, les fraises viennent d’Espagne sous serre, ou de l’hémisphère sud par avion, ou de serres chauffées en France, elles coûtent beaucoup à produire, il y en a peu, et ceux qui en veulent quand même paient plus cher. La rareté fait monter le prix, l’abondance le fait baisser : c’est la première règle de l’économie, et la fraise la montre mieux qu’un cours, parce que le même fruit change de prix sans changer de goût, ou plutôt en changeant de goût, la fraise de décembre étant souvent moins bonne.
Jusqu’où ça va
Le même mécanisme explique ce que l’enfant voit ailleurs : le jouet à la mode qui manque avant Noël et se revend plus cher, la place de concert que tout le monde veut, l’appartement dans une ville où tout le monde veut habiter, le parasol vendu plus cher à la plage ; et son contraire, les tomates bon marché en août, les jouets soldés en janvier, la chambre d’hôtel moins chère en semaine. Ce que la saison enseigne aussi : attendre fait baisser le prix, comme attendre les soldes, et la fraise de juin est le premier exemple d’un achat qu’on gagne à différer. Un calendrier des fruits et légumes de saison sur le frigo, avec les fraises en juin, les cerises en juin et juillet, les pommes en automne, les clémentines en hiver, rend la règle visible chaque semaine, au moment des courses.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Mahé, des clémentines en décembre et des fraises en juin, avec le calendrier pour compter les mois ; le jour où il voit des fraises en hiver à 8 € la barquette, il sait pourquoi, et sait que celles de juin seront meilleures et moins chères. À 8 ans, il comprendra le transport et les serres ; à 10, l’offre et la demande avec le prix du jouet de Noël ; à 5 ans, « il y en a peu, elles viennent de loin » est exactement la bonne taille.
Combien coûte le livre à la bibliothèque ?
Zoé, 6 ans, veut un livre qui coûte 12 €. Son papa propose de l’emprunter à la bibliothèque.
Combien coûte le livre à la bibliothèque ?
- 12 €, comme au magasin
- Rien, mais il faut le rendre
- 6 €, la moitié
Voir la réponseMasquer la réponse
La bibliothèque prête ses livres : on les lit à la maison, puis on les rapporte pour que d’autres enfants les lisent. Ça ne coûte rien, parce que la ville a déjà acheté les livres pour tout le monde. On ne le garde pas, mais on peut en emprunter un autre.
Pourquoi c’est comme ça
Une bibliothèque municipale est payée par la commune avec l’argent des impôts locaux de tous les habitants, et souvent aidée par le département et l’État : les livres ont été achetés une fois pour tous, et chacun les utilise à son tour. Le prêt suit un règlement : une durée par livre, un nombre de documents à la fois, une prolongation possible, et, en cas de retard, un blocage du compte ou une petite pénalité ; un livre abîmé ou perdu est remplacé ou remboursé par la famille, et c’est alors que le livre gratuit devient payant. Zoé apprend deux choses : que ce qui est à tout le monde se rend, et à la date prévue.
Jusqu’où ça va
La bibliothèque est le premier exemple d’une idée que l’enfant retrouvera partout : utiliser sans posséder. Les ludothèques prêtent des jeux et des jouets, les vélos, les outils, les voitures se louent, les vêtements de cérémonie aussi, et les adultes calculent un coût d’usage, ce que coûte chaque utilisation, pour choisir entre acheter et louer : un livre lu une fois coûte 12 € acheté et rien emprunté ; un livre relu vingt fois coûte 60 centimes par lecture acheté, et vaut l’achat. Le livre a d’ailleurs une particularité que l’enfant peut apprendre en même temps : son prix est fixé par l’éditeur et imprimé sur la couverture, il coûte 12 € sur tous les sites et de 11,40 € à 12 € en librairie, pour que les petites librairies vivent ; c’est le seul produit du magasin que la comparaison ne fait pas baisser.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Zoé, le livre lu et rendu à temps, et 12 € gardés ; si elle le réclame une troisième fois, c’est un livre à acheter, parce qu’elle l’aime, et le libraire du quartier le vend au même prix que tous les autres. Une carte de bibliothèque à son nom, qu’elle présente elle-même au comptoir, est souvent la première carte d’un enfant ; elle apprend la même chose qu’une carte bancaire, en mieux : ce qu’on emprunte se rend.
Que fait-on quand on casse ce qui n’est pas à soi ?
Tom, 6 ans, a cassé la voiture télécommandée de son copain en jouant trop fort.
Que fait-on quand on casse ce qui n’est pas à soi ?
- On le répare ou on le remplace
- Rien, c’était un accident
- On dit pardon, et c’est tout
Voir la réponseMasquer la réponse
Dire pardon compte, mais ce n’est pas assez : le copain n’a plus sa voiture. Quand on casse une chose qui n’est pas à soi, on la répare si c’est possible, ou on en rachète une. Ce sont les parents de Tom qui paient, mais Tom peut participer avec sa tirelire.
Pourquoi c’est comme ça
Les parents qui exercent l’autorité parentale sont responsables de plein droit des dommages causés par leur enfant mineur, sauf s’il est confié à un tiers par décision administrative ou judiciaire, sans qu’il soit besoin de prouver une faute de l’enfant ni un défaut de surveillance : depuis des arrêts de la Cour de cassation de 1997 et 2001, il suffit, en l’état de la jurisprudence, que l’acte de l’enfant ait causé le dommage, un coup de pied dans un ballon, une voiture télécommandée lancée trop fort ; seule la force majeure ou la faute de la victime les exonère. C’est pourquoi l’assurance habitation comprend une garantie responsabilité civile familiale, qui couvre les dommages causés par les enfants à des tiers, avec des exclusions propres à chaque contrat, par exemple entre membres du foyer, et parfois une franchise de quelques dizaines d’euros ; l’assurance scolaire couvre en plus les dommages subis par l’enfant. Un jouet à 40 € ne se déclare pas ; un vélo électrique du voisin ou une vitre, si.
Jusqu’où ça va
Ce qui est dû est la réparation du dommage, c’est-à-dire la remise en état ou le remplacement du bien, l’assureur retenant, lui, la valeur au jour du dommage, vétusté déduite : une voiture télécommandée de deux ans achetée 40 € vaut peut-être 20 €, et l’assureur, s’il intervenait, ne paierait que cela ; entre parents de copains, la coutume est de remplacer par une voiture équivalente, neuve ou d’occasion, ou de partager, et de ne rien laisser en suspens, parce que le jouet cassé sans réparation abîme l’amitié plus que le jouet. Ce que l’enfant peut comprendre à 6 ans, c’est que les excuses réparent la relation et que l’argent répare l’objet, et que les deux sont dus ; ce qu’il ne peut pas encore, c’est payer : ses parents paient, et il participe avec sa tirelire, pour une part qui compte pour lui, deux euros sur quarante.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, une voiture rachetée ou réparée par ses parents, deux euros sortis de sa tirelire devant son copain, et des excuses qu’il fait lui-même ; il retiendra le geste, pas la somme. Pour les parents, une vérification que leur contrat d’habitation comporte bien la responsabilité civile, ce qui est le cas de presque tous, et l’idée que la même règle jouera à 15 ans pour un téléphone à 800 €, avec l’assureur cette fois, et à 18 ans pour Tom seul, avec sa propre assurance.
Combien a-t-elle ?
Eva, 6 ans, vide sa poche : une pièce de 2 €, une pièce de 1 € et une pièce de 50 centimes.
Combien a-t-elle ?
- 3,00 €
- 4,00 €
- 3,50 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Deux euros et un euro, ça fait trois euros. Il reste la pièce de 50 centimes : c’est la moitié d’un euro. Trois euros et une moitié, ça fait trois euros cinquante. Les pièces ne comptent pas toutes pareil : la plus grosse n’est pas toujours celle qui vaut le plus.
Pourquoi c’est comme ça
L’euro a huit pièces, rangées en trois familles que l’enfant reconnaît à la couleur avant de lire les chiffres : les cuivrées, 1, 2 et 5 centimes ; les dorées, 10, 20 et 50 centimes ; les bicolores, 1 € et 2 €, avec un cœur et un anneau de couleurs différentes ; à l’intérieur d’une famille, la taille suit la valeur, mais pas entre les familles : la pièce de 5 centimes est plus grande que celle de 10, et celle de 50 centimes est plus large que celle de 1 €, ce qui est le piège qu’Eva découvre. Les centimes sont des morceaux d’euro, cent pour un euro, deux pièces de 50 pour un euro, cinq de 20, dix de 10 ; et la moitié, 50 centimes, est la première fraction que les enfants comprennent, parce qu’elle se voit. Le dos de chaque pièce porte une face nationale, une chouette grecque, un roi espagnol, un arbre français, et toutes valent pareil dans toute la zone euro.
Jusqu’où ça va
À 6 ans, l’enfant additionne jusqu’à 10 et compte de 2 en 2 : 2 € et 1 € font 3 €, plus une moitié, 3 € et demi, qu’on écrit 3,50 € ; les centimes s’ajoutent ensuite par familles, les 20 avec les 20, les 10 avec les 10, en faisant des paquets d’un euro, ce qui est aussi la technique des caissiers. Trier les pièces du porte-monnaie familial par valeur, les empiler, puis dire combien vaut chaque pile, est un jeu qui tient dix minutes et qu’on refait ; le jeu de la marchande, avec de vraies pièces, un prix écrit sur une étiquette et la monnaie à rendre, prolonge le tri. Ce que les pièces apprennent avant les billets et les écrans, c’est que l’argent est une quantité, qu’il se compte, et qu’il finit ; un enfant qui a compté ses pièces sait ce que veut dire « il ne reste plus rien ».
Ce que ça coûte vraiment
Pour Eva, 3,50 € posés sur la table, comptés pièce par pièce, et une question : un pain au chocolat à 1,20 € et il reste combien, ou tout garder pour quelque chose de plus grand ? À 6 ans, la réponse importe moins que le fait qu’elle compte elle-même et qu’elle paie elle-même à la boulangerie ; la monnaie rendue, 2,30 €, sera son prochain exercice.
