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Épargne & placements
3 guides, 5 situations types et 185 questions sur ce thème dans l’application.
À la une · PER ou assurance-vie : les questions à se poser avant de verserLes articles

PER ou assurance-vie : les questions à se poser avant de verser
Disponibilité, déduction, fiscalité de sortie et décès : PER et assurance-vie comparés sur un même effort d’épargne, chiffres en vigueur en 2026 à l’appui.
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Intérêts composés : ce que 200 € par mois deviennent en vingt ans
La formule expliquée sans jargon, l’effet du taux et de la durée, ce que l’inflation, les frais et l’impôt retirent selon l’enveloppe. À 2 %, 4 % et 6 %.
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Crédit lombard : emprunter sur son portefeuille plutôt que le vendre ?
Nantir une assurance-vie ou un compte-titres pour emprunter sans vendre : ce que la loi fixe, ce que la banque décide, et le coût du crédit face au rachat.
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Ce qui change en 2026 : 10 nouveautés
Chaque loi de finances déplace quelques curseurs. En 2026, ils touchent l’épargne, l’immobilier locatif, la création et la transmission…
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Notaire, CGP, banque, assureur, avocat, expert-comptable : chacun a un statut, des obligations et une façon d’être payé. Les connaître…
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Livret, PEA, assurance-vie, PER, compte-titres : chaque enveloppe a sa durée, sa fiscalité et son horizon. Sept repères pour savoir…
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Premier salaire, première épargne
On gagne sa vie depuis peu. Les livrets, le PEA, l’assurance-vie : tout le monde en parle, personne ne dit par quoi commencer.
Je reçois une somme d’un coup
Un héritage, la vente d’un bien, une indemnité, une prime : un montant qui n’a pas de rythme mensuel arrive sur le compte, et la question n’est pas où le placer d’abord, mais ce qu’il doit faire, et pour quand.
J’épargne pour dans vingt ans
L’argent dont on n’aura pas besoin avant longtemps dort sur un livret. Il pourrait travailler, sans qu’on sache combien de risque prendre ni dans quelle enveloppe.
J’ai une somme à placer jusqu’à une date
Un apport pour dans deux ans, des études qui commencent dans trois, une soulte à verser. La somme a une date : elle ne doit ni manquer ce jour-là, ni dormir jusque-là.
J’ai hérité, que faire de la somme ?
Une succession vient de laisser une somme inhabituelle. Tout le monde a un avis, la banque a un produit, et l’on ne veut ni la dilapider ni la laisser dormir.
Les questions et leurs réponses complètes
De combien son pouvoir d’achat a-t-il vraiment augmenté en un an ?
Josiane, 68 ans, veuve, garde 40 000 € sur le fonds en euros de son assurance-vie. Il lui a rapporté 2,5 % l’an dernier et elle en est contente : « au moins, ça ne bouge pas ». L’inflation, elle, a été de 2 %.
De combien son pouvoir d’achat a-t-il vraiment augmenté en un an ?
- D’à peine 0,5 % avant prélèvements, presque rien après
- De rien du tout : elle a perdu de l’argent
- De 2,5 % : c’est ce que l’assureur lui a versé
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Le fonds de Josiane affiche 2,5 %, mais l’inflation a pris 2 %. Il ne lui reste que 0,5 % de gain réel. Le rendement qui compte n’est pas celui du relevé, mais celui qui reste une fois l’inflation retirée. Son capital grossit sur le papier, mais il achète à peine plus qu’avant. Et c’est avant les prélèvements sociaux : après eux, il ne reste presque rien.
CGI art. 125-0 A
L’explication complète
Le rendement réel d’un placement est son rendement après impôts diminué de l’inflation ; sur un fonds en euros, les prélèvements sociaux sont retenus par l’assureur chaque année, au moment de l’inscription des intérêts, au taux de 17,2 %, maintenu pour l’assurance-vie en 2026 : 2,5 % bruts deviennent 2,07 % nets, et, l’inflation ayant été de 2 %, le gain de pouvoir d’achat réel est proche de zéro, un dixième de point à peine. La formule exacte divise un plus le rendement net par un plus l’inflation, ce qui donne le même ordre de grandeur. Le taux du fonds en euros est fixé chaque année par l’assureur, après frais de gestion, à partir du rendement de ses obligations et d’une réserve, la provision pour participation aux bénéfices, qu’il peut lisser sur huit ans.
Les exceptions
Certaines années, l’inflation dépasse le taux du fonds : en 2022 et 2023, avec 5,2 % puis 4,9 % d’inflation pour des fonds à 2 % puis 2,6 %, le pouvoir d’achat du capital a reculé d’environ 2,5 à 3,5 % par an, sans que le relevé ne le montre. L’inverse arrive aussi, avec une inflation sous 1 % comme en 2015 et 2016. Les taux bonifiés proposés aux nouveaux versements ne valent que pour une durée limitée, fixée par l’offre. L’impôt sur le revenu ne se paie qu’au rachat, sur les gains, à 7,5 % après huit ans sous 150 000 € de versements, après abattement de 4 600 €, ce qui n’affecte pas le rendement réel tant que Josiane ne retire pas. Le Livret A, exonéré, suit un taux calé en partie sur l’inflation.
Ce que ça change chez vous
Pour Josiane, 40 000 € à 2,5 % brut rapportent environ 830 € nets de prélèvements sociaux en 2026, quand 2 % d’inflation retirent 800 € de pouvoir d’achat au capital ; le gain réel se compte en dizaines d’euros pour l’année. Sur dix ans à ce rythme, son capital afficherait environ 49 100 € et achèterait ce que 40 300 € achètent aujourd’hui. Une part en unités de compte prudentes, ou un fonds en euros mieux rémunéré, sont ce qui fait bouger ce chiffre ; le fonds en euros protège le nominal, pas le pouvoir d’achat.
Quelle réserve de précaution retient-on en général avant de placer à long terme ?
Rachid, 34 ans, technicien salarié, vient de toucher une prime de 8 000 €. Il a 1 200 € sur son compte courant, aucun autre argent de côté, et dépense environ 2 000 € par mois. Il veut tout placer en actions « pour que ça travaille ».
Quelle réserve de précaution retient-on en général avant de placer à long terme ?
- Deux ans de dépenses : on ne sait jamais
- Six mois de dépenses, soit environ 12 000 €
- Un mois de salaire : le suivant arrive vite
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Avant de placer à long terme, le repère courant est une réserve disponible tout de suite, de trois à six mois de dépenses courantes. Pour Rachid, six mois, le haut de la fourchette, font 12 000 €. Sa prime et son compte courant n’y suffisent pas encore. Cette réserve ne sert pas à rapporter : elle sert à ne jamais être obligé de vendre au mauvais moment.
C. mon. fin. art. L.221-1 et s.
Pourquoi c’est comme ça
La réserve de précaution couvre les dépenses courantes pendant la période où un revenu peut manquer ou une dépense imprévue survenir : aucune loi n’en fixe le montant ; l’AMF indique de deux à six mois de revenus selon la situation, salarié, indépendant ou retraité, et la taille du foyer ; le repère courant se compte en dépenses, trois à six mois, davantage pour un revenu irrégulier : 2 000 € par mois pour Rachid, soit 12 000 € pour six mois. Elle se loge sur des supports sans risque, disponibles rapidement et sans frais : Livret A plafonné à 22 950 €, livret de développement durable et solidaire à 12 000 €, livret d’épargne populaire à 10 000 € pour un revenu fiscal sous 23 028 € pour une part en 2026, mieux rémunéré ; le fonds en euros d’une assurance-vie complète, avec un rachat réglé sous deux mois au plus et des gains fiscalisés.
Jusqu’où ça va
L’ordre habituel des priorités : rembourser d’abord les dettes dont le taux dépasse le rendement espéré, crédit renouvelable ou découvert ; constituer la réserve ; puis seulement investir à long terme ; une exception souvent citée, l’épargne salariale abondée par l’employeur, dont l’abondement s’obtient même avant que la réserve soit complète ; mais ces sommes restent bloquées cinq ans sur un plan d’épargne d’entreprise, jusqu’à la retraite sur un plan d’épargne retraite collectif, sauf cas de déblocage anticipé : même sur un support sans risque, elles ne font pas une réserve disponible. La réserve n’est pas figée : un salarié avec un conjoint en emploi stable peut la réduire à trois ou quatre mois. Une fois constituée, elle se reconstitue après chaque usage avant tout nouveau placement. Un versement programmé mensuel sur un plan d’épargne en actions ou une assurance-vie prend le relais, ce qui lisse le prix d’achat des actions.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Rachid, 8 000 € plus 1 200 € de compte courant font 9 200 € : la réserve de 12 000 € n’est pas atteinte. Il manque 2 800 € : à 300 € mis de côté par mois, s’il peut les dégager, dix mois. Ensuite seulement, l’épargne de long terme peut aller en actions, par exemple sur un plan d’épargne en actions. Placer la prime en actions maintenant l’exposerait à vendre en perte au premier imprévu, ce qui est la façon la plus sûre de perdre en bourse.
La banque va-t-elle suivre ?
Solène, 31 ans, et Bastien, 33 ans, gagnent 4 200 € net à deux. Ils visent un appartement avec une mensualité de 1 400 € sur 25 ans. Ils remboursent aussi une voiture, 250 € par mois. « Il nous restera 2 550 € pour vivre, c’est large », se disent-ils.
La banque va-t-elle suivre ?
- Difficilement : 39 % d’endettement, au-dessus des 35 %
- Oui : 2 550 € de reste à vivre, c’est confortable
- Oui, car le crédit auto n’entre pas dans le calcul
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Solène et Bastien remboursent 1 650 € de mensualités sur 4 200 € de revenus : 39 %, avant même l’assurance emprunteur. La banque calcule le taux d’endettement en additionnant toutes les mensualités de crédit, immobilier comme voiture. Elle les divise ensuite par les revenus nets. Depuis 2022, elle ne peut en principe pas dépasser 35 %. Les dossiers acceptés à 39 % comportent une mensualité plus basse, un apport plus fort, ou un crédit auto déjà soldé.
Décision HCSF D-HCSF-2021-7 du 29/09/2021 · C. mon. fin. art. L.631-2-1 · Code de la consommation
L’explication complète
Le taux d’effort retenu par les banques, sous la contrainte du HCSF depuis le 1er janvier 2022, est le rapport entre l’ensemble des charges annuelles d’emprunt, mensualités de tous les crédits en cours, assurance emprunteur comprise, et les revenus annuels nets avant impôt du foyer, loyers perçus retenus après la décote appliquée par la banque ; il ne peut dépasser 35 %, et la durée du crédit vingt-cinq ans, vingt-sept au total avec un différé d’au plus deux ans quand l’entrée dans le logement est décalée, achat sur plan, construction ou ancien avec des travaux d’au moins 10 % du coût de l’opération. Pour Solène et Bastien, 1 400 € plus environ 50 € d’assurance plus 250 € de voiture font 1 700 € sur 4 200 €, soit 40 %. Les banques peuvent déroger pour 20 % de leur production trimestrielle, cette marge étant réservée pour 70 % au moins à la résidence principale, dont 30 % au moins de la marge entière, et non des seuls 70 %, aux primo-accédants : 14 % et 6 % de la production, les 6 % restants étant libres.
Les exceptions
La dérogation relève de chaque banque, dans la marge de 20 % de sa production ; à 4 200 € de revenus, le reste à vivre de 2 500 € est correct, mais il ne lève pas à lui seul le plafond de 35 %. Les leviers, par ordre d’efficacité : solder le crédit auto, ce qui ramène le taux à 34,5 % ; allonger la durée, déjà au maximum ; augmenter l’apport pour réduire la mensualité à 1 150 €, taux de 34,5 % avec la voiture et l’assurance ; ou un prêt à taux zéro si primo-accédants, qui réduit le montant emprunté au taux du marché. Le HCSF exclut aussi du calcul la charge d’un prêt relais qui ne dépasse pas 80 % de la valeur nette du bien vendu, capital restant dû déduit. La règle vaut pour toutes les banques, et un courtier ne la contourne pas.
Ce que ça change chez vous
Pour Solène et Bastien, trois scénarios : solder le crédit de la voiture et passer à 34,5 % avec 50 € d’assurance, si le solde se paie sans augmenter le prêt ; emprunter 30 000 € de moins pour ramener la mensualité à 1 250 € et passer à 37 %, encore trop ; ou attendre une hausse de revenus à 4 900 € par mois. Pris sur l’apport, ce solde augmente d’autant le prêt : 10 000 € de plus sur 25 ans à 3,5 % ajoutent environ 50 € par mois, et le taux remonte vers 36 % ; l’assurance emprunteur se négocie en délégation pour gagner un demi-point de taux d’effort.
Leur patrimoine est-il aussi solide qu’il en a l’air ?
Colette, 61 ans, et Patrice, 64 ans, possèdent leur maison (450 000 €), deux studios loués (300 000 €) et 60 000 € sur des livrets. « Plus de 800 000 €, on est tranquilles », dit Patrice. Colette voudrait aider leur fille à hauteur de 40 000 € et pense déjà au coût d’une éventuelle maison de retraite.
Leur patrimoine est-il aussi solide qu’il en a l’air ?
- Oui, tant qu’ils restent sous le seuil de l’impôt sur la fortune immobilière
- Pas vraiment : 93 % en immobilier, presque rien de mobilisable rapidement
- Oui : la pierre ne baisse jamais vraiment
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Colette et Patrice ont 810 000 € de patrimoine, mais seulement 60 000 € disponibles. Le reste ne se débloque qu’en vendant un toit : 750 000 € sur 810 000 € sont dans des murs. Un patrimoine se juge aussi à ce qu’on peut en sortir en quelques semaines. Après l’aide de 40 000 € à leur fille, il ne resterait que 20 000 € disponibles : un besoin plus lourd, comme une maison de retraite au-delà de leurs revenus, obligerait à vendre un studio, dans l’urgence et pas forcément au bon prix.
CGI art. 964
L’explication complète
La liquidité d’un patrimoine se mesure à la part mobilisable en moins d’un mois sans pénalité de sortie : livrets, fonds en euros, comptes-titres vendus au cours du jour, gain ou perte compris, contre l’immobilier, qui demande du temps, des frais et des impôts pour être vendu ; un patrimoine surtout immobilier expose le ménage à un risque de liquidité : incapacité à faire face à un besoin imprévu sans vendre au mauvais moment. Colette et Patrice sont à 93 % d’immobilier, 7 % de disponible ; un besoin de 40 000 € pour leur fille absorbe les deux tiers de leur réserve, et un coût de maison de retraite d’environ 3 000 € par mois, proche des 3 100 € mensuels moyens d’une chambre non habilitée à l’aide sociale en 2024 selon la CNSA, 2 200 € en chambre habilitée, au-delà de leurs revenus, imposerait la vente d’un studio en quelques mois.
Les exceptions
Tirer de l’argent d’un bien sans le vendre est possible : un prêt hypothécaire sur un studio, à 60 ans, sur dix à quinze ans ; un prêt viager hypothécaire sur la maison, capital et intérêts remboursés au décès du dernier des deux, dans la limite de la valeur de la maison, ou plus tôt si elle est vendue ou démembrée ; une vente en nue-propriété de la maison avec réserve d’usufruit, qui donne comptant une partie de sa valeur tout en y restant ; ou la vente d’un studio, 150 000 € si les deux se valent, moins les frais d’agence et la plus-value, taxée à 36,2 % en 2026 après abattements pour durée de détention : le produit net dépend du prix et de la date d’achat, 130 000 € dans l’illustration qui suit. Le viager occupé donne un bouquet et une rente. Chacune coûte des intérêts ou une décote ; aucune n’est gratuite.
Ce que ça change chez vous
Pour Colette et Patrice, vendre un studio maintenant, hors urgence et au prix, avec 130 000 € nets, porte le disponible à environ 190 000 € et l’immobilier à 76 % ; après l’aide à leur fille, 40 000 €, il reste 150 000 €, soit environ quatre ans de maison de retraite à 3 000 € par mois pour l’un des deux, avant leurs revenus et les aides éventuelles ; le loyer perdu, 7 000 € par an, se compare aux 2,6 % servis en moyenne par les fonds en euros en 2025, avant prélèvements sociaux, environ 3 400 € sur 130 000 €, moins la tranquillité. Attendre de vendre dans l’urgence coûte une décote et un délai qu’une maison de retraite n’accorde pas.
Combien aura-t-elle à l’arrivée, avant impôts ?
Fatou, 27 ans, ingénieure célibataire, gagne 60 000 € par an. Elle décide de mettre de côté 20 % de ses revenus, soit 12 000 € par an, placés à 3 % par an en moyenne, frais déduits, sans y toucher jusqu’à la retraite, dans quarante ans. Elle calcule : 40 × 12 000 = 480 000 €.
Combien aura-t-elle à l’arrivée, avant impôts ?
- Autour de 600 000 €, avec les intérêts
- Entre 800 000 € et 1 million d’euros
- 480 000 €, ce qu’elle aura versé
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Fatou aura environ 905 000 €, près du double de ce qu’elle a versé. Quand les gains d’une année sont réinvestis, ils produisent à leur tour des gains l’année suivante. C’est l’effet des intérêts composés. À 3 % par an pendant quarante ans, ses 480 000 € d’apports rapportent près de 425 000 € d’intérêts. C’est presque autant que les versements eux-mêmes, à condition que ce rendement moyen tienne sur toute la durée.
L’explication complète
Des versements réguliers placés à un taux constant produisent un capital égal au versement annuel multiplié par le facteur d’accumulation, un plus le taux élevé à la puissance du nombre d’années, moins un, le tout divisé par le taux ; à 3 % sur quarante ans, ce facteur vaut 75,4 : 12 000 € par an donnent 905 000 €, dont 480 000 € de versements et 425 000 € d’intérêts. Les dix premières années de versements, 120 000 €, pèsent à elles seules environ 335 000 € à l’arrivée, parce qu’elles ont eu trente à quarante ans pour composer ; les dix dernières, 120 000 € aussi, n’en pèsent que 140 000 €. À 2 %, le capital final tombe à 725 000 € ; à 4 %, il monte à 1 140 000 € ; à 5 %, à 1 450 000 €. Un point de rendement vaut 235 000 € sur cette durée.
Les exceptions
Avec 2 % d’inflation par an, 905 000 € dans quarante ans vaudront ce que 410 000 € valent aujourd’hui : le rendement réel de 1 % net d’inflation explique que le pouvoir d’achat ne double pas comme le nominal ; un rendement de 3 % net d’inflation, un niveau que les actions ont dépassé en moyenne sur de longues périodes, sans garantie pour l’avenir, donne 905 000 € en pouvoir d’achat actuel, si les versements suivent l’inflation ; à 12 000 € fixes chaque année, ce serait environ 666 000 €. Sur quarante ans, l’enveloppe compte autant que le taux : un plan d’épargne en actions exonéré d’impôt sur le revenu après cinq ans, une assurance-vie allégée après huit ans, un plan d’épargne retraite avec déduction des versements ; les frais annuels, 0,5 % ou 2 %, changent le résultat de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Ce que ça change chez vous
Pour Fatou, 1 000 € par mois peuvent se loger de plusieurs façons : un plan d’épargne en actions jusqu’à 150 000 € de versements, une assurance-vie à frais réduits, un plan d’épargne retraite dont la déduction vaut d’autant plus que sa tranche est haute, 30 % aujourd’hui pour une célibataire à ce salaire, dans la limite du plafond de déduction. Le choix tient aussi à sa tolérance aux pertes et à son besoin de disponibilité. À 5 % brut, 4,5 % net de frais faibles, environ 1 280 000 € ; à 3 % net après 2 % de frais, 905 000 €. Commencer à 27 ans plutôt qu’à 37 vaut environ 335 000 € à l’arrivée à 3 % net, 550 000 € à 4,5 % net : du même ordre que l’écart dû aux frais.
Dans son contrat, qu’est-ce qui est réellement garanti ?
Marguerite, 58 ans, a 120 000 € sur un contrat d’assurance-vie « multisupport » : 40 % sur le fonds en euros, 60 % sur des unités de compte. Pour elle, « c’est une assurance, donc c’est garanti ».
Dans son contrat, qu’est-ce qui est réellement garanti ?
- Rien : un contrat multisupport est un placement boursier
- Tout : c’est un assureur, il garantit le capital
- Seulement les 48 000 € placés sur le fonds en euros
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Dans le contrat de Marguerite, seuls 48 000 € sur 120 000 € sont garantis. Les 72 000 € restants montent et descendent avec les marchés. Dans une assurance-vie, c’est le fonds en euros qui garantit le capital, net des frais. Ce qu’on y a investi ne peut, en principe, pas baisser. Les unités de compte sont des parts de fonds (actions, obligations, immobilier) dont la valeur fluctue. L’assureur garantit le nombre de parts, pas leur prix. Le mot « assurance » désigne le cadre juridique du contrat, pas une protection contre les pertes.
Règlement PRIIPS n°1286/2014 · C. ass. art. L.131-1
L’explication complète
Dans un contrat multisupport, l’assureur garantit sur le fonds en euros le capital net de frais et les intérêts déjà attribués, définitivement acquis par l’effet de cliquet, la valeur ne pouvant en principe que monter ; sur les unités de compte, l’engagement porte sur le nombre d’unités et non sur leur valeur, l’assuré supportant seul le risque de placement, ce que l’article L. 131-1 du Code des assurances énonce et que le document d’informations clés de chaque support détaille avec un indicateur de risque de 1 à 7. Marguerite détient donc 48 000 € garantis et 72 000 € qui suivent les marchés : une baisse de 20 % des unités de compte ramènerait le contrat à 105 600 €, une hausse de 20 % le porterait à 134 400 €.
Les exceptions
Certains fonds en euros récents ne garantissent le capital que brut des frais de gestion, ou seulement en partie, les frais pouvant l’entamer une année sans rendement ; les contrats eurocroissance ne garantissent tout ou partie du capital qu’à une échéance de huit ans ou plus. Si l’assureur faisait faillite, le fonds de garantie des assurances de personnes indemnise jusqu’à 70 000 € par assuré et par assureur, tous contrats confondus, fonds en euros et unités de compte ; au-delà, l’assuré est créancier. Les options du contrat permettent de sécuriser les gains, en transférant automatiquement vers le fonds en euros au-delà d’un seuil, ou de garantir un capital minimal aux bénéficiaires en cas de décès, garantie plancher facturée à part. Le mot assurance désigne le cadre juridique du contrat, pas une protection contre les marchés.
Ce que ça change chez vous
Pour Marguerite, à 58 ans, 60 % en unités de compte est une exposition qui peut être réduite à l’approche de la retraite, par exemple à 40 %, en arbitrant sans frais fiscaux à l’intérieur du contrat ; une baisse de 30 % des marchés, seuil dépassé par l’indice MSCI World d’octobre 2007 à mars 2009, coûterait 21 600 € sur sa répartition actuelle, 14 400 € à 40 %. Sur 120 000 € chez un seul assureur, 50 000 € dépassent le plafond du fonds de garantie ; répartir entre deux assureurs l’efface. La répartition se relit sur le relevé annuel, ligne par ligne.
Que risquent-ils ?
Hakim, 36 ans, et Ludivine, 34 ans, ont réuni 40 000 € d’apport pour acheter un appartement dans dix-huit mois. Un collègue leur vante un fonds d’actions mondiales « qui fait 7 % par an en moyenne, c’est bête de laisser dormir l’argent ».
Que risquent-ils ?
- Rien : sur le long terme, les actions gagnent toujours
- Rien, s’ils n’en placent que la moitié
- De voir l’apport fondre juste avant l’achat
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Les 7 % par an sont une hypothèse de moyenne sur longue période. Dans dix-huit mois, ce peut être −30 % le jour de la signature. L’argent d’un projet à moins de trois ans n’a pas le temps d’absorber une mauvaise année de bourse. Si le marché chute de 30 % six mois avant l’achat, l’apport n’est plus là et le projet tombe. Sur un horizon court, la sécurité et la disponibilité s’obtiennent en renonçant au rendement : livrets réglementés, fonds en euros, compte à terme court.
Directive MIF II (adéquation)
Pourquoi c’est comme ça
Les actions mondiales ont perdu 57 % d’octobre 2007 à mars 2009, selon l’indice MSCI World en dollars, dividendes réinvestis, avec plusieurs années pour retrouver leur niveau, et 17,7 % sur la seule année 2022 ; le passé ne garantit rien pour l’avenir. Le rendement moyen de 7 % est une hypothèse de longue période ; à dix-huit mois, avec 15 % de volatilité, la probabilité d’être en perte est d’environ 30 % sous l’hypothèse d’une loi normale.
Jusqu’où ça va
Pour un apport à dix-huit mois, les supports garantis rapportent 1,7 % sur le Livret A et le LDDS depuis le 1ᵉʳ août 2026, exonérés, un taux fixé à la souscription sur un compte à terme, avant flat tax de 31,4 %, 2,6 % en moyenne en 2025 sur un fonds en euros avant prélèvements sociaux et impôt sur les gains, avec des frais d’entrée à vérifier ; le LEP à 2,5 % si leurs revenus le permettent. Un apport qui fond change le prêt : la banque peut exiger un apport qui couvre au moins les frais d’acquisition, et un apport réduit augmente le montant emprunté, le taux d’effort et parfois le taux. Le collègue a raison sur la moyenne et tort sur l’horizon : c’est la durée qui rend le rendement probable.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Hakim et Ludivine, 40 000 € sur des livrets réglementés, s’il leur reste de la place, près de 70 000 € de plafonds à deux en 2026, donneraient environ 1 000 € de gains en dix-huit mois ; un compte à terme se compare sur son taux et ses conditions de sortie. En actions, l’espoir de 4 000 € s’accompagne d’un risque de perdre 12 000 € ; une baisse de 30 % six mois avant l’achat les obligerait à emprunter 12 000 € de plus, ou à renoncer. Après l’achat, l’épargne de long terme, elle, aura toute sa place en actions ; ce n’est pas le placement qui est mauvais, c’est la date.
À 7 % par an pendant vingt ans, combien lui restera-t-il après impôt dans chaque enveloppe ?
Étienne, 35 ans, a 100 000 € à placer en actions pour sa retraite, dans vingt ans. Il gardera ses titres sans y toucher, puis vendra tout. Son banquier lui ouvre un compte-titres ordinaire. Un ami lui parle du plan d’épargne en actions, « mais c’est pareil, ce sont les mêmes actions ».
À 7 % par an pendant vingt ans, combien lui restera-t-il après impôt dans chaque enveloppe ?
- Environ 334 000 € dans le plan d’épargne en actions, contre 297 000 € sur le compte-titres
- Davantage sur le compte-titres : ni plafond ni blocage
- Autant dans les deux : les actions sont les mêmes, l’impôt aussi
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Mêmes actions, même durée : l’enveloppe seule crée environ 37 000 € d’écart. À 7 % par an, les 100 000 € d’Étienne deviennent environ 387 000 € en vingt ans, dont 287 000 € de gains. Sur un compte-titres ordinaire, ces gains sont taxés à 31,4 % à la vente, taux de 2026 : il reste environ 297 000 €. Dans un plan d’épargne en actions de plus de cinq ans, il n’y a pas d’impôt sur le revenu. Seuls les 18,6 % de prélèvements sociaux s’appliquent : il reste environ 334 000 €. L’écart se creuse si l’on vend et rachète en route : sur le compte-titres, chaque vente avec un gain est taxée l’année même.
C. mon. fin. art. L.221-30 et s. · CGI art. 150-0 A · CGI art. 200 A
Le détail du calcul
Le compte-titres ordinaire impose le gain de chaque cession l’année où elle a lieu, au prélèvement forfaitaire unique, 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026, ou sur option globale annuelle au barème progressif avec, pour les titres acquis avant 2018, un abattement de 50 % après deux ans et 65 % après huit ans, et une CSG déductible de 6,8 points ; les dividendes y sont taxés chaque année au même prélèvement, ce qui ampute le réinvestissement. Le plan d’épargne en actions reporte toute imposition au retrait : dividendes et cessions internes s’y accumulent en franchise, et, passé le cinquième anniversaire, un retrait ne supporte que les prélèvements sociaux, avec un plan qui reste ouvert pour les retraits partiels ; avant cinq ans, un retrait clôt le plan, sauf exceptions (licenciement, invalidité, retraite anticipée, création d’entreprise), et le gain supporte le prélèvement forfaitaire, hors le retrait affecté dans les trois mois à la création ou la reprise d’une entreprise, exonéré d’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant dus. Sur vingt ans à 7 %, l’écart d’impôt équivaut à environ 0,6 point de rendement annuel.
Les conditions à remplir
Le plan est plafonné à 150 000 € de versements, 225 000 € avec un PEA-PME, un par personne, deux par couple ; il n’accepte que les actions de sociétés de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, et les fonds investis à 75 % au moins dans ces titres, ce qui inclut des fonds indiciels mondiaux à réplication synthétique ; l’écart se creuse en cas d’arbitrages, chaque vente au compte-titres étant taxée l’année même, alors qu’au PEA les gains réinvestis continuent de composer sans frottement. Au décès, le PEA est clôturé, ses gains supportent les prélèvements sociaux, et les titres entrent dans la succession à leur valeur ; au compte-titres, la plus-value latente est effacée pour les héritiers. Un départ hors de France conserve le PEA sauf État non coopératif.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Étienne, sous les hypothèses du calcul, le PEA garde davantage que le compte-titres : sur vingt ans sans arbitrage, 334 000 € au lieu de 297 000 €, et l’écart se creuse avec des rééquilibrages. Au-delà de 150 000 € de versements, l’assurance-vie offre 7,5 % d’impôt après huit ans sous 150 000 € de versements. Sa disponibilité et ses projets de transmission comptent aussi. Le banquier qui a ouvert un compte-titres n’a pas menti sur les actions ; il a omis l’enveloppe.
Au bout de vingt ans, quel écart entre les deux contrats ?
Aurélie, 40 ans, hésite entre deux contrats pour placer 100 000 € pendant vingt ans : l’un prélève 0,5 % de frais par an, l’autre 2 % « avec gestion pilotée ». « 1,5 % d’écart, ce n’est pas ça qui change ma vie », pense-t-elle. Les deux visent 7 % brut par an.
Au bout de vingt ans, quel écart entre les deux contrats ?
- 1,5 % de moins : marginal sur la durée
- Près de 90 000 € de moins, un quart du capital
- Autour de 15 000 € de moins, à peine plus
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Un écart de 1,5 % par an n’a l’air de rien. Sur vingt ans, c’est pourtant un quart du capital qui part en frais. Les frais se comportent exactement comme les intérêts : ils se composent. À 6,5 % net de frais, 100 000 € deviennent environ 352 000 € en vingt ans. À 5 % net, ils deviennent environ 265 000 €. L’écart de 87 000 € n’apparaît sur aucun relevé. C’est de l’argent jamais gagné, parce que chaque année le capital qui travaillait était un peu plus petit.
Pourquoi c’est comme ça
Les frais annuels réduisent le taux auquel le capital compose : à 7 % brut moins 0,5 %, 6,5 % net, 100 000 € deviennent 352 400 € en vingt ans ; à 7 % moins 2 %, 5 % net, 265 300 € ; l’écart de 87 000 € représente 25 % du capital le plus élevé, et dépasse de loin la somme brute des frais prélevés, parce que chaque euro de frais retiré une année manque pour composer toutes les années suivantes. Sur trente ans, le même écart atteint 230 000 € sur 660 000 €. Les frais d’un contrat s’empilent : frais sur versements, plafonnés par la loi à 5 % des versements de l’année, frais de gestion du contrat, frais des fonds eux-mêmes, indiqués dans leur document d’informations clés, frais de gestion pilotée, frais d’arbitrage.
Jusqu’où ça va
Depuis juin 2022, les assureurs et distributeurs publient en ligne un tableau standardisé des frais par catégorie, et le document d’informations clés de chaque fonds indique ses frais courants et leur impact sur le rendement ; le total, contrat plus fonds, se compare d’un contrat à l’autre. Pour que la gestion pilotée à 2 % égale la gestion libre à 0,5 %, elle doit rapporter 1,5 point de plus par an, chaque année, pendant vingt ans. Le transfert d’un contrat vers un autre est possible chez le même assureur depuis 2019, pas entre assureurs.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Aurélie, 87 000 € d’écart à vingt ans, soit 4 350 € par an en moyenne : le contrat à 0,5 % avec une allocation simple, par exemple 60 % en fonds indiciel mondial et 40 % en fonds en euros, rééquilibrée une fois par an, est l’alternative à la gestion pilotée. Si son contrat actuel prélève 2 %, le racheter après huit ans pour rouvrir ailleurs coûte l’impôt sur les gains, 7,5 % après l’abattement annuel, 4 600 € pour une personne seule, ou 12,8 % pour la part des gains liée aux versements au-delà de 150 000 € sur l’ensemble de ses contrats, et 17,2 % de prélèvements sociaux, taux de 2026, sur les gains des unités de compte ; avant huit ans, le calcul se fait ligne à ligne.
Que s’est-il passé ?
Gérard, 66 ans, jeune retraité, avait placé 50 000 € sur un fonds d’obligations d’État « pour la sécurité », à une époque où les taux étaient proches de zéro. Les taux ont depuis remonté autour de 3,8 %. Sa ligne affiche −12 %. « Des obligations d’État, ça ne peut pas perdre ! »
Que s’est-il passé ?
- Des États n’ont pas remboursé leurs emprunts
- Les frais du fonds ont absorbé les intérêts
- Les taux ont monté : ses anciennes obligations valent moins
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Quand les taux montent, le prix des anciennes obligations baisse. Elles sont sûres à l’échéance, pas en chemin. Une obligation est un prêt à taux fixe. Si les nouveaux prêts rapportent 3,8 %, personne ne rachète au même prix un titre qui verse 0,5 %. Son prix baisse jusqu’à ce que son rendement rattrape le marché. Rien n’a fait défaut : c’est la valeur de revente qui a bougé. Celui qui garde son titre jusqu’au bout récupère son nominal, la somme prêtée à l’émission, et ses coupons, sauf défaut de l’émetteur.
C. mon. fin. art. L.213-5 · CGI art. 125-0 A
Pourquoi c’est comme ça
Le prix d’une obligation est la somme actualisée de ses coupons et de son remboursement, au taux exigé par le marché pour une durée et un émetteur comparables : quand ce taux passe de 0,5 % à 3,8 %, une obligation à dix ans qui verse 0,5 % perd plus d’un quart de sa valeur, parce qu’un acheteur exige aujourd’hui 3,8 % et ne paie le titre que le prix qui lui donne ce rendement. La sensibilité résume cet effet : proche de la durée restante, elle vaut environ 7 pour un portefeuille d’obligations d’État de maturité moyenne huit ans, ce qui signifie 7 % de baisse par point de hausse des taux ; une hausse de 3 points explique une baisse d’environ 20 % au moment où les taux montent ; les coupons encaissés depuis et le renouvellement des titres à des taux plus élevés en ont rattrapé une partie, selon la date d’achat de Gérard, dont la ligne n’affiche plus que 12 % de baisse.
Jusqu’où ça va
Une obligation détenue en direct jusqu’à l’échéance rend son nominal, sauf défaut de l’émetteur ; pour qui l’a payée ce nominal, la baisse de cours n’est qu’une perte temporaire, mais un titre acheté au-dessus du pair ne rend pas tout son prix ; un fonds obligataire n’a pas d’échéance, il vend et achète des titres en permanence et remplace peu à peu les anciens à 0,5 % par des nouveaux à 3,8 %, de sorte que son rendement courant remonte : un fonds qui affiche aujourd’hui 3,5 % de rendement à l’échéance moyen et une sensibilité de 7 récupère sa baisse en trois à quatre ans si les taux restent stables, plus vite s’ils baissent, plus lentement s’ils montent encore. Les fonds à échéance, qui portent leurs titres jusqu’au terme, et les fonds monétaires, sans sensibilité, sont les alternatives pour qui refuse cette variation. La garantie de l’État porte sur le remboursement, pas sur le prix.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Gérard, vendre maintenant fixe une perte de 6 000 € ; si le fonds rapporte 3,5 % à 3,8 % par an, son rendement actuel sans garantie, la perte se comble en trois ans et demi à quatre ans environ, sauf nouvelle hausse des taux ou défaut d’un émetteur ; un fonds à échéance 2030 viserait un rendement voisin, sans garantie, avec une date de sortie connue. Basculer vers le fonds en euros de son assurance-vie fige aussi la perte, avec un rendement moyen de 2,63 % en 2025 selon l’ACPR, au lieu de 3,5 %. Le mot sécurisé s’appliquait au capital à l’échéance ; c’est la seule chose que les obligations d’État ont promise.