Combien y a-t-il dans la cagnotte ?
Sarah, 8 ans, organise avec sa classe un cadeau pour la maîtresse. Ils sont 25 élèves et chacun donne 2 €.
Combien y a-t-il dans la cagnotte ?
- 50 €
- 25 €
- 100 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Vingt-cinq élèves qui donnent chacun 2 €, c’est 25 fois 2 € : 50 €. Ce que chacun met est petit, mais ensemble ça devient une vraie somme. C’est le principe de la cagnotte : beaucoup de petites parts font un grand cadeau.
Pourquoi c’est comme ça
Mettre en commun, c’est additionner les contributions de plusieurs personnes pour acheter quelque chose qu’aucune n’aurait pu acheter seule. À huit ans, l’enfant découvre que 2 €, ce n’est rien, mais que 25 fois 2 €, c’est un cadeau de 50 €. La multiplication prend un sens concret. Elle sert aussi à l’envers : pour un cadeau à 75 €, combien chacun doit donner.
Jusqu’où ça va
Les cagnottes en ligne, les cadeaux de mariage, les repas partagés entre amis, les vacances entre familles : la vie adulte est pleine de pots communs. Ce qui compte, c’est que la règle soit claire avant : combien chacun donne, qui garde l’argent, ce qu’on achète, et ce qu’on fait de ce qui reste.
Ce que ça coûte vraiment
Un élève ne peut pas donner ses 2 € ? Le cadeau reste possible, et personne n’a besoin de le savoir. C’est aussi une leçon : dans un pot commun, les parts ne sont pas toujours égales, et ça ne se voit pas sur le cadeau. Les 50 € se dépensent ensemble, ticket de caisse à l’appui, et le reste se rend ou se partage.
S’ils acceptent, que se passe-t-il ensuite ?
Rayan, 9 ans, reçoit 3 € par semaine. Il demande à ses parents 6 € tout de suite pour un jeu de cartes.
S’ils acceptent, que se passe-t-il ensuite ?
- Il aura 6 € en plus, en cadeau
- Rien ne change
- Deux semaines sans argent de poche
Voir la réponseMasquer la réponse
Recevoir 6 € aujourd’hui, c’est recevoir l’argent de poche de cette semaine et de la suivante : pendant deux semaines, il n’y aura rien. Ce n’est pas une punition, c’est une avance. L’argent n’est pas apparu, il est venu du futur.
Pourquoi c’est comme ça
Une avance est un prêt que l’enfant se fait à lui-même avec l’aide de ses parents : les 6 € d’aujourd’hui sont les 3 € de samedi et les 3 € du samedi suivant, et rien de plus n’a été créé ; c’est exactement ce que fait un adulte qui demande un acompte sur salaire, que la loi lui garantit pour une quinzaine de travail déjà faite, ou qui utilise un découvert autorisé, dont il paie des intérêts, ou qui règle un achat en trois fois. La différence avec un cadeau doit être dite avant de donner les pièces, en une phrase : « d’accord, mais samedi et le samedi d’après, il n’y aura rien » ; et la règle doit tenir, parce que c’est elle, pas les 6 €, qui enseigne. Un parent qui cède le premier samedi a transformé l’avance en augmentation, et le prochain jeu de cartes se demandera de la même façon.
Jusqu’où ça va
Vivre deux semaines sans argent de poche est plus efficace que toute explication du crédit : l’enfant a le jeu, et il voit passer deux samedis où les autres reçoivent et pas lui ; certaines familles ajoutent un intérêt symbolique, 50 centimes, pour montrer que l’argent d’avance a un prix, ce qui a un sens à partir de 10 ans, et d’autres refusent toute avance, ce qui apprend l’attente à la place du crédit ; les deux se tiennent, l’important est la constance. Ce que l’avance ne doit pas devenir, c’est une habitude : un enfant qui est toujours en avance de deux semaines vit à crédit permanent, comme un adulte qui commence chaque mois à découvert, et ne décide plus rien ; une règle utile est d’une avance à la fois, remboursée avant la suivante.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Rayan, 6 € tout de suite, un jeu de cartes, et deux samedis sans rien, annoncés avant, tenus après ; le troisième samedi, les 3 € reviennent, et il saura ce qu’ils ont coûté. La prochaine fois qu’il voudra 6 €, il aura le choix entre attendre une semaine avec 3 € en poche ou revivre deux semaines à zéro ; c’est le choix que ses parents font avec leur carte, et il l’aura fait à 9 ans avec des pièces.
Laquelle coûte le moins cher ?
Inès, 8 ans, préfère l’eau en bouteille. Une bouteille d’un litre coûte 1 €. Un litre d’eau du robinet coûte moins d’un demi-centime.
Laquelle coûte le moins cher ?
- L’eau du robinet, plus de 200 fois moins
- La bouteille, l’eau est meilleure
- Pareil, c’est de l’eau
Voir la réponseMasquer la réponse
Un litre d’eau du robinet coûte moins d’un demi-centime. En bouteille, il coûte 1 €, soit plus de deux cents fois plus. La différence paie la bouteille, le transport, la publicité et le magasin. En France, l’eau du robinet est contrôlée régulièrement par les agences régionales de santé.
Pourquoi c’est comme ça
Le prix de l’eau en bouteille ne vient pas de l’eau : il vient du plastique, du camion, du rayon, de la marque. L’eau du robinet, elle, arrive par des tuyaux payés par tous, et la facture d’eau d’une famille tourne autour de 4,70 € par mètre cube, mille litres, assainissement compris, au 1ᵉʳ janvier 2024. Pour un enfant, c’est une découverte : deux choses qui se ressemblent peuvent avoir des prix sans rapport, parce qu’on ne paie pas la même chose.
Jusqu’où ça va
Le même raisonnement s’applique aux céréales en boîte et en vrac, au café en capsules et en paquet, au goûter emballé et fait maison. Plus tard, il servira pour les vêtements de marque et les abonnements. Comparer ce qu’on paie vraiment, au-delà de l’objet, est une habitude qui se prend à huit ans.
Ce que ça coûte vraiment
Une famille qui boit deux litres d’eau en bouteille par jour dépense environ 700 € par an ; au robinet, moins de 4 €. Une gourde à l’école, c’est le même calcul en petit. L’enfant peut faire le compte lui-même : c’est ce qui le convainc, pas le discours sur le plastique.
A-t-il fait une mauvaise affaire ?
Yanis, 10 ans, échange trois cartes ordinaires contre une carte rare de son copain. Son petit frère dit qu’il s’est fait avoir : trois contre une.
A-t-il fait une mauvaise affaire ?
- Oui : trois cartes, c’est toujours plus qu’une seule carte
- Pas forcément : ce qui compte, c’est la valeur, pas le nombre
- Oui : il fallait échanger une carte contre une carte
Voir la réponseMasquer la réponse
Le nombre ne dit pas la valeur. Une carte rare, que peu de gens ont, peut valoir plus que trois cartes que tout le monde a. La valeur, c’est ce que les autres sont prêts à donner pour l’avoir. Yanis a fait une bonne affaire si, pour les autres collectionneurs, sa carte rare vaut plus que ses trois cartes.
Pourquoi c’est comme ça
Un échange est juste quand chacun donne quelque chose qu’il estime valoir à peu près ce qu’il reçoit. La valeur d’une carte de collection n’est pas écrite dessus : elle dépend de sa rareté, de son état et de ce que les autres en pensent. Trois cartes courantes, que tout le monde possède, ne trouvent pas preneur ; une carte rare, si. Pour un enfant de dix ans, c’est la première rencontre avec la valeur d’échange, qui n’a rien à voir avec la quantité.
Jusqu’où ça va
La même logique explique le prix d’un tableau, d’une voiture ancienne, d’un maillot signé, ou d’un appartement bien placé. Elle explique aussi les arnaques : quelqu’un qui présente une chose courante comme rare. Regarder ce que les autres échangent, dans la cour ou en ligne, avant de troquer, est la seule façon de savoir.
Ce que ça coûte vraiment
Yanis peut vérifier : sur les sites d’échange, sa carte rare se vend plusieurs euros, ses trois cartes courantes quelques centimes chacune. Il a gagné à l’échange. Son petit frère a appris quelque chose aussi : compter n’est pas évaluer.
À quoi sert une liste de courses ?
Clément, 9 ans, accompagne son père au supermarché. Sans liste, ils reviennent avec des gâteaux, une revue et un jouet qui n’étaient pas prévus.
À quoi sert une liste de courses ?
- À acheter ce qu’on avait décidé, et pas le reste
- À choisir en rayon ce qui fait envie
- À obtenir des réductions
Voir la réponseMasquer la réponse
La liste se fait à la maison, quand on n’a pas les rayons sous les yeux. Au magasin, tout est fait pour donner envie : les bonbons à la caisse, les jouets à hauteur d’enfant, les paquets colorés. La liste rappelle ce qu’on voulait vraiment. Ce qui n’est pas dessus attendra une autre fois.
Pourquoi c’est comme ça
Les magasins placent les produits pour les faire acheter : les indispensables au fond, pour traverser tous les rayons ; les tentations à hauteur des yeux et des mains, surtout des mains d’enfant ; les sucreries près de la caisse, là où l’on attend. Ce n’est pas un piège, c’est leur métier. La liste est la réponse : elle a été écrite au calme, avec ce dont la famille a besoin, et elle fait la différence entre ce qu’on voulait et ce qu’on voit.
Jusqu’où ça va
Adulte, la même méthode vaut pour les sites de vente en ligne, les soldes, les grandes surfaces de bricolage. Décider chez soi, avec un budget, puis s’y tenir.