Doit-il déclarer quelque chose au fisc ?
Kevin, 26 ans, a acheté pour 2 000 € de bitcoin sur une plateforme étrangère et les a revendus 6 000 € en euros, toujours sur la plateforme. Il n’a rien rapatrié sur son compte bancaire. « Tant que ça reste là-bas, ça ne regarde personne. »
Doit-il déclarer quelque chose au fisc ?
- Oui, mais seulement le jour où l’argent revient sur son compte en banque
- Non : en dessous de 10 000 € et sans retrait, rien à déclarer
- Oui : 31,4 % sur le gain, et le compte à l’étranger à déclarer même sans retrait
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L’impôt naît dès que Kevin vend ses cryptomonnaies contre des euros, même sans retrait. Peu importe où l’argent se trouve ensuite. Son gain de 4 000 € est soumis à la « flat tax » de 31,4 % en 2026. En plus, tout compte d’actifs numériques ouvert à l’étranger doit être signalé chaque année dans la déclaration de revenus, plein ou vide.
CGI art. 150 VH bis · C. mon. fin. art. L.54-10-1 · Règlement MiCA UE 2023/1114
Le détail du calcul
La plus-value sur actifs numériques est égale au prix de cession diminué du produit du prix total d’acquisition de l’ensemble du portefeuille par le quotient du prix de cession sur la valeur globale du portefeuille au jour de la cession ; pour un portefeuille réduit aux seuls bitcoins de Kevin, 6 000 moins 2 000, soit 4 000 €, mais s’il détenait d’autres cryptomonnaies, le prix d’acquisition retenu serait une fraction du prix d’achat de tout son portefeuille : avec 8 000 € d’autres jetons achetés et valant 8 000 €, 6 000 moins 10 000 × 6 000 / 14 000, soit un gain d’environ 1 714 €. Le fait générateur est la cession contre une monnaie ayant cours légal, ou contre un bien ou un service ; l’échange d’une cryptomonnaie contre une autre, stablecoins compris, sans soulte, est en sursis d’imposition. Le taux est, en 2026, de 12,8 % plus 18,6 %, soit 31,4 %, ou le barème sur option annuelle.
Les conditions à remplir
Le gain se déclare sur le formulaire 2086, opération par opération, avec report sur la 2042-C ; les cessions dont le total annuel n’excède pas 305 € sont exonérées, mais se déclarent quand même. Tout compte d’actifs numériques ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger se déclare sur le formulaire 3916-bis chaque année, sous peine de 750 € d’amende par compte non déclaré, 1 500 € si la valeur dépasse 50 000 €, et le délai de reprise passe de trois à dix ans. Sous la directive DAC 8, les plateformes collectent depuis le 1er janvier 2026 les données de leurs clients, transmises à l’administration à partir de 2027. Les moins-values de l’année s’imputent sur les plus-values de même nature de la même année seulement, sans report.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Kevin, 4 000 € de gain, environ 1 250 € d’impôt et prélèvements à 31,4 % en 2026, ou moins sur option pour le barème s’il reste non imposable, plus-value comprise ; dans la tranche à 11 %, la décote, qui couvre toute cette tranche pour une personne seule, rend au contraire le barème plus coûteux que le forfait ; et le formulaire 3916-bis pour sa plateforme, sous peine de 750 €. Ne rien déclarer expose, en cas de contrôle sur dix ans, à l’impôt, aux intérêts de retard et à 80 % de majoration, sur des données que la plateforme aura transmises. Garder ses bitcoins sans les vendre en euros n’aurait rien déclenché ; c’est la vente qui a créé l’impôt.
Quel impôt sur cette vente ?
Mireille, 72 ans, vend pour 20 000 € de pièces d’or napoléon héritées de son père il y a trente ans. Aucune facture, aucune trace du prix d’origine ni de la déclaration de succession. « C’est un héritage, je n’ai rien gagné dessus », dit-elle au comptoir.
Quel impôt sur cette vente ?
- 11,5 % du prix de vente, soit 2 300 €, même sans aucune plus-value
- Aucun : l’or hérité est déjà passé par la succession
- 31,4 % sur la plus-value depuis l’achat par son père
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Sans facture, le fisc ne regarde pas le gain. La vente d’or physique par un particulier supporte par défaut une taxe forfaitaire de 11,5 % du prix de vente total, plus-value ou pas. On peut choisir d’être imposé sur la vraie plus-value, mais il faut alors prouver la date et le prix d’achat, ou une détention de plus de vingt-deux ans par un écrit qui identifie les pièces. Sans justificatif, comme Mireille, le forfait s’applique : 2 300 € sur 20 000 €.
CGI art. 150 VI à 150 VM
Le détail du calcul
Les cessions de métaux précieux par les particuliers sont soumises à une taxe forfaitaire de 11 % du prix de cession, à laquelle s’ajoute la contribution au remboursement de la dette sociale de 0,5 %, soit 11,5 %, acquittée par l’intermédiaire ou l’acheteur professionnel avec sa déclaration de TVA, ou par le vendeur dans le mois de la vente dans les autres cas, sans que la plus-value réelle soit prise en compte ; le vendeur peut opter pour le régime des plus-values sur biens meubles, à condition de justifier la date et le prix d’acquisition, ou la date et la valeur d’entrée dans son patrimoine pour un bien reçu par succession ou donation : la plus-value est alors taxée, en 2026, à 19 % plus 17,2 %, après un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, soit une exonération totale après vingt-deux ans de détention.
Les conditions à remplir
Pour un héritage, la déclaration de succession qui mentionne les pièces et leur valeur vaut justificatif, comme un acte de donation ou un inventaire notarié ; à défaut, une facture au nom du père ou un relevé de coffre daté peuvent être admis, l’article 150 VL du CGI exigeant de justifier la date et le prix d’acquisition, ou une détention de plus de vingt-deux ans par tout écrit, le témoignage étant exclu ; dans les deux cas, l’administration exige que les pièces vendues soient identifiables, numéro, scellé ou compte de dépôt, une mention générique de napoléons ne suffisant pas, condition appréciée strictement. Mireille détient les pièces depuis trente ans : avec un justificatif, l’option lui donne une exonération totale, quel que soit le gain, puisque plus de vingt-deux ans se sont écoulés ; sans justificatif, 2 300 €. La vente à un professionnel, comptoir ou banque, déclenche le prélèvement à la source ; une vente entre particuliers impose au vendeur de déclarer et payer lui-même sous un mois, avec la même règle.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Mireille, retrouver la déclaration de succession de son père, chez un notaire de l’époque, qui la conserve, ou aux archives du service des impôts : si elle identifie les napoléons de façon à les rattacher aux pièces vendues, la vente est exonérée en totalité, 2 300 € gagnés, sur option au comptoir avec le formulaire 2092 ; si les pièces n’y figurent pas ou n’y sont pas identifiées, le forfait de 11,5 % s’applique, mais reste modeste par rapport à un gain de trente ans. Pour toute vente future d’or, la facture d’achat à conserver est ce qui décide du régime.
Si elle demande à revendre dans deux ans, en combien de temps aura-t-elle ses fonds ?
Béatrice, 55 ans, vient de placer 50 000 € en parts de SCPI de bureaux et commerces, séduite par des revenus trimestriels. Elle pense pouvoir « récupérer son argent quand elle veut, comme sur un livret ». Dans deux ans, elle en aura peut-être besoin pour aider son fils.
Si elle demande à revendre dans deux ans, en combien de temps aura-t-elle ses fonds ?
- Plusieurs mois ou plus, sans délai garanti
- Sous 48 heures, comme un livret
- En quelques jours, comme une action en bourse
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Avec une SCPI, Béatrice devient associée d’une société qui possède des immeubles. On en sort quand un autre épargnant veut y entrer, pas quand on le décide. Pour ressortir, il faut qu’un autre épargnant rachète ses parts ou que la société les reprenne. Selon l’AMF, cela peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et davantage quand les vendeurs sont nombreux. Ce n’est ni un livret ni une action cotée : c’est de l’immobilier, avec sa lenteur.
C. mon. fin. art. L.214-93 · L.214-114 · CGI art. 964
Pourquoi c’est comme ça
Dans une SCPI à capital variable, l’associé qui veut sortir dépose une demande de retrait auprès de la société de gestion ; elle est satisfaite dans l’ordre chronologique par les souscriptions nouvelles, au prix de retrait, soit le prix de souscription diminué de la commission, environ 10 % ; si les souscriptions ne suffisent pas, les demandes s’accumulent et la société peut activer un fonds de remboursement ou vendre des immeubles ; lorsque les demandes de retrait en attente depuis douze mois atteignent 10 % des parts, elle doit informer l’AMF sans délai, puis convoquer dans les deux mois une assemblée extraordinaire, à qui elle propose la vente d’une partie ou de la totalité du patrimoine, ou toute autre mesure. Dans une SCPI à capital fixe, la sortie passe par un marché secondaire organisé, par confrontation périodique des ordres, avec un prix qui s’ajuste, parfois avec décote, et des droits d’enregistrement de 5 %.
Jusqu’où ça va
Les parts détenues dans une assurance-vie sont rachetées par l’assureur selon les conditions du contrat, au prix de frais de gestion du contrat. En direct, les loyers des immeubles français, l’essentiel d’un taux de distribution de 4,92 % en moyenne en 2025 selon l’ASPIM, sont des revenus fonciers imposés au barème plus 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026 ; les intérêts de trésorerie, les plus-values distribuées et les loyers d’immeubles étrangers suivent chacun leurs règles, détaillées sur le relevé fiscal de la société de gestion.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Béatrice, une demande de retrait dans deux ans, si elle est servie, se réglera à un prix de retrait inférieur d’environ 10 % au prix payé : sur 50 000 €, environ 45 000 € récupérés, moins une éventuelle baisse de valeur, plus environ 4 000 € de revenus sur deux ans au taux moyen de 2025, les premiers mois de délai de jouissance ne rapportant rien. L’aide à son fils dans deux ans se prépare avec une autre poche, livrets ou fonds en euros ; les parts de SCPI, elles, se gardent dix ans ou se logent dans une assurance-vie pour être vendables.
Ce contrat lui fera-t-il payer moins d’impôts ?
Abdel, 52 ans, chirurgien, se voit proposer par un intermédiaire une assurance-vie luxembourgeoise pour ses 600 000 € d’épargne : « au Luxembourg, vous paierez moins d’impôts ». Il vit et travaille à Lyon.
Ce contrat lui fera-t-il payer moins d’impôts ?
- Oui, mais seulement au-delà de 250 000 € de versements
- Oui : la fiscalité luxembourgeoise est plus douce
- Non : pour un résident français, la fiscalité est la même
Voir la réponseMasquer la réponse
Le Luxembourg ne fait pas économiser un euro d’impôt à un Lyonnais. Pour Abdel, c’est la fiscalité française qui s’applique, à l’identique d’un contrat souscrit à Lyon. Au décès aussi, l’article 990 I le vise comme un contrat souscrit à Lyon. Vendre ce contrat comme un avantage fiscal est simplement faux.
CGI art. 990 I · CGI art. 757 B · Code des assurances
L’explication complète
Un contrat d’assurance-vie souscrit au Luxembourg par un résident fiscal de France ne change rien à son imposition : les gains rachetés sont imposés en France comme ceux d’un contrat français, 7,5 % ou 12,8 % selon l’ancienneté et les montants, avec l’abattement annuel après huit ans, réservé aux contrats d’assureurs établis dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, ce qui est le cas du Luxembourg. Au décès, les articles 990 I et 757 B s’appliquent comme pour un contrat français. Le fonds de garantie des assurances de personnes, lui, ne couvre que les assureurs agréés en France, à 70 000 € par assuré et par assureur.
Les exceptions
Le résident français déclare chaque année le contrat sur le formulaire 3916, avec les références, sous peine de 1 500 € d’amende par contrat non déclaré, 10 000 € si le pays n’a pas de convention, et d’un délai de reprise de dix ans ; les versements passés par un contrat non déclaré sont présumés, sauf preuve contraire, des revenus imposables. Lors d’un rachat, l’impôt et les prélèvements sociaux sur les gains se déclarent et se paient sur le formulaire 2778 dans les quinze premiers jours du mois qui suit l’encaissement, sauf mandat donné à l’assureur européen pour le faire, puis les gains se reportent sur la déclaration de revenus. Les avantages mis en avant tiennent aux supports : une gestion sur mesure, des titres en direct, des devises étrangères. Les frais de gestion peuvent être supérieurs à ceux d’un contrat français.
Ce que ça change chez vous
Pour Abdel, 600 000 € sur un contrat luxembourgeois : la même fiscalité qu’à Lyon, une gestion dédiée possible, des frais à comparer, une déclaration 3916 chaque printemps, et, à chaque rachat, une déclaration 2778 dans les quinze jours suivant le mois du retrait, sauf si l’assureur s’en charge sur mandat. Un intermédiaire qui vend le contrat comme une économie d’impôt vend une chose fausse. Deux contrats français chez deux assureurs relèvent chacun du fonds de garantie, soit 140 000 € couverts.
Laquelle de ses deux enveloppes est touchée par la hausse de 2026 ?
Yannick, 50 ans, cadre, détient un plan d’épargne en actions ouvert en 2012 qui affiche 80 000 € de gains, et une assurance-vie ouverte en 2010. Il a lu que les prélèvements sociaux sur l’épargne avaient augmenté en 2026, « mais ça ne concerne que les nouveaux placements ».
Laquelle de ses deux enveloppes est touchée par la hausse de 2026 ?
- Le PEA, même ouvert en 2012
- L’assurance-vie, désormais plus taxée qu’avant
- Aucune : les contrats anciens sont protégés
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Le PEA de Yannick est touché, même ouvert en 2012. Son assurance-vie, elle, reste à 17,2 %. Avec la loi de financement pour 2026, les prélèvements sociaux sur la plupart des revenus du capital sont passés de 17,2 % à 18,6 %. Pour les produits de placement comme le PEA, la hausse date du 1er janvier 2026. L’assurance-vie et les revenus immobiliers ont été explicitement épargnés, pas le PEA. Depuis le 1er janvier 2026, l’administration applique 18,6 % aux gains qui en sont retirés.
LFSS 2026 art. 12 (loi n°2025-1403 du 30/12/2025) · CSS art. L.136-6, L.136-7, L.136-8
Le détail du calcul
Depuis le 1er janvier 2026, l’administration applique 18,6 % aux gains retirés d’un plan d’épargne en actions, selon le Bulletin officiel de la sécurité sociale ; pour un plan ouvert avant 2018, les gains acquis avant cette date gardent les taux de l’époque, de même que ceux des cinq premières années d’un plan ouvert de 2013 à 2017. Si le plan de Yannick gagne encore 20 000 € à partir de 2026, ils coûtent 3 720 € à 18,6 %, contre 3 440 € à 17,2 %.
Les conditions à remplir
La banque fait ce calcul au moment du retrait ; pour les gains acquis avant 2018, elle part de la valeur du plan à chaque changement de taux. L’assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le plan d’épargne logement restent à 17,2 % ; les dividendes, les plus-values de titres et l’épargne salariale passent à 18,6 %.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour les gains déjà acquis, l’administration ne fait pas de différence : depuis le 1er janvier 2026, elle applique 18,6 % aux gains retirés, quelle que soit leur année, hors gains acquis avant 2018 et, pour un plan ouvert de 2013 à 2017, hors gains de ses cinq premières années, qui gardent les taux de leur époque, 17,2 % de 2018 à 2022 ; le plan de Yannick, ouvert en 2012, ne garde cette protection que pour ses gains antérieurs à 2018. Une sortie en rente viagère ne soumet aux prélèvements sociaux qu’une fraction de chaque versement, selon l’âge au départ de la rente.
Pourra-t-il récupérer ses 30 000 € et leurs gains dans cinq ans ?
Florian, 41 ans, se voit proposer de placer 30 000 € dans un fonds d’entreprises non cotées, « exonéré d’impôt au bout de cinq ans ». Il compte récupérer son argent à 46 ans.
Pourra-t-il récupérer ses 30 000 € et leurs gains dans cinq ans ?
- Oui, à tout moment, moyennant une pénalité de sortie prévue par le règlement du fonds
- Non : bloqué le plus souvent 8 à 10 ans, et les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus
- Oui : après cinq ans, l’exonération est acquise et l’argent est libre
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Cinq ans, c’est la condition fiscale : après cinq ans de conservation, les gains échappent à l’impôt sur le revenu. Ce n’est pas la date à laquelle le fonds rend l’argent. Un fonds de capital-investissement vit le plus souvent huit à dix ans, selon son règlement, et ne prévoit pas de rachat en cours de route. Et « exonéré » ne veut pas dire « sans prélèvements sociaux » : les 18,6 %, taux de 2026, s’appliquent quand même.
CGI art. 163 quinquies B · C. mon. fin. art. L.214-28
L’explication complète
Les fonds communs de placement à risques, fonds d’investissement de proximité et fonds communs de placement dans l’innovation investissent au moins 50 % de leur actif, 70 % pour les FIP et FCPI, dans des petites et moyennes entreprises, pour l’essentiel non cotées, ce quota admettant aussi certains titres cotés de petites capitalisations, pendant une période d’investissement de trois à cinq ans, puis cèdent leurs participations et distribuent le produit aux porteurs avant leur liquidation, prévue par le règlement, souvent à huit ou dix ans, avec une ou deux prorogations d’un an, la loi permettant au règlement de bloquer les rachats jusqu’à quinze ans ; aucun rachat de parts n’est possible pendant la vie du fonds, sauf les cas prévus au règlement, décès, invalidité de deuxième ou troisième catégorie, licenciement, départ à la retraite selon les fonds. L’exonération d’impôt sur le revenu sur les gains suppose un fonds qui respecte le quota fiscal, de conserver les parts cinq ans, de réinvestir dans le fonds les produits distribués pendant cette période, et que le porteur, son conjoint, leurs ascendants et descendants ne détiennent pas ensemble plus de 25 % des droits aux bénéfices d’une société du fonds, ni ne l’aient fait dans les cinq ans précédant la souscription ; elle ne porte pas sur les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026.
Les exceptions
Depuis le 21 février 2026, ni un FIP de métropole ni un FCPI classique n’ouvrent de réduction d’impôt à l’entrée, le taux de 25 % n’ayant survécu que pour les versements du 28 septembre 2025 au 20 février 2026 dans des FCPI agréés en 2024 ou 2025 ; seuls les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes en gardent une, à 30 % des versements retenus après frais d’entrée et à proportion de l’actif placé dans ces entreprises, dans la limite de 75 000 € de versements par an pour une personne seule, 150 000 € pour un couple, et d’un plafond de 50 000 € de réduction pour l’ensemble des souscriptions au capital de jeunes entreprises innovantes de 2024 à 2028, ainsi que les FIP Corse et outre-mer, à 30 %, dans la limite de 12 000 € de versements pour une personne seule, plafonnée par le plafonnement global des niches de 10 000 € ; en contrepartie, les frais totaux atteignent souvent 3 à 4 % par an.
Ce que ça change chez vous
Pour Florian, 30 000 € immobilisés le plus souvent jusqu’à ses 49 ou 51 ans, selon le règlement du fonds, pas 46 ; en cas de gain de 30 % au terme, 9 000 €, exonérés d’impôt mais près de 1 700 € de prélèvements sociaux au taux de 2026 ; en cas de perte, la moins-value ne s’impute pas sur d’autres plus-values de titres, l’administration réservant l’imputation aux opérations imposables, ce que des parts exonérées ne sont pas. Si c’est un FCPI classique souscrit depuis le 21 février 2026, aucune réduction d’impôt ne vient compenser le blocage, contre 9 000 à 12 000 € de frais cumulés sur dix ans. S’il a besoin de l’argent à 46 ans, un plan d’épargne en actions investi en titres cotés se vend en quelques jours ; le capital-investissement immobilise de l’argent dont on n’a pas la date.
Si leur banque fait faillite, combien la garantie des dépôts leur rembourse-t-elle ?
Yves et Colette, 67 et 65 ans, ont vendu leur maison l’an dernier. En attendant de se décider, Yves a laissé 150 000 € sur son compte courant et un compte à terme, Colette 100 000 € sur les siens, le tout dans la même banque.
Si leur banque fait faillite, combien la garantie des dépôts leur rembourse-t-elle ?
- 250 000 € : tout est garanti
- 200 000 € : 100 000 € par personne
- 100 000 € en tout pour le couple
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La garantie des dépôts compte par personne et par banque, pas par ménage. Elle couvre jusqu’à 100 000 € par client et par banque. Yves et Colette sont deux déposants : chacun est couvert jusqu’à 100 000 €. Les 50 000 € d’Yves au-dessus du plafond ne le sont pas. Répartir sur deux établissements distincts aurait tout couvert. Les livrets A, LDDS et LEP ont, eux, leur propre garantie de 100 000 €, en plus.
C. mon. fin. art. L.312-4 et s. (garantie des dépôts) · C. assurances art. L.423-1 et s. (garantie des assurés)
L’explication complète
Le fonds de garantie des dépôts et de résolution indemnise, dans les sept jours ouvrables suivant l’indisponibilité constatée par l’Autorité de contrôle prudentiel, les dépôts de chaque client auprès d’un même établissement, comptes courants, comptes à terme, livrets bancaires ordinaires, plans et comptes d’épargne logement, jusqu’à 100 000 € par déposant, tous comptes confondus, sans démarche ; le Livret A, le LDDS et le LEP sont garantis à part, par l’État, jusqu’à 100 000 € supplémentaires par personne ; les titres, actions, obligations et fonds, sont couverts par une garantie distincte de 70 000 € qui ne joue que si la banque ne peut pas les restituer, ce qui n’arrive pas en cas de faillite ordinaire puisque les titres appartiennent au client. Un compte joint est réparti à parts égales entre ses cotitulaires, sauf autre clé prévue au contrat ; la part de chacun s’ajoute à ses autres dépôts dans la même banque, sous son propre plafond.
Les exceptions
Les dépôts exceptionnels temporaires, produit de la vente d’un logement du déposant, réparation en capital d’un dommage, capital de retraite, succession, legs ou donation, prestation compensatoire, indemnité de rupture du contrat de travail, bénéficient d’une couverture supplémentaire jusqu’à 500 000 € par événement pendant trois mois à compter de leur encaissement, sans limite pour l’indemnité d’un dommage corporel ; un versement d’assurance n’en bénéficie que s’il répare un dommage ; passé ce délai, retour au plafond de 100 000 €. Les dépôts en devises, les comptes de mineurs et d’indivisions sont couverts ; les dépôts liés à des opérations ayant valu une condamnation pénale définitive pour blanchiment ne le sont pas. Les banques d’un même groupe avec un seul agrément comptent comme un seul établissement. La garantie ne couvre ni les contrats d’assurance-vie, régis par le fonds de garantie des assurances de personnes à 70 000 €, ni les cryptomonnaies.
Ce que ça change chez vous
Pour Yves et Colette, la vente de la maison remonte à plus de trois mois : 200 000 € couverts sur 250 000 €, 50 000 € d’Yves exposés ; un virement de 50 000 € vers une seconde banque, ou vers un Livret A et un LDDS à leurs deux noms, près de 70 000 € de plafonds cumulés en 2026, garantis par l’État, couvre tout sans rien changer à la disponibilité. Un fonds en euros d’assurance-vie ajouterait 70 000 € par assuré et par assureur. Le risque de faillite d’une grande banque française est faible ; le coût de la répartition est nul.
Le fait d’avoir signé suffit-il à dégager le conseiller ?
Thierry, 58 ans, a placé 60 000 € après un simple appel de son conseiller : ni questionnaire, ni document expliquant pourquoi ce produit lui convenait. Deux ans après, il a perdu un tiers. Le conseiller rappelle que Thierry a signé.
Le fait d’avoir signé suffit-il à dégager le conseiller ?
- Non : sans questionnaire ni écrit, le professionnel a manqué à son obligation
- Oui, si le placement était jugé bon au moment de la vente
- Oui : la signature du contrat vaut acceptation du risque
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Avant de faire souscrire un produit d’épargne ou d’assurance, le professionnel doit vérifier par écrit qu’il convient au client. Il tient compte de sa situation, de ses objectifs et de sa tolérance au risque. Il doit aussi lui remettre une information précontractuelle standardisée. Une recommandation purement orale, sans trace, constitue un manquement grave en cas de litige, quelle que soit la signature. Devant un juge, elle est presque impossible à prouver.
Directive (UE) 2016/97 du 20 janvier 2016 · C. assurances art. L.521-1 et s. · C. mon. fin. art. L.533-13 · Cass. 2e civ. 9 juin 2022, n° 20-21.972
L’explication complète
Avant de faire souscrire un placement financier ou un contrat d’assurance-vie, le professionnel doit recueillir par écrit les informations sur la situation financière, les connaissances et l’expérience, les objectifs et l’horizon de placement, et la tolérance au risque du client, puis lui remettre une déclaration d’adéquation écrite qui explique en quoi le produit correspond à ces éléments, avec, pour un fonds, un produit structuré ou un contrat d’assurance-vie, le document d’informations clés du produit, son indicateur de risque de 1 à 7 et ses frais, des actions détenues en direct n’en ayant pas ; l’absence de ces écrits est un manquement au devoir d’information et de mise en garde, et la jurisprudence retient en général que la signature du bulletin de souscription ne prouve pas à elle seule que le client a été informé, la charge de la preuve pesant sur le professionnel. Un appel téléphonique n’en tient pas lieu.
Les exceptions
La responsabilité du professionnel peut être partagée si le client a fourni des informations fausses ou incomplètes, ou s’il avait une expérience avérée des marchés ; le préjudice indemnisé n’est pas la perte entière mais une perte de chance de ne pas souscrire, que les juges évaluent au cas par cas, en principe sans atteindre la perte entière. La réclamation écrite au service compétent ouvre un délai de deux mois de réponse, puis le médiateur de l’Autorité des marchés financiers pour un placement financier, ou le médiateur de l’assurance pour un contrat d’assurance-vie, gratuits, avec une issue en principe sous quatre-vingt-dix jours, délai que le médiateur peut prolonger pour un litige complexe ; l’action en justice se prescrit par cinq ans à compter du jour où le client a connu ou aurait dû connaître les faits, pour une assurance-vie en unités de compte la date du rachat.
Ce que ça change chez vous
Pour Thierry, une lettre au professionnel et à sa hiérarchie demandant la copie du questionnaire et de la déclaration d’adéquation, qui n’existent pas, puis, faute de réponse satisfaisante sous deux mois, la saisine du médiateur avec les relevés montrant la perte de 20 000 € ; l’indemnisation obtenue par médiation dépend de la perte de chance retenue, sans procès. Ses propres échanges, courriels et notes d’appel, servent de preuves ; l’ancienneté de la relation et son profil de retraité proche pèsent en sa faveur. Le délai court au plus tôt depuis deux ans : il en reste au moins trois.
Peuvent-ils faire les deux ?
Anaïs, 22 ans, étudie à Lyon. Ses parents lui versent 600 € par mois pour son loyer et ses courses. Au moment de la déclaration, ils veulent la rattacher à leur foyer fiscal pour garder sa demi-part, et déduire aussi les 7 200 € versés dans l’année.
Peuvent-ils faire les deux ?
- Non : c’est l’un ou bien l’autre, pas les deux pour le même enfant
- Oui : le rattachement et la pension sont deux avantages distincts
- Ni l’un ni l’autre : à 22 ans, elle est majeure et autonome
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Pour un enfant majeur, les parents d’Anaïs doivent choisir entre deux options qui s’excluent. Soit ils la rattachent au foyer et gardent la majoration de parts. C’est possible avant 21 ans, ou avant 25 ans si elle étudie. Soit elle fait sa propre déclaration, et ils déduisent la pension réellement versée, dans la limite d’un plafond annuel. Cumuler les deux est interdit.
CGI art. 6 · CGI art. 196 B · CGI art. 156 II-2°
L’explication complète
Un enfant majeur de moins de 21 ans, ou de moins de 25 ans s’il poursuit ses études, peut demander son rattachement au foyer fiscal de ses parents, qui conservent alors sa demi-part, ou sa part entière à partir du troisième enfant, dont l’avantage est plafonné à 1 807 € par demi-part pour l’impôt 2026 ; à défaut de rattachement, l’enfant dépose sa propre déclaration, et les parents déduisent de leur revenu global la pension alimentaire qu’ils lui versent, dans la limite de 6 855 € par enfant pour les revenus de 2025, ou, s’ils l’hébergent sans verser d’argent, un forfait de 4 075 € sans justificatif ; la pension déduite est imposable chez l’enfant, après abattement de 10 %, ce qui reste sans effet s’il n’a pas d’autres revenus. Les deux options ne se cumulent pas pour un même enfant, mais le choix se refait chaque année.
Les exceptions
Pour des parents dans la tranche à 30 %, la déduction de 6 855 € vaut environ 2 050 € d’impôt, plus que le plafond de la demi-part, 1 807 € en 2026 ; dans la tranche à 41 %, près de 2 800 € ; dans la tranche à 11 %, environ 750 €, plus que la demi-part à ce niveau, environ 640 €, mais moins que la demi-part et la réduction de 183 € d’un étudiant du supérieur ; le rattachement l’emporte surtout près de la décote, ou à partir du troisième enfant, dont la part entière vaut le double, environ 3 600 € ; la pension n’est déductible qu’à hauteur des besoins de l’enfant. L’administration peut demander la preuve des versements, ou des dépenses payées directement pour lui, et celle de ses besoins au regard de ses ressources.
Ce que ça change chez vous
Pour les parents d’Anaïs, 7 200 € versés, 6 855 € déductibles pour les revenus de 2025 : à 30 %, environ 2 050 € d’impôt en moins, contre 1 807 € au plus pour la demi-part et 183 € de réduction pour études supérieures, qui suit le rattachement, soit environ 70 € d’écart ; à 41 %, près de 2 800 €, environ 820 € de plus ; à 11 %, la demi-part vaut au plus environ 640 €, hors décote, et la réduction de 183 € porte l’avantage à environ 820 €, plus que les quelque 750 € de la pension, la comparaison se faisant au cas par cas sur le simulateur. Anaïs, sans autre revenu, ne paie rien sur les 6 855 € reçus. Le choix se fait sur le simulateur des impôts en avril, dans les deux configurations, et peut changer l’an prochain si les revenus bougent ; les virements mensuels identifiés prouvent les versements, et l’état de besoin d’Anaïs, étudiante sans revenu, se justifie au besoin par ses ressources et ses charges, loyer compris.
De combien leur impôt peut-il baisser grâce à cette demi-part ?
Olivier et Béatrice, 38 et 36 ans, gagnent bien leur vie et sont imposés dans la tranche à 41 %. Leur premier enfant vient de naître et leur apporte une demi-part supplémentaire. Ils s’attendent à une baisse d’impôt proportionnelle à leurs revenus.
De combien leur impôt peut-il baisser grâce à cette demi-part ?
- De rien : au-dessus d’un certain revenu, les enfants ne comptent plus
- D’au maximum 1 807 € : l’avantage de chaque demi-part est plafonné
- Proportionnellement à leurs revenus, sans limite
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Le quotient familial divise le revenu par le nombre de parts avant d’appliquer le barème, ce qui allège l’impôt des familles. Plus on gagne, plus la demi-part vaut cher. Mais l’économie procurée par chaque demi-part est plafonnée : 1 807 € au maximum pour l’impôt 2026 sur les revenus 2025. Pour un couple dans la tranche à 41 %, comme Olivier et Béatrice, ce plafond est vite atteint.
CGI art. 197 · CGI art. 193 à 199
Le détail du calcul
L’impôt d’un foyer se calcule en divisant le revenu imposable par le nombre de parts, en appliquant le barème au quotient, puis en multipliant par les parts ; pour limiter l’avantage des hauts revenus, la réduction d’impôt résultant de chaque demi-part au-delà de deux parts pour un couple, ou d’une part pour une personne seule, ne peut excéder 1 807 € pour l’imposition des revenus de 2025 : l’administration calcule l’impôt à deux parts, puis à deux parts et demie, et si l’écart dépasse ce plafond, retient l’impôt à deux parts diminué de 1 807 €. Pour un couple, le plafond mord dès que la demi-part supplémentaire ferait gagner plus de 1 807 €, soit à partir d’environ 65 000 € de revenu imposable ; dans la tranche à 41 %, il est toujours atteint.
Les conditions à remplir
Les plafonds diffèrent selon les situations, pour les revenus de 2025 : 4 262 € pour la part entière du premier enfant d’un parent isolé. Sous le plafond, la demi-part vaut jusqu’à 1 807 € ; au-dessus, exactement 1 807 €. Les revenus modestes bénéficient en plus de la décote, qui réduit l’impôt jusqu’à environ 3 300 € d’impôt brut pour un couple, 2 000 € pour une personne seule. Les avantages liés à l’enfant hors quotient ne sont pas plafonnés par ce mécanisme : crédit d’impôt de 50 % des frais de garde jusqu’à 3 500 € par enfant de moins de six ans, réduction pour frais de scolarité, et le plafonnement global des niches de 10 000 € s’applique à part.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Olivier et Béatrice, dans la tranche à 41 %, la demi-part réduit leur impôt de 1 807 € exactement en 2026, ni plus ni moins, quel que soit leur revenu ; le crédit d’impôt de garde, 1 750 € au plus par an pour 3 500 € de frais de crèche ou d’assistante maternelle, s’ajoute sans plafond de quotient, et, en métropole, les allocations familiales ne commencent qu’au deuxième enfant. Un second enfant vaudra autant, le troisième le double. L’enfant né en décembre compte pour l’année entière.
Le peut-elle ?
Clara, 30 ans, a rempli son Livret A jusqu’au plafond de 22 950 €. Pour continuer à épargner sans impôt, elle veut ouvrir un second Livret A dans une autre banque.
Le peut-elle ?
- Oui, si elle est cliente des deux banques
- Non, mais un LDDS reste possible
- Oui, on peut en avoir un par banque
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La loi n’autorise qu’un Livret A par personne, toutes banques confondues. Clara peut en revanche ouvrir un livret de développement durable et solidaire, plafonné à 12 000 €. Lui aussi est exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux. Les deux livrets se cumulent, pour près de 35 000 € d’épargne sans aucune fiscalité.
CMF art. L.221-3 · CMF art. L.221-27 · CGI art. 157, 7° et 9° quater
Pourquoi c’est comme ça
Une même personne ne peut être titulaire que d’un seul Livret A, ou d’un seul compte spécial sur livret du Crédit mutuel, et la banque, avant toute ouverture, interroge l’administration fiscale via le fichier des comptes bancaires pour vérifier qu’aucun autre livret n’existe, ce qui prend deux jours ouvrés au plus ; un livret ouvert malgré tout doit être clôturé, la personne choisit lequel, et une amende fiscale de 2 % de l’encours du livret en surnombre s’applique, sauf si cette amende est inférieure à 50 €, les intérêts indûment exonérés étant en outre imposés. Le Livret A est plafonné à 22 950 € de versements, les intérêts pouvant porter le solde au-delà, avec un taux de 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, révisé en février et août.
Jusqu’où ça va
Les autres livrets réglementés, tous exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, se cumulent avec le Livret A : le livret de développement durable et solidaire, 12 000 € de versements, même taux, un par contribuable domicilié fiscalement en France et un pour son conjoint ou partenaire de Pacs ; le livret d’épargne populaire, 10 000 €, taux de 2,5 % en 2026, sous condition de revenu fiscal, deux par foyer ; le livret jeune, 1 600 €, de 12 à 25 ans, taux libre au moins égal au Livret A. Un couple peut ainsi loger près de 70 000 € sans fiscalité en 2026, près de 90 000 € avec deux LEP. Au-delà, l’épargne va sur des supports imposés : livret bancaire ordinaire ou compte à terme, intérêts taxés à 31,4 %, ou fonds en euros d’assurance-vie, prélèvements sociaux de 17,2 % sur les intérêts, et impôt sur les gains au rachat.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Clara, un LDDS à 12 000 € dans sa banque actuelle ou une autre, puis, si son revenu fiscal de référence de l’avant-dernière ou de la dernière année est sous 23 028 €, un LEP à 10 000 € mieux rémunéré ; au total près de 45 000 € sans fiscalité, environ 850 € d’intérêts nets par an en 2026. Au-delà, un fonds en euros à 2,5 % rapporte 2,07 % net de prélèvements sociaux, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, contre 1,7 % pour le Livret A, avec un rachat versé dans les deux mois au plus au lieu d’un jour. Le second Livret A, lui, coûterait 2 % d’amende et sa fermeture.
À quelle condition peut-elle l’ouvrir ?
Samia, 27 ans, aide-soignante, a entendu parler du livret d’épargne populaire, mieux rémunéré que le Livret A. Une amie lui dit qu’il est réservé aux retraités.
À quelle condition peut-elle l’ouvrir ?
- Être retraitée ou avoir plus de 60 ans
- Avoir déjà rempli son Livret A
- Avoir des revenus sous un plafond
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Le LEP est réservé aux personnes domiciliées fiscalement en France dont les revenus ne dépassent pas un plafond, quels que soient leur âge et leur métier. À l’ouverture, on retient le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année, ou celui de l’année précédente s’il est plus favorable. Ensuite, chaque année, c’est celui de l’avant-dernière année. Le LEP est plafonné à 10 000 €, sans impôt ni prélèvements sociaux. Son taux suit en principe la plus haute de deux références : l’inflation, ou le Livret A majoré d’un demi-point. Le ministre peut toutefois décider d’y déroger.
CMF art. L.221-13 · CMF art. L.221-15 · CGI art. 157, 7° ter
L’explication complète
Le livret d’épargne populaire est ouvert aux personnes dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière ou de la dernière année n’excède pas 23 028 € en 2026 pour la première part de quotient familial, majoré d’environ 6 150 € par demi-part supplémentaire, soit environ 35 300 € pour un couple sans enfant et 41 500 € avec un enfant en métropole, les plafonds étant plus élevés outre-mer ; la banque vérifie l’éligibilité directement auprès de l’administration fiscale, ou, à défaut, sur l’avis d’impôt, à l’ouverture puis chaque année ; le titulaire qui dépasse le plafond deux années consécutives voit son livret fermé, avec un délai. Le plafond de versements est de 10 000 €, les intérêts pouvant le dépasser ; le taux, 2,5 % en 2026, est le plus élevé des livrets réglementés : en principe au moins l’inflation semestrielle et le Livret A majoré d’un demi-point, sauf dérogation.
Les exceptions
Un seul LEP par personne, deux par foyer fiscal, et aucun pour un enfant rattaché au foyer de ses parents tant qu’il n’a pas sa propre déclaration ; une aide-soignante à 27 ans, avec un revenu fiscal d’environ 22 000 € pour une part, se situe juste sous le plafond, ce qui se vérifie sur l’avis d’imposition reçu en 2025, ligne revenu fiscal de référence ; une hausse de salaire ou des heures supplémentaires défiscalisées, qui entrent dans le revenu fiscal de référence, peuvent la faire sortir plus tard, sans reprise des intérêts acquis. Les intérêts sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, calculés par quinzaine comme le Livret A. Le LEP se cumule avec le Livret A et le LDDS, et n’exige aucune ancienneté ni domiciliation de revenus.
Ce que ça change chez vous
Pour Samia, 10 000 € au LEP à 2,5 % rapportent environ 250 € par an nets, contre environ 170 € au Livret A à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026 : près de 80 € de plus, et près de 1 000 € sur dix ans si les écarts de taux se maintiennent ; le LEP sert donc le taux le plus élevé de ses livrets, devant le Livret A et le LDDS. Le seul point d’attention est le revenu fiscal de référence de chaque année, que l’administration transmet à la banque ; un dépassement se signale par courrier de la banque, avec le temps de transférer. L’ouverture se fait en ligne ou en agence en quelques jours.
En ont-ils le droit ?
Sabrina et Luc ont versé 5 000 € sur le Livret A de leur fils Théo, 8 ans. Leur voiture tombe en panne : ils veulent reprendre cet argent pour la faire réparer.
En ont-ils le droit ?
- Oui, s’ils le remboursent avant ses 18 ans
- Oui, c’est leur argent, versé par eux
- Non, il appartient désormais à Théo
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L’argent versé sur le livret de Théo lui appartient. Ses parents le gèrent comme administrateurs légaux, dans son seul intérêt. Ils peuvent retirer pour ses besoins à lui, pas pour ceux du ménage. Reprendre l’argent pour la voiture familiale serait une faute de gestion, dont ils auraient à rendre compte à Théo.
C. civ. art. 382 · C. civ. art. 385
L’explication complète
Les parents administrent légalement les biens de leur enfant mineur et en ont la jouissance jusqu’à ses 16 ans, ce qui leur permet de percevoir les revenus, intérêts compris, à charge d’assumer son entretien ; mais le capital lui appartient : un versement sur son livret est un don manuel, définitif, et les parents ne peuvent pas le reprendre pour leurs propres besoins, l’administration devant s’exercer dans l’intérêt exclusif de l’enfant ; ils peuvent retirer pour ses besoins à lui, études, santé, équipement, sans autorisation du juge, mais avec l’accord des deux pour un retrait important, et doivent, sans l’accord du juge des tutelles, s’abstenir des actes qui engagent son patrimoine de façon grave. À la majorité, l’enfant peut agir contre ses parents dans les cinq ans pour les sommes détournées.
Les exceptions
La banque doit s’assurer de l’accord des deux parents avant un retrait important, sous peine d’engager sa responsabilité, comme l’a jugé la Cour de cassation en 2025 ; la règle joue aussi au divorce, où un parent peut reprocher à l’autre l’usage du livret, et à la majorité de l’enfant. Les sommes données à l’enfant sont rapportables à la succession des parents s’il a des frères et sœurs, sauf présents d’usage proportionnés aux revenus des parents, anniversaires et fêtes, non rapportables ; un don familial de somme d’argent de 31 865 € par parent de moins de 80 ans et par enfant majeur ou émancipé, tous les quinze ans, est exonéré s’il est déclaré dans le mois, en plus de l’abattement de 100 000 € ; Théo, 8 ans, ne relève que de cet abattement. Un livret A d’enfant se remplit jusqu’à 22 950 € comme celui d’un adulte, et un livret jeune s’ouvre à 12 ans.
Ce que ça change chez vous
Pour Sabrina et Luc, les 5 000 € restent à Théo ; la réparation de la voiture passe par leur propre épargne, un prêt familial ou un crédit ; s’ils reprennent tout de même les 5 000 €, personne ne les en empêchera, mais ils devront cette somme à Théo, qui pourra la réclamer jusqu’à ses 23 ans, et un divorce en ferait un grief. Un prêt de Théo à ses parents, écrit, remboursé sur son livret avec un intérêt, n’est régulier que s’il sert le seul intérêt de l’enfant, remboursement assuré et épargne disponible pour ses besoins ; les intérêts des parents s’opposant aux siens, il passe par un administrateur ad hoc désigné par le juge des tutelles, qui représente Théo sans valider le prêt par principe : réparer la voiture familiale ne le justifie pas à lui seul.
Doit-elle retirer ce qui dépasse ?
Odile, 55 ans, a rempli son Livret A jusqu’au plafond de 22 950 € il y a trois ans et n’y touche plus. Sa banque lui annonce un solde de 24 000 €. Odile craint d’être en infraction.
Doit-elle retirer ce qui dépasse ?
- Non, ce sont des intérêts
- Oui, dans le mois qui suit
- Oui, sinon l’excédent sera imposé
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Le plafond du Livret A limite les versements, pas le solde. Les intérêts ajoutés chaque année peuvent faire dépasser les 22 950 €, sans aucune conséquence : ils restent exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Odile ne peut simplement plus rien verser tant que le solde reste au-dessus du plafond.
CMF art. L.221-4 · CMF art. R.221-2
L’explication complète
Le plafond du Livret A, 22 950 € en 2026 pour une personne physique, s’applique aux versements et non au solde : les intérêts capitalisés chaque 31 décembre peuvent le porter au-delà, sans limite, et continuent de produire des intérêts exonérés ; tant que le solde dépasse 22 950 €, aucun versement n’est accepté, et après un retrait, seuls les versements qui ramènent le solde au plafond le sont, sans que les intérêts capitalisés soient perdus. Les intérêts sont calculés par quinzaine : un versement effectué du 1er au 15 porte intérêt à partir du 16, un versement du 16 à la fin du mois à partir du 1er du mois suivant ; un retrait cesse de produire intérêt à la fin de la quinzaine précédente.
Les exceptions
Le taux est fixé par arrêté deux fois par an, au 1er février et au 1er août, selon une formule qui fait la moyenne de l’inflation hors tabac des six derniers mois et des taux interbancaires à court terme, avec un plancher de 0,5 %, et que le gouvernement peut écarter en cas de circonstances exceptionnelles, comme en 2023 pour le geler à 3 % ; il est de 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026. Les associations et syndicats de copropriétaires ont un plafond de 76 500 €, 100 000 € au-delà de cent lots, les organismes de logement social aucun. Un Livret A est inactif après cinq ans sans opération ni manifestation de son titulaire, y compris sur ses autres comptes dans la même banque ; dix ans après la dernière opération ou manifestation, ou trois ans après le décès du titulaire, le solde est transféré à la Caisse des dépôts, puis, sauf réclamation, acquis à l’État vingt ans après ce dépôt, vingt-sept quand le titulaire était décédé. Le solde du Livret A n’entre pas dans le revenu fiscal de référence et n’est pas déclaré.
Ce que ça change chez vous
Pour Odile, 24 000 € à 1,7 % rapportent environ 400 € par an, exonérés, qui s’ajoutent au solde ; dans dix ans, environ 28 000 € sans rien verser si le taux se maintient. Si elle retire 3 000 € pour un imprévu, elle ne pourra remettre que de quoi revenir au plafond de 22 950 €, les intérêts déjà acquis restant à elle. Le LDDS, 12 000 €, et le LEP si ses revenus le permettent, prennent l’excédent d’épargne ; au-delà, un fonds en euros à 2,5 % rapporte davantage que le Livret A même après 17,2 % de prélèvements sociaux, et encore un peu, environ 1,8 %, après l’impôt de 12,8 % sur les gains d’un contrat de moins de huit ans, ce qui rend le débordement du Livret A moins précieux qu’il n’y paraît.
Le doit-il ?
Bertrand, 60 ans, a versé 150 000 € sur son PEA, ouvert il y a quinze ans : le plafond. Grâce à la Bourse, le plan vaut aujourd’hui 260 000 €. Il pense devoir retirer ce qui dépasse.
Le doit-il ?
- Non, mais l’excédent sera imposé chaque année
- Non, seuls les versements sont plafonnés
- Oui, tout ce qui dépasse 150 000 €
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Le plafond du PEA, 150 000 €, s’applique aux versements, pas à la valeur du plan. Les gains peuvent faire grimper le PEA bien au-delà, sans limite ni conséquence. Bertrand ne peut plus verser, mais ses 110 000 € de gains restent à l’abri de l’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux seront dus sur les gains retirés.
CMF art. L.221-30 · CGI art. 163 quinquies D
L’explication complète
Après cinq ans, chaque retrait d’un plan d’épargne en actions est réputé composé de versements et de gains dans la proportion où ils figurent dans le plan au jour du retrait : pour un plan de 260 000 € dont 150 000 € de versements, un retrait contient 57,7 % de capital, qui ressort sans rien, et 42,3 % de gains, soumis aux seuls prélèvements sociaux, sans impôt sur le revenu ; depuis le 1er janvier 2026, l’administration applique 18,6 % aux gains retirés, selon le Bulletin officiel de la sécurité sociale, et, pour un plan ouvert avant 2018, les gains acquis avant cette date gardent les taux historiques en vigueur au moment où ils ont été réalisés, entre 0 % et 15,5 % ; pour un plan ouvert de 2013 à 2017, ceux de ses cinq premières années aussi, à 17,2 % pour la part acquise de 2018 à 2022. Un retrait partiel après cinq ans ne clôt pas le plan, et les versements restent possibles dans la limite du plafond non atteint, ce qui n’est plus le cas de Bertrand.
Les exceptions
Après cinq ans, le plan peut aussi se dénouer par une rente viagère servie par un assureur, exonérée d’impôt sur le revenu, dont une fraction fixée par l’âge au premier versement supporte les prélèvements sociaux, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % au-delà. Au décès, le plan est clôturé, les gains supportent les prélèvements sociaux, et les titres, transmis aux héritiers à leur valeur du jour, entrent dans la succession avec les droits ordinaires, la plus-value latente étant purgée ; ils peuvent être conservés sur un compte-titres. Le PEA peut être transféré d’un établissement à un autre sans clôture, ce qui permet de fuir des frais élevés, plafonnés à 150 € par transfert.
Ce que ça change chez vous
Pour Bertrand, un retrait de 50 000 € contient environ 21 000 € de gains : près de 4 000 € de prélèvements sociaux au plus en 2026, moins si une partie des gains date d’avant 2018, et environ 46 000 € nets ; sur un compte-titres, vendre pour 50 000 € de titres portant la même part de gain, 21 000 €, aurait coûté près de 6 600 € au prélèvement forfaitaire de 31,4 %, l’impôt y dépendant des titres vendus et de leur prix d’achat, non du montant retiré. Le plan plein continue de composer sans frottement.
Que se passe-t-il ?
Nina, 32 ans, a ouvert un PEA il y a trois ans et y a versé 20 000 €, qui en valent 26 000. Elle veut retirer 5 000 € pour un voyage, en gardant le reste investi.
Que se passe-t-il ?
- Elle paie une pénalité de 10 % sur le retrait
- Rien de particulier, le reste continue
- Le plan est clôturé et le gain imposé
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Avant cinq ans, un retrait ferme le PEA de Nina, et son gain de 6 000 € est imposé à la flat tax. Il existe des exceptions, comme un licenciement, une invalidité ou une mise à la retraite anticipée. Après cinq ans, Nina pourrait retirer sans fermer le plan. Ses gains échapperaient alors à l’impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux resteraient dus.
CMF art. L.221-32 · CGI art. 150-0 A · CGI art. 157, 5° bis
L’explication complète
Tout retrait ou rachat avant l’expiration de la cinquième année entraîne la clôture du plan, et le gain net, valeur liquidative moins versements, est imposé au prélèvement forfaitaire de 12,8 % plus les prélèvements sociaux, 18,6 % appliqués par l’administration aux gains retirés depuis le 1er janvier 2026, ou sur option globale au barème ; pour Nina, 6 000 € de gain, environ 1 900 € de prélèvement, et un plan à rouvrir, dont le compteur de cinq ans repart de zéro. Les exceptions qui permettent un retrait sans clôture, le gain restant imposé : licenciement, invalidité de deuxième ou troisième catégorie, ou mise à la retraite anticipée du titulaire, de son époux ou partenaire ; et, sans clôture ni impôt sur le revenu mais sans versement possible ensuite, l’affectation des sommes dans les trois mois à la création ou à la reprise d’une entreprise dirigée par le titulaire ou un proche. Le décès clôt le plan sans impôt sur le revenu, les gains supportant seulement les prélèvements sociaux.
Les exceptions
Le retrait partiel de 5 000 € ne se distingue pas du retrait total : c’est le plan entier qui est clôturé, les 21 000 € restants passant sur un compte-titres ordinaire où chaque vente gagnante et chaque dividende seront imposés, à 31,4 % par défaut ; les moins-values constatées à la clôture s’imputent sur des plus-values de titres pendant dix ans, toujours avant cinq ans, et après cinq ans si tous les titres ont été vendus. Pour financer un voyage sans toucher au plan, un prêt personnel de 5 000 € sur douze mois à 5,5 % coûte environ 150 € d’intérêts ; certaines banques proposent une avance sur PEA garantie par les titres. Le PEA-PME, distinct, suit les mêmes règles. Le transfert vers un autre établissement n’est pas un retrait.
Ce que ça change chez vous
Pour Nina, retirer maintenant coûte environ 1 900 € d’impôt et de prélèvements, et la perte de trois ans d’ancienneté ; attendre deux ans permet de retirer 5 000 € sans fermer le plan, avec environ 200 € de prélèvements sociaux sur la part de gains du retrait, et de garder le reste investi ; un prêt de 5 000 € d’ici là coûte environ 150 € d’intérêts sur douze mois, près de 290 € sur vingt-quatre mois au même taux de 5,5 %, hors frais et assurance. Un voyage financé par un retrait anticipé de PEA est le cas d’école de la mauvaise enveloppe pour le mauvais projet : l’épargne de court terme est celle des livrets, ce que Nina peut mettre en place à côté.
Est-ce possible ?
Yannick et Sandra, mariés, veulent ouvrir un PEA commun pour y placer 300 000 € d’épargne en actions.
Est-ce possible ?
- Non, un PEA par personne
- Oui, un PEA joint plafonné à 300 000 €
- Oui, avec un plafond de 225 000 €
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Le PEA est strictement individuel : un seul par personne, jamais au nom de deux. Yannick et Sandra peuvent chacun en ouvrir un, avec 150 000 € de versements chacun, soit 300 000 € pour le couple. Un enfant majeur rattaché au foyer fiscal peut aussi avoir le sien, plafonné à 20 000 €.
CGI art. 163 quinquies D · CMF art. L.221-30
Pourquoi c’est comme ça
Le plan d’épargne en actions est ouvert par une personne physique majeure domiciliée fiscalement en France, à raison d’un plan par personne, soit deux pour un couple marié ou pacsé ; les enfants majeurs rattachés peuvent ouvrir un PEA jeune plafonné à 20 000 € jusqu’à la fin du rattachement. Un compte joint est donc impossible ; Yannick et Sandra ouvrent chacun le leur, 150 000 € de versements par plan, 300 000 € pour le couple, plus 75 000 € chacun sur un PEA-PME, le plafond global des deux plans étant de 225 000 € par personne s’ils investissent dans des petites et moyennes valeurs. Mariés sous la communauté, les sommes versées avec des revenus ou de l’épargne commune font des titres des biens communs, même détenus sur un plan à un seul nom : au divorce, la valeur du plan entre dans le partage, et, si des fonds propres y ont été versés sans déclaration de remploi, les titres restent communs et une récompense est due à l’époux qui les a fournis ; avec cette déclaration, les titres sont propres.
Jusqu’où ça va
Au décès de l’un, son plan est clôturé, ses gains supportent les prélèvements sociaux, et, si les plans ont été alimentés par des fonds communs, leurs deux valeurs entrent dans la communauté à partager ; le plan du survivant continue. Ouvrir les deux plans le même jour fait courir les deux compteurs de cinq ans ensemble, et un premier versement modeste sur chacun suffit à prendre date, quitte à remplir plus tard. Les gestions peuvent être identiques ou différenciées, par exemple un plan en fonds indiciels et l’autre en titres en direct ; les frais de tenue de compte sont plafonnés depuis la loi Pacte, 0,4 % de la valeur par an plus 5 € par ligne de titres, 25 € pour une ligne non cotée, et les frais de transaction à 0,5 % en ligne, 1,2 % par un autre canal ou sur des titres non cotés, hors places situées en dehors de l’Espace économique européen. Un des deux plans peut être transféré sans clôture si les frais sont plus bas ailleurs.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Yannick et Sandra, 150 000 € sur chaque plan, ouverts le même jour, en une ou plusieurs fois selon leur choix d’entrer progressivement sur les marchés ; deux compteurs de cinq ans, deux plafonds, et, au décès de l’un, une liquidation de la communauté qui compte la valeur des deux plans, alimentés par des fonds communs : la moitié de l’ensemble revient à la succession, le plan du survivant continuant. S’ils ont un enfant majeur rattaché, 20 000 € de plus sur un PEA jeune à son nom, qui lui appartiennent. L’argent qui dépasse 300 000 € peut aller sur un PEA-PME, 75 000 € de plus chacun dans la limite de 225 000 € par personne pour les deux plans, sur une assurance-vie ou un compte-titres, jamais sur un plan au nom d’un tiers.
Pourra-t-elle retirer avant huit ans ?
Margaux, 40 ans, hésite à placer 30 000 € sur une assurance-vie : on lui a dit que l’argent y serait bloqué huit ans, et elle aura peut-être besoin d’une partie pour des travaux.
Pourra-t-elle retirer avant huit ans ?
- Oui, à tout moment
- Non, l’argent est bloqué huit ans
- Oui, mais seulement en cas d’accident de la vie
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Une assurance-vie n’est pas bloquée : Margaux peut retirer tout ou partie de son épargne à tout moment. L’assureur a deux mois au plus pour verser la somme. Les huit ans sont un repère fiscal, pas une durée de blocage. Après huit ans, les gains retirés profitent d’un abattement annuel. Avant, ils supportent le prélèvement forfaitaire, et seulement sur la part de gains contenue dans le retrait.
C. assur. art. L.132-21 · CGI art. 125-0 A
L’explication complète
Le souscripteur d’une assurance-vie peut demander à tout moment un rachat partiel ou total, et l’assureur doit verser les sommes dans les deux mois de la demande, sous peine d’intérêts au taux légal majoré ; seule la part de gains contenue dans le rachat est imposable, calculée au prorata : le rachat est réputé composé de capital et de gains dans la proportion où ils figurent dans le contrat au jour du rachat. Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, les gains rachetés supportent 12,8 % d’impôt avant huit ans, et, après huit ans, 7,5 % jusqu’à 150 000 € de versements nets tous contrats confondus, 12,8 % au-delà, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, taux de 2026, dans tous les cas ; après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé imposé en commun, s’applique sur les gains rachetés avant impôt.
Les exceptions
Le retrait avant huit ans n’a rien de pénalisant en soi : sur un contrat récent, la part de gains d’un rachat est faible, et l’impôt aussi ; l’option pour le barème, ouverte à tous, profite aux contribuables qui restent non imposables et à ceux de la tranche à 11 % hors zone de décote, laquelle couvre toute cette tranche pour une personne seule et y rend le barème plus coûteux que le forfait. Les prélèvements sociaux sur le fonds en euros sont déjà prélevés chaque année, ce qui évite une double imposition au rachat par un mécanisme de régularisation. Le contrat n’est jamais bloqué, sauf nantissement au profit d’une banque ou acceptation par le bénéficiaire, qui exige alors son accord pour tout rachat ; c’est l’effet d’une acceptation, qui suppose depuis 2007 l’accord du souscripteur et rend la désignation irrévocable. Une avance, prêt de l’assureur dans la limite de la valeur de rachat, permet aussi de disposer de fonds sans racheter, à un taux, une durée et un remboursement fixés par les conditions de l’avance, le taux étant souvent celui du fonds en euros majoré.
Ce que ça change chez vous
Pour Margaux, un retrait de 10 000 € dans trois ans sur un contrat de 30 000 € qui en vaudrait 33 000 : environ 900 € de gains dans le retrait, et de l’ordre de 270 € d’impôt et de prélèvements sociaux au total en 2026, soit près de 9 700 € nets, versés en pratique en une à quatre semaines ; le même retrait après huit ans ne coûterait que les prélèvements sociaux, environ 160 €, l’impôt étant effacé par l’abattement. Les huit ans courent dès l’ouverture du contrat : un contrat ouvert aujourd’hui, même avec une partie des 30 000 €, en fait profiter tout ce qui y sera versé ensuite.
Devait-il le déclarer ?
Kévin, 29 ans, a ouvert un compte en ligne dans une néobanque étrangère pour ses voyages. Il n’y a que 300 €, et il ne l’a jamais mentionné sur sa déclaration de revenus.
Devait-il le déclarer ?
- Non, rien à déclarer sous 10 000 €
- Oui, tout compte bancaire à l’étranger se déclare
- Non, puisqu’il ne rapporte aucun intérêt
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Tout compte bancaire ouvert, détenu ou utilisé à l’étranger doit être signalé chaque année avec la déclaration de revenus, quel que soit son solde. Une seule dispense existe, pour les comptes de paiement en ligne adossés à un compte français, servant aux achats ou aux ventes de biens sous 10 000 € d’encaissements par an ; le compte de voyages de Kévin n’en relève pas. L’oubli coûte une amende de 1 500 € par compte non déclaré, même s’il ne contient que 300 €. Des néobanques ont leur siège hors de France. C’est le pays de l’établissement qui compte, pas la langue de l’application.
CGI art. 1649 A · CGI art. 1736, IV
L’explication complète
Les personnes physiques domiciliées en France déclarent, en même temps que leur déclaration de revenus, les références des comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger au cours de l’année, sur le formulaire 3916, avec l’établissement, l’adresse, le numéro et la date d’ouverture ; l’obligation vise les comptes bancaires, les comptes de paiement, les contrats d’assurance-vie étrangers, et, sur le 3916-bis, les comptes d’actifs numériques ; elle vaut quel que soit le solde, même nul, et pour un compte simplement utilisé, comme un compte au nom d’un proche sur lequel on a procuration ; une seule dispense existe, pour un compte qui a pour objet des paiements d’achats ou des encaissements de ventes de biens en ligne, dont l’ouverture suppose un compte en France auquel il est adossé, et dont les encaissements de ventes ne dépassent pas 10 000 € par an, les trois conditions réunies. Pour un compte bancaire ou de paiement, l’amende est de 1 500 € par compte et par année non déclarée, 10 000 € si l’État de l’établissement n’a pas conclu avec la France de convention d’assistance administrative, et le délai de reprise de l’administration passe de trois à dix ans pour les revenus liés, sauf si le contribuable prouve que le total des soldes de ses comptes à l’étranger n’a dépassé 50 000 € à aucun moment de l’année.
Les exceptions
Le critère est le pays de l’établissement teneur de compte, qui figure dans les conditions générales et dans l’IBAN : un IBAN commençant par DE, LT, BE ou IE désigne un compte étranger, même si l’application est en français ; les néobanques agréées en France, IBAN FR, ne sont pas concernées. Les sommes transférées à l’étranger ou en provenance de l’étranger par un compte non déclaré sont présumées être des revenus imposables, sauf preuve contraire, capital déjà constitué ou revenus déjà imposés par exemple ; les droits rappelés à ce titre sont majorés de 80 %, majoration qui porte sur l’impôt dû, pas sur le solde du compte. Une régularisation spontanée, par déclaration rectificative en ligne ajoutant le 3916 pour les années non prescrites, permet de demander à titre gracieux la remise totale ou partielle de l’amende, l’administration distinguant l’oubli de bonne foi de la dissimulation. L’échange automatique d’informations entre États rend le compte connu de toute façon.
Ce que ça change chez vous
Pour Kévin, 1 500 € par année non déclarée, pour 300 € sur le compte ; une déclaration rectificative en ligne pour les années concernées, avec le formulaire 3916 et une demande gracieuse de remise de l’amende motivée par le faible solde et la bonne foi, peut aboutir à une remise totale ou partielle. Le compte se déclare ensuite chaque année, en cochant la case 8UU de la 2042, tant qu’il reste ouvert ; la clôture se déclare aussi l’année où elle a lieu.
Comment savoir s’il a le droit de lui proposer ce placement ?
Rose, 67 ans, reçoit l’appel d’un démarcheur : un placement dans les vins rares, à 8 % garanti, sans risque. Il la presse de signer.
Comment savoir s’il a le droit de lui proposer ce placement ?
- Lui demander une plaquette signée
- Chercher son nom au registre officiel
- Vérifier qu’il a un site internet et des avis clients
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Un intermédiaire qui vend des placements doit être immatriculé sur un registre public consultable en ligne. Le produit lui-même doit être autorisé. Un rendement élevé, présenté comme garanti et sans risque, est le signal classique d’une escroquerie. Rendement et risque vont toujours ensemble. L’Autorité des marchés financiers publie aussi des listes noires de sites et d’offres non autorisés. Un escroc pouvant usurper le nom et le numéro d’un professionnel inscrit, un rappel de l’établissement à ses coordonnées officielles, trouvées hors du démarchage, confirme l’identité de l’interlocuteur.
CMF art. L.541-1 · CMF art. L.546-1 · C. assur. art. L.512-1
L’explication complète
Toute personne qui propose un placement financier doit relever d’un statut réglementé et figurer sur un registre public : les intermédiaires en investissements financiers, en assurance et en opérations de banque sont immatriculés à l’ORIAS, consultable en ligne par nom ou par numéro ; les banques et prestataires de services d’investissement figurent au registre REGAFI de l’Autorité de contrôle prudentiel, les sociétés de gestion sur la liste tenue par l’Autorité des marchés financiers ; les offres de placement dans des biens divers, vins, œuvres d’art, forêts, diamants, cheptels, assorties d’une promesse de rendement ou de rachat, doivent avoir fait l’objet d’un document d’information enregistré par l’AMF, avec un numéro, avant toute communication au public, sous peine de sanctions pénales. Un intermédiaire absent de ces registres n’a pas le droit de vendre.
Les exceptions
L’AMF publie des listes noires de sites et d’acteurs non autorisés, mises à jour régulièrement, et un service d’appel gratuit ; tout démarchage, par téléphone ou autrement, est interdit pour certains produits risqués, et le démarchage ouvre un délai de rétractation de quatorze jours sans frais, sauf pour les ordres de bourse, l’achat de titres ou de parts de fonds et les contrats déjà exécutés à la demande du client. Les signaux d’une escroquerie : rendement élevé présenté comme garanti, urgence, virement vers un compte à l’étranger ou au nom d’un tiers, absence de document d’informations clés, rappels insistants. L’argent versé à une société non autorisée est très difficile à récupérer, même après une plainte.
Ce que ça change chez vous
Pour Rose, en cinq minutes : le numéro d’enregistrement de l’offre en biens divers sur le site de l’AMF, puisqu’un placement dans le vin en relève, et les listes noires ; le registre de l’ORIAS ne concerne que les intermédiaires en investissements financiers, en assurance ou en opérations de banque, le registre REGAFI les banques et prestataires de services d’investissement, chaque registre répondant à une activité. Une absence du registre propre à l’activité annoncée, ou un nom proche d’une société existante avec une adresse différente, signe l’escroquerie ; comme un escroc peut aussi reprendre le nom et le numéro d’un professionnel inscrit, un rappel de l’établissement à ses coordonnées officielles, trouvées hors du démarchage, confirme l’identité de l’interlocuteur. Le bon réflexe est de raccrocher et de signaler à l’AMF. Un vrai placement dans le vin existe, sans garantie de rendement, avec un document enregistré ; 8 % garanti n’existe nulle part.
Peut-elle débloquer avant cinq ans ?
Léna, 31 ans, a 8 000 € sur le plan d’épargne de son entreprise, versés il y a deux ans. Elle se marie en juin et voudrait s’en servir pour la fête.
Peut-elle débloquer avant cinq ans ?
- Oui, mais en perdant l’abondement
- Oui, le mariage est un cas de déblocage
- Non, le blocage de cinq ans est absolu
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Le mariage, comme la conclusion d’un PACS, permet de débloquer un plan d’épargne entreprise avant cinq ans. La demande doit être faite dans les six mois qui suivent l’événement. Les sommes récupérées restent exonérées d’impôt sur le revenu. Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. D’autres cas existent : naissance d’un troisième enfant, achat de la résidence principale, rupture du contrat de travail. Le divorce ou la rupture de PACS en font partie, avec la résidence d’au moins un enfant.
C. trav. art. R.3324-22 · C. trav. art. L.3332-25
L’explication complète
Les sommes placées sur un plan d’épargne d’entreprise sont indisponibles cinq ans à compter de chaque versement, sauf déblocage anticipé dans les cas énumérés par décret : mariage ou conclusion d’un PACS, naissance ou adoption d’un troisième enfant, divorce, séparation ou dissolution du PACS avec la garde d’au moins un enfant, invalidité du salarié, de son époux ou partenaire ou d’un enfant, décès du salarié, de son conjoint ou de son partenaire de PACS, rupture du contrat de travail, création ou reprise d’une entreprise, acquisition, construction ou agrandissement de la résidence principale, remise en état après catastrophe naturelle, surendettement, violences conjugales, et, depuis 2024, rénovation énergétique de la résidence principale, activité de proche aidant, et achat d’un véhicule propre. La demande se fait dans les six mois de l’événement, sauf rupture du contrat, invalidité, décès, surendettement, violences et activité de proche aidant, à tout moment.
Les exceptions
Le déblocage se fait en une seule fois pour l’événement, pour tout ou partie des avoirs disponibles à cette date ; les sommes issues de l’intéressement, de la participation et de l’abondement ressortent exonérées d’impôt sur le revenu, comme elles y sont entrées, et seuls les gains réalisés dans le plan supportent les prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026 ; les versements volontaires du salarié, déjà imposés à l’entrée, ressortent sans rien. Le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif, qui succède au PERCO depuis la loi Pacte, a des cas plus restreints, sans le mariage : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité, affection grave, handicap ou accident grave d’un enfant à charge depuis juin 2026, surendettement, expiration des droits au chômage ou, pour un ancien administrateur, membre du directoire ou d’un organe de surveillance, deux ans sans mandat ni contrat de travail, cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire ou, en conciliation, sur demande du président du tribunal, résidence principale. Un PERCO ouvert avant et non transformé garde ses propres cas : invalidité, décès, résidence principale, surendettement, fin des droits au chômage. Les avoirs non débloqués restent placés et deviennent disponibles cinq ans après chaque versement, l’intéressement d’une année à la fois.
Ce que ça change chez vous
Pour Léna, 8 000 € débloqués en une fois sur présentation de l’acte de mariage, dans les six mois de juin, avec par exemple 600 € de gains soumis à une centaine d’euros de prélèvements sociaux au taux de 2026, près de 7 900 € nets ; les versements de moins de cinq ans y compris. Si elle n’a besoin que de 5 000 €, le solde reste placé et disponible dans trois ans ; le déblocage étant unique par événement, le montant se choisit avant la demande. L’abondement de l’employeur, s’il y en a eu, ressort avec le reste, sans reprise.
Est-ce le cas ?
Florent, 35 ans, reçoit 3 000 € d’intéressement. Il peut les toucher tout de suite ou les placer sur le plan d’épargne de l’entreprise. Il pense que l’impôt sera le même dans les deux cas.
Est-ce le cas ?
- Oui, la prime est imposable quoi qu’il en fasse
- Non, placée, elle échappe à l’impôt
- Non, touchée tout de suite, elle est exonérée
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Placée sur un plan d’épargne salariale, la prime d’intéressement est exonérée d’impôt sur le revenu. En échange, elle est bloquée cinq ans ou jusqu’à la retraite. Touchée directement, elle s’ajoute au salaire imposable. Dans les deux cas, la CSG et la CRDS sont prélevées, mais pas les cotisations sociales. Si Florent ne répond pas dans les délais, la prime est placée d’office.