Ce que ça coûte vraiment
Confier la liste à Clément, c’est lui donner un rôle : c’est lui qui coche, lui qui dit non aux gâteaux parce qu’ils ne sont pas dessus. La prochaine fois, il pourra ajouter une chose à la liste, à la maison, avant de partir. Le jouet imprévu de cette fois a coûté ce qu’aurait coûté une chose prévue.
Combien a-t-il au bout d’un an ?
Adam, 10 ans, met une pièce de 1 € dans sa tirelire chaque jour, sans exception.
Combien a-t-il au bout d’un an ?
- 36 €
- 1 000 €
- 365 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Une année compte 365 jours. Un euro par jour, c’est 365 € au bout d’un an. Ça paraît peu chaque jour, et ça devient beaucoup. C’est le secret de l’épargne : pas la grosse somme, mais la petite, tous les jours.
Pourquoi c’est comme ça
Un euro par jour ne se sent pas, et c’est la raison pour laquelle ça marche : l’épargne qui réussit n’est pas celle des bonnes résolutions mais celle qui ne demande aucune décision, la même somme, au même moment, sans exception ; un adulte peut faire de même par un virement automatique le lendemain de la paie, vers un livret ou un plan, avant toute dépense, ce qu’on appelle se payer en premier ; Adam fait la même chose avec une pièce et une tirelire, et l’exception, le jour où l’on saute, est ce qui fait échouer les deux. À environ 30 € par mois, 365 € par an, il aura mis de côté sans y penser.
Jusqu’où ça va
Sur un livret à 3 %, 365 € par an pendant dix ans feraient environ 4 200 €, dont 550 € d’intérêts, sans impôt, le livret jeune étant plafonné à 1 600 € de versements ; sur le Livret A au taux actuel de 1,7 %, environ 4 000 € ; dans la tirelire, 3 650 €, moins ce que l’inflation aura grignoté, mais avec l’avantage de voir et de peser. Des variantes rendent le jeu plus vivant : le défi des 52 semaines, un euro la première semaine, deux la deuxième, jusqu’à cinquante-deux, qui donne 1 378 € en un an et devient difficile à la fin, ce qui est le but ; ou l’arrondi, mettre de côté ce qui manque pour arrondir chaque dépense à l’euro supérieur, ce que des applications font automatiquement pour les adultes. Ce qui compte plus que la méthode, c’est le projet décidé avant, un vélo, un voyage scolaire, écrit sur la tirelire, parce qu’une pièce qui va quelque part se met plus facilement qu’une pièce qui s’entasse.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Adam, 365 € à 11 ans, un vélo, ou la moitié d’un ordinateur, et une habitude installée ; si la tirelire se vide chaque 1er janvier sur un livret jeune ouvert à 12 ans, puis sur le Livret A une fois les 1 600 € atteints, les intérêts feront le reste, et à 18 ans il aura près de 3 000 €. La règle du sans exception vaut aussi pour les parents : ce n’est pas à eux de mettre la pièce le jour où il oublie, et ce n’est pas à eux d’y puiser pour la boulangerie.
Combien coûte la trottinette payée en trois fois ?
Louna, 10 ans, voit une trottinette à 60 €, ou « en 3 fois 22 € ». Elle trouve que c’est le même prix.
Combien coûte la trottinette payée en trois fois ?
- 66 €
- 60 €
- 72 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Trois fois 22 €, c’est 66 €, pas 60 €. Les 6 € de plus, c’est le prix du délai : le magasin accepte d’attendre, et il se fait payer pour ça. Payer en plusieurs fois peut coûter plus cher que payer d’un coup, même quand c’est écrit en petit.
C. consom. art. L.312-4
Pourquoi c’est comme ça
Le paiement en plusieurs fois est un petit crédit : le vendeur avance l’objet et se rembourse par mensualités. Quand les mensualités additionnées dépassent le prix comptant, la différence est un intérêt, parfois appelé « frais ». Pour un enfant, multiplier les mensualités par leur nombre et comparer au prix affiché est un réflexe simple, qui vaut aussi pour les adultes.
Jusqu’où ça va
Sur un téléphone à 1 000 €, un canapé, une voiture, le même mécanisme coûte des dizaines ou des centaines d’euros. Certains paiements en plusieurs fois sont vraiment gratuits ; d’autres cachent un taux élevé. La seule façon de savoir, c’est le calcul : mensualité fois nombre de mois, moins le prix comptant.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Louna, 6 € de plus, c’est 10 % du prix, pour avoir la trottinette tout de suite. Attendre trois mois en économisant 20 € par mois donne la même trottinette à 60 €. Le choix lui appartient, mais maintenant elle sait ce qu’elle paie.
Que paient les 55 € de différence ?
Malo, 13 ans, veut un sweat de marque à 80 €. Le même modèle, sans le logo, coûte 25 €.
Que paient les 55 € de différence ?
- Une qualité bien meilleure, toujours
- Rien : c’est une erreur de prix
- Surtout le logo et la publicité
Voir la réponseMasquer la réponse
Les deux sweats peuvent sortir d’usines comparables, avec des tissus proches. La différence de prix paie surtout la marque : la publicité, les sportifs qui la portent, les magasins en centre-ville. Elle paie aussi ce que les gens acceptent de donner pour le logo. Ce n’est pas interdit d’acheter la marque, mais il faut savoir ce qu’on paie.
Pourquoi c’est comme ça
Une marque vend un produit et une image. Elle dépense beaucoup pour que son logo soit vu, désiré, reconnu : publicités, contrats avec des sportifs et des influenceurs, boutiques dans les meilleures rues. Tout cela se retrouve dans le prix. Parfois la qualité est meilleure, parfois elle est comparable. À treize ans, on achète surtout pour appartenir à un groupe, et c’est humain ; le comprendre permet de choisir au lieu de subir.
Jusqu’où ça va
Adulte, la même question revient pour une voiture, un téléphone, une montre. Certains choisissent la marque en connaissance de cause, d’autres non. Ce qui change avec l’âge, c’est de savoir mesurer ce qu’on paie pour le logo, et de décider si ça vaut la différence.
Ce que ça coûte vraiment
Cinquante-cinq euros, c’est deux sweats sans logo et un cinéma. Si Malo veut le sweat de marque, il peut payer la différence avec son argent, ou attendre les soldes. Le choix, avec ses propres sous, est la meilleure façon d’apprendre.
Combien peut-elle en tirer ?
Jade, 12 ans, a reçu un nouveau téléphone. L’ancien, acheté 300 € il y a deux ans, elle veut le revendre au même prix.
Combien peut-elle en tirer ?
- 300 €, le même prix : il marche encore parfaitement
- Beaucoup moins : un objet d’occasion perd de sa valeur
- Plus de 300 € : il est devenu rare et recherché
Voir la réponseMasquer la réponse
Un téléphone d’occasion vaut moins que neuf, et de moins en moins avec le temps. Les modèles suivants sont sortis, la batterie a vieilli, et l’acheteur veut une remise pour prendre le risque. Deux ans après, un téléphone à 300 € peut ne se revendre qu’autour de 100 €. Cette perte de valeur s’appelle la décote.
Pourquoi c’est comme ça
La plupart des objets perdent de la valeur avec le temps : c’est la décote, ou dépréciation. Un téléphone, une console, une voiture neuve perdent parfois la moitié de leur prix en deux ans. Ce qui fait la valeur d’occasion : l’état, l’âge, la demande pour ce modèle, et le prix du neuf équivalent. Pour un enfant, comparer le prix d’achat et le prix de revente est une leçon sur ce qu’on possède vraiment.
Jusqu’où ça va
Quelques objets font l’inverse : certaines cartes de collection, des baskets en édition limitée, des instruments de musique, des œuvres. C’est rare, et imprévisible. Plus tard, cette différence sépare ce qu’on achète pour l’utiliser, qui décote, de ce qu’on achète pour le garder, qui peut prendre de la valeur.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Jade, 100 € vaut mieux qu’un tiroir : les sites de revente donnent le prix du marché en quelques minutes, et un téléphone reconditionné trouve preneur. Le calcul à retenir pour le prochain : un téléphone acheté 300 € et revendu 100 € a coûté 200 € pour deux ans, soit un peu plus de 8 € par mois.
À qui peut-il donner son code ?
Noé, 13 ans, a une carte de paiement. Son meilleur ami lui demande le code pour aller acheter des boissons pour deux.
À qui peut-il donner son code ?
- À personne : le code reste secret, même pour un ami
- Aux amis proches, en qui il a confiance
- À tout le monde, tant que la carte reste avec lui
Voir la réponseMasquer la réponse
Le code d’une carte ne se donne à personne, même à un ami. Un ami peut se tromper, perdre la carte ou en parler. Si quelqu’un d’autre utilise le code, la contestation devient difficile. La banque peut refuser de rembourser en prouvant une négligence grave, et donner son code peut en être une. La règle est simple : le code, c’est comme une clé qu’on ne prête pas.
Pourquoi c’est comme ça
Le code confidentiel authentifie le titulaire : pour la banque, un paiement avec le bon code ressemble à un paiement fait par lui, même si la loi ne s’en contente pas comme preuve. En cas de fraude, le titulaire qui a communiqué son code risque de perdre la protection prévue par la loi : la banque peut refuser le remboursement si elle prouve une négligence grave, appréciée au cas par cas. Pour un adolescent, la carte est souvent le premier objet qui engage vraiment : ce qu’il fait avec, ou ce qu’un autre fait avec, se retrouve sur le compte.
Jusqu’où ça va
Les mêmes règles valent pour les mots de passe, les codes de téléphone, les identifiants de jeux avec des achats intégrés. Adulte, elles valent pour la banque en ligne et l’hameçonnage : jamais de code par message ou par téléphone, quel que soit l’interlocuteur. La règle apprise à treize ans est celle qui protège à quarante.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les boissons, Noé va avec son ami, ou lui prête 3 € en espèces. Si le code a déjà été donné, il se change en quelques minutes dans l’application de la banque ou au distributeur. Perdre la carte n’est pas grave, la faire opposer prend une minute ; avoir donné le code, ça, ne se rattrape pas.
À partir de quel âge peut-elle l’ouvrir ?
Léna, 12 ans, a entendu parler d’un livret réservé aux jeunes, mieux payé que le Livret A.
À partir de quel âge peut-elle l’ouvrir ?
- Dès 12 ans
- À 16 ans
- À 18 ans
Voir la réponseMasquer la réponse
Léna peut ouvrir un livret jeune dès 12 ans, et jusqu’à 25 ans. Avant ses 16 ans, ses retraits demandent l’accord de ses parents. Chaque banque fixe son taux, mais il ne peut pas être inférieur à celui du Livret A. Le plafond est de 1 600 €, et les intérêts sont sans impôt. On ne peut avoir qu’un seul livret jeune.
CMF art. L.221-24 · CMF art. R.221-79
Pourquoi c’est comme ça
Le livret jeune est un produit d’épargne réglementé réservé aux 12-25 ans résidant en France. Il est plafonné à 1 600 € de versements, et son taux, libre pour chaque banque, ne peut être inférieur au taux du Livret A. Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Avant 16 ans, les retraits se font avec l’autorisation du représentant légal ; de 16 à 18 ans, le jeune peut retirer seul sauf opposition de ses parents. Le livret est clôturé au plus tard le 31 décembre de l’année des 25 ans, et son solde transféré sur un autre compte.
Jusqu’où ça va
Un jeune peut cumuler livret jeune et Livret A, ce dernier étant plafonné à 22 950 €. Le livret jeune peut être le premier compte au nom de l’enfant, ce qui en fait un outil d’apprentissage : voir le solde, retirer, constater les intérêts en janvier. Les banques y associent parfois une carte de retrait, les paiements par carte passant par un compte courant.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Léna, 1 600 € au taux du livret jeune rapportent quelques dizaines d’euros par an, sans impôt : ce n’est pas le rendement qui compte, c’est le compte à son nom, avec son relevé. Les parents ouvrent, elle regarde, et à 16 ans elle gère. Le Livret A prend le relais pour ce qui dépasse le plafond.
Pourquoi le prix baisse-t-il avec le temps ?
Théo, 14 ans, veut la nouvelle console à 500 €, sortie le mois dernier. Son père lui dit que dans un an, elle coûtera moins cher.
Pourquoi le prix baisse-t-il avec le temps ?
- Elle est moins nouvelle, et la suivante approche
- Les magasins la vendent à perte
- Le prix des consoles est fixé par l’État
Voir la réponseMasquer la réponse
À sa sortie, tout le monde veut la console, et le fabricant la vend au prix fort. Un an plus tard, les premiers acheteurs l’ont déjà, les jeux sont sortis et des versions améliorées se préparent. Le prix baisse pour convaincre les suivants. En attendant, on peut payer moins, et parfois avoir des jeux en plus.
Pourquoi c’est comme ça
Un produit nouveau se vend d’abord aux plus impatients, prêts à payer le prix fort. Ensuite, pour toucher les autres, le prix descend par paliers : baisse officielle, packs avec des jeux, éditions reconditionnées, occasions. Les fabricants le savent et le prévoient. Pour un adolescent, comprendre ce cycle, c’est apprendre que le temps est une monnaie : attendre coûte de la patience et rapporte de l’argent.
Jusqu’où ça va
Le même mécanisme joue pour les téléphones, les voitures, les vêtements en fin de saison. À l’inverse, certaines choses montent avec le temps, comme les places de concert à mesure que la date approche. Savoir dans quel sens va le prix, et attendre ou se dépêcher selon le cas, est une compétence d’adulte qui commence ici.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Théo, 500 € aujourd’hui ou 350 € dans un an avec un jeu offert : la différence, c’est trois mois d’argent de poche. S’il choisit d’acheter maintenant, c’est son droit, mais il sait ce que coûte l’impatience. Et une console d’occasion garantie, chez un revendeur, coûte encore moins.
Combien coûte l’abonnement sur un an ?
Emma, 13 ans, s’abonne à une plateforme de musique pour 12 € par mois. « Ce n’est que 12 € », dit-elle.
Combien coûte l’abonnement sur un an ?
- 120 €
- 160 €
- 144 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Douze euros par mois, douze mois par an : 144 €. Un abonnement se présente toujours en petit, par mois, pour paraître léger. Multiplié par douze, il devient un vrai budget. Et il continue tant qu’on ne l’arrête pas.
C. consom. art. L.215-1-1
Pourquoi c’est comme ça
Un abonnement est une dépense qui se répète sans décision : une fois souscrit, il se prélève chaque mois jusqu’à résiliation. Les plateformes l’affichent par mois. Pour un adolescent, multiplier par douze est le geste qui change la perception : 12 € devient 144 €, et trois abonnements, plus de 400 € par an.
Jusqu’où ça va
Adulte, les abonnements s’accumulent : musique, vidéo, jeux, stockage, applications, salle de sport, presse. Ceux qui ne servent plus continuent d’être prélevés tant qu’ils ne sont pas résiliés. La loi impose depuis 2023 un bouton de résiliation en ligne aussi simple que la souscription. Le bouton porte la mention « résilier votre contrat » ou une formule équivalente.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Emma, 144 € par an, c’est toute une année d’argent de poche à 12 € par mois entièrement absorbée. L’offre famille, partagée avec ses parents, ramène sa part à quelques euros. Et un abonnement mensuel se teste un mois puis se résilie : l’essai n’engage que ce mois-là.
À qui appartient cet argent ?
Victor, 12 ans, reçoit 500 € de sa grand-mère. Ses parents envisagent de s’en servir pour les courses, « puisque c’est pour la famille ».
À qui appartient cet argent ?
- À Victor : ses parents le gèrent, sans le dépenser pour eux
- À ses parents, jusqu’à ses 18 ans : ils font ce qu’ils veulent
- À la famille : chacun en fait ce qu’il veut
Voir la réponseMasquer la réponse
L’argent offert à Victor lui appartient. Ses parents l’administrent : ils le placent, le gèrent et décident des dépenses dans son intérêt. Ils ne peuvent pas l’utiliser pour leurs propres besoins, et les courses de la famille sont à leur charge. À 18 ans, Victor pourra leur demander des comptes.
C. civ. art. 382 · C. civ. art. 385 · C. civ. art. 387-1
Pourquoi c’est comme ça
Un mineur peut être propriétaire : de l’argent, d’un livret, de titres, d’un bien reçu par donation ou succession. Ses parents exercent l’administration légale : ils gèrent ses biens et perçoivent les revenus, avec un devoir de soin et l’obligation de répondre de leur gestion à la majorité. Jusqu’aux 16 ans de l’enfant, ils ont la jouissance légale des revenus de ses biens, à charge de pourvoir à son entretien et à son éducation ; le capital, lui, reste à l’enfant et ne peut pas servir aux dépenses du ménage, et ils ne peuvent pas disposer du capital sans autorisation du juge pour les actes les plus graves : vendre un immeuble, renoncer à un droit, contracter un emprunt au nom de l’enfant.
Jusqu’où ça va
Le donateur peut écarter les parents de l’administration par une clause de la donation, en désignant un tiers administrateur. À 18 ans, l’enfant a cinq ans pour agir contre ses parents en cas de faute de gestion. Le Livret A ou le livret jeune ouvert au nom de l’enfant est, juridiquement, à lui : les parents qui y puisent pour leurs dépenses s’exposent à devoir rembourser.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Victor, 500 € sur son livret, à son nom, rapporteront un peu et seront là pour son permis ou ses études. Ses parents peuvent décider d’en utiliser une partie pour lui, un vélo par exemple. Les courses, non. La règle protège aussi les parents : elle fixe une frontière claire entre l’argent de la famille et celui de l’enfant.
Combien coûte le téléphone payé de cette façon ?
Kenza, 16 ans, veut un téléphone à 600 €. L’opérateur le propose « à 30 € par mois pendant 24 mois » avec un forfait.
Combien coûte le téléphone payé de cette façon ?
- 600 €
- 800 €
- 720 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Trente euros pendant vingt-quatre mois, c’est 720 €. Le téléphone coûte 120 € de plus qu’au comptant, et Kenza est engagée deux ans avec cet opérateur. C’est un crédit, même si personne ne l’appelle comme ça.
Pourquoi c’est comme ça
Le téléphone subventionné avec un forfait est un crédit déguisé : l’opérateur avance le téléphone, et son prix se retrouve dans des mensualités, dont le total peut dépasser le prix comptant, sur un engagement de 12 ou 24 mois. Rompre l’engagement coûte, pour un contrat conclu depuis 2023, les mensualités jusqu’au douzième mois, puis au plus 20 % des suivantes quand un téléphone subventionné est inclus. Pour un adolescent, la comparaison est simple : mensualité fois durée, plus le forfait, contre téléphone comptant plus forfait sans engagement.
Jusqu’où ça va
Le paiement en plusieurs fois sans frais existe, et il est réellement gratuit quand la somme des mensualités égale le prix comptant. Au-delà, il y a un intérêt. Les mêmes calculs valent plus tard pour une voiture en location avec option d’achat ou un canapé « à 19 € par mois ».
Ce que ça coûte vraiment
Pour Kenza, 120 € d’écart, c’est plusieurs mois de forfait, ou un téléphone reconditionné de très bonne qualité. Si les 600 € ne sont pas disponibles, épargner six mois puis acheter comptant coûte moins que deux ans de mensualités. Et un forfait sans engagement se change quand une meilleure offre sort.
Que se passe-t-il au moment de payer ?
Sami, 15 ans, reçoit une carte prépayée. Ses parents y ont chargé 50 €. Il veut acheter un jeu à 70 €.
Que se passe-t-il au moment de payer ?