C. trav. art. L.3315-2 · CGI art. 81, 18° bis
L’explication complète
Les sommes attribuées au titre de l’intéressement sont exonérées d’impôt sur le revenu lorsqu’elles sont affectées, dans les quinze jours de leur notification, à un plan d’épargne d’entreprise, interentreprises ou retraite, dans la limite de 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, environ 36 000 € au titre de 2026 ; touchées immédiatement, elles s’ajoutent au salaire imposable de l’année, après la CSG et la CRDS de 9,7 % que l’employeur retient dans les deux cas, sans cotisations sociales ni pour lui ni pour le salarié, sauf forfait social dans les entreprises d’au moins 250 salariés. À défaut de choix dans les quinze jours, la prime est placée d’office en totalité sur le plan d’épargne d’entreprise, la règle de la moitié sur le plan retraite ne concernant que la participation.
Les exceptions
L’entreprise peut abonder les sommes placées jusqu’à trois fois leur montant et 8 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, l’abondement étant lui aussi exonéré d’impôt ; un versement abondé à 100 % double dès le premier jour, avec un risque de marché très faible si le support est monétaire, rendement qu’aucune autre épargne n’atteint. Les sommes placées sont investies dans les fonds du plan, choisis par le salarié, du monétaire sécurisé aux actions de l’entreprise, et bloquées cinq ans sauf déblocage anticipé, mariage, achat de la résidence principale, rupture du contrat de travail, entre autres ; à la sortie, le capital ressort sans impôt et les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026. Sur le plan retraite, le blocage court jusqu’à la retraite, avec des cas de sortie plus étroits.
Ce que ça change chez vous
Pour Florent, 3 000 € bruts, environ 2 700 € après CSG et CRDS ; touchés, dans la tranche à 30 %, environ 1 950 € nets ; placés, ces 2 700 € intacts, et par exemple 1 000 € d’abondement en plus si l’accord de l’entreprise le prévoit : environ 3 600 € contre 1 950 €, pour cinq ans de blocage sur un fonds qu’il choisit. Touchée, la prime est disponible tout de suite mais imposée ; placée, elle reste exonérée mais bloquée, sauf cas de déblocage, et rapporte environ 40 % de plus avant même l’abondement, le fonds monétaire du plan n’exposant qu’à un risque de marché très faible.
Comment sont-ils imposés ?
Gérald, 50 ans, a acheté 50 000 € de parts de SCPI en direct. Il reçoit 2 250 € de revenus par an et pense qu’ils sont taxés comme des dividendes.
Comment sont-ils imposés ?
- À la flat tax de 31,4 %, comme des dividendes
- Ils sont exonérés
- Comme des loyers, au barème
Voir la réponseMasquer la réponse
Les revenus d’une SCPI détenue en direct sont des revenus fonciers, comme des loyers. Ils s’ajoutent aux autres revenus de Gérald et sont imposés au barème, à son taux marginal. S’y ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026. À 30 % de taux marginal, la note dépasse 47 % des revenus. Seule la part de revenus financiers de la SCPI, souvent faible, relève de la flat tax.
CGI art. 14 · CGI art. 239 septies · CSS art. L.136-6
L’explication complète
Une société civile de placement immobilier n’est pas soumise à l’impôt sur les sociétés : chaque associé est imposé personnellement sur sa quote-part de résultat, dans la catégorie des revenus fonciers pour les loyers, au barème progressif plus 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, et dans celle des revenus de capitaux mobiliers pour les produits de la trésorerie placée, à 31,4 % ; la SCPI adresse chaque année un imprimé fiscal unique avec les montants à reporter, qui diffèrent des sommes versées parce que le résultat fiscal se calcule après charges déductibles et sans les distributions de réserves ni les plus-values de cession d’immeubles, taxées à part avec les abattements de durée. Pour Gérald, à 30 %, 2 250 € coûtent environ 1 060 € d’impôt et prélèvements, soit 47 % ; de l’ordre de 640 € à 11 %, de 1 300 € à 41 %.
Les exceptions
Le micro-foncier, abattement de 30 % sous 15 000 € de revenus fonciers bruts du foyer par an, quote-part brute des SCPI comprise, n’est ouvert au porteur de parts de SCPI que s’il détient par ailleurs un immeuble loué nu en direct et qu’aucun bien du foyer ne relève d’un régime qui l’exclut, monument historique, amortissement du bailleur privé ou dispositifs anciens ; sinon, le réel s’impose, avec la déduction des intérêts d’un emprunt contracté pour acheter les parts. Les SCPI investies hors de France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Espagne, versent des revenus imposés dans le pays de l’immeuble, avec en France un crédit d’impôt ou une exonération avec taux effectif, sans prélèvements sociaux, selon la convention. Les mêmes parts en assurance-vie ne sont imposées qu’au rachat, avec les prélèvements sociaux sur les gains et 7,5 % après huit ans, contre des frais de contrat et un rendement parfois rogné par l’assureur. En nue-propriété, face à un usufruit temporaire, aucun revenu ni impôt pendant la durée du démembrement, de trois à vingt ans selon l’AMF, puis la pleine propriété.
Ce que ça change chez vous
Pour Gérald, 1 060 € d’impôt sur 2 250 € à 30 % : un rendement de 4,5 % brut devient 2,4 % net, moins que la même SCPI en assurance-vie dans une hypothèse simple, loyers reversés en entier et 1 % de frais de contrat : 3,5 %, puis environ 2,9 % après prélèvements sociaux au rachat, l’impôt étant effacé après huit ans dans la limite de l’abattement. Un contrat qui ne reverse qu’une partie des loyers réduit cet écart. Les parts détenues se déclarent lignes 4BA et 2TR selon l’IFU ; un emprunt pour les parts ouvre la déduction des intérêts. La décision de loger la prochaine tranche en assurance-vie ou en nue-propriété se prend sur sa tranche marginale et son horizon.
Combien lui coûte-t-il après impôt ?
Vanessa, qui paie 1 500 € d’impôt sur le revenu par an, donne 300 € à une association de protection de l’environnement reconnue d’intérêt général. Elle se demande combien ce don lui coûte vraiment.
Combien lui coûte-t-il après impôt ?
- 300 €, un don ne se déduit pas
- 150 €
- 102 €
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Un don à une association d’intérêt général ouvre droit à une réduction d’impôt de 66 % du montant. Les dons sont retenus dans la limite de 20 % du revenu imposable, l’excédent se reportant sur les cinq années suivantes. Sur 300 €, Vanessa récupère 198 € : son don lui coûte 102 €. Le reçu fiscal de l’association est le justificatif exigé en cas de contrôle. La réduction ne sert qu’à ceux qui paient de l’impôt : un foyer non imposable n’en profite pas.
CGI art. 200
L’explication complète
Les dons et versements aux œuvres et organismes d’intérêt général, à caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel ou concourant à la défense de l’environnement, ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant, les dons étant retenus dans la limite de 20 % du revenu imposable ; les dons aux organismes qui fournissent gratuitement des repas, des soins ou un logement aux personnes en difficulté, ou qui luttent contre les violences conjugales, ouvrent droit à 75 % dans la limite de 2 000 € de dons par an en 2026, le surplus revenant au régime de 66 %. Les dons qui dépassent 20 % du revenu imposable sont reportés sur les cinq années suivantes. La réduction ne s’impute que sur l’impôt dû : un foyer non imposable ne reçoit rien, contrairement à un crédit d’impôt.
Les exceptions
Les dons en nature, matériel ou titres, sont évalués à leur valeur ; les frais engagés par un bénévole dans l’activité de l’association, déplacements évalués au barème kilométrique des salariés, sont un don s’il renonce expressément à leur remboursement. Le reçu fiscal, à conserver, n’est plus joint à la déclaration mais exigé en cas de contrôle ; le don doit être sans contrepartie, sauf menus biens de faible valeur ; une cotisation avec accès à des services n’est pas un don. Les dons aux partis politiques, aux candidats, et ceux ouvrant droit à la réduction d’IFI suivent des règles distinctes. Ces réductions échappent au plafonnement global des niches de 10 000 €. En janvier, le fisc verse une avance de 60 % de la réduction figurant sur le dernier avis d’impôt.
Ce que ça change chez vous
Pour Vanessa, 300 € donnés, 198 € de réduction, 102 € de coût réel, ses 1 500 € d’impôt suffisant à l’imputer et son don restant sous 20 % de son revenu imposable ; un foyer dont l’impôt n’est que de 100 € verrait la réduction plafonnée à 100 € et le don lui coûterait 200 €. Le même don à une banque alimentaire ou à une association qui héberge des personnes en difficulté donnerait 225 € de réduction, 75 € de coût. Si elle donne chaque année, elle reçoit en janvier 60 % de la réduction en avance, le solde à l’été ; un don fait au plus tard le 31 décembre compte pour l’année.
Peut-elle récupérer une partie de ces dépenses ?
Lucette, 79 ans, non imposable, paie 4 000 € par an une aide à domicile. Elle ne déclare rien, pensant que les avantages fiscaux ne concernent que ceux qui paient l’impôt.
Peut-elle récupérer une partie de ces dépenses ?
- Oui, mais seulement si elle devient imposable
- Non, puisqu’elle ne paie pas d’impôt
- Oui, 2 000 € versés par le fisc
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L’aide à domicile ouvre droit à un crédit d’impôt, pas à une simple réduction. Un crédit d’impôt est remboursé même quand on ne paie pas d’impôt. Lucette recevra 50 % de ses dépenses, soit 2 000 €. La limite est de 12 000 € de dépenses par an, relevée dans certains cas. Il suffit de déclarer les sommes versées sur la déclaration de revenus.
CGI art. 199 sexdecies
L’explication complète
Les dépenses au titre des services à la personne rendus à la résidence du contribuable, emploi direct d’un salarié ou recours à un organisme déclaré, ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 %, dans la limite de 12 000 € de dépenses par an, majorée de 1 500 € par enfant à charge et par membre du foyer de plus de 65 ans, sans dépasser 15 000 €, 15 000 € majorables jusqu’à 18 000 € la première année d’emploi direct d’un salarié, et portée à 20 000 € lorsqu’un membre du foyer est invalide de troisième catégorie ou titulaire de la carte mobilité inclusion mention invalidité, héberge une personne à charge dans cette situation, ou a un enfant ouvrant droit au complément d’allocation d’éducation de l’enfant handicapé ; les dépenses de petit bricolage sont plafonnées à 500 €, le jardinage à 5 000 €, l’assistance informatique à 3 000 €. Le crédit s’impute sur l’impôt et l’excédent est remboursé, ce qui vaut pour un foyer non imposable comme Lucette ; les dépenses retenues sont celles effectivement supportées, après déduction des aides reçues pour les financer, allocation personnalisée d’autonomie, aide de la caisse de retraite ou de la mutuelle.
Les exceptions
Le crédit couvre les salaires et cotisations d’un salarié employé directement, via le CESU, avec les frais de gestion facturés par un organisme déclaré pour son placement, ou les factures d’un organisme déclaré. Depuis 2022, l’avance immédiate permet, via l’Urssaf, de ne payer que 50 % de chaque prestation, le crédit étant versé au fur et à mesure à l’organisme ou au salarié, sur activation dans l’espace en ligne. À défaut, le crédit est versé l’été de l’année suivante, avec, à partir de la deuxième année, une avance de 60 % en janvier calculée sur le crédit de l’année précédente. Depuis 2026, avec une application par l’Urssaf à partir de juillet 2026, l’exonération de cotisations patronales des particuliers employeurs âgés est réservée aux 80 ans ou plus, contre 70 ans auparavant.
Ce que ça change chez vous
Pour Lucette, 4 000 € déclarés ligne 7DB, 2 000 € versés par le fisc l’été qui suit sa première déclaration ; dès l’année d’après, si elle déclare chaque année, 1 200 € arrivent en janvier, avance de 60 % calculée sur le crédit de l’année précédente, et le solde, 800 € à dépenses égales, à l’été ; avec l’avance immédiate, elle ne paie plus que 2 000 € dans l’année, sans avancer. Si elle reçoit de l’APA, seule la part restant à sa charge après l’allocation compte, et l’avance immédiate ne lui est pas encore ouverte, son extension aux bénéficiaires de l’APA et de la PCH étant annoncée pour 2027 : le crédit lui est alors versé l’année suivante. Les années passées sans déclarer se rattrapent par réclamation jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l’impôt, l’année de l’avis en pratique : en 2026, les dépenses des trois années précédentes se réclament encore, soit 6 000 € à récupérer si Lucette payait déjà 4 000 € par an d’aide à domicile, justificatifs à l’appui et dans les plafonds de chaque année.
Peuvent-ils avoir des taux différents ?
Laetitia gagne 5 000 € par mois, son mari Romain 1 800 €. Sur leurs deux fiches de paie, le prélèvement à la source est au même taux, celui du foyer, qu’ils avaient choisi de garder. Romain trouve injuste de payer autant en proportion.
Peuvent-ils avoir des taux différents ?
- Non, un couple a un seul taux
- Oui, en faisant deux déclarations séparées
- Oui, en revenant au taux individualisé
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Depuis le 1er septembre 2025, chaque membre d’un couple marié ou pacsé a par défaut son propre taux. Ceux qui ont gardé le taux du foyer, comme Laetitia et Romain, peuvent revenir au taux individualisé à tout moment, en ligne. L’impôt total du foyer ne change pas, mais il est réparti selon les revenus de chacun. Le taux de Romain baisse, celui de Laetitia monte. Déclarer séparément n’est possible, en revanche, que l’année du mariage ou du PACS, sur option. L’année d’une séparation ou d’un divorce, chacun déclare de son côté, d’office. Restent les cas d’imposition distincte prévus par la loi.
CGI art. 204 M · CGI art. 6
L’explication complète
Depuis le 1er septembre 2025, le taux de prélèvement à la source des couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune est individualisé par défaut : le taux du membre aux revenus les plus faibles est calculé comme s’il était imposé seul sur ses propres revenus, avec la moitié des revenus communs et des charges, et la différence entre l’impôt du foyer et la somme des deux prélèvements est affectée au taux du conjoint qui a les revenus les plus élevés ; l’impôt total est identique à l’euro près, seule sa répartition entre les deux fiches de paie change. Les couples qui avaient opté pour conserver le taux du foyer, comme Laetitia et Romain, peuvent revenir au taux individualisé à tout moment dans l’espace en ligne, avec effet au plus tard le troisième mois suivant la demande.
Les exceptions
Pour 5 000 € et 1 800 € par mois, un taux de foyer d’environ 10 % prélève environ 505 € à Laetitia et 180 € à Romain ; individualisé, Romain, qui serait très peu imposé seul, tombe à environ 1,6 %, 30 €, et Laetitia monte à environ 13 %, 655 €, le total restant d’environ 685 €. La déclaration reste commune, l’impôt calculé au quotient conjugal, et les deux époux restent solidairement tenus du paiement. Chacun peut aussi demander un taux neutre pour ne pas révéler ses autres revenus à l’employeur, en payant la différence par acompte, ou moduler son taux en cas de baisse de revenus. Le taux se met à jour chaque septembre après la déclaration.
Ce que ça change chez vous
Pour Romain, environ 150 € de plus sur sa fiche de paie chaque mois, pour Laetitia environ 150 € de moins, sans un centime d’impôt en plus ou en moins pour le foyer ; la démarche prend deux minutes en ligne. La question de fond, celle de la contribution de chacun aux charges du ménage, n’est pas réglée par le taux mais par le couple ; le taux individualisé la rend seulement visible. En cas de séparation en cours d’année, chacun déclare ses revenus à part pour l’année entière, et le taux individualisé limite les régularisations.
À quoi sert ce questionnaire ?
Marius, 26 ans, veut investir 10 000 € en Bourse par sa banque. On lui fait remplir un long questionnaire sur ses connaissances, ses projets et sa tolérance aux pertes. Il y voit une formalité inutile.
À quoi sert ce questionnaire ?
- À respecter une formalité sans effet pour lui
- À calculer son avantage fiscal
- À vérifier que le placement lui convient
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Quand elle conseille un placement ou gère un portefeuille, la banque doit évaluer les connaissances, l’expérience, la situation financière et les objectifs de son client, et ne lui recommande que ce qui lui convient. Pour une simple exécution d’ordres, elle vérifie au moins ses connaissances et son expérience, et l’avertit si le produit paraît inapproprié. Le questionnaire est cette évaluation. Des réponses exactes protègent Marius : si on lui vend un produit inadapté à son profil, la responsabilité de la banque peut être engagée.
CMF art. L.533-13 · Directive 2014/65/UE
Pourquoi c’est comme ça
Le prestataire de services d’investissement qui fournit un avis personnalisé ou une gestion de portefeuille s’enquiert auprès de son client de ses connaissances et de son expérience en matière d’investissement, de sa situation financière, y compris sa capacité à subir des pertes, et de ses objectifs, y compris sa tolérance au risque, pour lui proposer des services et instruments adaptés, et lui remet une déclaration d’adéquation ; pour la simple réception et exécution d’ordres, il vérifie seulement les connaissances et l’expérience, sauf pour les produits non complexes, actions cotées, obligations simples, fonds ordinaires, achetés à l’initiative du client, exécutables sans évaluation, et, si le produit paraît inapproprié, en avertit le client par écrit, qui peut passer outre. Le questionnaire de Marius est cette évaluation, révisée à chaque changement de situation.
Jusqu’où ça va
Les réponses classent Marius dans un profil, prudent, équilibré ou dynamique, et chaque produit porte un marché cible défini par son producteur, qui exclut certains profils ; un produit hors de son marché cible ne lui est proposé qu’à titre exceptionnel, avec une justification, de diversification par exemple, et toujours sous réserve d’adéquation, et une vente réalisée malgré une inadéquation engage la responsabilité de la banque pour la perte, sauf réponses fausses du client qu’elle ne pouvait déceler. Un client qui minimise son expérience reçoit un avertissement écrit, ou un refus en cas d’avis personnalisé, sur les produits complexes ; un client qui l’exagère fragilise ses recours sans renoncer aux protections légales, la banque ne pouvant se fonder sur des réponses dont elle sait, ou ne peut ignorer, qu’elles sont manifestement fausses, périmées ou incomplètes. Avec un service d’accompagnement personnalisé ou une gestion sous mandat, tout produit exige l’adéquation ; en simple exécution, les produits complexes, dérivés, structurés, à effet de levier, exigent le caractère approprié, et des fonds indiciels achetés à l’initiative du client peuvent être exécutés sans évaluation. Le questionnaire est conservé par la banque et sert de preuve dans les deux sens.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Marius, des réponses exactes comptent : son âge, ses 10 000 € et un horizon de dix ans ne fixent pas seuls son profil, qui tient aussi à ses connaissances, à ses autres ressources et aux pertes qu’il peut supporter ; un profil dynamique lui ouvrirait les fonds actions ; un profil prudent déclaré par précaution lui vaudrait des refus ou des avertissements à chaque ordre. Si sa banque lui vend un produit structuré qu’il ne comprend pas, la déclaration d’adéquation datée de ce jour sera sa pièce principale en cas de perte. Le questionnaire se remplit en quinze minutes et se met à jour en ligne à chaque changement d’emploi ou de projet.
Que signifie ce chiffre ?
Ophélie, 45 ans, compare deux fonds proposés dans son assurance-vie. Sur chaque document d’informations clés figure un indicateur de risque : 2 pour l’un, 6 pour l’autre.
Que signifie ce chiffre ?
- La note attribuée au gérant par les analystes
- Le niveau de risque, de 1 à 7
- La durée de placement minimale, en années
Voir la réponseMasquer la réponse
Chaque produit d’investissement doit être présenté avec un document d’informations clés standardisé. Il comporte un indicateur de risque de 1 à 7 : 1 pour les placements les moins risqués, 7 pour les plus risqués. Un fonds classé 6 n’est pas meilleur ou moins bon qu’un fonds classé 2. Il peut perdre une part bien plus importante de sa valeur sur une année.
Règlement (UE) n° 1286/2014
L’explication complète
L’indicateur synthétique de risque du document d’informations clés combine le risque de marché, mesuré, pour un fonds ordinaire, par une volatilité annualisée équivalente à sa valeur en risque, calculée sur l’historique des cinq dernières années, deux ans au moins à défaut, la méthode variant selon la catégorie du produit, et le risque de crédit de l’émetteur, sur une échelle de 1 à 7 : classe 1 pour une volatilité inférieure à 0,5 %, classe 2 de 0,5 à moins de 5 %, classe 3 de 5 à moins de 12 %, classe 4 de 12 à moins de 20 %, classe 5 de 20 à moins de 30 %, classe 6 de 30 à moins de 80 %, classe 7 à 80 % et au-delà ; le plus souvent, un fonds en euros ou monétaire est en 1 ou 2, un fonds obligataire en 2 ou 3, un fonds d’actions diversifié en 4, un fonds sectoriel ou de pays émergent en 5 ou 6, un produit à effet de levier en 7, la classe exacte figurant sur le document de chaque fonds. L’indicateur suppose que le produit est conservé pendant la période de détention indiquée par le producteur ; un retrait plus tôt expose à un risque plus élevé.
Les exceptions
Le document présente aussi quatre scénarios de performance, tensions, défavorable, intermédiaire et favorable, sur un an et sur la durée indiquée, calculés à partir d’un historique d’au moins dix ans, avec ce que 10 000 € seraient devenus ; et un tableau des coûts, frais d’entrée, de sortie, de gestion et de transaction, exprimés en pourcentage par an et en euros, avec leur effet sur le rendement. La classe 6 correspond, pour le risque de marché, à une volatilité de 30 à moins de 80 %, un risque de crédit élevé pouvant aussi relever la note : pour un fonds dont le risque tient au marché, une année à moins 30 ou moins 40 % n’a rien d’exceptionnel, sans que la classe fixe une perte maximale ; un fonds classé 2 varie le plus souvent de quelques pour cent, sans garantie non plus, le document indiquant à part la perte maximale possible et des scénarios qui restent des estimations. La classe peut changer d’une année sur l’autre. Le risque de liquidité, impossibilité de vendre, est signalé à part par une mention.
Ce que ça change chez vous
Pour Ophélie, le fonds classé 6 est le plus souvent un fonds sectoriel, thématique ou de pays émergent, son document d’informations clés disant lequel : il peut perdre un tiers en une année, parfois davantage, et mettre plusieurs années à s’en remettre ; le fonds classé 2 est le plus souvent un fonds obligataire ou prudent, dont les mauvaises années se comptent en général en quelques points, sans plafond garanti. La question n’est pas lequel est le meilleur mais combien de chaque : la part de chaque classe tient à son horizon et à la baisse qu’elle peut supporter, ce que l’indicateur ne tranche pas à sa place.
Quel avantage fiscal peut-il obtenir ?
Anthony paie 4 000 € par an de crèche pour sa fille de 2 ans, montant déjà net des aides reçues. Il pensait que seul un emploi à domicile ouvrait droit à un avantage fiscal.
Quel avantage fiscal peut-il obtenir ?
- Un crédit d’impôt de 1 750 €
- Aucun, la crèche n’est pas un emploi à domicile
- Une réduction d’impôt de 2 000 €
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Les frais de garde d’un enfant de moins de six ans au 1er janvier, hors du domicile, ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 %. C’est le cas en crèche ou chez une assistante maternelle. La limite est de 3 500 € de dépenses par enfant. Sur ses 4 000 €, Anthony récupère 1 750 €. Comme tout crédit d’impôt, il est versé même à un foyer non imposable.
CGI art. 200 quater B
L’explication complète
Les dépenses effectivement supportées pour la garde des enfants à charge âgés de moins de six ans au 1er janvier de l’année d’imposition, hors du domicile, dans une crèche, une halte-garderie, un jardin d’enfants, une garderie périscolaire, un centre de loisirs sans hébergement, ou chez une assistante maternelle agréée, ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 % dans la limite de 3 500 € de dépenses par enfant, 1 750 € en garde alternée ; les frais de repas et les suppléments exceptionnels sont exclus, et les aides reçues, complément de libre choix du mode de garde de la CAF, participation de l’employeur, chèques emploi service préfinancés, sont déduits des dépenses déclarées. Le crédit est remboursé s’il dépasse l’impôt, ce qui vaut pour tous les foyers.
Les exceptions
Pour une assistante maternelle, les dépenses retenues sont le salaire net et les cotisations, moins le complément de mode de garde ; les indemnités d’entretien comptent à hauteur de 2,65 € par journée d’accueil, les frais de repas sont exclus ; l’attestation annuelle de Pajemploi donne le montant. La garde au domicile des parents relève du crédit pour emploi à domicile, 50 % jusqu’à 12 000 €, plus généreux. Dès l’année où l’enfant a six ans au 1er janvier, il n’y a plus rien pour la garde hors domicile, sauf les réductions pour frais de scolarité de 61 € au collège, 153 € au lycée et 183 € dans le supérieur, et le crédit pour emploi à domicile si la garde se fait à la maison. Les frais de cantine et d’activités ne donnent rien. Le crédit se déclare case 7GA, par enfant, et entre dans le plafonnement global des niches de 10 000 €.
Ce que ça change chez vous
Pour Anthony, 4 000 € nets d’aides, 3 500 € retenus, 1 750 € de crédit, versés l’été qui suit la déclaration, puis, les années suivantes, pour 60 % dès janvier en avance sur le crédit de l’année précédente ; sa fille a 2 ans, le crédit joue encore trois à quatre années après celle-ci, tant qu’elle a moins de six ans au 1er janvier, soit 5 250 à 7 000 € au total. À partir de l’année où elle a six ans au 1er janvier, la garde périscolaire et le centre de loisirs ne comptent plus, les dépenses de toute l’année de son sixième anniversaire comptant encore ; une garde à domicile partagée avec une autre famille, avec le crédit de 50 % jusqu’à 12 000 €, prend le relais pour ceux qui en ont besoin. La facture de la crèche, à conserver trois ans, sert de justificatif.
Peut-elle les déduire de ses revenus ?
Karima, 52 ans, paie chaque mois 600 € de la maison de retraite de sa mère, qui n’a qu’une petite pension. Elle ignore que ces versements ont un effet sur ses impôts.
Peut-elle les déduire de ses revenus ?
- Oui, comme une pension alimentaire
- Non, ce sont des dépenses privées
- Seulement si sa mère vit chez elle
Voir la réponseMasquer la réponse
La loi impose aux enfants d’aider leurs parents dans le besoin. L’aide versée par Karima est donc une pension alimentaire déductible. Les 7 200 € payés dans l’année se déduisent de son revenu, même réglés directement à l’établissement. Ils doivent correspondre aux besoins de sa mère et à ses propres moyens. Sa mère déclare la somme reçue de son côté. Une tolérance existe pour un parent aux très faibles ressources dont l’enfant règle directement l’établissement.
CGI art. 156, II-2° · C. civ. art. 205
L’explication complète
Les pensions alimentaires versées à un ascendant dans le besoin, en exécution de l’obligation alimentaire des articles 205 à 211 du Code civil, sont déductibles du revenu global sans plafond, dans la mesure où elles sont proportionnées aux besoins de celui qui les reçoit et aux ressources de celui qui les verse ; le besoin s’apprécie en comparant les ressources de la mère, pension, revenus du patrimoine, à ses dépenses, dont le coût de l’établissement ; les versements faits directement à l’établissement pour le compte de la mère sont admis, sur factures et relevés bancaires. Symétriquement, la mère déclare la pension reçue, imposable après abattement de 10 %, ce qui reste sans effet si elle demeure non imposable, et dont l’effet sur ses aides dépend de chacune : certaines retiennent le revenu fiscal de référence, l’aide sociale à l’hébergement examine directement ses ressources et la contribution de ses enfants.
Les exceptions
Si la mère est imposable, elle peut bénéficier de la réduction d’impôt de 25 % des frais d’hébergement en établissement pour personnes dépendantes, dans la limite de 10 000 € de dépenses, ce que Karima ne peut pas demander à sa place ; les deux avantages se combinent, la pension étant déduite chez Karima et l’hébergement réduit chez la mère. Si Karima hébergeait sa mère chez elle, elle pourrait déduire un forfait de 4 075 € pour les revenus de 2025, sans justificatif, sa mère, passé 75 ans, étant réputée dans le besoin si son revenu imposable ne dépasse pas le plafond de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, ou les frais réels. Entre plusieurs enfants, chacun déduit ce qu’il verse, à proportion de ses moyens ; un accord écrit, ou une décision du juge aux affaires familiales en cas de désaccord, fixe les parts. L’aide sociale départementale, si elle est demandée, calcule d’abord la contribution des enfants.
Ce que ça change chez vous
Pour Karima, 7 200 € déduits ligne 6GU : à 30 %, environ 2 150 € d’impôt en moins, soit un coût net d’environ 5 000 € ; à 41 %, près de 2 950 €. Sa mère déclare 7 200 € en pension, imposables après l’abattement de 10 %, sans impôt avec sa petite retraite, et peut, si elle devenait imposable, demander la réduction de 25 % sur l’hébergement. Les années non déclarées se rattrapent par réclamation jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant l’avis d’imposition, soit trois années de revenus en pratique. Un relevé des virements mensuels et les factures de l’établissement suffisent en cas de contrôle ; aucun jugement n’est exigé.
Son revenu après impôt peut-il baisser ?
Nicolas, célibataire, obtient une augmentation qui fait passer une petite partie de son revenu dans la tranche à 30 %. Il se demande s’il ne gagnera pas moins qu’avant, une fois l’impôt payé.
Son revenu après impôt peut-il baisser ?
- Non, seule la partie au-dessus du seuil l’est
- Oui, s’il dépasse le seuil de plus de 1 000 €
- Oui, tout son revenu sera taxé à 30 %
Voir la réponseMasquer la réponse
Le barème de l’impôt est progressif par tranches. Chaque taux ne s’applique qu’à la fraction du revenu comprise dans sa tranche. Seule la partie du revenu de Nicolas au-delà du seuil est taxée à 30 %, le reste garde les taux inférieurs. Une augmentation ne fait donc jamais baisser le revenu après impôt. Le taux marginal indique ce que coûte le dernier euro gagné, pas le taux moyen.
CGI art. 197
L’explication complète
Le barème de l’impôt sur les revenus de 2025 comporte cinq tranches appliquées au revenu imposable par part, après l’abattement de 10 % sur les salaires : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % de 11 600 € à 29 579 €, 30 % de 29 579 € à 84 577 €, 41 % de 84 577 € à 181 917 €, 45 % au-delà ; chaque taux ne frappe que la fraction du revenu comprise dans sa tranche. Un célibataire avec 32 000 € de revenu imposable paie 11 % sur environ 18 000 €, soit près de 2 000 €, et 30 % sur environ 2 400 €, soit un peu plus de 700 €, total d’environ 2 700 €, un taux moyen de 8,5 % ; le taux marginal de 30 % ne s’applique qu’aux quelque 2 400 € du haut. Une augmentation de 1 000 € imposable coûte 300 € d’impôt et laisse 700 € : le revenu après impôt monte toujours.
Les exceptions
La décote réduit l’impôt des foyers dont l’impôt brut est inférieur, pour les revenus de 2025, à environ 2 000 € pour une personne seule et 3 300 € pour un couple, selon une formule dégressive, sans jamais rendre une hausse de revenu perdante ; le prélèvement à la source lisse le tout sur la fiche de paie avec un taux moyen. Les vrais effets de seuil existent ailleurs : le revenu fiscal de référence conditionne certaines bourses, tarifs de crèche ou de cantine, où un euro de plus fait perdre l’avantage entier ; il conditionne aussi le LEP, l’ouverture étant refusée au-delà du plafond, mais un livret déjà ouvert ne se ferme qu’après deux années consécutives de dépassement, sans reprise des intérêts acquis. La contribution différentielle sur les hauts revenus, instaurée pour les revenus de 2025, vise les revenus supérieurs à 250 000 € pour une personne seule, 500 000 € pour un couple. Le taux marginal sert à mesurer l’intérêt d’une déduction, pas ce que l’on paie en tout.
Ce que ça change chez vous
Pour Nicolas, une augmentation de 2 000 € bruts par an, soit environ 1 560 € nets de cotisations et 1 400 € imposables après abattement, coûte environ 420 € d’impôt à 30 % : environ 1 140 € nets dans la poche ; s’il était resté dans la tranche à 11 %, 1 400 €. Son taux moyen passe de 8,5 % à 9,4 %. La seule vérification utile est celle des seuils de revenu fiscal de référence s’il bénéficie d’une aide ou d’un tarif social ; pour le reste, une augmentation se dit oui.
Paiera-t-il de l’impôt sur ce gain tant qu’il ne vend pas ?
Philippe, 45 ans, a placé 50 000 € en actions sur un compte-titres. Elles valent 80 000 € aujourd’hui, mais il n’a rien vendu. Il redoute de payer chaque année l’impôt sur ces 30 000 € de gain.
Paiera-t-il de l’impôt sur ce gain tant qu’il ne vend pas ?
- Oui, au-delà de 10 000 € de gain
- Non, seulement quand il vendra
- Oui, chaque année sur la hausse
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Une plus-value n’est taxée que lorsqu’elle est réalisée, c’est-à-dire à la vente. Tant que Philippe garde ses actions, les 30 000 € de hausse ne coûtent rien. Les dividendes versés chaque année, eux, sont imposés l’année où il les touche. C’est aussi pourquoi un fonds qui réinvestit ses dividendes ne crée aucun impôt en cours de route.
CGI art. 150-0 A · CGI art. 158, 3
L’explication complète
Les gains nets retirés des cessions à titre onéreux de valeurs mobilières sont soumis à l’impôt sur le revenu au titre de l’année de la cession ; tant qu’aucune vente n’a lieu, l’augmentation de valeur est une plus-value latente, non imposable, et non déclarable. Le gain à la vente se calcule sur le prix moyen pondéré d’acquisition de tous les titres de même nature détenus, frais de courtage inclus, ce qui, pour des achats échelonnés, moyenne les prix ; une vente partielle est réputée porter sur des titres à ce prix moyen. Les dividendes, eux, sont imposés l’année de leur versement, avec un acompte de 12,8 % prélevé à la source par la banque, dont peuvent être dispensés les contribuables dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple, sur attestation remise à la banque avant le 30 novembre de l’année qui précède le versement ; les prélèvements sociaux restent retenus.
Les exceptions
La plus-value latente est purgée en cas de transmission à titre gratuit : au décès, les héritiers reçoivent les titres pour leur valeur du jour, qui devient leur prix d’acquisition, et les 30 000 € de gain de Philippe ne sont jamais imposés ; de même pour une donation, les droits de donation portant sur la valeur du jour, ce qui permet de donner des titres à un enfant qui les revend ensuite sans plus-value. Les titres acquis avant 2018 gardent, sur option pour le barème, un abattement de 50 % après deux ans et 65 % après huit ans. Un fonds capitalisant, qui réinvestit ses dividendes, ne crée aucun revenu imposable en cours de route, contrairement à un fonds distribuant.
Ce que ça change chez vous
Pour Philippe, rien à payer ni à déclarer tant qu’il garde ses actions ; à la vente, 30 000 € de gain à 31,4 %, soit près de 9 400 € en 2026, sauf si une transmission intervient avant ; s’il détient des fonds distribuant, leurs dividendes lui coûtent chaque année 31,4 %, ce qu’un fonds capitalisant équivalent évite. Une vente partielle de 20 000 € contient 7 500 € de gain, environ 2 350 € d’impôt. Les pertes sur d’autres titres, déclarées l’année où elles surviennent, s’imputeront sur ce gain pendant dix ans ; le relevé annuel de la banque donne tous ces chiffres.
Les intérêts de Gaspard sont-ils exonérés ?
Gaspard, 28 ans, a ouvert un plan d’épargne logement en 2021. Son père lui explique que les intérêts d’un PEL sont exonérés d’impôt pendant douze ans, comme pour le sien, ouvert en 2005.
Les intérêts de Gaspard sont-ils exonérés ?
- Oui, pendant douze ans
- Oui, jusqu’à 20 000 € d’intérêts
- Non, dès la première année
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Les PEL ouverts depuis 2018 n’ont plus d’avantage fiscal. Leurs intérêts sont soumis à la flat tax chaque année, dès la première, et aucune prime d’État n’est plus versée. L’exonération d’impôt sur le revenu pendant douze ans ne concerne que les plans ouverts avant 2018, comme celui du père de Gaspard. Le PEL garde un atout : un taux fixé à l’ouverture pour toute la durée du plan.