- Le paiement est refusé : on ne dépense que ce qui est chargé
- Le paiement passe, et il devra 20 € à la banque
- Le paiement passe, ses parents sont prélevés de 20 €
Voir la réponseMasquer la réponse
Une carte prépayée ne permet de dépenser que ce qui y est chargé. Avec 50 € de solde, l’achat de 70 € de Sami est refusé. Pas de découvert, pas de dette, pas de frais d’incident. C’est ce qui la rend adaptée aux adolescents : l’erreur est impossible, la limite est visible.
Pourquoi c’est comme ça
Les cartes prépayées et les cartes à autorisation systématique vérifient le solde à chaque paiement et refusent ce qui le dépasse. Elles ne permettent ni découvert ni crédit. Les néobanques pour adolescents fonctionnent ainsi : les parents chargent, suivent les dépenses en temps réel, bloquent certaines catégories, et l’enfant paie en magasin, en ligne ou par téléphone. Certaines cartes prépayées non bancaires, achetées en bureau de tabac, fonctionnent de même mais avec des frais de chargement.
Jusqu’où ça va
Selon les banques, dès 12 ans, un adolescent peut ouvrir un compte courant avec l’autorisation de ses parents, et à 18 ans seul, avec une carte classique et, parfois, un découvert autorisé. C’est là que les habitudes prises avec la carte prépayée comptent : vérifier le solde avant d’acheter, ne pas confondre ce qu’on a et ce qu’on peut dépenser.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Sami, le jeu attend 20 € de plus : deux semaines d’argent de poche, ou une avance des parents qui se rembourse. La carte a fait son travail : elle a dit non à sa place. C’est exactement ce qu’un compte avec découvert ne fera pas plus tard.
Combien lui coûte ce sac ?
Maëlle, 17 ans, utilise une application de cashback qui lui rend 5 % sur ses achats. Elle achète un sac à 80 € qu’elle ne prévoyait pas, « parce que je récupère 4 € ».
Combien lui coûte ce sac ?
- 76 €, pour un sac qu’elle n’aurait pas acheté
- Rien : le cashback finit par rembourser le sac
- 4 € : le reste est remboursé par l’application
Voir la réponseMasquer la réponse
Le cashback rend 5 % de 80 €, soit 4 €. Le sac coûte donc 76 € à Maëlle. S’il était prévu, c’est une vraie économie. S’il ne l’était pas, les 4 € ont servi à lui faire dépenser 76 €. Les programmes de fidélité fonctionnent pareil : ils récompensent ceux qui dépensent, pour qu’ils dépensent plus.
Pourquoi c’est comme ça
Le cashback est financé par les marchands : ils reversent une commission à la plateforme pour attirer des clients, et la plateforme en rend une partie à l’acheteur. Les cartes de fidélité suivent la même logique, avec des points, des paliers et des offres qui poussent à revenir. Ces mécanismes sont honnêtes et parfois avantageux, sur les achats déjà décidés. Leur but, assumé, est d’augmenter les achats : plus on gagne de points, plus on a dépensé.
Jusqu’où ça va
Adulte, on retrouve le même ressort dans les cartes de crédit à récompenses, les miles aériens, les offres de bienvenue des banques. Le calcul est toujours le même : combien on a dépensé pour obtenir l’avantage, et si on l’aurait dépensé sans lui. Certains y gagnent, en passant leurs dépenses habituelles par ces canaux ; d’autres y perdent, en achetant pour gagner.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Maëlle, le test tient en une question avant chaque achat : l’aurais-je acheté sans le cashback ? Si oui, 4 € gagnés. Si non, 76 € dépensés. Le cashback sur les courses, les billets de train, les vêtements prévus, peut rapporter quelques dizaines d’euros par an à un jeune : c’est là qu’il sert.
Ce contrat tient-il ?
Axel, 16 ans, souscrit seul un abonnement à une salle de sport, 40 € par mois avec engagement d’un an, en donnant la carte de ses parents.
Ce contrat tient-il ?
- Non : un mineur ne s’engage pas seul, le contrat est annulable
- Oui : à 16 ans, on signe ce qu’on veut, comme un adulte
- Oui, mais seulement pour six mois au lieu d’un an
Voir la réponseMasquer la réponse
Axel est mineur et non émancipé : il ne peut pas conclure seul un contrat de cette importance. Ses parents peuvent en demander l’annulation, et la salle doit alors rendre les sommes prélevées, sauf si elle prouve que l’abonnement était utile à Axel et sans lésion. Seuls les actes de la vie courante sont valables, comme un achat modeste ou un ticket de cinéma. Le vendeur qui signe avec un mineur prend le risque de l’annulation.
C. civ. art. 1146 · C. civ. art. 1148 · C. civ. art. 1151
Pourquoi c’est comme ça
La loi protège le mineur en le déclarant incapable de contracter, sauf pour les actes de la vie courante autorisés par l’usage : petits achats, transports, loisirs de faible montant. Un abonnement avec engagement, un crédit, un achat important relèvent des parents. Le contrat conclu par un mineur seul est frappé de nullité relative : le mineur ou ses parents peuvent l’attaquer, dans les cinq ans de sa majorité, et le professionnel ne peut pas s’en prévaloir, mais il peut y faire obstacle en prouvant que l’acte était utile au mineur et sans lésion, ou qu’il lui a profité. Le mineur doit restituer ce dont il a profité, mais pas au-delà.
Jusqu’où ça va
Le mineur émancipé, à partir de 16 ans par décision du juge, a la capacité d’un adulte ; il ne peut devenir commerçant que sur autorisation du juge. À 16 ans, le mineur peut aussi retirer seul, sauf opposition, les fonds d’un livret qu’il a ouvert lui-même, et signer un contrat d’apprentissage avec l’accord de ses parents. Les plateformes en ligne qui contractent avec des mineurs sans vérification s’exposent aux mêmes annulations, notamment pour les achats intégrés dans les jeux.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Axel, ses parents demandent l’annulation par courrier, puis au juge si la salle refuse, avec remboursement des mensualités déjà prélevées, moins le prix des séances effectivement suivies. La salle aurait dû exiger la signature d’un parent. À 18 ans, la même signature engagera Axel pour un an, sans échappatoire : c’est ce jour-là que la règle change.
Faut-il une assurance pour le scooter ?
Hugo, 16 ans, a acheté un scooter d’occasion avec ses économies. Il pense que l’assurance de ses parents le couvre, puisqu’il vit chez eux.
Faut-il une assurance pour le scooter ?
- Non : celle de la maison couvre les enfants
- Oui, obligatoire, au moins la responsabilité civile
- Non, pas avant 18 ans
Voir la réponseMasquer la réponse
Le scooter d’Hugo doit être assuré, comme tout véhicule à moteur. Le minimum est la responsabilité civile, qui couvre les dommages causés aux autres. L’assurance habitation de ses parents ne couvre pas un scooter. Rouler sans assurance est un délit, puni d’une amende. En cas d’accident, Hugo ou ses parents paieraient les dommages des victimes, parfois des centaines de milliers d’euros.
C. ass. art. L.211-1 · C. route art. L.324-2
Pourquoi c’est comme ça
L’assurance de responsabilité civile est obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur, même à l’arrêt dans un garage, même un scooter de 50 cm³ ou une trottinette électrique. Elle indemnise les tiers : le piéton renversé, la voiture rayée, le passager blessé. Sans elle, le Fonds de garantie indemnise les victimes puis se retourne contre le responsable pour récupérer les sommes versées. Le défaut d’assurance est puni d’une amende de 3 750 €, avec suspension de permis possible, et, pour un majeur, une amende forfaitaire de 750 € à payer en première infraction, 500 € majorés de 50 % au profit du Fonds de garantie.
Jusqu’où ça va
Les autres garanties sont facultatives : vol, incendie, dommages au scooter, protection du conducteur, souvent oubliée alors que la responsabilité civile ne couvre pas les blessures d’Hugo lui-même.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Hugo, l’assurance au tiers fait partie du vrai prix du scooter, à ajouter au carburant et à l’entretien. Le calcul complet, avant l’achat, aurait peut-être changé la décision ; il vaut pour la première voiture aussi.
Ces 1 300 € sont-ils imposables ?
Chloé, 17 ans, fait un stage de deux mois, rémunéré 650 € par mois. Ses parents se demandent s’il faut déclarer ces 1 300 €.
Ces 1 300 € sont-ils imposables ?
- Non : la gratification est exonérée jusqu’à un SMIC annuel
- Oui, en totalité, comme n’importe quel salaire
- Oui, pour la moitié seulement, comme un job d’été
Voir la réponseMasquer la réponse
Les 1 300 € de Chloé n’ont pas à être déclarés. La gratification d’un stagiaire est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel brut, 22 184 € en 2026. La même exonération, avec le même plafond, vaut pour les salaires des apprentis. Les jobs étudiants suivent une autre règle, limitée à trois SMIC mensuels.
CGI art. 81 bis · C. éduc. art. L.124-6
Pourquoi c’est comme ça
Tout stage de plus de deux mois dans une même entreprise doit être gratifié, au minimum 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4,50 € de l’heure en 2026, environ 680 € par mois pour un temps plein. Cette gratification n’est pas un salaire : pas de cotisations en dessous du minimum, pas de contrat de travail, une convention de stage tripartite. Fiscalement, elle est exonérée d’impôt sur le revenu jusqu’au montant annuel du SMIC brut, comme le salaire des apprentis. Ce qui dépasse est imposable.
Jusqu’où ça va
Trois exonérations coexistent pour les jeunes et ne se cumulent pas sur les mêmes sommes : les gratifications de stage et les salaires d’apprentis jusqu’à un SMIC annuel ; les salaires des étudiants de moins de 26 ans jusqu’à trois SMIC mensuels, environ 5 500 € en 2026, sur option ; et les indemnités de service civique, totalement exonérées. Un jeune en stage puis en job d’été peut utiliser les deux premières, chacune sur ses revenus propres.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Chloé, rien à déclarer, qu’elle reste à charge de ses parents ou qu’ils demandent son imposition distincte. À charge, ses parents n’ajoutent rien non plus. Les sommes d’un enfant à charge ne sont pas préremplies chez ses parents ; si Chloé déclare seule et qu’un montant prérempli inclut la gratification, il se corrige, en indiquant le motif d’exonération.
Pourquoi trois fois le loyer ?
Rania, 22 ans, cherche un studio à 600 €. Les agences demandent des revenus d’au moins 1 800 € par mois.
Pourquoi trois fois le loyer ?
- C’est une obligation légale pour toute location
- Pour pouvoir payer trois mois de loyer d’avance
- Pour que le loyer ne dépasse pas un tiers des revenus
Voir la réponseMasquer la réponse
Aucune loi n’impose des revenus de trois fois le loyer : c’est un usage des bailleurs. Ils estiment qu’un loyer supérieur au tiers des revenus devient difficile à payer. Sans ces revenus, Rania peut quand même louer avec un garant, ou avec la garantie Visale, gratuite pour les moins de 31 ans.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, art. 22-1 · Décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015
Pourquoi c’est comme ça
Le taux d’effort, part des revenus consacrée au loyer charges comprises, est le critère des bailleurs et des assureurs de loyers impayés : au-delà d’un tiers des revenus, ils jugent le risque d’impayé trop élevé. D’où l’exigence de revenus nets égaux à trois fois le loyer. Les revenus retenus incluent salaire, bourse, pension alimentaire versée par les parents, aides au logement parfois. Le bailleur ne peut demander que les pièces figurant sur la liste fixée par décret : pièce d’identité, justificatifs de domicile, d’activité et de ressources, et rien d’autre, ni relevé bancaire ni dossier médical.
Jusqu’où ça va
Sans revenus suffisants, trois voies : un garant personne physique, souvent un parent, qui s’engage par acte de cautionnement ; la garantie Visale d’Action Logement, gratuite, ouverte aux moins de 31 ans et aux salariés en mobilité, qui couvre le bailleur, dans le parc privé, jusqu’à 36 mois d’impayés sur les trois premières années du bail ; ou une garantie payante proposée par des sociétés privées. Un bailleur qui a souscrit une assurance loyers impayés ne peut pas exiger en plus une caution, sauf pour un étudiant ou un apprenti.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Rania, à 1 400 € de revenus, le studio à 600 € représente 43 % : hors ratio. Visale débloque le dossier sans engager ses parents, et un logement à 450 € ramènerait le taux d’effort sous le tiers. Le calcul se fait charges comprises, en ajoutant électricité, internet et assurance, que le bailleur ne compte pas mais que le budget, lui, compte.
Dans quel délai le dépôt doit-il être rendu ?
Bastien, 23 ans, quitte son studio loué vide. Il avait versé un dépôt de garantie de 550 €, un mois de loyer. Le propriétaire dit qu’il le rendra « quand il pourra ».
Dans quel délai le dépôt doit-il être rendu ?
- Un mois après les clés, deux s’il y a des retenues
- Trois mois, dans tous les cas, c’est la loi
- Quand le logement est reloué à quelqu’un d’autre
Voir la réponseMasquer la réponse
Pour une location vide, le dépôt de garantie est limité à un mois de loyer hors charges. Si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, il doit être rendu dans le mois qui suit la remise des clés. Sinon, le propriétaire a deux mois, déduction faite des sommes justifiées. Chaque mois de retard lui coûte 10 % du loyer.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, art. 22
Pourquoi c’est comme ça
Le dépôt de garantie couvre les sommes que le locataire pourrait devoir à la fin du bail : loyers impayés, charges, réparations locatives. Il est plafonné à un mois de loyer hors charges pour un logement vide, deux mois pour un meublé. À la sortie, la comparaison des deux états des lieux décide : la vétusté normale est à la charge du propriétaire, les dégradations à celle du locataire, sur devis ou factures. Dans un immeuble collectif, le bailleur peut conserver une provision justifiée, au plus 20 % du dépôt, jusqu’à l’arrêté annuel des comptes de l’immeuble, et rend le solde dans le mois qui suit leur approbation définitive. Passé le délai, une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard s’ajoute de plein droit.
Jusqu’où ça va
Sans état des lieux d’entrée, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état et répond des dégradations, sauf si le bailleur a lui-même fait obstacle à l’état des lieux. Photos datées, relevé des compteurs, mention de chaque défaut à l’entrée sont la meilleure protection du locataire. Le dépôt peut avoir été avancé par Action Logement, avance Loca-Pass, remboursable.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Bastien, un courrier avec accusé de réception rappelant l’article 22 et la majoration de 10 % par mois est la première démarche. Sans réponse, la commission départementale de conciliation, gratuite, puis le juge des contentieux de la protection, sans avocat, tranchent. Le propriétaire doit alors les 550 € et la majoration : 55 € par mois de retard.
Peut-elle emprunter sans caution ?
Yasmine, 20 ans, a besoin de 15 000 € pour financer son école. Ses parents ne peuvent pas se porter caution.
Peut-elle emprunter sans caution ?
- Oui : le prêt garanti par l’État, jusqu’à 20 000 €, sans caution
- Non : une caution est toujours exigée par la banque
- Oui, mais seulement si elle est boursière du CROUS
Voir la réponseMasquer la réponse
Le prêt étudiant garanti par l’État permet d’emprunter jusqu’à 20 000 €, sans caution personnelle ni condition de ressources. Il est ouvert aux étudiants de moins de 28 ans, auprès des banques partenaires. En cas de défaillance, l’État garantit 70 % du prêt. Le remboursement du capital et des intérêts peut être reporté jusqu’à la fin des études.
Loi n° 2008-1443 du 30 décembre 2008 art. 118
Pourquoi c’est comme ça
Le dispositif, géré par Bpifrance, s’adresse aux étudiants de moins de 28 ans inscrits dans un établissement français, ouvert aux ressortissants européens justifiant de deux ans de résidence régulière ininterrompue en France. Les banques partenaires accordent le prêt selon leurs critères, mais sans exiger de caution ni de justificatif de revenus. Le montant maximal est de 20 000 € en 2026, le taux fixé par la banque, la durée de deux à dix ans. Le différé, partiel ou total, permet de ne rembourser que les intérêts ou rien jusqu’à la fin des études. L’enveloppe annuelle de chaque banque est limitée.
Jusqu’où ça va
La garantie ne dispense pas de rembourser : elle protège la banque, pas l’emprunteur, qui reste tenu de la totalité. Un différé total accumule les intérêts, qui s’ajoutent au capital. Les prêts étudiants classiques, avec caution des parents, offrent parfois de meilleurs taux et des montants plus élevés. La bourse sur critères sociaux, les aides au logement et les jobs étudiants réduisent le besoin d’emprunt.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Yasmine, 15 000 € à 3 % sur sept ans, avec deux ans de différé total, coûtent environ 2 200 € d’intérêts et des mensualités proches de 290 € pendant cinq ans après la sortie de l’école. Le calcul à faire avant de signer : le salaire attendu à la sortie, et la part qu’en prendront ces mensualités. Un différé partiel, en payant les intérêts pendant les études, réduit la note finale.
Peuvent-ils déduire ces 4 800 € ?
Paul et Anne versent 400 € par mois à leur fils de 22 ans, étudiant dans une autre ville, qui n’est plus rattaché à leur foyer fiscal.
Peuvent-ils déduire ces 4 800 € ?
- Non : l’aide à un enfant n’est jamais déductible
- Oui, jusqu’à 6 855 € par an, et le fils les déclare
- Oui, sans limite, sur justificatifs
Voir la réponseMasquer la réponse
Les parents doivent des aliments, c’est-à-dire une aide, à leur enfant majeur qui ne peut subvenir à ses besoins, études comprises. Paul et Anne peuvent déduire la pension de leur revenu imposable. Le plafond annuel est de 6 855 € par enfant pour les revenus 2025, et leur fils la déclare de son côté. Ils choisissent entre cette déduction et le rattachement : pas les deux.
CGI art. 156, II-2° · C. civ. art. 371-2 · CGI art. 6, 3
Pourquoi c’est comme ça
L’obligation alimentaire des parents envers leurs enfants ne cesse pas à la majorité : elle dure tant que l’enfant ne peut pas subvenir seul à ses besoins, notamment pendant ses études. La pension versée en exécution de cette obligation est déductible du revenu global des parents, dans la limite d’un plafond revalorisé chaque année, 6 855 € par enfant pour les revenus 2025, doublé si l’enfant est marié ou pacsé et que les beaux-parents ne participent pas. Si l’enfant vit sous le toit des parents, un forfait de 4 075 € pour les revenus de 2025 est admis sans justificatif pour le logement et la nourriture. L’enfant déclare la pension reçue, dans la limite du même plafond, comme un revenu.
Jusqu’où ça va
L’alternative est le rattachement : l’enfant de moins de 21 ans, ou de moins de 25 ans s’il étudie, peut rester rattaché au foyer de ses parents, qui gardent la demi-part ou la part de quotient familial, plafonnée à 1 807 € d’économie d’impôt par demi-part pour les revenus de 2025. La déduction de la pension est plus avantageuse quand les parents sont dans une tranche élevée et que l’enfant a peu de revenus ; le rattachement peut l’emporter dans les tranches basses, selon le montant de la pension. Le choix se fait chaque année.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Paul et Anne, à 41 % de tranche, 4 800 € déduits font 1 970 € d’impôt en moins, contre 1 807 € au plus pour une demi-part et 183 € de réduction pour un étudiant du supérieur rattaché : les deux options se valent, à une vingtaine d’euros près en faveur du rattachement, le simulateur départageant, et le fils, avec 4 800 € de revenu, ne paie rien. Les virements mensuels, identifiés comme pension, servent de justificatif ; les espèces, non.