CGI art. 157, 9° bis · CGI art. 200 A · CCH art. L.315-1
L’explication complète
Les intérêts des plans d’épargne logement ouverts avant le 1er janvier 2018 sont exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’au douzième anniversaire du plan, puis imposés ; ceux des plans ouverts depuis 2018 sont imposables dès la première année, au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % prélevé à la source par la banque chaque année, ou sur option au barème, plus les prélèvements sociaux, prélevés chaque année aussi, au taux de 17,2 % pour le PEL en 2026, à la différence des placements financiers passés à 18,6 %. La prime d’État est supprimée pour tous les plans ouverts depuis 2018. Le taux de rémunération est fixé à l’ouverture pour toute la durée : 1 % pour 2021, 2 % pour 2023, 2,25 % pour 2024, 1,75 % pour 2025.
Les exceptions
Le plan du père de Gaspard, ouvert en 2005 à 2,5 %, a perdu son exonération d’impôt en 2017, ses intérêts étant imposés depuis, et il n’a pas de durée maximale, ouvert avant mars 2011 : il ne reçoit plus de versements depuis 2015 mais peut rester ouvert indéfiniment, seuls les plans ouverts depuis le 1er mars 2011 étant limités à quinze ans. Le PEL de Gaspard peut être alimenté dix ans, de 540 € par an au moins jusqu’à 61 200 € de plafond, et conservé cinq ans de plus ; à 1 % brut, 0,7 % net, il rapporte moins qu’un Livret A à 1,7 % exonéré. Son intérêt réside dans le droit à prêt, à 2,20 %, qui vaut si les taux de marché sont plus élevés au moment de l’achat, et qui se cède à un proche.
Ce que ça change chez vous
Pour Gaspard, 10 000 € sur son PEL de 2021 rapportent 100 € bruts, 70 € nets, contre environ 170 € nets sur un Livret A à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026 : une centaine d’euros par an de manque à gagner, que seul le droit à prêt compense, s’il achète dans les années qui viennent avec des taux de marché au-dessus de 2,20 % ; sinon, la clôture après quatre ans conserve les droits à prêt un an et libère les fonds. Le père, lui, garde un plan à 2,5 % dont les intérêts sont désormais taxés, mais dont le taux reste supérieur aux livrets ; ses droits à prêt à 4,20 % ne valent plus rien.
Peut-il les transférer telles quelles ?
Cyril, 48 ans, a des actions françaises sur un compte-titres depuis dix ans. Il vient d’ouvrir un PEA et veut y transférer ces actions, pour que les gains futurs échappent à l’impôt.
Peut-il les transférer telles quelles ?
- Oui, dans la limite de 150 000 €
- Oui, par un simple virement de titres entre comptes
- Non, il faut vendre puis racheter
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Un PEA ne s’alimente qu’en espèces : les titres détenus ailleurs ne peuvent pas y être transférés. Cyril doit les vendre sur son compte-titres, ce qui déclenche l’impôt sur la plus-value. Il verse ensuite l’argent sur le PEA et rachète. Les versements restent plafonnés à 150 000 €. C’est le montant versé qui compte, pas la valeur des titres.
CMF art. L.221-30 · CGI art. 150-0 A
Le détail du calcul
Le plan d’épargne en actions ne peut être alimenté que par des versements en numéraire, dans la limite de 150 000 € ; aucun titre détenu sur un compte-titres ordinaire, même éligible, ne peut y être transféré, sans exception. Cyril doit donc vendre ses actions, ce qui réalise la plus-value, taxée à 31,4 % ou au barème avec abattement pour durée sur les titres d’avant 2018, verser le produit sur le PEA, et racheter les mêmes titres, avec deux séries de frais de courtage, un délai de règlement de deux jours, et un risque de variation de cours entre les deux.
Les conditions à remplir
L’opération se justifie si l’économie future compense l’impôt payé aujourd’hui : sur des titres qui rapportent 7 % par an, le délai pour rembourser un impôt immédiat de 13 % de la valeur, si Cyril comptait garder ces titres jusqu’à son décès, dépend de la part de ce rendement versée en dividendes, taxés chaque année sur le compte-titres et pas dans le plan : si les 7 % étaient entièrement distribués et réinvestis, le plan rattraperait le compte-titres au bout d’environ treize ans ; avec 3 % de dividendes et 4 % de hausse des cours, il lui faudrait près de quarante ans ; sans dividendes, jamais, la plus-value étant purgée au décès ; s’il doit de toute façon les vendre un jour, l’impôt n’est qu’avancé et le PEA prend l’avantage en quelques années ; pour des titres à forte plus-value latente conservés sur le compte-titres, le gain est purgé au décès, le PEA pouvant recevoir de l’épargne nouvelle. Une vente en moins-value, à l’inverse, ne coûte aucun impôt et crée une perte imputable dix ans. L’abattement pour durée de détention de 65 % sur option barème, pour des titres de dix ans acquis avant 2018, ramène l’impôt sur le revenu à environ 10 % du gain à 30 % de taux marginal, les 18,6 % de prélèvements sociaux portant sur la totalité du gain.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Cyril, si ses titres valent 70 000 € pour 40 000 € payés, près de 9 400 € d’impôt à 31,4 % et 200 € de frais pour les faire entrer au PEA ; à 7 % par an, s’il comptait garder ces titres jusqu’à son décès, le délai pour récupérer cette mise par l’économie fiscale du plan dépend des dividendes : environ treize ans si tout le rendement était distribué, près de quarante ans avec 3 % de dividendes, jamais sans dividendes ; s’il doit les vendre à 68 ans, l’impôt n’est qu’avancé et le PEA le laisse devant, d’autant plus nettement que les titres versent des dividendes. À 48 ans, avec un horizon de vingt ans, l’opération reste donc incertaine ; l’autre voie consiste à garder le compte-titres et à verser sur le PEA d’autres liquidités au fil des années, dans la limite de 150 000 €. La vente de titres en moins-value, s’il en a, ne coûte aucun impôt.
Sur quel montant paiera-t-elle l’impôt l’année suivante ?
Valérie, 50 ans, a perdu 8 000 € en vendant des actions d’une société en difficulté. L’année suivante, elle vend d’autres actions avec 10 000 € de gain.
Sur quel montant paiera-t-elle l’impôt l’année suivante ?
- 10 000 €
- Rien, la perte efface tout
- 2 000 €
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Une moins-value sur titres n’est pas perdue : elle se reporte pendant dix ans et vient réduire les plus-values de même nature. Les 8 000 € perdus par Valérie s’imputent sur son gain de 10 000 € : elle ne sera imposée que sur 2 000 €. En revanche, la perte ne s’impute pas sur les salaires ou les autres revenus.
CGI art. 150-0 D, 11
L’explication complète
Les moins-values subies au cours d’une année sont imputées exclusivement, et obligatoirement, sur les plus-values de même nature réalisées au cours de la même année ; si un gain subsiste, les moins-values en report des dix années précédentes s’imputent ensuite sur ce solde, les plus anciennes d’abord ; si une perte subsiste, elle se reporte sur les dix années suivantes, et les moins-values reportables se suivent sur le formulaire 2074-CMV, joint à la déclaration ; une moins-value qui n’a pas été déclarée l’année de sa réalisation se régularise par réclamation dans le délai légal ; au-delà, elle devient très difficile à faire valoir. L’imputation se fait avant l’abattement pour durée de détention sur les titres d’avant 2018, ce qui réduit l’intérêt de l’abattement, et avant l’application du prélèvement forfaitaire ou du barème.
Les exceptions
Sont de même nature les plus-values de cession de valeurs mobilières, droits sociaux, parts de fonds, y compris les pertes constatées à la clôture d’un PEA, sous conditions ; ne le sont pas les plus-values immobilières, les gains sur cryptomonnaies, qui ont leur propre compartiment annuel sans report, ni les revenus d’une assurance-vie. Une moins-value ne s’impute jamais sur le salaire ou les autres revenus. Les titres d’une société en liquidation judiciaire ouvrent droit à une moins-value l’année du jugement de clôture ou, sur option, dès le jugement qui prononce la liquidation, sans attendre une vente impossible. Les prélèvements sociaux portent eux aussi sur le solde net après imputation des moins-values, mais avant tout abattement pour durée de détention.
Ce que ça change chez vous
Pour Valérie, 10 000 € de gain moins 8 000 € de report : 2 000 € imposables, environ 630 € d’impôt et prélèvements à 31,4 % en 2026 au lieu de près de 3 150 €, à condition d’avoir déclaré la perte de 8 000 € l’année où elle a eu lieu, ligne 3VH, et de reporter le solde sur la 2074-CMV ; si le gain suivant n’avait été que de 5 000 €, les 3 000 € restants auraient attendu jusqu’à dix ans. Une perte non déclarée à temps se rattrape par réclamation dans le délai légal ; au-delà, elle devient très difficile à faire valoir. Les relevés annuels de la banque donnent les chiffres exacts.
Cet échange est-il imposable ?
Tom, 24 ans, a acheté 2 000 € de bitcoins il y a trois ans. Ils valent 9 000 € ; il les échange contre de l’ether, sans jamais repasser par les euros.
Cet échange est-il imposable ?
- Non, pas à ce stade
- Oui, sur 7 000 € de gain
- Oui, à 1 % de la valeur échangée
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Échanger une cryptomonnaie contre une autre, sans soulte, n’est pas imposé ce jour-là : la plus-value suit le portefeuille. L’impôt n’intervient que lorsqu’on convertit en euros, ou qu’on paie un bien ou un service avec ses cryptomonnaies. À ce moment-là, la plus-value se calcule sur l’ensemble du portefeuille. Jusqu’à 305 € de cessions imposables dans l’année, rien n’est dû.
CGI art. 150 VH bis
Pourquoi c’est comme ça
Les échanges sans soulte entre actifs numériques, ou entre actifs numériques et jetons, bénéficient d’un sursis d’imposition : l’opération n’est pas prise en compte pour l’impôt, et la plus-value n’est constatée qu’à la cession contre une monnaie ayant cours légal, contre un bien ou un service, ou avec soulte ; l’échange de Tom, bitcoin contre ether, est donc neutre, comme le serait un échange contre un stablecoin, crypto-actif au sens du règlement MiCA. Lors d’une future cession en euros, la plus-value se calcule sur l’ensemble du portefeuille : prix de cession moins le prix total d’acquisition de tous les actifs numériques détenus, multiplié par le rapport entre le prix de cession et la valeur globale du portefeuille ; le prix d’acquisition de 2 000 € est ainsi réparti sur tout ce que Tom possède au jour de la vente.
Jusqu’où ça va
Le seuil d’exonération de 305 € s’apprécie sur le total des cessions imposables de l’année, pas sur le gain ; au-delà, la plus-value de l’année est imposée au taux, en 2026, de 12,8 % plus 18,6 %, soit 31,4 %, ou au barème sur option depuis 2023 ; les cessions se déclarent sur le formulaire 2086, même sous le seuil. Un investisseur dont les opérations sont habituelles, avec des outils et des volumes professionnels, relève des bénéfices non commerciaux au barème, le critère étant depuis 2023 celui des conditions d’exercice et non plus de la fréquence. Les comptes sur des plateformes étrangères se déclarent chaque année sur le 3916-bis, sous peine de 750 € par compte, 1 500 € si la valeur détenue a dépassé 50 000 € à un moment de l’année. Les moins-values d’une année s’imputent sur les plus-values de la même année seulement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, aucun impôt aujourd’hui sur 7 000 € de gain latent ; si dans deux ans il vend pour 4 000 € d’ether sur un portefeuille de 12 000 € au total, le prix d’acquisition retenu sera 2 000 € multiplié par 4 000 sur 12 000, soit environ 670 €, et la plus-value imposable d’environ 3 300 €, un peu plus de 1 000 € d’impôt et prélèvements à 31,4 %. Payer un bien 500 € en bitcoins déclencherait le même calcul. Tenir un registre de chaque achat, avec dates et montants en euros, est ce qui rend la déclaration possible le jour venu ; les plateformes ne le font pas toujours pour lui.
Comment seront taxés les revenus logés dans l’assurance-vie ?
Arlette, 58 ans, hésite entre acheter des parts de SCPI en direct ou les mêmes parts dans son assurance-vie, ouverte il y a dix ans. Sa tranche d’impôt est de 41 %.
Comment seront taxés les revenus logés dans l’assurance-vie ?
- Jamais, ni pendant ni après
- Comme des loyers, au barème, chaque année
- Seulement en cas de retrait
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Dans une assurance-vie, les revenus de la SCPI restent dans le contrat et ne sont pas imposés chaque année. L’impôt n’intervient qu’en cas de retrait, et seulement sur la part de gains qu’il contient. Après huit ans, Arlette profite d’un abattement annuel puis d’un taux réduit, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. En direct, les mêmes revenus supporteraient chaque année 41 % d’impôt et les prélèvements sociaux.
CGI art. 125-0 A · CGI art. 14
Le détail du calcul
Dans une assurance-vie, les parts de SCPI sont une unité de compte : l’assureur est l’associé, perçoit les loyers et les réinvestit dans le contrat, en tout ou partie selon les contrats, sans imposition annuelle ; l’assuré n’est imposé qu’au rachat, sur la part de gains du retrait, à 7,5 % après huit ans sous 150 000 € de versements, après l’abattement annuel de 4 600 €, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, plus 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026 ; en direct, les mêmes 2 000 € de revenus fonciers coûtent chaque année 41 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, près de 1 200 €, dès la première année. Le contrat d’Arlette ayant dix ans, tout retrait bénéficie déjà de l’abattement, qui efface l’impôt sur 4 600 € de gains par an.
Les conditions à remplir
L’assureur peut acheter les parts avec une décote sur le prix de souscription, ce qui réduit les frais d’entrée payés en direct, mais prélève ses frais de gestion sur unités de compte et peut retenir une fraction des loyers ; il peut plafonner la part de SCPI dans le contrat. Au décès, la valeur des parts est transmise aux bénéficiaires désignés avec l’abattement de 152 500 € chacun pour les versements avant 70 ans, puis 20 % jusqu’à 852 500 € reçus et 31,25 % au-delà ; en direct, les parts suivent la succession ordinaire, avec l’abattement de 100 000 € en ligne directe puis le barème de 5 à 45 %, 20 % pour l’essentiel. La plus-value sur les parts à la revente en direct suit le régime immobilier ; dans le contrat, elle se fond dans les gains.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Arlette, sur dix ans avec 2 000 € de revenus par an, soit environ 45 000 € de parts à 4,5 % : en direct, près de 11 600 € d’impôt et prélèvements aux taux de 2026, environ 8 400 € nets, la CSG déductible de 6,8 points lui rendant ensuite, à sa tranche, environ 550 € d’impôt sur les dix ans, soit près de 8 900 € nets en tout. Dans le contrat, avec des loyers reversés en entier et des frais de gestion d’environ 0,55 % par an de l’encours, 20 000 € capitalisés moins environ 3 000 € de frais ; au rachat, étalé sur quatre ans, 4 250 € de gains par an sous l’abattement de 4 600 €, aucun impôt sur le revenu si cet abattement, commun à tous les contrats du foyer, n’est pas consommé par d’autres rachats, et 17,2 % de prélèvements sociaux sur tous les gains : environ 14 000 € nets, de l’ordre de 5 000 à 5 500 € de mieux dans ces hypothèses. Au décès, ses bénéficiaires reçoivent la valeur sans droits jusqu’à 152 500 € chacun, pour les versements faits avant 70 ans. Dans ces hypothèses, à sa tranche, le contrat l’emporte ; à 11 %, l’écart se réduit et les frais pèsent davantage.
Lequel de ces avantages échappe au plafond global des niches fiscales ?
Gilbert, fortement imposé, cumule une réduction d’impôt Pinel pour un investissement locatif, un crédit d’impôt pour son aide à domicile et des dons à des associations.
Lequel de ces avantages échappe au plafond global des niches fiscales ?
- Les dons aux associations
- L’investissement locatif
- L’aide à domicile
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La plupart des avantages fiscaux sont limités ensemble à 10 000 € par an et par foyer : c’est le plafond global des niches. Les dons aux associations y échappent : ils sont retenus dans la limite de 20 % du revenu imposable, l’excédent se reportant sur les cinq années suivantes. L’investissement locatif et l’emploi à domicile de Gilbert, eux, entrent dans le plafond global. Celui-ci est porté à 18 000 € pour certains investissements outre-mer ou dans le cinéma.
CGI art. 200-0 A · CGI art. 200
Le détail du calcul
Le total des avantages fiscaux dont bénéficie un foyer au titre d’une année, réductions et crédits d’impôt liés à des investissements ou à des prestations, ne peut pas procurer une réduction du montant de l’impôt supérieure à 10 000 €, portée à 18 000 € pour la fraction correspondant aux investissements outre-mer et aux souscriptions de parts de Sofica ; l’administration calcule l’impôt en tenant compte de tous les avantages, puis sans les avantages plafonnés, et si la différence dépasse 10 000 €, l’excédent est ajouté à l’impôt dû, sans report sur les années suivantes, sauf pour la réduction au titre des souscriptions au capital de PME, reportable cinq ans. Entrent dans le plafond : l’emploi à domicile, la garde d’enfants, les investissements locatifs Pinel, Denormandie, Loc’Avantages, les FIP Corse et outre-mer, les souscriptions au capital de PME, les Sofica, l’outre-mer.
Les conditions à remplir
En sont exclus les avantages liés à la situation personnelle ou à la poursuite d’un objectif d’intérêt général sans contrepartie : quotient familial, déduction des pensions alimentaires, réduction pour hébergement en EHPAD, réduction pour frais de scolarité, réduction pour dons aux associations et aux partis politiques, réductions pour souscription au capital de jeunes entreprises innovantes, réduction Malraux ; la déduction au titre des monuments historiques et la réduction d’IFI pour dons échappent aussi. Les avantages acquis les années antérieures et reportés, comme le solde d’une réduction de souscription au capital de PME, entrent dans le plafond de l’année où ils s’imputent.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Gilbert, 6 000 € de réduction pour l’investissement locatif et 6 000 € de crédit pour l’emploi à domicile font 12 000 € : 2 000 € sont perdus, sans report ; ses dons, à 66 %, s’ajoutent intégralement en dehors. Réduire les dépenses d’emploi à domicile n’aurait aucun sens, mais anticiper avant un nouvel investissement défiscalisant en a : chaque nouvelle réduction au-delà du plafond ne rapporte rien. Le simulateur de la déclaration affiche le montant plafonné ligne par ligne.
À quel prix pourra-t-il la revendre ?
Maxime, 39 ans, a acheté en 2021 une obligation d’État à dix ans qui rapporte 0,5 % par an. Depuis, les nouvelles obligations rapportent 3 %. Il veut revendre la sienne avant l’échéance.
À quel prix pourra-t-il la revendre ?
- Moins cher que son prix d’achat
- À son prix d’achat, c’est garanti
- Plus cher, grâce à la hausse des taux
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Quand les taux montent, la valeur des obligations déjà émises baisse. Personne n’achètera 100 € une obligation à 0,5 % quand les nouvelles rapportent 3 %. Pour revendre la sienne, Maxime devra donc accepter un prix plus bas. Le remboursement à 100 % n’est promis qu’à l’échéance, par un émetteur solvable. Plus l’échéance est lointaine, plus la baisse de prix est forte.
CMF art. L.213-5
Le détail du calcul
Le prix d’une obligation sur le marché secondaire est la somme actualisée de ses flux futurs au taux exigé aujourd’hui pour une durée et un émetteur comparables : avec cinq ans restants, cinq coupons de 0,50 € et 100 € de remboursement, actualisés à 3 %, valent 88,55 € ; un acheteur qui paie ce prix touche 0,50 € par an et gagne 11,45 € au remboursement, ce qui lui donne bien 3 % par an ; c’est le seul prix auquel un acheteur rationnel accepte le titre. La sensibilité, qui mesure la variation du prix pour un point de taux, est proche de la durée restante, environ 4,8 ici : chaque point de hausse coûte environ 4,8 % du prix, et une hausse de 2,5 points explique une baisse de 11,5 %. À dix ans restants, la baisse aurait dépassé 20 %.
Les conditions à remplir
La baisse ne traduit aucun défaut : l’État remboursera 100 € en 2031 et paiera chaque coupon ; ce qui a changé est le coût d’opportunité. Vendre aujourd’hui à 88,55 € pour replacer à 3 % ne fait ni gagner ni perdre par rapport à garder, en théorie : les deux chemins donnent le même capital en 2031, la perte immédiate étant compensée par le rendement supérieur du réinvestissement ; en pratique, les frais de courtage et l’écart entre prix acheteur et vendeur, plus larges sur les obligations, rendent la vente légèrement perdante. La moins-value réalisée à la vente, 11,45 € par titre, s’impute sur les plus-values de titres pendant dix ans, ce qui peut avoir un intérêt fiscal si Maxime a des gains à compenser. Un émetteur dont la note se dégrade voit son prix baisser en plus.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Maxime, sur 10 000 € d’obligations : 8 855 € à la vente aujourd’hui, ou 10 000 € en 2031 avec 50 € par an de coupons ; replacer 8 855 € à 3 % pendant cinq ans donne environ 10 265 €, quand garder donne 10 250 € coupons compris, 10 265 € si les coupons sont replacés à 3 % : équivalent, au frottement près. La seule raison de vendre est un besoin de liquidité, ou une moins-value à utiliser contre des plus-values imposables cette année ; la seule raison de garder est l’absence de frais. Sur les 10 000 € payés en 2021, le rendement de 0,5 % par an qu’il a accepté reste le sien dans les deux cas, la baisse étant déjà subie ; sur la valeur d’aujourd’hui, 8 855 €, le titre rapporte 3 % jusqu’au terme, gardé ou vendu, comme un titre neuf : le coupon de 0,5 % ne mesure plus le rendement.
Qu’est-ce qui est vrai ?
Adèle, 33 ans, place 5 000 € sur une plateforme de financement participatif qui prête à des promoteurs immobiliers, pour 9 % d’intérêts par an pendant deux ans.
Qu’est-ce qui est vrai ?
- Son capital est garanti par la plateforme
- Elle peut perdre tout ou partie de sa mise
- Les intérêts sont exonérés d’impôt
Voir la réponseMasquer la réponse
Le financement participatif n’offre aucune garantie. Si le promoteur ne rembourse pas, Adèle peut subir des retards ou perdre tout ou partie de sa mise. Un taux de 9 % rémunère précisément ce risque. Les plateformes doivent être agréées au niveau européen et remettre une fiche d’informations sur chaque projet. Les intérêts sont imposés à la flat tax, comme ceux d’un compte à terme.
Règlement (UE) 2020/1503 · CGI art. 200 A
Pourquoi c’est comme ça
Dans le financement participatif immobilier, les épargnants prêtent à une société de projet ou à la holding du promoteur, en obligations simples ou en prêts, remboursables à la livraison et à la vente des lots, pour compléter les fonds propres exigés par la banque, qui finance le reste de l’opération et dispose le plus souvent d’une hypothèque de premier rang ; les prêteurs viennent alors après elle, et ne récupèrent leur mise que si le programme se vend au prix prévu dans les délais ; le rang de la créance, sa subordination éventuelle et les sûretés dépendent des documents de chaque opération, décrits dans la fiche d’informations clés, et un taux élevé rémunère ce rang en pratique subordonné et des garanties dont la valeur dépend du montage. Les plateformes sont agréées comme prestataires européens de services de financement participatif, remettent une fiche d’informations clés par projet, ne peuvent faire lever à un même porteur de projet plus de 5 millions d’euros sur douze mois, et publient leur historique de retards et de défauts.
Jusqu’où ça va
Les garanties mises en avant, hypothèque de second rang, caution personnelle du dirigeant, nantissement des parts, valent peu quand le programme ne se vend pas, la banque étant servie d’abord. La diversification consiste à n’engager qu’une petite part de son épargne par projet, sur de nombreux projets, plateformes et promoteurs différents ; les intérêts sont imposés à 31,4 % l’année où ils sont versés ou mis à disposition, chaque année ou au terme selon le contrat, et le sort d’une perte en capital dépend du titre souscrit : sur un prêt, la perte devenue définitivement irrécouvrable s’impute sur les intérêts d’autres prêts participatifs de la même année ou des cinq années suivantes, dans la limite de 8 000 € par an, pour l’impôt sur le revenu seulement, les prélèvements sociaux restant dus sur les intérêts bruts ; sur une obligation, une moins-value de cession ou d’annulation s’impute sur les plus-values de titres pendant dix ans, jamais sur les intérêts.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Adèle, 5 000 € sur un seul projet à 9 % : 450 € d’intérêts bruts par an s’ils sont versés chaque année, environ 310 € nets après 31,4 %, et un risque de perdre 5 000 € d’un coup ; sur vingt projets de 250 €, un défaut total sur un projet, 250 €, et un retard sur trois autres, ramènent le rendement net à 3 ou 4 %, encore honorable, à condition que les défauts restent isolés. Un rendement affiché de 9 % dont on retire l’impôt et des pertes de l’ordre de 2 % du capital par an laisse environ 4 % ; c’est ce chiffre qui se compare aux quelque 2,2 % nets de prélèvements sociaux d’un fonds en euros, au taux moyen de 2,63 % servi en 2025, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans.
Est-ce possible ?
Samuel, 30 ans, veut acheter des actions d’un géant américain de la technologie dans son PEA, pour que ses futurs gains échappent à l’impôt sur le revenu.
Est-ce possible ?
- Oui, jusqu’à 10 % du plan
- Non, pas en direct
- Oui, toutes les actions cotées y sont éligibles
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En direct, le PEA n’accepte que les actions de sociétés établies dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, et soumises à l’impôt sur les sociétés. Une action américaine n’y entre donc pas. Samuel peut en revanche acheter des fonds éligibles qui reproduisent un indice américain. Ces fonds doivent détenir au moins 75 % d’actions européennes, et suivre l’indice par un mécanisme d’échange de performance.
CMF art. L.221-31
Pourquoi c’est comme ça
Sont éligibles au plan d’épargne en actions les actions, certificats d’investissement et parts de SARL de sociétés ayant leur siège dans un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative, soumises à l’impôt sur les sociétés ou équivalent, ainsi que les parts de fonds et les actions de sociétés d’investissement à capital variable investis à plus de 75 % en titres éligibles ; les actions américaines, suisses, britanniques depuis 2021, japonaises, ne peuvent pas être détenues en direct. Les fonds indiciels à réplication synthétique contournent la contrainte : ils détiennent un panier d’actions européennes éligibles à 75 % au moins, et échangent sa performance contre celle d’un indice américain ou mondial par un contrat de swap avec une banque.
Jusqu’où ça va
Ces fonds répliquent fidèlement le S&P 500 ou le MSCI World avec des frais annuels de 0,33 % en moyenne pour les ETF d’actions en 2025, selon l’AMF, et un risque de contrepartie sur le swap limité à 10 % de l’actif par la réglementation quand la contrepartie est une banque, réinitialisé fréquemment ; ils sont proposés par plusieurs grands émetteurs et cotés en continu. Sur un compte-titres, une action américaine détenue en direct subit une retenue à la source de 15 % sur ses dividendes, imputable sur l’impôt français par crédit d’impôt si le formulaire W-8BEN a été signé, 30 % sinon, puis 31,4 % sur les plus-values ; dans le PEA via un fonds synthétique, les dividendes de l’indice sont intégrés à la performance du swap, sans retenue française, et les gains ne supportent que 18,6 % après cinq ans. Un fonds physique sur indice américain n’est pas éligible.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Samuel, l’exposition aux géants américains de la technologie passe par un fonds indiciel synthétique éligible, S&P 500 ou Nasdaq 100, dans son PEA, avec des frais de quelques dixièmes de point par an et la fiscalité du plan ; les titres en direct, s’il y tient, vont sur un compte-titres avec le W-8BEN signé, 31,4 % sur les gains et une retenue de 15 % sur les dividendes récupérée par crédit d’impôt. Sur vingt ans à 8 %, l’écart de fiscalité entre les deux enveloppes atteint environ 23 400 € pour 50 000 € investis, davantage si les dividendes sont taxés chaque année sur le compte-titres ; le fonds fait le travail.
Que devient le PEA au décès de Maurice ?
Maurice, 78 ans, a un PEA ouvert depuis vingt ans. Il pensait que ses enfants en hériteraient tel quel et continueraient à en profiter.
Que devient le PEA au décès de Maurice ?
- Il est clôturé
- Il passe aux enfants avec son ancienneté
- Il est converti en assurance-vie pour les enfants
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Le PEA ne se transmet pas : le décès de Maurice le clôture. Les gains accumulés échappent à l’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux sont prélevés. Les titres ou l’argent entrent ensuite dans la succession et supportent les droits de succession, comme ses autres biens. Chaque enfant pourra ouvrir son propre PEA, sans reprendre l’ancienneté de celui de son père.
CMF art. L.221-32 · CGI art. 157, 5° bis
L’explication complète
Le décès du titulaire entraîne la clôture du plan d’épargne en actions ; le gain net, différence entre la valeur liquidative au jour du décès et le total des versements, est exonéré d’impôt sur le revenu quelle que soit la durée du plan, mais supporte les prélèvements sociaux, 18,6 % selon l’administration pour une clôture depuis le 1er janvier 2026, les gains acquis avant 2018 gardant les taux de l’époque ; l’établissement les prélève sur le compte espèces ou par vente de titres. Les titres sont ensuite transférés sur un compte-titres au nom de la succession, puis partagés entre les héritiers, qui les reçoivent pour leur valeur au jour du décès, laquelle devient leur prix d’acquisition : la plus-value accumulée par Maurice est purgée.
Les exceptions
La valeur du plan entre dans l’actif successoral et supporte les droits de succession après les abattements, 100 000 € par enfant en ligne directe, puis le barème de 5 à 45 % ; les prélèvements sociaux, réglés par la banque à la clôture, sont admis par l’administration en déduction de l’actif successoral. Par comparaison, une assurance-vie alimentée avant 70 ans transmet 152 500 € par bénéficiaire hors droits, et un compte-titres suit les mêmes règles que le PEA sans les prélèvements sociaux à la clôture, sa plus-value étant purgée sans aucun prélèvement ; le PEA est donc l’enveloppe la moins favorable au décès, ce qui compense son avantage en vie. Les héritiers ne peuvent pas verser les titres reçus sur leur propre PEA, qui ne s’alimente qu’en espèces ; ils les gardent sur un compte-titres ou les vendent sans plus-value.
Ce que ça change chez vous
Pour Maurice, sur un plan de 200 000 € avec 120 000 € de gains, jusqu’à 22 300 € de prélèvements sociaux à la clôture, moins pour les gains acquis avant 2018, puis des droits de succession sur le solde après les abattements ; des retraits de son vivant supportent les mêmes prélèvements sociaux, 18,6 % au plus en 2026, sur la part de gains de chaque retrait ; l’argent retiré peut être donné à ses enfants, sous l’abattement de 100 000 € s’il est disponible, ou versé sur une assurance-vie où, après 70 ans, seuls les versements au-delà de 30 500 € sont taxés, les gains étant transmis hors droits. L’effet sur la note finale dépend des donations déjà faites, des abattements restants et du temps qui reste. Une donation de titres retirés du plan purge aussi la plus-value.
Combien lui restera-t-il après impôt et prélèvements sociaux ?
Carole, 47 ans, place 20 000 € sur un compte à terme à 3 % brut par an. Elle compte recevoir 600 € d’intérêts au bout d’un an. Elle n’opte pas pour le barème.
Combien lui restera-t-il après impôt et prélèvements sociaux ?
- 600 €
- 412 €
- 523 €
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Les intérêts d’un compte à terme supportent la flat tax de 31,4 % en 2026. Elle comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur 600 €, Carole paiera 188 € et gardera 412 €, soit un rendement net de 2,06 %. La banque prélève un acompte l’année du versement, ajusté ensuite sur la déclaration. Un livret réglementé exonéré, à taux plus bas, peut rapporter autant une fois net.
CGI art. 125 A · CGI art. 200 A · CSS art. L.136-7
L’explication complète
Les intérêts d’un compte à terme sont des revenus de capitaux mobiliers : au moment de leur versement, la banque prélève un acompte d’impôt de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 % au total en 2026 ; l’année suivante, l’acompte s’impute sur l’impôt définitif, calculé au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % par défaut, ou, sur option globale pour tous les revenus de capitaux mobiliers du foyer, au barème progressif, avec dans ce cas 6,8 points de CSG déductibles du revenu global de l’année de leur paiement. Pour Carole, 600 € d’intérêts, environ 190 € d’acompte et de prélèvements sociaux retenus, 412 € versés, sans autre impôt si elle reste au prélèvement forfaitaire. L’option pour le barème n’est intéressante que pour un foyer qui reste non imposable, intérêts compris, ou dans la tranche à 11 % hors zone de décote ; pour une personne seule, la décote couvre toute cette tranche et rend l’option perdante.
Les exceptions
Dans la tranche à 11 % hors décote, l’option donne 11 % moins l’économie de CSG déductible, soit environ 10,3 % effectif, contre 12,8 % ; dans la zone de décote, chaque euro d’intérêt réduit aussi la décote et coûte près de 16 % avant CSG déductible, environ 14,9 % après, plus que le forfait, et cette zone couvre toute la tranche à 11 % d’une personne seule, qui, à 20 000 € imposables, paie environ 89 € d’impôt sur 600 € d’intérêts au barème contre 77 € au forfait ; dans la tranche à 30 %, l’option coûte environ 28 % après CSG déductible contre 12,8 %, sans discussion. Un compte à terme progressif voit son taux monter par période, le taux annoncé étant souvent celui de la dernière ; un retrait anticipé, souvent possible avec un préavis prévu au contrat, réduit les intérêts selon une grille de pénalité. Le capital est garanti par la banque et par le fonds de garantie des dépôts jusqu’à 100 000 €. Le rendement net de 2,06 % se compare aux 1,7 % du Livret A et du LDDS depuis le 1ᵉʳ août 2026, exonérés, aux 2,5 % du LEP, et aux 2,07 % nets de prélèvements sociaux d’un fonds en euros à 2,5 %, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, disponible sans blocage.
Ce que ça change chez vous
Pour Carole, 412 € nets sur 20 000 € bloqués un an : environ 70 € de plus qu’un Livret A à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, 340 €, si ses livrets sont pleins ; sinon, le LEP, si elle y a droit, rapporte davantage, et les livrets restent disponibles à tout moment, à la différence du compte à terme. Si elle n’est pas imposable, avec un revenu fiscal de référence sous 25 000 €, une dispense d’acompte demandée avant le 30 novembre de l’année précédente évite l’avance de 77 €, et l’option pour le barème ramène l’impôt à zéro si elle reste non imposable, intérêts compris : 488 € nets. Un compte à terme se prend pour une durée alignée sur un projet daté, pas comme une réserve de précaution.
Peut-elle éviter ce prélèvement ?
Ginette, 74 ans, retraitée, a un revenu fiscal de référence de 18 000 €. Sa banque prélève 12,8 % sur les intérêts de son compte à terme dès qu’ils sont versés, alors qu’elle ne paie presque pas d’impôt.
Peut-elle éviter ce prélèvement ?
- Non, il est obligatoire pour tout le monde
- Oui, en fermant le compte avant l’échéance
- Oui, en demandant une dispense
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Les 12,8 % prélevés sur les intérêts de Ginette ne sont qu’un acompte d’impôt. Une personne seule peut en être dispensée si son revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 €. Pour un couple, le seuil est de 50 000 €. Il suffit d’adresser une attestation sur l’honneur à sa banque avant le 30 novembre, pour l’année suivante. Un acompte déjà prélevé n’est pas perdu : il est déduit de l’impôt, ou remboursé pour ce qui le dépasse.