Ces frais sont-ils plafonnés ?
Léo, 21 ans, a dépassé son découvert autorisé trois fois ce mois-ci. Sa banque lui facture des commissions d’intervention et des frais de rejet.
Ces frais sont-ils plafonnés ?
- Oui : 8 € par commission et 80 € par mois au plus
- Non : chaque banque fixe librement ses frais d’incident
- Oui, à 50 € par an, tous frais confondus
Voir la réponseMasquer la réponse
Les commissions d’intervention sont prélevées à chaque opération au-delà du découvert autorisé. La loi les plafonne à 8 € par opération et 80 € par mois. Pour les clients de l’offre spécifique réservée aux personnes en fragilité financière, ces plafonds tombent à 4 € et 20 €. Les frais de rejet de prélèvement sont limités à 20 €, ceux de rejet de chèque à 30 ou 50 €. Au-delà, la banque doit rembourser.
CMF art. L.312-1-3 · CMF art. R.312-4-1 · R.312-4-2 · CMF art. D.133-6 · CMF art. D.131-25
Pourquoi c’est comme ça
La commission d’intervention rémunère l’examen par la banque d’une opération qui dépasse le découvert autorisé ou le solde. Depuis 2014, elle est plafonnée à 8 € par opération et 80 € par mois pour tous, à 4 € et 20 € pour les clients bénéficiant de l’offre spécifique destinée aux personnes en situation de fragilité financière, que la banque doit détecter et proposer d’elle-même à partir de critères comme cinq incidents dans un mois. Les frais de rejet de prélèvement ne peuvent dépasser le montant du prélèvement ni 20 € ; ceux de rejet de chèque 30 € jusqu’à 50 €, 50 € au-delà. Un plafond global de 25 € par mois s’applique à neuf frais d’incident pour les clients fragiles, 20 € par mois et 200 € par an avec l’offre spécifique.
Jusqu’où ça va
Le découvert non autorisé s’accompagne aussi d’agios, intérêts au taux du découvert, plafonnés par le taux d’usure. Un dépassement qui se prolonge au-delà de trois mois oblige la banque à proposer un autre type de crédit. La banque ne peut pas facturer une commission d’intervention pour une opération qu’elle a refusée et facturée comme rejet.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Léo, trois dépassements font au plus 24 € de commissions, plus les frais de rejet éventuels ; s’il voit 60 € de commissions, le relevé se conteste, en écrivant au service client puis au médiateur de la banque, gratuit. Sortir du découvert passe par un échéancier des prélèvements aligné sur la date de paie, une alerte de solde, et le report des abonnements en début de mois.
Peut-il toucher le RSA ?
Nils, 21 ans, a fini ses études et cherche du travail depuis six mois, sans droit au chômage. Il pense demander le RSA.
Peut-il toucher le RSA ?
- Non, sauf enfant à charge ou deux ans de travail sur trois
- Oui, dès 18 ans, comme toute personne sans ressources
- Oui, dès qu’il est inscrit à France Travail
Voir la réponseMasquer la réponse
Le revenu de solidarité active est ouvert à partir de 25 ans. Avant cet âge, il existe deux exceptions. Les jeunes parents, avec un enfant né ou à naître, y ont droit. Ceux qui ont travaillé au moins deux ans à temps plein sur les trois années précédentes aussi. Nils n’est dans aucun de ces cas. D’autres dispositifs existent pour les 16-25 ans, comme le contrat d’engagement jeune.
CASF art. L.262-4 · CASF art. L.262-7-1
Pourquoi c’est comme ça
Le RSA garantit un revenu minimum, 651,69 € par mois en 2026 pour une personne seule, sous condition de ressources, en contrepartie d’une inscription à France Travail et, depuis 2025, d’un engagement d’au moins quinze heures d’activité par semaine, durée abaissée ou levée selon la santé, le handicap ou l’absence de garde d’un enfant de moins de douze ans pour un parent isolé. L’âge minimum est de 25 ans, sauf pour les personnes assumant la charge d’un enfant ou attendant un enfant, et pour le RSA jeune actif : avoir exercé une activité professionnelle d’au moins 3 214 heures, soit deux ans à temps plein, au cours des trois années précédant la demande, les périodes de chômage indemnisé pouvant prolonger cette période dans la limite de six mois. Les ressources du foyer, y compris celles d’un conjoint, sont prises en compte.
Jusqu’où ça va
Avant 25 ans, les dispositifs sont d’une autre nature : le contrat d’engagement jeune, avec une allocation jusqu’à environ 565 € par mois en 2026 pendant un accompagnement intensif ; la garantie Visale et les aides au logement ; la prime d’activité dès 18 ans pour ceux qui travaillent, même peu. Les parents restent tenus d’une obligation alimentaire envers un enfant majeur sans ressources, que le juge peut fixer en pension.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Nils, le contrat d’engagement jeune auprès de France Travail ou de la mission locale est la porte d’entrée : accompagnement et allocation. Un travail, même à temps partiel, ouvre la prime d’activité. Et ses parents, s’ils le peuvent, lui doivent une aide, déductible de leurs impôts. Le RSA viendra à 25 ans s’il en a encore besoin, ce qui n’est pas le scénario le plus probable.
Peuvent-ils aussi demander la prestation de compensation du handicap ?
Fanny et Marc ont un fils de 9 ans, en situation de handicap, qui a besoin d’une aide humaine plusieurs heures par jour. Ils perçoivent l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé.
Peuvent-ils aussi demander la prestation de compensation du handicap ?
- Oui, en plus de tout le reste, sans aucune condition
- Non : la PCH est réservée aux adultes handicapés
- Oui, mais en remplacement du complément d’AEEH, pas en plus
Voir la réponseMasquer la réponse
La prestation de compensation du handicap est ouverte aux enfants. Il faut pour cela avoir droit à un complément d’allocation d’éducation de l’enfant handicapé. Fanny et Marc choisissent alors entre le complément d’AEEH et la PCH, qui ne se cumulent pas. Seuls l’aménagement du logement, celui du véhicule et les surcoûts de transport font exception. La PCH est souvent plus avantageuse quand le besoin d’aide humaine est important.
CASF art. L.245-1 · CSS art. L.541-1
Pourquoi c’est comme ça
L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, versée par la CAF sans condition de ressources, comprend une allocation de base de 153,01 € par mois et six compléments, selon le coût du handicap et la réduction d’activité d’un parent, jusqu’à environ 1 300 € par mois, auxquels s’ajoute pour un parent isolé une majoration allant jusqu’à 512 € en 2026, environ 1 960 € au total avec l’allocation de base. La prestation de compensation du handicap, versée par le département sur décision de la maison départementale des personnes handicapées, finance des besoins précis : aide humaine payée à l’heure, aides techniques, aménagement du logement ou du véhicule, charges spécifiques, aide animalière. Pour un enfant, l’accès à la PCH suppose de remplir les conditions d’un complément d’AEEH. Le choix entre les deux se fait à chaque décision, et peut être révisé.
Jusqu’où ça va
Le cumul est possible entre l’allocation de base de l’AEEH et la PCH, et entre le complément d’AEEH et le seul élément aménagement de la PCH. La PCH aide humaine peut rémunérer un parent, en dédommagement ou comme salarié dans certains cas. Les deux prestations sont exonérées d’impôt et exclues des ressources du RSA et de la prime d’activité. À 20 ans, l’AEEH cesse ; l’allocation aux adultes handicapés peut lui succéder sur demande, sous ses propres conditions, la PCH continuant selon les droits ouverts.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Fanny et Marc, quatre heures d’aide humaine par jour valorisées par la PCH peuvent représenter bien plus que le complément d’AEEH correspondant. La MDPH établit les deux plans à la demande, et les parents choisissent avec les chiffres. Le dossier se dépose avec un certificat médical de moins d’un an et un projet de vie, le délai de traitement peut dépasser quatre mois : la demande se fait tôt.
Quel avantage fiscal s’attache au contrat épargne handicap ?
Olivia, 30 ans, en situation de handicap, travaille à temps partiel. Sa mère veut lui ouvrir une assurance-vie et a entendu parler d’un avantage fiscal.
Quel avantage fiscal s’attache au contrat épargne handicap ?
- Une réduction d’impôt de 25 % des versements, plafonnée
- Une exonération totale d’impôt sur les gains du contrat
- Aucun : c’est une assurance-vie comme les autres
Voir la réponseMasquer la réponse
Le contrat épargne handicap est une assurance-vie d’au moins six ans. Il est souscrit par une personne handicapée qui ne peut pas travailler dans des conditions normales. Les versements ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 %. Ils sont retenus dans la limite de 1 525 € par an, plus 300 € par personne à charge. Sans personne à charge, la réduction atteint au plus 381 €. Les gains suivent le régime de l’assurance-vie, sans prélèvements sociaux chaque année sur le fonds en euros : ils ne sont prélevés qu’au rachat.
CGI art. 199 septies
Pourquoi c’est comme ça
Le contrat épargne handicap est souscrit par la personne handicapée elle-même, ou par son représentant légal, à condition qu’elle soit atteinte d’une infirmité l’empêchant d’exercer une activité professionnelle dans des conditions normales de rentabilité, sans exigence de taux d’incapacité. Le contrat doit être d’une durée d’au moins six ans et garantir le versement d’un capital ou d’une rente viagère. Les primes versées, dans la limite de 1 525 € plus 300 € par personne à charge, donnent une réduction d’impôt de 25 %, cette limite étant commune, pour un même foyer, aux versements sur un contrat épargne handicap et sur une rente survie. Le capital reste disponible par rachat, et l’impôt sur le revenu des gains est celui de l’assurance-vie.