CGI art. 125 A · CGI art. 242 quater
Le détail du calcul
Les personnes physiques dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € pour un contribuable seul et 50 000 € pour un couple soumis à imposition commune peuvent demander à être dispensées de l’acompte de 12,8 % sur les intérêts ; pour les dividendes, les seuils sont de 50 000 € et 75 000 € ; la demande prend la forme d’une attestation sur l’honneur, remise à chaque établissement payeur au plus tard le 30 novembre de l’année précédant celle du versement, et vaut pour toute l’année suivante, à renouveler chaque année. Les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026, restent retenus à la source dans tous les cas ; seul l’acompte d’impôt est concerné. L’acompte prélevé faute de dispense n’est pas perdu : il s’impute sur l’impôt dû au titre de l’année du versement, calculé l’année suivante, et seul l’excédent est remboursé.
Les conditions à remplir
Une attestation inexacte, faite alors que le revenu fiscal de référence dépasse le seuil, expose à une amende de 10 % de l’acompte non prélevé. La dispense est indépendante de l’option pour le barème : un contribuable dispensé peut, l’année suivante, choisir le prélèvement forfaitaire de 12,8 % ou le barème ; pour Ginette, si elle reste non imposable, intérêts compris, le barème ramène l’impôt sur ses intérêts à zéro ; dans la tranche à 11 %, la décote, qui couvre toute cette tranche pour une personne seule, rend au contraire le barème plus coûteux que les 12,8 % ; l’option, cochée case 2OP, vaut pour tous ses revenus de capitaux et plus-values mobilières de l’année. Les livrets réglementés ne sont pas concernés, n’ayant pas d’acompte ; l’assurance-vie a son propre acompte au rachat, dont la dispense se demande à l’assureur sous les mêmes seuils de revenu. Les banques en ligne proposent l’attestation dans l’espace client ; les autres la reçoivent par courrier ou en agence.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Ginette, avec 18 000 € de revenu fiscal de référence, une attestation à sa banque avant le 30 novembre supprime l’acompte dès janvier ; sur 500 € d’intérêts, environ 65 € qui ne sont plus avancés, et, sur option pour le barème, aucun impôt sur ces intérêts si elle reste non imposable, intérêts compris, au lieu de ces 65 € définitifs au prélèvement forfaitaire, les prélèvements sociaux, un peu plus de 90 € au taux de 2026, restant dus. Les acomptes prélevés cette année s’imputent sur l’impôt de l’année : au prélèvement forfaitaire, ils égalent l’impôt définitif et rien ne revient ; ils ne lui reviennent, l’été prochain, que si elle opte pour le barème et que son impôt reste inférieur. Sur plusieurs comptes à terme et un livret bancaire, l’attestation se remet à chaque établissement.
De quoi s’agit-il ?
Lucas, 35 ans, a une assurance-vie de 40 000 €, entièrement en fonds euros. Il n’a jamais rien retiré, mais son relevé montre chaque année un petit prélèvement sur ses intérêts.
De quoi s’agit-il ?
- D’un acompte d’impôt sur le revenu
- Des prélèvements sociaux
- De frais de gestion prélevés en plus
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Sur le fonds euros d’une assurance-vie, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont retenus chaque année. Ils sont pris dès que les intérêts sont inscrits au contrat, même sans retrait. C’est le petit prélèvement que Lucas voit sur son relevé. L’impôt sur le revenu, lui, n’est dû qu’en cas de retrait. Sur les unités de compte, les prélèvements sociaux attendent aussi le retrait. Le taux de 17,2 % est celui de l’assurance-vie, épargnée par la hausse de 2026.
CSS art. L.136-7 · CGI art. 125-0 A
Pourquoi c’est comme ça
Les produits inscrits sur le fonds en euros d’un contrat d’assurance-vie sont soumis aux prélèvements sociaux lors de leur inscription en compte, chaque année, l’assureur les retenant sur les intérêts avant de les créditer, au taux de 17,2 % maintenu pour l’assurance-vie en 2026 alors que les autres revenus du capital sont passés à 18,6 % ; les unités de compte ne sont prélevées qu’au rachat ou au décès, sur les gains alors constatés. Lors d’un rachat ou du dénouement, l’assureur recalcule les prélèvements sociaux sur l’ensemble des gains du contrat et déduit ceux déjà payés sur le fonds en euros ; si les unités de compte ont perdu, le montant total dû est inférieur à ce qui a été prélevé, et l’assureur restitue l’excédent, ce qui rend le prélèvement annuel neutre en montant mais pas en trésorerie.
Jusqu’où ça va
Le coût réel est celui de la capitalisation perdue : les quelque 170 € prélevés chaque année ne produisent plus d’intérêts jusqu’au rachat, ce qui, à 2,5 %, représente sur vingt ans un manque à gagner de près de 900 € sur 40 000 €, par rapport à un prélèvement unique à la sortie ; c’est l’un des arguments en faveur d’une part en unités de compte prudentes, prélevées seulement à la sortie. L’impôt sur le revenu, lui, n’est dû qu’au rachat, sur la part de gains, à 7,5 % après huit ans sous 150 000 € de versements, après abattement de 4 600 €. Les contrats eurocroissance, à garantie à terme, sont prélevés à l’échéance, ou avant en cas de rachat. Les taux de prélèvements sociaux applicables sont ceux de chaque année d’inscription des produits.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Lucas, environ 170 € par an sur 1 000 € d’intérêts au taux de 2026, près de 830 € nets crédités, et un capital qui compose à environ 2,1 % au lieu de 2,5 % : dans vingt ans, environ 60 000 € au lieu de 65 500 € sans prélèvements, dont près de 900 € imputables au seul effet de trésorerie du prélèvement annuel. À 35 ans, avec un horizon long, une fraction en unités de compte diversifiées, prélevées à la sortie seulement et au rendement espéré supérieur, est ce qui change le résultat, davantage que le taux du prélèvement lui-même.
Que peut lui proposer l’assureur ?
Colette, 66 ans, a une assurance-vie de 200 000 €. Elle a besoin de 20 000 € pendant six mois, le temps de vendre un appartement, sans toucher à son contrat.
Que peut lui proposer l’assureur ?
- Un retrait gratuit, à rembourser sans intérêts
- Rien, il faut faire un retrait
- Une avance, remboursable, sans impôt
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L’assureur peut consentir une avance à Colette : un prêt garanti par le contrat, qu’elle rembourse avec intérêts. Ce n’est pas un retrait : aucun impôt n’est dû, et le contrat garde toute sa valeur et son ancienneté. L’avance est limitée à une part de la valeur du contrat, fixée par l’assureur. Si elle n’est pas remboursée au décès, elle est déduite du capital versé aux bénéficiaires.
C. assur. art. L.132-21
L’explication complète
L’avance est un prêt consenti par l’assureur au souscripteur, dans les conditions du règlement général des avances annexé au contrat : montant, durée et taux fixés par ce règlement, intérêts payables au remboursement ; le contrat continue de produire ses intérêts sur la totalité de l’épargne, l’avance n’étant pas un retrait, et aucun impôt ni prélèvement social n’est dû. Pour Colette, 20 000 € à environ 3,5 % pendant six mois coûtent environ 350 € d’intérêts, contre un rachat partiel qui aurait fait sortir une part de gains imposable.
Les exceptions
L’avance non remboursée au terme est prélevée sur le contrat, ce qui devient alors un rachat, avec sa fiscalité ; une avance renouvelée sans fin, ou d’un montant proche de la valeur du contrat, peut être requalifiée par l’administration en rachat déguisé, la doctrine administrative visant les avances par lesquelles le souscripteur dispose définitivement de la valeur du contrat en échappant à l’impôt. Au décès, l’avance en cours et ses intérêts sont déduits du capital versé aux bénéficiaires. L’avance est possible sur les contrats en fonds en euros et en unités de compte, refusée sur certains contrats anciens ou nantis ; elle se demande par simple formulaire et se met en place en une à deux semaines. Un rachat partiel sur un contrat de plus de huit ans reste parfois plus simple si l’abattement de 4 600 € couvre les gains.
Ce que ça change chez vous
Pour Colette, 350 € d’intérêts pour 20 000 € pendant six mois, contre, pour un rachat partiel de 20 000 € sur un contrat de 200 000 € dont par exemple 60 000 € de gains, 6 000 € de gains dans le retrait, un peu plus de 1 000 € de prélèvements sociaux au taux de 2026 s’ils ne les ont pas déjà supportés, ce qui est le cas sur les unités de compte, et, au-delà de l’abattement de 4 600 €, une centaine d’euros d’impôt, de sorte qu’il faudrait retirer un peu plus de 21 000 € pour disposer de 20 000 € : l’avance coûte moins et laisse le contrat intact. Son coût réel est l’écart entre son taux et le rendement du contrat, environ 100 € sur six mois, puisque les 20 000 € restés investis continuent de produire. Si son contrat a plus de huit ans et que ses gains rachetés tiennent dans l’abattement, le rachat partiel ne coûte que les prélèvements sociaux non encore acquittés ; l’avance garde alors l’avantage de la capitalisation. La vente de l’appartement rembourse en une fois.
De quoi s’agit-il ?
Ludovic, 42 ans, salarié, loue un studio depuis l’an dernier pour 6 000 € par an. Après sa déclaration de revenus, un prélèvement mensuel apparaît sur son compte, en plus de celui de sa fiche de paie.
De quoi s’agit-il ?
- D’une taxe sur les logements loués
- D’un acompte d’impôt sur ses loyers
- D’un double prélèvement, à faire rembourser
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Les loyers de Ludovic sont perçus sans employeur ni caisse de retraite. Ils font donc l’objet d’un acompte prélevé directement sur son compte bancaire, chaque mois ou chaque trimestre. Cet acompte est calculé sur les loyers déclarés de l’année précédente, au taux du foyer, prélèvements sociaux compris. Ludovic peut le moduler s’il prévoit une baisse de ses loyers. L’ensemble est régularisé l’année suivante.
CGI art. 204 C · CGI art. 204 J
Le détail du calcul
L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux afférents aux revenus fonciers, aux bénéfices industriels et commerciaux, non commerciaux et agricoles, aux rentes viagères et aux pensions alimentaires donnent lieu à des acomptes prélevés par l’administration sur le compte bancaire du contribuable, le 15 de chaque mois ou, sur option, le 15 de chaque trimestre ; l’acompte est calculé en appliquant le taux de prélèvement du foyer au revenu net de la dernière année déclarée, plus, pour les revenus du patrimoine, les prélèvements sociaux sur ce revenu, 17,2 % en 2026 pour des revenus fonciers ; les bénéfices professionnels, dont ceux d’un micro-entrepreneur, n’en supportent pas, leur CSG étant comprise dans les cotisations. Pour Ludovic, 6 000 € de loyers au micro-foncier donnent 4 200 € de revenu net ; à un taux de foyer de 10 %, environ 420 € d’impôt et 720 € de prélèvements sociaux, soit près de 1 150 € par an, environ 95 € par mois ou 290 € par trimestre.
Les conditions à remplir
La première année de location, aucun acompte n’existe puisque rien n’a été déclaré : l’impôt sur les premiers loyers est payé l’année suivante, avec le solde de la déclaration, et les acomptes démarrent alors, calculés sur cette première année ; en septembre de chaque année, les acomptes sont recalculés sur la dernière déclaration. Le contribuable peut moduler à la baisse dans son espace en ligne, en déclarant sa situation et l’ensemble de ses revenus estimés de l’année, si le prélèvement ainsi estimé, retenue sur salaire et acomptes compris, est inférieur de plus de 5 % à celui qu’il supporterait sans modulation, et supprimer l’acompte si les loyers cessent, avec effet au plus tard le troisième mois suivant ; une modulation excessive, plus de 10 % d’erreur, expose à une majoration. Les loyers d’un meublé suivent la même mécanique en bénéfices industriels et commerciaux. Le solde se régularise chaque été.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Ludovic, 95 € par mois à partir de septembre, calculés sur les loyers de l’an dernier, régularisés l’été prochain sur les loyers réels ; s’il passe au réel avec des travaux, une modulation à la baisse en ligne ajuste l’acompte au plus tard le troisième mois suivant. Le passage au trimestre se demande au plus tard le 1er octobre pour l’année suivante. Le taux du foyer, recalculé chaque septembre, intègre les loyers : la retenue sur sa fiche de paie monte donc un peu, elle aussi, l’ampleur dépendant de l’ensemble des revenus du foyer ; les acomptes, eux, portent l’impôt propre aux loyers et leurs prélèvements sociaux.
Combien peut-il encore verser sur son PEA-PME ?
Aurélien, 35 ans, a versé 150 000 € sur son PEA. Il ouvre un PEA-PME, dont il croit le plafond de 225 000 € entièrement disponible en plus.
Combien peut-il encore verser sur son PEA-PME ?
- 75 000 €
- 225 000 €
- Rien
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Le PEA et le PEA-PME ont un plafond commun. Le PEA-PME accepte jusqu’à 225 000 € de versements, mais ce plafond inclut ce qui a déjà été versé sur le PEA classique. Avec 150 000 € sur son PEA, Aurélien ne peut verser que 75 000 € sur son PEA-PME. Les deux plans suivent ensuite les mêmes règles d’impôt et de retrait.
CMF art. L.221-32-1 · CGI art. 163 quinquies D
Le détail du calcul
Le plan d’épargne en actions destiné au financement des petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire, le PEA-PME, peut recevoir jusqu’à 225 000 € de versements, mais le total des versements sur un PEA et un PEA-PME détenus par la même personne ne peut excéder 225 000 €, le PEA restant lui-même plafonné à 150 000 € ; le plafond se partage donc dans un seul sens : un titulaire peut mettre 225 000 € sur le seul PEA-PME, ou 150 000 € sur le PEA et 75 000 € sur le PEA-PME, ou 100 000 € et 125 000 €. Un dépassement du plafond entraîne la clôture du plan à la date du manquement, les gains acquis avant restant exonérés d’impôt sur le revenu si le plan a plus de cinq ans, les prélèvements sociaux étant dus ; un dépassement sciemment fait du plafond commun expose en plus à une amende de 2 % des versements excédentaires. Le PEA-PME accepte les actions et titres de sociétés européennes de moins de 5 000 salariés et de moins de 1,5 milliard de chiffre d’affaires ou 2 milliards de bilan, ou cotées à moins de 2 milliards de capitalisation, les obligations convertibles cotées ou remboursables en actions de ces sociétés, leurs titres participatifs et obligations à taux fixe proposés en financement participatif, et les fonds investis à plus de 75 % en titres de ces entreprises, dont au moins deux tiers en actions, parts ou obligations convertibles ou remboursables.
Les conditions à remplir
Les deux plans suivent les mêmes règles : cinq ans pour l’exonération d’impôt sur le revenu, retraits partiels sans clôture après cinq ans, 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains en 2026, clôture au décès ; ils sont indépendants, avec leurs propres compteurs de cinq ans, et il n’est pas possible de transférer des titres ou des espèces de l’un à l’autre sans retrait. Chaque époux ou partenaire a ses deux plans, soit 450 000 € de versements par couple ; un enfant majeur rattaché n’a qu’un PEA jeune de 20 000 €. Les valeurs moyennes et petites sont plus volatiles et moins liquides que les grandes ; le PEA-PME peut loger des fonds spécialisés ou des obligations de PME convertibles cotées, remboursables en actions ou de financement participatif aussi bien que des titres en direct.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Aurélien, 75 000 € de versements possibles sur le PEA-PME, ouvert dès maintenant même avec un petit montant pour faire courir ses cinq ans ; s’il n’avait pas encore rempli son PEA, la répartition la plus souple aurait été 150 000 € et 75 000 €. Au-delà de 225 000 € au total, l’assurance-vie et le compte-titres prennent le relais. L’intérêt du PEA-PME se mesure à ce qu’il veut y loger : des fonds de petites valeurs européennes ou des obligations de PME émises en financement participatif, dont les intérêts échappent à l’impôt après cinq ans ; le plafond annuel d’exonération de 10 % du montant investi vise, lui, les dividendes d’actions non cotées et les intérêts d’obligations remboursables en actions non cotées, dont les plus-values ne sont exonérées qu’à hauteur du double du montant investi.
Cette rente sera-t-elle soumise à l’impôt sur le revenu ?
Huguette, 68 ans, a un PEA ouvert depuis vingt ans, qui vaut 300 000 €. Plutôt que de le retirer, elle choisit de le transformer en rente viagère de 12 000 € par an.
Cette rente sera-t-elle soumise à l’impôt sur le revenu ?
- Oui, en totalité, comme une pension
- Non, elle en est exonérée
- Oui, sur 40 % de son montant
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La rente viagère d’Huguette, issue d’un PEA de plus de cinq ans, est exonérée d’impôt sur le revenu. C’est l’une des rares sorties en rente sans impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, s’appliquent aux gains du plan lors de sa clôture, puis à une fraction de la rente qui dépend de l’âge au premier versement. Entre 60 et 69 ans, cette fraction est de 40 %, soit 4 800 € pour Huguette.
CGI art. 157, 5° ter · CGI art. 158, 6
Le détail du calcul
Un plan d’épargne en actions ouvert depuis plus de cinq ans peut se dénouer par une rente viagère, servie par un assureur, exonérée d’impôt sur le revenu ; la rente supporte les prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026, taux des produits de placement, sur une fraction déterminée par l’âge du crédirentier au premier versement, 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans, fraction fixée une fois pour toutes ; pour Huguette, 40 % de 12 000 €, 4 800 € soumis à 18,6 %, environ 900 € par an, et près de 11 100 € nets. Le montant de la rente dépend du capital converti, après les prélèvements sociaux dus sur les gains du plan lors de sa clôture, des tables de mortalité, du taux technique et des options : une réversion au conjoint ou des annuités garanties la réduisent ; les 12 000 € d’Huguette sont une rente brute proposée après ce calcul.
Les conditions à remplir
La conversion est irréversible : le capital appartient à l’assureur, la rente s’éteint au décès sauf réversion, et rien ne revient aux héritiers. L’alternative est le retrait programmé : après cinq ans, des retraits partiels réguliers ne ferment pas le plan, seule la part de gains de chaque retrait supportant les prélèvements sociaux, le capital restant investi, disponible et transmissible ; sur 300 000 € dont 200 000 € de gains, la conversion en rente aurait d’abord coûté environ 37 000 € de prélèvements sociaux à 18,6 %, moins pour les gains anciens, et la rente se calcule sur le reste ; un retrait de 12 000 € par an contient 8 000 € de gains, environ 1 500 € de prélèvements à 18,6 %, un peu moins pour les gains acquis avant 2018, 10 500 € nets, avec un capital qui continue de produire et, à 4 % de rendement, ne s’épuise pas, le retrait égalant le rendement. Une rente de PER non déduit sur option suit les mêmes fractions selon l’âge, mais pour l’impôt sur le revenu comme pour les prélèvements sociaux : elle n’est pas exonérée.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Huguette, une rente de 12 000 € donne environ 11 100 € nets par an garantis à vie, mais l’assureur la calcule sur le capital restant après les prélèvements sociaux de clôture, environ 263 000 € sur 300 000 €, ce qui compte dans la comparaison des offres de rente ; le retrait programmé donne environ 10 500 € nets par an avec un capital qui reste à elle et à ses enfants. La réversion au conjoint, si elle est mariée, se chiffre avant de signer.
Est-ce possible ?
Gaëtan, 60 ans, a une assurance-vie de 2008 aux frais élevés. Il voudrait passer chez un autre assureur moins cher, en gardant l’avantage fiscal de ses dix-huit ans d’ancienneté.
Est-ce possible ?
- Oui, après vingt ans de contrat
- Non, pas chez un autre assureur
- Oui, par transfert, en gardant l’ancienneté
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L’ancienneté fiscale d’une assurance-vie ne suit pas d’un assureur à l’autre. Pour changer d’assureur, Gaëtan doit racheter son contrat, ce qui déclenche l’impôt sur les gains. Il en ouvre ensuite un nouveau, dont le compteur de huit ans repart de zéro. Depuis 2019, en revanche, un contrat peut être transformé en un autre contrat du même assureur sans perdre son antériorité.
CGI art. 125-0 A · Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019
L’explication complète
Depuis la loi Pacte, la transformation totale ou partielle d’un contrat d’assurance-vie en un autre contrat souscrit auprès du même assureur, permettant un investissement en unités de compte ou eurocroissance, n’entraîne pas les conséquences fiscales d’un dénouement : l’antériorité fiscale est conservée ; mais aucun texte ne permet le transfert entre assureurs, et un rachat total chez l’un pour souscrire chez l’autre est un dénouement, avec imposition des gains et un nouveau compteur de huit ans. Pour un contrat de 2008, le rachat après huit ans est toutefois peu coûteux : les gains sont imposés à 7,5 % après un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, sur option pour les versements d’avant le 27 septembre 2017, et, pour les suivants, dans la limite de 150 000 € de versements, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, déjà prélevés chaque année sur le fonds en euros.
Les exceptions
Le coût d’un rachat total se calcule sur les gains contenus dans le contrat : sur 100 000 € dont 30 000 € de gains, 25 400 € imposables après abattement, environ 1 900 € d’impôt à 7,5 %, et les prélèvements sociaux sur la part en unités de compte seulement ; étalé sur plusieurs années par rachats partiels, l’abattement de 4 600 € efface l’impôt sur 4 600 € de gains par an. Ce que le vieux contrat garde de précieux : sa date pour l’abattement, déjà acquise, et, si des versements y ont été faits avant 70 ans, leur régime au décès, 152 500 € par bénéficiaire ; un nouveau contrat alimenté avant 70 ans offre le même avantage à Gaëtan qui a 60 ans.
Ce que ça change chez vous
Pour Gaëtan, deux voies : demander à son assureur la transformation interne vers un contrat récent à frais réduits s’il en propose un, sans rien perdre ; sinon, ouvrir un second contrat en ligne à 0,5 % de frais pour les nouveaux versements, et vider progressivement l’ancien par rachats partiels de 4 600 € de gains par an, sans impôt, ou 9 200 € s’il est marié ou pacsé, en réinvestissant sur le nouveau. Sur 100 000 € à 2 % de frais, 1 500 € par an de trop : le vieux contrat se vide en quelques années sans impôt sur le revenu, et ses versements avant 70 ans gardent leur régime jusqu’au bout.
Paiera-t-il l’impôt sur le revenu sur ces 6 000 € ?
Yohan, 52 ans, licencié en mars, retire en septembre 40 000 € de son assurance-vie ouverte il y a quatre ans, dont 6 000 € de gains, pour tenir en attendant un nouvel emploi.
Paiera-t-il l’impôt sur le revenu sur ces 6 000 € ?
- Non, le licenciement l’en exonère
- Oui, au prélèvement de 12,8 %
- Oui, mais seulement sur la moitié
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Le licenciement de Yohan exonère son retrait d’impôt sur le revenu, quelle que soit l’ancienneté du contrat. La même règle vaut après le licenciement du conjoint ou une mise à la retraite anticipée. Elle s’applique aussi à une invalidité de 2e ou 3e catégorie, ou à la liquidation judiciaire de son entreprise. Le retrait doit intervenir avant la fin de l’année qui suit l’événement. Les prélèvements sociaux restent dus sur les 6 000 € de gains.
CGI art. 125-0 A, I
Le détail du calcul
Les produits attachés aux contrats d’assurance-vie sont exonérés d’impôt sur le revenu, quelle que soit la durée du contrat, lorsque le dénouement ou le rachat résulte du licenciement du bénéficiaire ou de son conjoint ou partenaire de PACS, de leur mise à la retraite anticipée, de leur invalidité correspondant au classement dans la deuxième ou troisième catégorie de la Sécurité sociale, ou de la cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire ; le rachat doit intervenir avant la fin de l’année qui suit celle de l’événement, et le licenciement s’entend d’une perte d’emploi indépendante de la volonté du salarié, avec inscription comme demandeur d’emploi et sans reprise d’emploi avant le rachat, ce qui exclut la démission, la rupture conventionnelle et la fin d’un CDD selon la doctrine administrative. Les prélèvements sociaux, 17,2 % en 2026, restent dus sur les gains qui ne les ont pas déjà supportés, sauf pour un rachat résultant d’une invalidité de deuxième ou troisième catégorie, exonéré aussi de prélèvements sociaux.
Les conditions à remplir
Le rachat peut être partiel ou total, en une ou plusieurs fois dans le délai, et le contrat non clôturé conserve son antériorité ; l’exonération vaut pour tous les contrats du souscripteur, et pour les contrats du conjoint au titre du licenciement de l’autre. La preuve se fournit à l’assureur, lettre de licenciement et attestation d’inscription à France Travail, pour que le prélèvement de 12,8 % ne soit pas retenu ; à défaut, l’impôt retenu se récupère en cochant la case correspondante de la déclaration, avec les justificatifs. Le licenciement ouvre aussi le retrait du PEA sans clôture avant cinq ans, le déblocage anticipé du plan d’épargne d’entreprise au titre de la rupture du contrat de travail, et celui du plan d’épargne retraite à la fin des droits au chômage.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Yohan, 40 000 € retirés, 6 000 € de gains exonérés d’impôt, près de 770 € économisés, et un peu plus de 1 000 € de prélèvements sociaux au taux de 2026, environ 39 000 € nets ; il a jusqu’au 31 décembre de l’année prochaine pour d’autres retraits exonérés sur ce contrat ou un autre, tant qu’il n’a pas retrouvé d’emploi, et son plan d’épargne d’entreprise est déblocable dès la rupture de son contrat de travail, son plan d’épargne retraite à l’expiration de ses droits au chômage. Le contrat reste ouvert avec son ancienneté de quatre ans ; retirer seulement ce dont il a besoin, par tranches, garde le reste investi. La lettre de licenciement et l’attestation d’inscription à France Travail, jointes à la demande de rachat, évitent la retenue de l’impôt.
Est-il imposé sur ces 40 000 € lors de l’échange ?
Régis, 55 ans, détient des actions d’une société rachetée par un concurrent, qui lui remet ses propres actions ; ses anciennes actions avaient pris 40 000 € de valeur.
Est-il imposé sur ces 40 000 € lors de l’échange ?
- Oui, l’échange vaut vente
- Non, pas au moment de l’échange
- Oui, mais au seul taux de 12,8 %
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Un échange d’actions lors d’une fusion ou d’une offre publique d’échange n’est pas imposé sur le moment. Le gain est mis en attente : Régis ne paiera l’impôt que lorsqu’il vendra les nouvelles actions. Le prix d’achat retenu sera alors celui de ses anciennes actions. S’il reçoit aussi une somme en espèces, appelée soulte, celle-ci peut être imposée tout de suite.
CGI art. 150-0 B
Pourquoi c’est comme ça
Les plus-values réalisées lors d’un échange de titres résultant d’une opération d’offre publique, de fusion, de scission, d’absorption d’un fonds commun de placement par une SICAV, ou d’un apport de titres à une société soumise à l’impôt sur les sociétés, bénéficient d’un sursis d’imposition : l’échange est traité comme une opération intercalaire, non déclarée, et la plus-value n’est calculée et imposée qu’à la cession des titres reçus, à partir du prix et de la date d’acquisition des titres remis à l’échange ; Régis conservera donc son prix d’origine et son ancienneté pour la revente des actions du concurrent, où les 40 000 € s’ajouteront à la variation ultérieure. Si l’échange comporte une soulte en espèces, elle est imposée immédiatement à hauteur de son montant, à condition de ne pas excéder 10 % de la valeur nominale des titres reçus ; au-delà, l’opération entière est imposable.
Jusqu’où ça va
Le sursis se distingue du report de l’article 150-0 B ter, qui vise l’apport de titres à une société contrôlée par l’apporteur : la plus-value y est calculée et déclarée l’année de l’apport, mais son paiement est différé, et elle tombe si la société cède les titres dans les trois ans sans réinvestir au moins 70 % du prix dans les trois ans, pour les cessions depuis le 21 février 2026 ; c’est le montage de l’apport-cession, non le cas de Régis. Une offre publique d’achat en espèces, à la différence de l’échange, réalise la plus-value ; une offre mixte fait imposer tout de suite la part en numéraire, et toute l’opération si cette part dépasse 10 % de la valeur nominale des titres reçus. Au décès, les titres reçus sont transmis pour leur valeur du jour et la plus-value en sursis est effacée.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Régis, rien à déclarer cette année, et un prix d’acquisition inchangé sur ses nouvelles actions : s’il les revend plus tard avec 10 000 € de hausse supplémentaire, 50 000 € imposables à 31,4 %, soit environ 15 700 € en 2026 ; s’il les donne à ses enfants ou les conserve jusqu’au décès, les 40 000 € ne seront jamais taxés. Si l’offre comportait une soulte de 5 % en espèces, cette part serait imposée cette année. Le relevé de la banque après l’échange doit reprendre le prix de revient d’origine ; une erreur à ce stade se corrige tout de suite.
Quelle plus-value doit-elle déclarer ?
Hind, 30 ans, a acheté pour 10 000 € de cryptomonnaies au total ; son portefeuille vaut 40 000 €. Elle vend pour 4 000 € d’un jeton acheté 3 500 €, et pense déclarer 500 € de plus-value.
Quelle plus-value doit-elle déclarer ?
- 500 €
- 4 000 €
- 3 000 €
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Pour les cryptomonnaies, la plus-value ne se calcule pas jeton par jeton, mais sur l’ensemble du portefeuille. Le prix d’achat retenu est une part du prix total d’acquisition, proportionnelle à ce qui est vendu. Pour Hind, c’est 10 000 € × 4 000 / 40 000, soit 1 000 €. Elle déclare donc 3 000 € de plus-value, et non 500 €. Chaque vente réduit ensuite le prix d’acquisition restant.
CGI art. 150 VH bis
Le détail du calcul
La plus-value brute est égale à la différence entre le prix de cession et le produit du prix total d’acquisition de l’ensemble du portefeuille d’actifs numériques par le quotient du prix de cession sur la valeur globale de ce portefeuille au jour de la cession ; pour Hind, 10 000 € multipliés par 4 000 sur 40 000 donnent 1 000 € de prix d’acquisition retenu, et 3 000 € de plus-value, quel que soit le jeton vendu et son prix d’achat propre. Après cette vente, le prix total d’acquisition est réduit de la fraction utilisée, 1 000 €, et tombe à 9 000 € ; la valeur globale devient 36 000 €. Les frais de la vente, sur justificatifs, se déduisent du seul premier terme de la formule, le prix brut restant dans le quotient : pour 4 000 € vendus avec 100 € de frais, 4 000 − 100 − 1 000, soit 2 900 € de plus-value.
Les conditions à remplir
La valeur globale s’apprécie sur toutes les plateformes et tous les portefeuilles personnels, en euros au cours du jour de la cession, ce qui impose un suivi précis ; chaque cession de l’année se déclare sur le formulaire 2086, avec le prix de cession, la valeur globale et le prix total d’acquisition à sa date, et le total est reporté sur la 2042-C, imposé, en 2026, à 12,8 % plus 18,6 % ou au barème sur option ; les moins-values de l’année s’imputent sur les plus-values de la même année, sans report. Si la somme des cessions de l’année ne dépasse pas 305 €, aucune imposition, mais la déclaration reste due. Les échanges crypto contre crypto sans soulte ne comptent pas ; avec une soulte, l’échange est une cession imposable. Les comptes étrangers se déclarent sur le 3916-bis.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Hind, 3 000 € de plus-value, environ 940 € à 31,4 % en 2026 ; une seconde vente de 4 000 € le mois suivant, avec un portefeuille toujours à 36 000 €, retiendrait 9 000 € multipliés par 4 000 sur 36 000, soit 1 000 € encore, et 3 000 € de plus-value : chaque vente de 4 000 € sur ce portefeuille dégage 3 000 € imposables tant que sa valeur ne bouge pas. Vendre tout d’un coup donnerait 30 000 € de plus-value, près de 9 400 €. Un tableur avec chaque achat, chaque vente et la valeur totale à chaque date est l’outil indispensable ; les plateformes en fournissent parfois l’export.
Quel mécanisme peut limiter l’effet de cette somme sur son impôt ?
Arthur, 62 ans, reçoit une indemnité de départ à la retraite imposable de 40 000 €, en plus de son salaire de 50 000 €, deux montants comptés après la déduction de 10 %. Il craint de basculer dans une tranche élevée pour toute cette somme.
Quel mécanisme peut limiter l’effet de cette somme sur son impôt ?
- Le système du quotient
- Aucun, elle s’ajoute simplement au salaire
- Un étalement obligatoire sur cinq ans
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Un revenu exceptionnel comme l’indemnité d’Arthur peut être imposé selon le système du quotient. On ajoute un quart de la somme au revenu habituel, et on calcule le supplément d’impôt que ce quart provoque. On multiplie ensuite ce supplément par quatre. Arthur paie ainsi l’impôt comme si les 40 000 € étaient répartis sur quatre ans, sans monter aussi haut dans le barème. L’option se fait sur la déclaration de revenus.
CGI art. 163-0 A
Le détail du calcul
Lorsqu’au cours d’une année un contribuable a réalisé un revenu exceptionnel dont le montant dépasse la moyenne des revenus nets imposables des trois dernières années, l’impôt correspondant peut être calculé en ajoutant le quart de ce revenu au revenu net global ordinaire et en multipliant par quatre la cotisation supplémentaire ainsi obtenue ; pour Arthur, personne seule avec 50 000 € de revenu imposable, l’impôt ordinaire est d’environ 8 100 € au barème des revenus de 2025 ; le quart de l’indemnité, 10 000 €, ajouté au revenu, reste dans la tranche à 30 % et ajoute 3 000 € ; multiplié par quatre, 12 000 € de supplément, contre environ 12 600 € si les 40 000 € étaient ajoutés d’un bloc, une partie franchissant la tranche à 41 %. Le gain est modeste ici parce que 50 000 € sont déjà loin dans la tranche à 30 % ; il devient important quand la somme fait passer plusieurs tranches.
Les conditions à remplir
Le revenu doit être exceptionnel par sa nature, non susceptible de se renouveler chaque année, prime de mobilité, plus-value de cession d’entreprise imposée au barème, et dépasser la moyenne des revenus nets imposables des trois années précédentes, soit 50 000 € ici ; les indemnités de rupture du contrat de travail, départ à la retraite ou licenciement, pour leur fraction imposable, sont admises sans condition de montant : les 40 000 € d’Arthur y ont droit bien qu’ils restent sous cette moyenne. Les revenus différés, rappels de salaire ou de pension portant sur des années antérieures, relèvent d’un quotient calculé sur le nombre d’années concernées plus un. L’option se prend sur la déclaration, case 0XX, avec le détail ; le revenu fiscal de référence, lui, ne retient le revenu exceptionnel que pour son montant divisé par le quotient, 10 000 € ici.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Arthur, environ 600 € d’impôt économisés cette année par le quotient, plus si sa tranche était plus basse ; pour une mise à la retraite par l’employeur, la fraction exonérée de l’indemnité, le plus élevé du montant légal ou conventionnel, sans plafond, et du double de la rémunération annuelle brute de l’année précédente ou de la moitié de l’indemnité, ces deux derniers dans la limite de cinq plafonds de la Sécurité sociale, soit 240 300 € en 2026, n’entre pas dans le calcul, ce qui se vérifie sur le bulletin de solde ; un départ volontaire hors plan de sauvegarde de l’emploi est imposable en entier, et les 40 000 € d’Arthur sont déjà cette part imposable. Le prélèvement à la source de l’indemnité, appliqué au taux du foyer transmis à l’employeur, calculé sur la dernière déclaration, aura prélevé de l’ordre de 15 % si ses revenus étaient stables, le taux moyen du foyer, et non 30 % ; le solde se régularise l’été suivant. Le revenu fiscal de référence, relevé du quart de l’indemnité cette année, peut lui faire perdre, l’année d’après, un tarif social.
Quelle part de son assurance-vie entre dans l’IFI ?
Amaury, 67 ans, possède 2,5 millions d’euros de biens immobiliers et une assurance-vie de 800 000 €, dont 300 000 € investis en SCPI et le reste en fonds euros.
Quelle part de son assurance-vie entre dans l’IFI ?
- Les 800 000 €
- Rien, l’assurance-vie échappe à l’IFI
- La part immobilière des SCPI
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L’IFI ne vise que l’immobilier, mais il le suit jusque dans l’assurance-vie. La part d’un contrat rachetable investie en supports immobiliers, comme des SCPI, entre dans le patrimoine taxable. Elle compte pour sa valeur au 1er janvier. Le fonds euros, lui, reste hors de l’IFI, même si l’assureur y détient de l’immobilier. Pour Amaury, la part immobilière de ses 300 000 € de SCPI s’ajoute à ses 2,5 millions.
CGI art. 972 · CGI art. 964
Le détail du calcul
Sont compris dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière, pour leur valeur de rachat au 1er janvier, les contrats d’assurance-vie rachetables exprimés en unités de compte, à hauteur de la fraction de leur valeur représentative d’actifs immobiliers imposables, c’est-à-dire des parts de SCPI, d’OPCI et de SCI, et des fonds investis à plus de 20 % en immobilier ; le fonds en euros n’est jamais retenu, même s’il contient de l’immobilier, parce qu’il n’est pas une unité de compte, et les fonds d’actions diversifiés dont l’immobilier représente moins de 20 % sont exclus quand le redevable, avec les membres de son foyer, en détient moins de 10 % des droits, directement ou indirectement, deux conditions que remplissent la plupart des épargnants sur un fonds ouvert, mais que l’assureur vérifie support par support. L’assureur communique chaque année la fraction taxable de chaque support ; pour une SCPI, elle correspond à la part de son actif en immeubles, de l’ordre de 90 % dans l’exemple d’Amaury, la trésorerie et les titres financiers étant exclus.
Les conditions à remplir
Pour Amaury, 2,5 millions plus environ 270 000 € de fraction immobilière des SCPI, 2,77 millions taxables : 0,5 % de 800 000 à 1,3 million, 2 500 € ; 0,7 % de 1,3 à 2,57 millions, environ 8 900 € ; 1 % de 2,57 à 2,77 millions, 2 000 € ; environ 13 400 € au lieu de 10 900 € sans les SCPI, 2 500 € de plus par an. Un emprunt contracté pour acheter les unités de compte n’est pas déductible, à la différence d’une dette pour des SCPI en direct. Le plafonnement à 75 % des revenus peut jouer si les revenus d’Amaury sont modestes face à son patrimoine.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Amaury, environ 2 500 € d’IFI par an imputables aux SCPI du contrat, soit environ 0,8 % des 300 000 €, à retrancher de leur rendement de 4,5 % : 3,7 % net d’IFI avant prélèvements sociaux ; un arbitrage vers des unités de compte non immobilières, actions ou obligations, dans le contrat, se fait sans frais fiscaux et sort ces 300 000 € de l’assiette dès le 1er janvier suivant. Ses 2,5 millions d’immobilier direct, eux, restent ; les dettes qui les financent et l’abattement de 30 % sur sa résidence principale se vérifient avant tout arbitrage.
Que propose ce livret jeune ?
Élève de 16 ans, Léna a 1 500 € d’économies sur un livret bancaire ordinaire, dont les intérêts sont taxés. Son grand-père lui parle d’un livret réservé aux jeunes.
Que propose ce livret jeune ?
- Jusqu’à 1 600 €, intérêts sans impôt
- Un plafond de 22 950 €, comme le Livret A
- Un taux garanti de 5 % jusqu’à 25 ans
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Le livret jeune est ouvert aux 12-25 ans qui résident en France. Son plafond est de 1 600 €, et ses intérêts échappent à l’impôt et aux prélèvements sociaux. Son taux est fixé par chaque banque, mais ne peut pas être inférieur à celui du Livret A. Léna peut y placer ses 1 500 € et retirer librement. Avant 16 ans, les retraits demandent l’accord des parents. Le livret est fermé à la fin de l’année de ses 25 ans.
CMF art. L.221-24 · CGI art. 157
L’explication complète
Le livret jeune est ouvert aux personnes physiques âgées de 12 à 25 ans résidant en France, à raison d’un seul par personne, cumulable avec un Livret A et un LDDS ; le plafond de versements est de 1 600 €, hors capitalisation des intérêts, et le taux, fixé librement par chaque banque, ne peut être inférieur à celui du Livret A, 1,5 % de février à juillet 2026 puis 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026 ; les intérêts, calculés par quinzaine et versés au 31 décembre, sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Avant 16 ans, les retraits nécessitent l’autorisation du représentant légal ; de 16 à 18 ans, le titulaire retire seul, sauf opposition des parents notifiée à la banque ; la loi n’exige pas l’accord des parents pour l’ouverture, que la banque peut toutefois demander.
Les exceptions
Le livret est clôturé au plus tard le 31 décembre de l’année du vingt-cinquième anniversaire, et le solde est viré sur un compte désigné ou, à défaut, sur un compte d’attente. Le livret jeune ne se transfère pas d’une banque à une autre : changer de banque suppose de le clôturer puis d’en rouvrir un. Comparé au livret bancaire ordinaire, dont les intérêts supportent 31,4 %, et au Livret A, le livret jeune rapporte au moins autant, sans impôt, mais son plafond limite l’intérêt à quelques dizaines d’euros par an. Un compte-titres ou un PEA jeune, à partir de 18 ans, prennent le relais pour une épargne plus longue.
Ce que ça change chez vous
Pour Léna, 1 500 € sur un livret jeune à 2,5 % rapportent environ 38 € par an, nets, contre environ 23 € nets sur son livret bancaire à 2,2 % taxé à 31,4 % ; l’écart est modeste mais gratuit, et ses économies futures iront sur un Livret A une fois les 1 600 € atteints, avec 22 950 € de plafond. À 16 ans, elle retire seule, ce qui en fait aussi un apprentissage ; à la fin de l’année de ses 25 ans, le livret ferme et l’argent bascule.
Quelle ancienneté compte pour la fiscalité du retrait ?
Pierre a ouvert une assurance-vie en 2016 avec 1 000 €, puis y a versé 50 000 € en 2024. En 2026, il retire une partie des gains et pense que les 50 000 € n’ont que deux ans d’ancienneté.
Quelle ancienneté compte pour la fiscalité du retrait ?
- La moyenne des deux, six ans
- Celle du contrat, ouvert il y a dix ans
- Celle de chaque versement, ici deux ans
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Pour la fiscalité des retraits, l’assurance-vie compte à partir de la date d’ouverture du contrat, pas de chaque versement. Le contrat de Pierre a dix ans, quelle que soit la date des versements. Ses gains retirés profitent de l’abattement annuel de 4 600 €, ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, puis d’un taux réduit. C’est pourquoi un contrat ouvert tôt, même avec une petite somme, fait courir le délai de huit ans.
CGI art. 125-0 A
Pourquoi c’est comme ça
La fiscalité des rachats d’assurance-vie dépend de l’ancienneté du contrat, décomptée à partir de la date du premier versement, et non de celle de chaque versement : Pierre, dont le contrat date de 2016, rachète en 2026 avec plus de huit ans d’ancienneté, et les gains contenus dans son retrait bénéficient de l’abattement annuel de 4 600 €, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, puis du taux de 7,5 % pour la part des gains correspondant aux versements inférieurs à 150 000 € tous contrats confondus, 12,8 % au-delà, plus 17,2 % de prélèvements sociaux ; les gains des versements antérieurs au 27 septembre 2017, ses 1 000 € de 2016, relèvent de l’ancien prélèvement libératoire de 7,5 % après huit ans, sur option, ou du barème. Chaque retrait contient capital et gains au prorata de leur poids dans le contrat.
Jusqu’où ça va
Sur un contrat de 51 000 € versés valant par exemple 56 000 €, un retrait de 10 000 € contient environ 890 € de gains, entièrement couverts par l’abattement : aucun impôt, seulement les prélèvements sociaux non encore prélevés sur la part en unités de compte. La prise de date consiste à ouvrir un contrat avec un versement minimal, 100 ou 500 €, pour faire courir les huit ans, et à y verser ensuite ; elle vaut pour plusieurs contrats chez plusieurs assureurs, ce qui multiplie aussi la garantie de 70 000 € par assureur. Le seuil de 150 000 € s’apprécie sur les versements non encore remboursés par des rachats au 31 décembre précédent, tous contrats du souscripteur confondus. La transformation, chez le même assureur, en un contrat permettant d’investir en unités de compte ou eurocroissance conserve la date, par avenant ou nouveau contrat ; un rachat suivi d’une nouvelle souscription, non.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Pierre, un contrat de dix ans sur lequel les 50 000 € de 2024 profitent dès aujourd’hui de l’abattement et du taux réduit : un retrait de gains de 4 600 € par an ne lui coûte que les prélèvements sociaux, environ 790 € au taux de 2026, là où un contrat ouvert en 2024 lui aurait coûté 12,8 % de plus, près de 590 €, jusqu’en 2032. Ouvrir dès maintenant un second contrat avec 100 €, chez un autre assureur, prépare de la même façon les versements de 2030 ; c’est le geste le plus rentable de l’assurance-vie, et il ne coûte rien.
Que se passe-t-il au bout des dix ans ?
À 58 ans, Dominique achète pour 70 000 € la nue-propriété de parts de SCPI valant 100 000 €, pour dix ans ; l’usufruit est acheté par une société. Elle ne touchera aucun revenu pendant ce temps.
Que se passe-t-il au bout des dix ans ?
- Les parts sont vendues au profit de la société
- Elle doit racheter l’usufruit
- Elle récupère les parts entières, sans impôt
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Un usufruit temporaire s’éteint de lui-même à son terme. Dominique récupère alors la pleine propriété des parts, sans rien payer et sans impôt : la reconstitution de la propriété n’est pas un revenu. Pendant dix ans, elle n’a aucun loyer à déclarer. Sa nue-propriété n’entre pas dans l’impôt sur la fortune immobilière. Elle achète ainsi des parts avec une décote de 30 %. Leur valeur finale dépendra toutefois de celle des SCPI.
C. civ. art. 617 · CGI art. 968
Pourquoi c’est comme ça
Dans un démembrement temporaire de parts de SCPI, la société de gestion fixe une clé de répartition du prix entre usufruit et nue-propriété selon la durée, d’autant plus forte pour l’usufruit que la durée est longue, calculée sur le rendement de la SCPI, 30 % pour dix ans dans le cas de Dominique ; l’usufruitier, souvent une société à l’impôt sur les sociétés qui amortit son usufruit, perçoit les revenus et vote aux assemblées sur l’affectation des résultats ; le nu-propriétaire ne perçoit rien, ne déclare rien, ne paie pas d’IFI sur ses parts, l’usufruitier déclarant la pleine valeur s’il y est assujetti, et vote sur les décisions extraordinaires. À l’extinction de l’usufruit, par le seul écoulement du temps, la pleine propriété se reconstitue sans acte, sans droits ni impôt, l’article 617 prévoyant l’extinction par l’expiration du temps.
Jusqu’où ça va
Pour Dominique, 70 000 € payés pour 100 000 € de valeur reconstituée dans dix ans, soit un rendement implicite d’environ 3,6 % par an, net d’impôt et de prélèvements sociaux, sans revenu à déclarer, auquel s’ajoute ou se retranche l’évolution du prix de part sur la période ; un prix de part en baisse de 10 % ramène la valeur finale à 90 000 € et le rendement à 2,5 %. La nue-propriété peut être revendue avant le terme sur le marché secondaire, avec une décote résiduelle qui diminue chaque année, mais avec peu d’acheteurs.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Dominique, à 58 ans, dix ans sans revenu ni impôt et des parts entières à 68 ans, au moment où elle en aura besoin pour compléter sa retraite, avec 4,5 % de revenus fonciers à ce moment-là ; l’opération vaut pour un contribuable imposé à 30 % ou plus, qui aurait perdu la moitié des loyers en impôt, et pour qui l’IFI compte. Une revente des parts à 68 ans relèverait des plus-values immobilières, avec des abattements de 30 % pour l’impôt et 8,25 % pour les prélèvements sociaux ; les garder les fait produire. La qualité de la SCPI décide de tout : la décote ne protège pas d’une baisse du prix de part.
Quelle réduction d’impôt peut-elle obtenir ?
Nadia a deux enfants à charge, l’un au collège, l’autre au lycée. Elle n’a jamais rien déclaré à ce sujet, pensant que seuls les frais de garde des tout-petits comptent.
Quelle réduction d’impôt peut-elle obtenir ?
- 1 000 € par enfant
- 214 € au total
- Aucune pour la scolarité
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Chaque enfant à charge scolarisé ouvre une réduction d’impôt forfaitaire : 61 € au collège, 153 € au lycée, 183 € dans l’enseignement supérieur. Nadia obtient 61 € plus 153 €, soit 214 €, sans avoir à justifier de frais. Elle indique le nombre d’enfants par niveau dans les cases de la déclaration, et nomme chacun avec son établissement et sa classe ; aucun justificatif n’est à joindre. Comme c’est une réduction, elle ne sert qu’aux foyers imposables.
CGI art. 199 quater F
L’explication complète
Les contribuables bénéficient d’une réduction d’impôt sur le revenu lorsque les enfants qu’ils ont à leur charge poursuivent, au 31 décembre de l’année d’imposition, des études secondaires ou supérieures dans un établissement public ou privé, en France ou à l’étranger, sans être liés par un contrat de travail ni rémunérés, une bourse ou l’indemnité d’un stage obligatoire de la formation ne comptant pas comme rémunération : 61 € par enfant au collège, 153 € au lycée, 183 € dans l’enseignement supérieur ; en cas de garde alternée, chaque parent reçoit la moitié ; un enfant en apprentissage, en alternance rémunérée ou en école d’ingénieurs sous statut salarié n’ouvre pas droit. La réduction est forfaitaire et s’impute sur l’impôt dû, sans remboursement de l’excédent.
Les exceptions
La déclaration se fait cases 7EA, 7EC et 7EF pour les enfants à charge exclusive, 7EB, 7ED et 7EG en garde alternée, avec, pour chaque enfant, ses nom et prénom, son établissement et sa classe, dont l’oubli ne fait pas perdre la réduction à lui seul ; les années oubliées se réclament en ligne jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement, soit trois avis d’imposition, le dernier compris. La réduction n’entre pas dans le plafonnement des niches. Elle se cumule avec la bourse de collège ou de lycée, versée sous conditions de ressources, et avec l’allocation de rentrée scolaire ; l’enfant majeur étudiant rattaché ouvre 183 € ; celui qui déclare seul ne donne plus rien, mais la pension qui lui est effectivement versée devient déductible, dans la limite de 6 855 €, si ses ressources ne couvrent pas ses besoins et sur justificatifs.
Ce que ça change chez vous
Pour Nadia, 214 € par an, et jusqu’à 642 € en réclamant les deux années précédentes si elle n’a rien coché ; quand le collégien passera au lycée, 306 € ; puis 183 € par enfant dans le supérieur, ou la pension déductible, sous conditions, s’ils déclarent seuls. La réduction reste modeste, mais elle se cumule avec la bourse si ses revenus y ouvrent droit. Les cases se vérifient en avril, avant de valider la déclaration préremplie.
Quel est l’intérêt de ce plan pour Ava ?
À la naissance de sa petite-fille Ava, Marius veut lui mettre 100 € de côté chaque mois jusqu’à ses 18 ans. La banque des parents leur parle d’un plan réservé aux jeunes.
Quel est l’intérêt de ce plan pour Ava ?
- Un taux garanti fixé par l’État
- Des gains exonérés, bloqués jusqu’à ses 18 ans
- Aucun, un mineur ne peut pas investir
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Le plan d’épargne avenir climat peut être ouvert pour un enfant dès sa naissance, et jusqu’à ses 21 ans, s’il réside en France. Les versements sont plafonnés à 22 950 €. L’argent est investi dans des fonds tournés vers la transition écologique. Il reste bloqué jusqu’aux 18 ans d’Ava, et pendant au moins cinq ans. En échange, les gains échappent à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. La valeur n’est pas garantie : elle suit les marchés.
Loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023
L’explication complète
Le plan d’épargne avenir climat, créé par la loi industrie verte, peut être ouvert par une personne de moins de 21 ans résidant en France à titre habituel, par ses représentants légaux si elle est mineure, sous forme de compte-titres ou de contrat de capitalisation, avec un plafond de versements de 22 950 € ; les sommes sont investies en titres finançant la transition écologique, fonds labellisés ou obligations vertes, selon une gestion pilotée par défaut qui réduit progressivement la part d’actifs risqués à l’approche de la date de sortie choisie, avec au moins 70 % d’actifs peu risqués deux ans avant, sauf choix contraire du titulaire ; les retraits sont impossibles avant la majorité et avant cinq ans de détention, sauf invalidité du titulaire ou décès d’un parent, et les gains sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, un régime plus favorable que le PEA ; les versements cessent dès que le titulaire a dix-huit ans et le plan plus de cinq ans, retrait ou non, les retraits partiels étant alors possibles sans clôture, et le plan est clôturé le 31 décembre de l’année de ses 30 ans.
Les exceptions
Les versements peuvent venir des parents, des grands-parents ou de tiers, et constituent des dons manuels à l’enfant, non rapportables s’ils restent des présents d’usage, ou déclarables au-delà ; l’argent appartient à Ava et ses parents ne peuvent pas le reprendre. Comparé au Livret A d’un mineur, exonéré aussi mais à 1,7 % sans risque, le plan vise un rendement supérieur sur dix-huit ans en acceptant les variations des marchés, avec des frais de gestion à surveiller ; comparé à une assurance-vie au nom de l’enfant, il exonère totalement les gains mais bloque jusqu’à 18 ans. La désensibilisation progressive réduit le risque dans les dernières années, sans garantir le capital.
Ce que ça change chez vous
Pour Ava, 100 € par mois pendant dix-huit ans, 21 600 € versés, juste sous le plafond ; à 4 % par an net de frais, environ 31 500 € à 18 ans, sans un euro d’impôt, contre environ 25 000 € sur un Livret A à 1,7 % ; à 2 %, environ 26 000 €, l’écart se resserre. Les versements de Marius sont des dons à sa petite-fille, sans droits sous 31 865 € par quinze ans s’ils sont déclarés ; faits sans occasion, ils ne sont pas des présents d’usage. À 18 ans, Ava dispose librement du capital ; c’est le seul point à mesurer pour un grand-père.
Sur quoi paie-t-il 18,6 % ?
En 2026, Édouard encaisse 1 000 € de gains sur son compte-titres, 1 000 € de gains retirés d’une assurance-vie de trois ans, et 1 000 € de loyers nets. Il pense payer 18,6 % de prélèvements sociaux sur les trois.
Sur quoi paie-t-il 18,6 % ?
- Sur aucun, le taux reste à 17,2 %
- Sur le compte-titres seulement
- Sur les trois
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Pour 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale a relevé la CSG. Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital sont ainsi passés de 17,2 % à 18,6 %. Mais plusieurs revenus y échappent et restent à 17,2 % : les produits d’assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et l’épargne logement. Les gains du compte-titres d’Édouard supportent donc 18,6 %. Ceux de son assurance-vie et ses loyers restent à 17,2 %.
LFSS 2026 · CSS art. L.136-8
Pourquoi c’est comme ça
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé de 1,4 point la contribution sociale généralisée sur les revenus du capital, la portant de 9,2 % à 10,6 %, ce qui fait passer le total des prélèvements sociaux, CSG, CRDS à 0,5 % et prélèvement de solidarité à 7,5 %, de 17,2 % à 18,6 % pour les revenus de capitaux mobiliers, dividendes, intérêts des comptes à terme, livrets fiscalisés et obligations, pour les plus-values de valeurs mobilières et d’actifs numériques, pour les gains des plans d’épargne en actions et de l’épargne salariale ; le prélèvement forfaitaire unique passe ainsi de 30 % à 31,4 %, dès les revenus de 2025 pour les plus-values et depuis le 1er janvier 2026 pour les produits de placement. Le législateur a maintenu 17,2 % pour les produits des contrats d’assurance-vie et de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les intérêts des plans et comptes d’épargne logement.
Jusqu’où ça va
Pour l’assurance-vie, le taux applicable est celui en vigueur à la date d’inscription des produits sur le fonds en euros, et, pour les unités de compte, celui en vigueur au rachat ou au décès ; le maintien à 17,2 % vaut pour tous les produits, quelle que soit la date. Pour le PEA, à l’inverse, l’administration applique 18,6 % aux gains retirés depuis le 1er janvier 2026, les taux historiques ne valant que pour les gains antérieurs à 2018 des plans ouverts avant cette date et, pour les plans ouverts de 2013 à 2017, pour ceux de leurs cinq premières années. Les revenus fonciers et plus-values immobilières de source française des non-résidents affiliés dans l’Espace économique européen, en Suisse ou au Royaume-Uni restent au seul prélèvement de solidarité de 7,5 %. Les prélèvements sociaux sur les revenus d’activité et de remplacement ne sont pas concernés. Une part de la CSG sur les revenus soumis au barème reste déductible, 6,8 points.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Édouard, 186 € sur les gains du compte-titres au lieu de 172 €, 172 € sur les gains de l’assurance-vie et 172 € sur les loyers : 14 € de hausse au total ; à l’échelle d’un portefeuille de 100 000 € rapportant 4 % en dividendes, 56 € par an. Le classement des enveloppes ne change pas : l’assurance-vie gagne un peu, le PEA garde l’exonération d’impôt sur le revenu qui pèse bien plus que 1,4 point de prélèvements. La hausse se lit sur l’imprimé fiscal unique de 2027 ; rien à déclarer de particulier.
Que peut-il faire ?
Laurent a un PERP ouvert en 2008, qui ne lui versera qu’une rente à la retraite, sauf 20 % en capital. Il aimerait pouvoir récupérer toute son épargne en capital le moment venu.
Que peut-il faire ?
- Le racheter sans pénalité, en capital
- Le transférer vers un plan d’épargne retraite
- Rien : le PERP est figé jusqu’à la retraite
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Depuis 2019, les anciens contrats retraite peuvent être transférés vers un plan d’épargne retraite. C’est le cas du PERP, des contrats Madelin et des contrats d’entreprise. Au départ en retraite, le nouveau plan permet une sortie en capital, en une ou plusieurs fois. Elle vaut pour les sommes issues des versements volontaires, dont celles du PERP. Les frais de transfert sont plafonnés à 1 % des droits acquis si le contrat a moins de dix ans, et nuls au-delà. Le PERP de Laurent, ouvert en 2008, se transfère donc sans frais.
CMF art. L.224-40
L’explication complète
Saisi de la demande, l’assureur d’origine vire la valeur de transfert, et les sommes sont inscrites dans le premier compartiment du nouveau plan, celui des sommes déduites du revenu imposable à l’entrée, ce qui détermine leur régime à la sortie. Les frais prélevés par l’ancien contrat sont plafonnés à 1 % de la valeur pour un contrat de moins de dix ans, et interdits au-delà, depuis octobre 2024, la loi industrie verte ayant écrasé les barèmes contractuels antérieurs ; le nouveau plan peut facturer des frais d’entrée, à négocier ou à éviter chez les acteurs en ligne. Pendant l’opération, l’épargne est désinvestie puis réinvestie sur les supports choisis du nouveau plan, gestion pilotée à horizon par défaut, ce qui expose à quelques semaines hors marché. Les garanties de table de mortalité ou de taux technique de l’ancien contrat, parfois avantageuses sur les contrats des années 2000, sont perdues.
Les exceptions
La sortie en capital d’un PER alimenté par des versements déduits est imposée en deux parts : le capital correspondant aux versements est soumis au barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %, mais sans prélèvements sociaux, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire de 12,8 % plus 18,6 %, soit 31,4 % en 2026 ; le système du quotient peut s’appliquer à une sortie en une fois. Sur le PERP, la sortie en capital limitée à 20 %, ou totale pour une première acquisition de résidence principale, peut être imposée sur option au prélèvement libératoire de 7,5 % après abattement de 10 %, les prélèvements sociaux des pensions s’y ajoutant, régime parfois plus favorable, qui se perd au transfert. La rente est imposée dans les deux cas comme une pension après abattement de 10 % ; les prélèvements sociaux sont de 9,1 % au taux plein sur la rente comme sur le capital du PERP, et de 18,6 % sur une fraction de la rente du PER, 40 % entre 60 et 69 ans.
Ce que ça change chez vous
Pour Laurent, avec par exemple 80 000 € sur le PERP dont 20 000 € de gains, le transfert lui ouvre un capital de 80 000 € à la retraite, imposé au barème sur 60 000 €, étalable sur plusieurs années par retraits fractionnés pour rester dans la tranche à 11 % ou 30 %, et près de 6 300 € de prélèvement sur les gains à 31,4 % ; sur le PERP, 16 000 € en capital à 7,5 % après abattement, environ 1 100 € d’impôt, plus les prélèvements sociaux des pensions, environ 1 450 € au taux plein de 9,1 %, et une rente sur 64 000 €, environ 2 800 € par an à 65 ans pour un taux de conversion d’environ 4,4 %, imposée comme une pension. Le transfert se demande par courrier à l’assureur du PERP avec le relevé d’identité du nouveau PER ; il s’accompagne d’un choix des supports et des frais du nouveau plan.
Comment la banque compte-t-elle les intérêts ?
Le 3 mars, Chloé verse 5 000 € sur son Livret A. Le 14 juin, elle retire 2 000 €. Elle pense avoir gagné des intérêts sur 5 000 € du 3 mars au 14 juin, au jour près.
Comment la banque compte-t-elle les intérêts ?
- Au jour près
- Par quinzaines entières
- Sur le solde du 31 décembre seulement
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Le Livret A, comme les autres livrets réglementés, calcule les intérêts par quinzaine. Un versement ne rapporte qu’à partir du 1er ou du 16 qui suit : le 16 mars pour Chloé. Un retrait cesse de rapporter dès le début de la quinzaine où il a lieu : le 1er juin. Les intérêts sont versés une fois par an, au 31 décembre, et s’ajoutent au capital.
Règlement CRBF n° 86-13
Pourquoi c’est comme ça
Pour les livrets réglementés, Livret A, LDDS, LEP, livret jeune, les intérêts sont calculés par quinzaine : les sommes versées portent intérêt à compter du premier jour de la quinzaine qui suit le versement, le 1er ou le 16 du mois, et les sommes retirées cessent de porter intérêt à compter du dernier jour de la quinzaine précédant le retrait ; les 5 000 € de Chloé versés le 3 mars rapportent du 16 mars, et les 2 000 € retirés le 14 juin cessent de rapporter le 31 mai. Aux taux du Livret A de 2026, 1,5 % jusqu’au 31 juillet puis 1,7 % à partir du 1ᵉʳ août, 5 000 € pendant cinq quinzaines, du 16 mars au 31 mai, puis 3 000 € du 1ᵉʳ juin au 31 décembre, quatorze quinzaines, rapportent au total une quarantaine d’euros, crédités le 31 décembre et capitalisés. Au jour le jour, elle aurait eu quelques euros de plus.
Jusqu’où ça va
La règle avantage les versements faits juste avant le 1er ou le 16, et les retraits faits juste après, le 1er ou le 16 : verser le 15 fait gagner une quinzaine par rapport au 16, retirer le 16 plutôt que le 15 fait gagner une quinzaine aussi ; un livret utilisé comme un compte courant, vidé et rempli chaque mois, perd ainsi jusqu’à une quinzaine d’intérêts par mouvement, ce qui peut effacer une part notable du rendement. Les livrets bancaires ordinaires, non réglementés, suivent le mode de calcul fixé par leur contrat, le plus souvent la même règle des quinzaines, parfois le jour le jour, ce que certaines banques en ligne mettent en avant ; les comptes à terme ont leurs propres modalités. Un livret fermé en cours d’année reçoit ses intérêts à la clôture. Le taux du Livret A change le 1er février et le 1er août, et les intérêts des deux périodes se calculent séparément.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Chloé, environ 44 € au lieu d’environ 48 € au jour le jour : quatre euros sur l’année, sans conséquence à ce niveau ; sur un livret à 20 000 € avec des mouvements fréquents, l’écart peut atteindre une vingtaine d’euros par an. Les deux réflexes qui coûtent zéro : verser les 15 et 30 du mois, retirer les 1er et 16 ; et garder sur le compte courant de quoi éviter les allers-retours. Une épargne de précaution qui ne bouge pas rapporte exactement ce que le taux annonce.
Quelle réduction obtient-elle ?
En 2026, Célia investit 10 000 € au capital d’une PME non cotée de sa région, qui n’est ni solidaire ni une jeune entreprise innovante. On lui promet une réduction d’impôt de 25 %, comme certaines années passées.
Quelle réduction obtient-elle ?
- Aucune, seules les grandes entreprises comptent
- 1 800 €, soit 18 %
- 2 500 €, soit 25 %
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La souscription au capital d’une PME ouvre une réduction d’impôt sur le revenu. Depuis 2024, le taux de 25 % n’a plus cours pour les PME. Célia obtient le taux normal de 18 %, soit 1 800 €. Le taux est de 25 % pour les entreprises solidaires d’utilité sociale, et monte à 30 % pour une jeune entreprise innovante. En contrepartie, Célia doit conserver ses titres jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription. La réduction entre dans le plafond global des niches fiscales.
CGI art. 199 terdecies-0 A · CGI art. 200-0 A
Le détail du calcul
Les versements effectués au titre de souscriptions en numéraire au capital initial ou aux augmentations de capital de petites et moyennes entreprises ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 18 % de leur montant, dans la limite annuelle de 50 000 € pour une personne seule et 100 000 € pour un couple, la fraction excédentaire ouvrant droit à la réduction au titre des quatre années suivantes ; le taux est porté à 25 % pour les entreprises solidaires d’utilité sociale et les foncières solidaires, sauf pour les versements du 1ᵉʳ au 21 octobre 2026, restés à 18 % dans l’attente du décret de reconduction, et à 30 % pour les jeunes entreprises innovantes, 50 % pour les jeunes entreprises d’innovation de rupture, dans la limite de 75 000 € ou 150 000 € pour les premières, 50 000 € ou 100 000 € pour les secondes, et de 50 000 € de réduction cumulée entre 2024 et 2028 ; le taux majoré de 25 %, appliqué du 28 septembre 2025 au 20 février 2026, pour les seuls FCPI agréés en 2024 ou 2025, a disparu avec la loi de finances pour 2026.
Les conditions à remplir
La société doit être une PME au sens européen, moins de 250 salariés et 50 millions de chiffre d’affaires ou 43 millions de total de bilan, non cotée, sauf sur un marché de croissance réservé aux PME, soumise à l’impôt sur les bénéfices dans les conditions de droit commun, exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, hors gestion de patrimoine, avoir au moins deux salariés à la clôture de l’exercice suivant la souscription, un seul pour une entreprise artisanale, moins de sept ans après sa première vente commerciale, ou dix ans après son immatriculation, sauf besoin de financement important, et ne pas rembourser les apports pendant sept ans ; le souscripteur ne doit pas obtenir de contrepartie et doit conserver les titres jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription, sous peine de reprise de la réduction, sauf décès, invalidité, licenciement, ou cession forcée avec réinvestissement dans les douze mois. La réduction entre dans le plafonnement global de 10 000 €, dont les réductions propres aux jeunes entreprises innovantes sont exclues. La plus-value à la sortie est imposée à 31,4 % sur la différence entre le prix de cession et le prix de souscription diminué de la réduction obtenue.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Célia, 1 800 € de réduction, 8 200 € de risque net ; si la PME échoue, la perte de 8 200 €, prix de souscription diminué de la réduction, s’impute sur d’autres plus-values de titres pendant dix ans, mais la réduction reste acquise si l’échec intervient après la cinquième année, ou en cas de liquidation judiciaire même avant ; si la PME double de valeur en six ans, 11 800 € de gain imposable, environ 3 700 € d’impôt à 31,4 %, soit près de 8 100 € de gain net, réduction comprise. Une jeune entreprise innovante aurait donné 3 000 € de réduction. Le versement, avec le certificat de la société, se déclare case 7CF ; le pacte d’actionnaires et la liquidité future se lisent avant de signer.
Que pourra-t-elle acheter avec ses 10 000 €, dans dix ans ?
Anaëlle laisse 10 000 € sur son compte courant, sans intérêts, pour les dix ans à venir. Les prix augmentent de 2 % par an. Elle pense retrouver la même somme, donc la même valeur.
Que pourra-t-elle acheter avec ses 10 000 €, dans dix ans ?
- Ce que 8 200 € achètent aujourd’hui
- Autant qu’aujourd’hui
- Ce que 5 000 € achètent aujourd’hui
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Le montant ne bouge pas, mais sa valeur recule chaque année au rythme de la hausse des prix. À 2 % par an pendant dix ans, les prix grimpent d’environ 22 %. Les 10 000 € d’Anaëlle n’achètent plus que ce que 8 200 € achètent aujourd’hui. On distingue donc le rendement affiché d’un placement et son rendement réel, une fois l’inflation retirée. Un livret à 1,7 % perd lui aussi du terrain si les prix montent de 2 %.
L’explication complète
Une inflation de 2 % par an pendant dix ans multiplie le niveau des prix par 1,02 à la puissance dix, soit 1,219 ; 10 000 € conservés sans intérêts achètent alors ce que 10 000 divisés par 1,219 achètent aujourd’hui, 8 203 € ; la perte de pouvoir d’achat est de 18 %, non de 20 %, parce que la hausse des prix se compose elle aussi. Le rendement réel d’un placement se calcule en divisant un plus le rendement nominal par un plus l’inflation, moins un : un Livret A à 1,7 %, son taux actuel, avec 2 % d’inflation donne un rendement réel d’environ moins 0,3 % ; un fonds en euros à 2,07 % nets de prélèvements sociaux, environ 0,07 % ; un placement en actions à 6 % nets, environ 3,9 %. L’Insee publie l’inflation chaque mois, hors tabac pour les livrets ; elle a été de 5,2 % en 2022, 4,9 % en 2023, 2 % en 2024, autour de 1 % en 2025.
Les exceptions
Les placements dont le rendement suit l’inflation : le Livret A, dont le taux est en partie calé sur l’inflation des six derniers mois avec un décalage ; le LEP, dont le taux est en principe au moins égal à l’inflation et au Livret A majoré d’un demi-point, sauf dérogation ; les obligations indexées sur l’inflation, émises par l’État, dont le capital et les coupons suivent l’indice, accessibles via des fonds ; l’immobilier locatif, dont les loyers sont révisés dans la limite de l’indice de référence des loyers ; les actions, à long terme, dont les bénéfices suivent les prix, mais avec des périodes de retard. Le compte courant, non rémunéré, a un rendement réel négatif dès que les prix montent : environ moins 2 % par an avec 2 % d’inflation. Une inflation nulle ou négative, comme en 2015, inverse le raisonnement.
Ce que ça change chez vous
Pour Anaëlle, 1 800 € de pouvoir d’achat perdus en dix ans en laissant 10 000 € sur son compte, contre environ 300 € de perte sur un Livret A à 1,7 %, et un gain réel d’à peine 70 € sur un fonds en euros à 2,07 % net, si l’inflation reste à 2 % ; les livrets, dont le LEP à 2,5 % si ses revenus le permettent, qui bat l’inflation, servent de réserve de précaution, et les placements de long terme reçoivent ce qui n’en est pas une. Le compte courant, lui, ne porte que les dépenses du mois en cours.
Quel risque prend-il ?
Salarié d’une entreprise industrielle, Julien place toute son épargne salariale, 40 000 €, en actions de sa société. Il connaît bien l’entreprise et pense que c’est le placement le plus sûr pour lui.
Quel risque prend-il ?
- Aucun, il connaît l’entreprise
- Seulement une baisse passagère
- Perdre à la fois son emploi et son épargne
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Si l’entreprise traverse une crise, Julien peut perdre en même temps son salaire et la valeur de son épargne. Ses deux sources de revenus dépendent de la même société. C’est le contraire de la diversification, qui répartit l’argent entre des placements qui ne réagissent pas aux mêmes événements. La loi impose d’ailleurs qu’un plan d’épargne entreprise propose au moins un fonds diversifié, à côté des actions de l’entreprise.