Jusqu’où ça va
La rente du contrat épargne handicap est imposée comme une rente viagère à titre onéreux, sur une fraction selon l’âge. Pour l’allocation aux adultes handicapés, la rente est exclue des ressources dans une limite fixée par décret, et le capital n’est pas pris en compte ; d’un rachat, seule la part de gains compte comme revenu. Le contrat peut être alimenté par les parents, mais c’est la personne handicapée qui doit être imposable pour que la réduction ait un effet ; sinon, c’est la rente survie, souscrite par les parents, qui leur donne la réduction.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Olivia, qui travaille et paie un peu d’impôt, verser 1 525 € par an lui rend 381 € d’impôt, si son impôt atteint ce montant. Si sa mère verse à sa place, la réduction reste celle d’Olivia. Sa mère, elle, obtient sa propre réduction en souscrivant une rente survie au profit d’Olivia. Les deux contrats se complètent : l’un pour le vivant, l’autre pour après.
Que se passe-t-il pour son AAH ?
Julien, 28 ans, perçoit l’allocation aux adultes handicapés. Il hérite de 80 000 € de sa grand-mère et craint de perdre son allocation.
Que se passe-t-il pour son AAH ?
- Le capital n’est pas compté, mais les revenus qu’il produit le sont
- Il perd l’AAH tant que le capital dépasse le plafond
- Rien : un héritage n’a aucun effet
Voir la réponseMasquer la réponse
L’allocation aux adultes handicapés se calcule sur les revenus nets catégoriels, pas sur le patrimoine. Le capital hérité par Julien n’est pas un revenu : il n’entre pas dans le calcul. En revanche, les revenus qu’il produit sont comptés : intérêts, dividendes, loyers. Seuls ceux des livrets exonérés y échappent. Placer sur un Livret A ou dans un contrat épargne handicap limite l’effet. Un compte-titres ou un immeuble loué réduira l’allocation.
CSS art. L.821-3 · CSS art. R.821-4
Pourquoi c’est comme ça
L’AAH est une allocation différentielle : 1 041,59 € par mois en 2026 pour une personne seule, réduite quand les ressources dépassent le plafond. Les ressources retenues sont les revenus nets catégoriels de l’année de référence, pour une personne seule depuis la déconjugalisation de 2023, avec des abattements sur les revenus d’activité et l’exclusion de certaines prestations. Le capital lui-même, hérité ou donné, n’est pas retenu. En revanche, les intérêts d’un placement imposable, les dividendes, les loyers, les rentes, entrent dans les ressources, après abattements. Les intérêts du Livret A, du LDDS, du livret jeune et du LEP sont exonérés et donc neutres. La rente d’une rente survie constituée par un proche est exclue des ressources sans limite ; celle d’un contrat épargne handicap souscrit par la personne elle-même l’est dans une limite fixée par décret.
Jusqu’où ça va
D’autres aides regardent le patrimoine : l’allocation de solidarité aux personnes âgées et l’aide sociale à l’hébergement se récupèrent sur la succession, et l’ASPA retient un revenu fictif de 3 % sur le capital. Ce n’est pas le cas de l’AAH ni de la PCH. Une donation ou un héritage placé en assurance-vie sans rachat ne produit aucun revenu imposable tant qu’on n’y touche pas, ce qui le rend neutre pour l’AAH ; les rachats, eux, génèrent un revenu imposable sur la part de gains.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Julien, 80 000 € sur Livret A et LDDS, jusqu’aux plafonds, puis en assurance-vie sans rachat ou en contrat épargne handicap, ne changent rien à son AAH. Les mêmes 80 000 € sur un compte-titres rapportant 3 000 € par an réduiraient l’allocation d’une partie de cette somme. La déclaration de ressources à la CAF, trimestrielle pour un allocataire qui travaille, mentionne les revenus, pas le capital.
Que faut-il pour souscrire au nom de Gabriel ?
Gabriel, 24 ans, est sous tutelle, exercée par sa mère. Elle veut lui ouvrir une assurance-vie et le désigner bénéficiaire d’une autre, souscrite par elle.
Que faut-il pour souscrire au nom de Gabriel ?
- L’autorisation du juge des tutelles
- Rien : la tutrice décide seule
- L’accord de Gabriel, qui signe lui-même
Voir la réponseMasquer la réponse
La tutrice de Gabriel ne peut pas agir seule. Souscrire une assurance-vie au nom d’une personne sous tutelle exige l’autorisation du juge des tutelles. C’est aussi le cas pour désigner ou changer un bénéficiaire et pour les rachats, considérés comme des actes de disposition. En revanche, désigner Gabriel bénéficiaire du contrat de sa mère ne demande rien : c’est le contrat de sa mère.
C. ass. art. L.132-4-1 · C. civ. art. 505 · C. civ. art. 501
Pourquoi c’est comme ça
Le tuteur représente la personne protégée dans les actes de la vie civile, mais les actes de disposition, ceux qui engagent le patrimoine de façon durable, requièrent l’autorisation du juge des contentieux de la protection. Le Code des assurances le précise pour l’assurance-vie : souscription, désignation et substitution de bénéficiaire, rachat. La demande au juge expose l’intérêt de l’acte pour la personne protégée : un contrat épargne handicap, par exemple. Le juge peut aussi autoriser une clause bénéficiaire désignée par le tuteur lui-même, si elle est dans l’intérêt du majeur.
Jusqu’où ça va
En curatelle, la personne protégée agit avec l’assistance du curateur, qui signe avec elle : pas d’autorisation du juge, mais une double signature. Sous habilitation familiale, la personne habilitée agit selon l’étendue de l’habilitation ; un acte à titre gratuit, comme la désignation d’un bénéficiaire, demande toutefois l’autorisation du juge. Un mandat de protection future, signé avant l’altération, peut prévoir les pouvoirs du mandataire sur l’assurance-vie, la désignation d’un bénéficiaire restant soumise à l’autorisation du juge. Désigner un enfant protégé comme bénéficiaire d’un contrat parent ne pose aucune condition, mais le capital versé à son décès sera géré par son tuteur, avec les mêmes autorisations.
Ce que ça coûte vraiment
Pour la mère de Gabriel, une requête au juge, avec le projet de contrat et son intérêt pour Gabriel, capital disponible ou rente, obtient l’autorisation. Pour son propre contrat, la clause bénéficiaire peut prévoir que le capital revenant à Gabriel sera versé sur un contrat épargne handicap à son nom, ou en rente : ce sont des précisions à écrire, avec l’assureur, pour que le capital ne réduise pas ses aides.
Quel outil permet cela ?
Sylvie veut donner un appartement à sa fille Camille, en situation de handicap, avec l’obligation de le conserver et de le transmettre, à son décès, à son frère Antoine.
Quel outil permet cela ?
- La donation graduelle : Camille conserve et transmet, Antoine reçoit ensuite
- Une donation simple avec une lettre de souhaits
- Un testament de Camille, qu’elle rédigera plus tard
Voir la réponseMasquer la réponse
La donation graduelle oblige Camille à conserver l’appartement et à le transmettre, à son décès, à Antoine. C’est Sylvie, la donatrice, qui désigne ce second gratifié. Camille dispose de l’appartement sa vie durant, sans pouvoir le vendre ni le donner. Antoine le reçoit de Sylvie, avec des droits calculés sur leur lien de parenté. La donation résiduelle est moins contraignante : elle oblige seulement à transmettre ce qui reste.
C. civ. art. 1048 · C. civ. art. 1049 · C. civ. art. 1051 · CGI art. 784 C
Pourquoi c’est comme ça
La libéralité graduelle, par donation ou testament, comporte une double charge pour le premier gratifié : conserver les biens et les transmettre à son décès au second gratifié, désigné dans l’acte. Le premier gratifié n’a donc qu’une propriété temporaire et indisponible ; il peut en user, l’habiter, la louer, mais ni la vendre ni l’hypothéquer. Le second gratifié, désigné dans l’acte, est réputé tenir le bien directement du disposant. Sur la réserve héréditaire, la charge ne peut porter que sur la quotité disponible, sauf si l’enfant réservataire y consent pour sa part de réserve, au profit de l’ensemble de ses enfants, nés et à naître. Fiscalement, les droits sont d’abord payés par le premier gratifié ; au second passage, Antoine paie selon son lien avec Sylvie, mère, avec imputation des droits déjà acquittés.
Jusqu’où ça va
La libéralité résiduelle assouplit le dispositif : le premier gratifié peut disposer des biens de son vivant, vendre, consommer, et seul ce qui subsiste à son décès va au second. Elle convient quand la personne handicapée pourra avoir besoin de vendre. La donation graduelle peut être combinée avec un mandat de protection future ou une tutelle, pour la gestion du bien pendant la vie de Camille, et avec une désignation d’Antoine comme second gratifié qui évite qu’à la mort de Camille, sans enfant, l’appartement ne remonte à Sylvie ou n’aille à ses frères et sœurs avec des droits de 35 à 45 %, et à des parents plus éloignés à 55 %.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Sylvie, l’appartement donné graduellement assure un toit à Camille, à vie, et sa transmission à Antoine à coût réduit. Si Camille devait un jour vendre pour financer un établissement, seule la résiduelle le lui permettrait, quitte à ce qu’il reste moins pour Antoine. Le notaire rédige la charge, et l’acceptation d’Antoine, second gratifié, n’est pas nécessaire au départ.
Les mots du thème
Ce qui est retenu sur le salaire brut, et payé en plus par l’employeur, pour financer la retraite, la maladie, le chômage. Elles ouvrent des droits ; ce n’est pas un impôt.
Un plan pour les moins de 21 ans résidant en France, investi sur les marchés, bloqué jusqu’à ses 18 ans et au moins cinq ans après l’ouverture, dont les gains échappent à l’impôt. Ouvert par les parents, il reçoit jusqu’à 22 950 € de versements en 2026.
Une garantie gratuite d’Action Logement qui peut remplacer la caution des parents pour louer un logement, si le propriétaire l’accepte. En cas d’impayé, elle paie le propriétaire, puis se fait rembourser par le locataire. Elle est ouverte aux moins de 31 ans et à certains salariés.