C. trav. art. L.3332-15
Pourquoi c’est comme ça
Le règlement du plan d’épargne d’entreprise doit offrir au moins un fonds diversifié investi en valeurs cotées, ainsi qu’un fonds solidaire et un fonds labellisé, pour que le salarié puisse choisir à côté des titres de l’entreprise ; l’actionnariat salarié est encouragé par une décote jusqu’à 30 % sur le prix des actions lors des augmentations de capital réservées, 40 % avec un blocage de dix ans, et par un abondement de l’employeur majoré de 80 % pour les versements en titres de l’entreprise, exonérés d’impôt. Ces avantages compensent une partie du risque de concentration, pas sa totalité : un salarié dont l’épargne et le salaire dépendent de la même entreprise perd les deux ensemble en cas de faillite, de plan social ou d’effondrement du cours.
Jusqu’où ça va
Les exemples ne manquent pas : les salariés d’Enron en 2001, dont les fonds de pension étaient investis en actions maison, ont perdu retraite et emploi ; plus récemment, les salariés actionnaires d’Atos ont vu leurs titres dilués par la restructuration financière de 2024. Le fonds d’actionnariat salarié est un fonds d’une seule ligne. Les arbitrages à l’intérieur du plan, d’un fonds vers un autre, sont possibles à tout moment sans fiscalité, sauf pendant les périodes de blocage propres aux titres de l’entreprise, et le déblocage à cinq ans ou anticipé permet de sortir.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Julien, 40 000 € sur une seule action : une baisse de 50 % coûte 20 000 €, éventuellement l’année où il perd son emploi ; un arbitrage de 30 000 € vers le fonds diversifié du plan, en gardant 10 000 € sur les titres de l’entreprise pour la décote et l’abondement, se fait sans impôt et ramène la perte sur ces titres à 5 000 € dans le même scénario, le fonds diversifié gardant ses propres risques ; la part supportable dépend de son horizon, de ses besoins et de ses autres avoirs. Les prochains versements avec abondement majoré peuvent aller sur les titres, puis être arbitrés à l’issue du blocage. Connaître l’entreprise ne protège pas de ce qu’elle ne contrôle pas.
Que doit respecter un fonds grand public ?
Léa hésite entre acheter directement les actions de trois sociétés qu’elle aime bien, ou un fonds qui en détient plusieurs centaines. Elle se demande ce que la loi impose à ce fonds.
Que doit respecter un fonds grand public ?
- Rien, le gérant fait ce qu’il veut
- Une limite par société détenue
- Une garantie du capital investi
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Les fonds ouverts au grand public doivent répartir les risques. En règle générale, ils ne placent pas plus de 5 % de leur actif dans une même société. La limite peut monter à 10 % par société, si les lignes de plus de 5 % ne dépassent pas ensemble 40 %. Un fonds de plusieurs centaines d’actions amortit ainsi la chute d’une société. Trois actions, au contraire, font dépendre toute l’épargne de Léa de trois destins. La diversification ne supprime pas le risque de marché : quand toute la bourse baisse, le fonds baisse aussi.
CMF art. R.214-21 · Directive 2009/65/CE art. 52
L’explication complète
Un organisme de placement collectif en valeurs mobilières ne peut employer plus de 5 % de son actif en titres d’un même émetteur, limite portée à 10 % à condition que les émetteurs dépassant 5 % ne représentent pas ensemble plus de 40 % de l’actif, c’est la règle dite 5-10-40 ; les fonds indiciels peuvent aller jusqu’à 20 % par émetteur, 35 % pour un seul dans des conditions de marché exceptionnelles, ce qui permet de suivre un indice concentré ; un fonds peut placer 100 % en titres d’un même État s’ils proviennent d’au moins six émissions sans qu’aucune dépasse 30 %. Ces règles valent pour les fonds européens ouverts au public ; les fonds d’investissement alternatifs réservés aux professionnels, les fonds de capital-investissement et les fonds de dette privée y échappent.
Les exceptions
La diversification réduit fortement, sans l’effacer, le risque propre à chaque société, faillite, scandale, échec d’un produit, qui fait varier un titre isolé bien plus qu’un indice large ; elle ne supprime pas le risque de marché, la baisse simultanée de toutes les actions, qui a fait perdre 57 % en dollars à l’indice MSCI World d’octobre 2007 à mars 2009, selon MSCI. Trois actions font dépendre un tiers de l’épargne de chaque société : une faillite coûte 33 % d’un coup, quand elle coûte au plus 10 % dans un fonds soumis à la règle 5-10-40, jusqu’à 20 % ou 35 % dans un indiciel concentré, et moins de 1 % pour la plupart des sociétés d’un indiciel mondial de près de 1 300 valeurs, la plus grande y pesant 5,6 % fin août 2026, selon MSCI. Le prospectus et le document d’informations clés indiquent le nombre de lignes, les dix premières positions et leur poids. Un fonds de trois cents actions dans un seul secteur reste concentré.
Ce que ça change chez vous
Pour Léa, un fonds indiciel mondial coûte quelques dixièmes de point par an, 0,33 % en moyenne pour les ETF d’actions en 2025 selon l’AMF, et loge près de 1 300 sociétés, dont probablement les trois qu’elle aime ; trois actions en direct coûtent trois fois des frais de courtage et exposent chaque tiers de son épargne au sort d’une entreprise. Une solution mixte, 90 % en fonds et 10 % sur les trois titres, garde le plaisir du choix sans le risque de concentration. La question n’est pas de savoir si ces sociétés sont bonnes, mais ce qu’il resterait si l’une d’elles ne l’était plus.
Quel écart après vingt ans ?
Nassim place 10 000 € pour vingt ans. Il hésite entre un fonds indiciel qui coûte 0,2 % par an et un fonds géré activement qui coûte 1,8 % par an. Il suppose que les deux rapportent 6 % par an avant frais.
Quel écart après vingt ans ?
- Quelques centaines d’euros
- Environ 20 000 €
- Environ 8 000 €
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Un fonds indiciel se contente de reproduire un indice, comme les grandes actions mondiales : peu de décisions, donc peu de frais. Avec 5,8 % net par an, les 10 000 € de Nassim deviennent environ 30 900 € en vingt ans. Avec 4,2 % net, ils deviennent environ 22 800 €. L’écart de 1,6 point de frais coûte plus de 8 000 €. Un fonds actif peut faire mieux que son indice, mais il doit d’abord rattraper ses frais, ce qui n’arrive pas toujours.
L’explication complète
À 6 % avant frais, un fonds à 0,2 % de frais rapporte 5,8 % net : 10 000 € multipliés par 1,058 à la puissance vingt donnent 30 900 € ; à 1,8 % de frais, 4,2 % net, 22 770 € ; l’écart de 8 100 € représente 81 % de la mise initiale, et 26 % du capital final le plus élevé, alors que la somme brute des frais supplémentaires n’est que de 1,6 % par an : c’est l’effet de la capitalisation manquée sur chaque euro de frais. Le document d’informations clés de chaque fonds affiche ses frais courants en pourcentage et, sur la durée indiquée, l’effet des coûts sur le rendement en euros ; les frais courants comprennent la gestion et le fonctionnement, pas les frais de transaction internes, ni les commissions de surperformance.
Les exceptions
Un fonds actif part avec un handicap de frais : en 2025, les fonds d’actions gérés activement ont prélevé 1,37 % de frais totaux en moyenne, contre 0,33 % pour les ETF d’actions, selon l’AMF. Un fonds indiciel n’est pas gratuit : ses frais courants et la qualité de sa réplication se lisent ensemble dans l’écart de suivi, la différence entre sa performance et celle de l’indice, plus l’écart entre prix d’achat et de vente sur le marché pour les fonds cotés ; un indiciel à 0,2 % qui suit mal son indice peut coûter autant qu’un fonds à 0,5 % qui le suit bien.
Ce que ça change chez vous
Pour Nassim, 8 100 € d’écart attendu sur vingt ans, soit 400 € par an en moyenne ; le fonds indiciel sur un indice mondial se loge dans un PEA s’il est éligible, ou dans une assurance-vie à frais réduits. Le fonds actif garde sa place sur des marchés peu efficients, petites valeurs, obligations à haut rendement ; et les frais de l’enveloppe se comptent en plus des frais du fonds.
Pourquoi l’indice paraît-il moins performant ?
Blandine compare la hausse du CAC 40 sur vingt ans avec celle de son fonds, qui réinvestit les dividendes, environ 3 % par an de revenus. Son fonds a fait nettement mieux que l’indice ; elle ne comprend pas pourquoi.
Pourquoi l’indice paraît-il moins performant ?
- L’indice est calculé après impôts
- Le CAC 40 ne compte pas les dividendes
- Son fonds a pris plus de risques
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L’indice CAC 40 habituel ne mesure que l’évolution du prix des actions. Les dividendes versés chaque année par les sociétés n’y figurent pas. Or ils représentent une part importante du rendement des actions sur longue période. Il existe une version dite « dividendes réinvestis », bien plus haute sur vingt ans. Le fonds de Blandine, qui réinvestit les dividendes, se compare à cette version-là, pas à l’indice affiché au journal télévisé.
Pourquoi c’est comme ça
Le CAC 40 diffusé par les médias est un indice de prix : il additionne la capitalisation flottante de quarante sociétés et suit l’évolution de leurs cours, sans tenir compte des dividendes détachés, qui font mécaniquement baisser le cours le jour du détachement ; Euronext publie aussi le CAC 40 dividendes réinvestis, en version brute, GR, et nette de la retenue à la source pour un investisseur étranger, NR, qui réinvestit chaque dividende dans l’indice à la clôture du jour de son détachement, qui peut précéder son paiement.
Jusqu’où ça va
Les fonds indiquent dans leur document d’informations clés l’indice de référence auquel ils se comparent, en général une version dividendes réinvestis nets ; un fonds qui se compare à l’indice nu, ce que la doctrine de l’AMF n’admet pas pour les fonds français, s’attribuerait un mérite qui n’en est pas un. La performance d’un fonds se lit après frais, en comparant à l’indice de référence sur la même période, et l’écart entre les deux, l’écart de suivi pour un indiciel, la surperformance ou sous-performance pour un actif, est la seule mesure de ce que le gérant a apporté. Les indices américains et mondiaux ont la même dualité, S&P 500 et S&P 500 total return, MSCI World price et net return ; le rendement en dividendes de l’indice MSCI World était de 1,5 % fin août 2026, selon MSCI.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Blandine, comparer son fonds au CAC 40 NR, dividendes nets réinvestis, s’il est bien investi en grandes actions françaises, sinon à l’indice réinvesti de son propre univers : si le fonds a fait 10 points de moins que cet indice sur vingt ans, il a laissé 10 points en frais, en trésorerie et en choix de gestion, même s’il a fait bien mieux que l’indice nu ; cet écart-là ne tient qu’aux dividendes. Un fonds distribuant, qui verse ses dividendes au lieu de les réinvestir, se compare lui aussi à l’indice réinvesti : ses performances publiées sont calculées comme si chaque distribution avait été réinvestie à sa date, ce qu’une simple addition des sommes versées ne reproduit pas. Les performances passées, publiées à part et signalées par le document d’informations clés, donnent les deux colonnes, le fonds et son indice de référence.
Combien lui a coûté chaque part, en moyenne ?
Nina place 200 € chaque mois dans un fonds qui a rapporté environ 5 % par an sur dix ans. La part vaut 10 € en janvier, 8 € en février, 10 € en mars. Elle pense avoir payé le prix moyen, 9,33 €.
Combien lui a coûté chaque part, en moyenne ?
- 9,33 €, le prix moyen
- 9,23 €, un peu moins
- 10 €, le prix de départ
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En versant la même somme chaque mois, Nina achète 20 parts en janvier, puis 25 en février quand le prix baisse, et 20 en mars. Elle a donc 65 parts pour 600 €, soit 9,23 € la part, un peu moins que le prix moyen. Les baisses lui permettent d’acheter davantage de parts. Surtout, investir régulièrement évite de chercher le bon moment, que personne ne connaît. Cela étale aussi le risque d’entrer juste avant une baisse.
Pourquoi c’est comme ça
Investir une somme fixe à intervalles réguliers achète un nombre de parts inversement proportionnel au prix : 20 parts à 10 €, 25 à 8 €, 20 à 10 €, soit 65 parts pour 600 €, 9,23 € la part, ce qui est la moyenne harmonique des prix, toujours inférieure à leur moyenne arithmétique de 9,33 € dès que les prix varient ; l’écart grandit avec l’amplitude des variations. L’avantage est mécanique mais modeste ; le bénéfice principal est ailleurs : on ne choisit pas la date d’entrée, on n’attend pas le bon moment, et on continue pendant les baisses, où chaque versement achète davantage.
Jusqu’où ça va
L’investissement programmé s’impose donc pour l’épargne qui arrive chaque mois, ce qui est le cas de Nina, et reste un choix de confort pour une somme déjà disponible, au prix d’un rendement attendu légèrement inférieur contre une moindre exposition au risque d’entrer juste avant une chute. La condition est de ne pas interrompre les versements quand les marchés baissent, moment où le mécanisme joue le plus et où la tentation d’arrêter est la plus forte ; les versements programmés automatiques, sans frais d’entrée dans un PEA ou une assurance-vie en ligne, retirent la décision. Si le fonds rapportait 5 % par an, hypothèse sans garantie, 200 € par mois pendant dix ans, 24 000 € versés, donnent environ 31 000 €.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Nina, 200 € par mois pendant dix ans à 5 % supposés, sans garantie, environ 31 000 € pour 24 000 € versés, et un prix moyen d’achat légèrement inférieur au prix moyen du marché sur la période ; pendant vingt ans, environ 82 000 € pour 48 000 €. La méthode tient en un versement programmé le lendemain de la paie, dans un PEA pour l’exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans, maintenu pendant les baisses des marchés. Une prime ou un héritage peuvent se placer d’un coup, ou en trois ou quatre fois.
Que se passe-t-il s’il vend maintenant ?
Le fonds d’actions mondiales de Mathis, qui rapportait en moyenne 7 % par an depuis dix ans, vient de perdre 20 % en un mois. Paniqué, il veut tout vendre avant que ça empire.
Que se passe-t-il s’il vend maintenant ?
- Il évite toute perte
- Il retrouve juste sa mise de départ
- Il fige la baisse de 20 %
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Tant que les parts ne sont pas vendues, la baisse de 20 % n’est qu’un recul sur le papier. En vendant, Mathis la fige et renonce à une éventuelle remontée. Ce qu’il récupère dépend de son prix d’achat, pas de sa mise : après dix ans à 7 % par an, il est sans doute encore gagnant, et la chute a seulement réduit son gain. Les grandes baisses des marchés d’actions ont jusqu’ici fini par être effacées, parfois après de longues années, sans garantie que cela se reproduise. C’est pourquoi la durée compte : l’argent dont on aura besoin bientôt risque d’être vendu en baisse.
L’explication complète
L’indice MSCI World a perdu 57 % en dollars, dividendes réinvestis, d’octobre 2007 à mars 2009, avec plusieurs années de récupération, et 17,7 % sur l’année 2022, selon MSCI ; un rendement moyen sur longue période intègre ces épisodes, il n’existe pas sans eux. Vendre après une baisse de 20 % fige ce recul, gain ou perte depuis l’achat, et pose une seconde question, celle du moment du rachat, que personne ne résout. Les rebonds les plus violents arrivent quand la peur est maximale.
Les exceptions
La règle qui protège n’est pas de prévoir les baisses mais de ne pas y être exposé avec de l’argent dont on a besoin : l’argent placé en actions est celui dont on n’aura pas besoin avant plusieurs années, et la réserve de précaution, trois à six mois de dépenses sur des livrets, évite d’avoir à vendre en baisse. Un aller-retour coûte aussi les frais de courtage, la fiscalité de 31,4 % sur les gains encore présents si le fonds est en plus-value depuis l’achat malgré la chute, et l’écart d’exécution. Un investisseur qui ne supporte pas une baisse de 20 % sans vendre est surexposé aux actions : une part d’actions réduite à froid, après le rebond, ramène la baisse subie à ce qu’il tolère, là où la vente dans la panique fige la baisse.
Ce que ça change chez vous
Pour Mathis, si l’argent n’est pas nécessaire avant cinq ans, garder ses parts laisse le temps à une remontée, sans la garantir, et un versement achèterait 20 % moins cher ; si une dépense est prévue dans l’année, la part correspondante reste exposée à une nouvelle baisse d’ici là, ce que ne connaît pas une poche sur livret. Après dix ans à 7 % par an, son fonds est probablement encore en plus-value de plus de 50 % malgré la chute : ce que la panique lui montre comme une perte est une hausse plus petite. Sa décision dépend de son calendrier, de la baisse qu’il peut supporter et de ses autres besoins, pas du cours.
Qu’est-ce qu’un fonds monétaire ?
Pour placer 20 000 € quelques mois, en attendant l’achat d’un appartement, Maud se voit proposer un fonds monétaire. Elle le confond avec un fonds d’actions.
Qu’est-ce qu’un fonds monétaire ?
- Un fonds d’actions très diversifié
- Un livret garanti par l’État
- Un placement court, peu risqué, non garanti
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Un fonds monétaire place l’argent sur des titres de dette à très court terme, émis par des États, des banques ou de grandes entreprises. Son rendement suit de près les taux fixés par la Banque centrale européenne, et varie avec eux. Le risque est faible, mais il n’y a ni garantie ni plafond, contrairement à un livret. Un règlement européen l’encadre : il limite la durée et la qualité des titres détenus.
Règlement (UE) 2017/1131
L’explication complète
Le règlement européen sur les fonds monétaires impose une maturité moyenne pondérée des titres inférieure à 60 jours pour les fonds à court terme, 6 mois pour les fonds standard, une vie moyenne de 120 jours ou un an, des titres de qualité de crédit élevée, une diversification stricte, et des réserves de liquidité quotidienne et hebdomadaire de 7,5 % et 15 % pour les fonds à valeur variable ; en France, les fonds sont à valeur liquidative variable, qui suit chaque jour la valeur des titres, et non à valeur constante comme certains fonds américains. Le rendement suit l’€STR, le taux au jour le jour de la zone euro, lui-même calé sur le taux de dépôt de la Banque centrale européenne, 2,5 % depuis septembre 2026, après 2 % jusqu’en juin puis 2,25 % pendant l’été, moins les frais de gestion ; il baisse dans les jours qui suivent chaque baisse de taux de la BCE.
Les exceptions
Le risque est faible mais réel : la crise de 2008 a conduit au règlement actuel, et un fonds monétaire peut afficher une performance négative sur une journée quand les taux sont proches de zéro. Aucune garantie de l’État, ni du fonds de garantie des dépôts, qui ne couvre que les espèces ; les parts sont conservées à part et protégées en cas de faillite du dépositaire. Les gains sont des plus-values de valeurs mobilières, taxées à 31,4 % à la vente hors enveloppe, exonérées d’impôt sur le revenu dans un PEA après cinq ans, non pour un fonds monétaire au sens du règlement, qui ne peut y entrer, mais pour quelques fonds éligibles qui reproduisent un rendement monétaire par des instruments dérivés tout en détenant le quota d’actions, ou soumises à la fiscalité du contrat dans une assurance-vie, où ils servent de support d’attente ; la vente est réglée en général en un à deux jours ouvrés, selon l’heure limite et le délai fixés par le prospectus du fonds et par l’intermédiaire.
Ce que ça change chez vous
Pour Maud, 20 000 € sur un fonds monétaire à 2,2 % net de frais rapportent environ 37 € par mois bruts, 25 € nets, avec une disponibilité de quelques jours ouvrés, contre 28 € nets sur un Livret A à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026 si son plafond n’est pas atteint et environ 21 € par mois sur les 10 000 € qu’un LEP à 2,5 % peut accueillir si elle y a droit, le reste sur le Livret A ; les livrets rapportent davantage net tant qu’ils ont de la place, le fonds monétaire reçoit l’excédent sans plafond, et un compte à terme de trois à six mois donne un taux fixé d’avance, selon son contrat et ses conditions de sortie anticipée ; sur quelques semaines, les livrets ne rémunèrent que les quinzaines entières. L’apport d’un achat immobilier demande ces trois qualités : sûr, disponible, sans marché.
S’il les garde jusqu’à l’échéance, que récupère-t-il ?
Gérald achète 10 000 € d’obligations de l’État à dix ans, qui versent 3 % par an. Deux ans plus tard, les taux montent et leur prix baisse. Il craint d’avoir perdu de l’argent.
S’il les garde jusqu’à l’échéance, que récupère-t-il ?
- Moins que sa mise, à cause de la baisse
- Ses 10 000 €, plus les intérêts
- Seulement les intérêts versés
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Une obligation est un prêt : l’État verse un intérêt fixe chaque année et rembourse la valeur prévue à l’échéance. Entre-temps, son prix varie avec les taux du marché. Quand ils montent, les anciennes obligations, moins rémunératrices, valent moins. Mais cette baisse ne compte que si Gérald vend avant le terme. En gardant ses obligations dix ans, il touche ses 3 % par an et récupère ses 10 000 €, sauf défaut de l’émetteur.
L’explication complète
Une obligation d’État à dix ans émise au pair avec un coupon de 3 % rembourse 100 € à l’échéance et verse 3 € chaque année ; si les taux montent à 4 % deux ans plus tard, son prix tombe à environ 93 €, la sensibilité, un peu inférieure à la durée restante de huit ans, valant environ 7, soit 7 % de baisse par point de taux ; Gérald voit ses 10 000 € affichés 9 300 €, mais continue de recevoir 300 € par an, et sera remboursé 10 000 € en 2034, ce qui lui garantit le rendement de 3 % accepté à l’achat, ni plus ni moins, à condition que l’État honore sa dette, ce que sa notation en 2026, A+ chez S&P et Fitch, Aa3 chez Moody’s, rend très probable. La baisse de prix ne se matérialise qu’à la vente ; à l’inverse, une baisse des taux ferait monter le prix et permettrait une plus-value en vendant avant le terme.
Les exceptions
Un fonds obligataire classique n’a pas d’échéance : il vend et achète des titres en permanence, sa valeur suit les taux, et rien ne garantit de retrouver sa mise à une date donnée, même si son rendement courant remonte après une hausse des taux ; les fonds à échéance, ou fonds datés, achètent des obligations arrivant à terme la même année et les conservent, ce qui se rapproche du comportement d’une obligation en direct, avec une diversification du risque de crédit, sans garantie du capital ni du rendement. Un particulier achète des obligations d’État françaises sur le marché secondaire par coupures de 1 €, avec un minimum d’ordre fixé par chaque courtier, ou des obligations d’entreprises par 1 000 ou 100 000 €. Les coupons sont imposés à 31,4 % chaque année, la plus-value éventuelle à la vente aussi ; en assurance-vie, les fonds obligataires suivent la fiscalité du contrat.
Ce que ça change chez vous
Pour Gérald, 300 € par an pendant huit ans encore et 10 000 € en 2034 : aucune perte s’il attend, 700 € de perte s’il vend maintenant, et une occasion manquée s’il vend sans replacer à 4 % ; vendre pour racheter une nouvelle obligation à 4 % donne à peu près le même résultat final, aux frais près, et n’a d’intérêt que fiscal si la moins-value compense une plus-value ailleurs. Le rendement de 3 % accepté en 2024 est ce qu’il conserve ; un fonds daté 2034 suivrait la même logique avec de nombreux émetteurs au lieu d’un, sans garantie du rendement visé.
Peut-elle exiger son dividende ?
Actionnaire d’une grande entreprise depuis dix ans, Renée a toujours reçu un dividende. Cette année, l’assemblée générale décide de n’en verser aucun. Elle pense pouvoir l’exiger.
Peut-elle exiger son dividende ?
- Oui, après dix ans de versements
- Non, il est voté chaque année
- Oui, il est dû chaque année
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Un actionnaire est propriétaire d’une part de l’entreprise, pas créancier. Le dividende est prélevé sur les bénéfices et décidé chaque année par l’assemblée générale. Elle peut le réduire ou le supprimer, par exemple pour financer des investissements ou traverser une crise. Renée garde en revanche son droit de vote et sa part de l’entreprise. Un créancier, comme le porteur d’une obligation, a droit à ses intérêts, lui.
C. com. art. L.232-12
L’explication complète
Après approbation des comptes annuels et constatation de l’existence de sommes distribuables, l’assemblée générale détermine la part attribuée aux associés sous forme de dividendes ; le bénéfice distribuable est le bénéfice de l’exercice, diminué des pertes antérieures et des sommes portées en réserve en application de la loi ou des statuts, la réserve légale absorbant 5 % du bénéfice, net des pertes antérieures, jusqu’à ce qu’elle atteigne 10 % du capital, et augmenté du report bénéficiaire ; l’assemblée peut y ajouter les réserves dont elle a la disposition, à condition que les capitaux propres restent au moins égaux au capital augmenté des réserves non distribuables, et hors de ces sommes, toute distribution est un dividende fictif, interdit. L’assemblée ordinaire, dans les six mois de la clôture, vote sur proposition des dirigeants, à la majorité simple, et peut réduire, supprimer ou augmenter le dividende proposé ; un acompte peut être versé en cours d’année sur un bilan intermédiaire certifié.
Les exceptions
L’actionnaire détient un droit aux bénéfices, non une créance : il ne peut exiger un dividende que voté, et un dividende voté devient une dette de la société, payable au plus tard neuf mois après la clôture de l’exercice ; le porteur d’obligation, lui, est créancier et reçoit ses intérêts quels que soient les résultats, avant tout dividende, sauf défaut. Les actions de préférence, ou à dividende prioritaire, promettent un dividende avant les autres actionnaires, mais toujours sous réserve de bénéfice distribuable. Un dividende supprimé peut faire baisser le cours, mais l’argent conservé reste dans la société, dont l’actionnaire détient toujours sa part ; la valeur se retrouve dans le cours si les fonds sont bien employés. Quand le dividende revient, il est imposé à 31,4 %, ou, sur une option qui s’applique à tous les revenus et gains de placements de l’année, au barème après abattement de 40 % pour l’impôt seul, les prélèvements sociaux restant entiers, ce qui gagne en général sous la tranche à 30 %.
Ce que ça change chez vous
Pour Renée, le vote régulier de l’assemblée s’impose, et sa part de l’entreprise reste entière ; si la suppression finance un désendettement ou un investissement rentable, la valeur de ses actions en profite ; si elle traduit des difficultés, c’est le moment de lire les comptes. Un actionnaire qui a besoin d’un revenu régulier le trouve dans les obligations ou les fonds distribuants diversifiés, pas dans une seule action ; un dividende historique n’est jamais une promesse, et des sociétés qui l’avaient maintenu pendant des décennies l’ont déjà coupé.
Que devient la valeur de son fonds en euros ?
Timothée achète en euros un fonds d’actions américaines, non couvert contre le change. En un an, ces actions ne bougent pas en dollars, mais le dollar perd 10 % face à l’euro.
Que devient la valeur de son fonds en euros ?
- Elle baisse d’environ 10 %
- Elle ne bouge pas
- Elle monte d’environ 10 %
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Les actions américaines sont cotées en dollars. Converties en euros, elles valent moins quand le dollar baisse. Même sans variation de leur prix, le fonds de Timothée perd donc environ 10 % en euros. L’effet joue aussi dans l’autre sens, quand le dollar monte. Certains fonds se couvrent contre ce risque, moyennant un coût, et leur document d’informations clés l’indique. Le risque de change s’ajoute à celui des actions elles-mêmes.
Règlement (UE) n° 1286/2014
L’explication complète
La valeur en euros d’un fonds en actions américaines est le produit de la performance des actions en dollars par la variation du dollar contre l’euro : des actions stables et un dollar en baisse de 10 % donnent moins 10 % ; des actions en hausse de 10 % et un dollar en baisse de 10 % donnent moins 1 %, non zéro, parce que les variations se multiplient ; des actions en baisse de 10 % et un dollar en hausse de 10 % donnent aussi moins 1 %. De 2008 à 2025, le dollar a varié de 2 à 14 % par an contre l’euro, selon les cours de la BCE, ce qui pèse autant que les actions elles-mêmes à court terme ; depuis fin 2007, l’euro-dollar a oscillé entre 0,96 et 1,60 sans tendance nette, de sorte que l’effet de change s’atténue sur longue période sans disparaître.
Les exceptions
Les fonds couverts contre le change, signalés par la mention hedged dans leur nom, neutralisent l’effet de la devise par des contrats à terme renouvelés chaque mois ; le coût de la couverture est égal à l’écart de taux d’intérêt à court terme entre les deux monnaies, environ 1,4 point par an en septembre 2026, les taux américains dépassant les taux européens, ce qui ampute d’autant le rendement, plus des frais de gestion un peu supérieurs. Un fonds mondial répartit le risque sur plusieurs devises, le dollar pesant plus de 70 % dans l’indice MSCI World fin août 2026, l’euro, le yen, la livre, le dollar canadien et d’autres devises le reste ; le dollar a monté contre l’euro en 2008 et en 2022, années de forte baisse des actions, ce qui a amorti la baisse en euros d’un fonds non couvert, mais en 2020 l’effet a été faible au creux de mars et le dollar a baissé sur l’année.
Ce que ça change chez vous
Pour Timothée, un fonds non couvert coûte des années comme celle-ci, où la baisse du dollar efface tout, et rend des années où il monte ; un fonds couvert lisse le résultat contre environ 1,4 point par an au niveau de septembre 2026, soit près d’un quart du rendement attendu des actions, ce qui, sur dix ans, se paie environ 13 % du capital. Pour un horizon long, la version non couverte est la norme ; pour un horizon de deux ou trois ans, il n’y a pas d’actions américaines à détenir du tout. Le document d’informations clés précise la devise et la couverture ; le nom du fonds, avec ou sans hedged, suffit souvent.
Que deviennent ses titres ?
Mehdi détient 50 000 € d’actions et de fonds sur un compte-titres chez un courtier en ligne. Il apprend que le courtier est en difficulté et craint de perdre ses titres.
Que deviennent ses titres ?
- Ils sont perdus avec le courtier
- Ils restent à lui, conservés à part
- Seuls 10 000 € sont remboursés
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Les titres de Mehdi ne font pas partie des biens du courtier. Ils sont conservés séparément, à son nom, et ne peuvent pas servir à payer les créanciers de l’établissement. En cas de faillite, ils sont transférés à un autre teneur de compte. Si des titres manquaient malgré tout, un mécanisme de garantie indemnise jusqu’à 70 000 € par client chez un courtier agréé en France ; un courtier agréé dans un autre pays de l’Union relève du mécanisme de ce pays. Les espèces du compte sont couvertes jusqu’à 100 000 €, avec les autres dépôts, si le courtier est une banque. S’il est une entreprise d’investissement, elles le sont jusqu’à 70 000 €.
CMF art. L.322-1 · CMF art. L.533-10
L’explication complète
Les prestataires de services d’investissement sauvegardent les droits de propriété des clients sur les instruments financiers qu’ils leur confient et ne peuvent utiliser ces instruments pour leur propre compte, sauf consentement exprès du client ; les titres sont inscrits au nom du client dans les comptes du teneur de compte, lui-même adhérent du dépositaire central, Euroclear France, où les titres sont conservés par catégorie, de sorte que la faillite du courtier n’atteint pas les titres, qui ne font pas partie de son patrimoine et sont transférés en bloc à un autre teneur de compte par le liquidateur sous le contrôle de l’Autorité de contrôle prudentiel ; ce transfert prend de quelques semaines à plusieurs mois, selon la vérification des comptes, pendant lesquels les ordres sont suspendus. Les espèces du compte-titres sont couvertes par la garantie des dépôts à 100 000 € chez une banque, par la garantie des titres à 70 000 € chez une entreprise d’investissement, ces plafonds valant pour un établissement agréé en France, un courtier agréé ailleurs dans l’Union relevant du mécanisme de son pays, d’au moins 20 000 €.
Les exceptions
La garantie des titres, 70 000 € par client et par établissement, n’intervient que si des titres manquent après la faillite, par fraude ou erreur comptable, ce qui est rare ; elle ne couvre jamais la baisse des marchés. Les protections s’affaiblissent dans trois cas : les titres prêtés par le client contre rémunération, programme de prêt de titres de certains courtiers, deviennent une créance ; les contrats sur différence et produits dérivés ne sont pas des titres détenus mais des engagements du courtier ; et les courtiers étrangers utilisant des comptes omnibus dans des juridictions moins protectrices peuvent rendre l’identification des titres de chaque client plus lente. Un courtier agréé en France ou dans l’Union européenne figure sur le registre REGAFI ou celui de son régulateur.
Ce que ça change chez vous
Pour Mehdi, 50 000 € de titres qui restent à lui, un transfert vers un autre courtier qui peut prendre des semaines, parfois des mois, et les espèces couvertes ; deux vérifications : que son courtier est agréé et régulé, et qu’il n’a pas accepté un programme de prêt de titres, en général une case cochée à l’ouverture. Un relevé de titres à jour, téléchargé maintenant, facilite toute réclamation. Répartir entre deux courtiers n’a de sens que pour la garantie des espèces ou pour continuer à passer des ordres pendant un transfert ; les titres, eux, sont protégés par leur nature.
Que valent ses 10 000 € de départ ?
Le fonds de Zélie gagne 50 % une année, puis perd 50 % l’année suivante. Elle pense être revenue à son point de départ, soit une moyenne de 0 % par an.
Que valent ses 10 000 € de départ ?
- 5 000 €
- 7 500 €
- 10 000 €, comme au début
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Les pourcentages ne s’additionnent pas : ils s’appliquent à des montants différents. Après +50 %, les 10 000 € de Zélie deviennent 15 000 €. Perdre ensuite 50 % de 15 000 € fait perdre 7 500 €, et il reste 7 500 €. Pour effacer une perte de 50 %, il faut ensuite gagner 100 %. C’est pourquoi les fortes variations coûtent cher, même quand la moyenne des pourcentages paraît nulle.
Pourquoi c’est comme ça
Une hausse de 50 % multiplie le capital par 1,5, une baisse de 50 % le multiplie par 0,5 : 10 000 € deviennent 15 000 € puis 7 500 €, et le produit 1,5 fois 0,5 vaut 0,75, une perte de 25 % en deux ans, soit un rendement annuel composé de moins 13,4 %, alors que la moyenne arithmétique des deux années est nulle. Pour effacer une perte, le rebond nécessaire dépasse toujours la baisse : 11 % après moins 10 %, 25 % après moins 20 %, 43 % après moins 30 %, 100 % après moins 50 %, 300 % après moins 75 %. La différence entre la moyenne arithmétique des rendements annuels et le rendement composé réellement obtenu, la moyenne géométrique, est approximativement égale à la moitié de la variance des rendements : plus un placement est volatil, plus il rapporte moins que la moyenne de ses années ne le laisse croire.
Jusqu’où ça va
Deux fonds dont les années font en moyenne 6 % ne donnent pas le même résultat : un fonds régulier à 6 % chaque année multiplie le capital par 1,79 en dix ans ; un fonds qui alterne plus 26 % et moins 14 %, même moyenne, le multiplie par 1,49 ; la volatilité coûte ici près de 2 points de rendement par an. C’est la raison pour laquelle les documents d’informations clés et les sites d’analyse affichent des performances annualisées, calculées par la moyenne géométrique, et non la moyenne des années ; et la raison pour laquelle réduire la volatilité par la diversification améliore le rendement composé à rendement moyen égal. Un placement qui promet une moyenne élevée avec de fortes variations vaut moins qu’il n’y paraît.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Zélie, 2 500 € perdus sur deux années qui avaient l’air neutres, et 33 % de hausse nécessaire pour revenir à 10 000 € ; un fonds moins agité au même rendement moyen lui aurait laissé son capital. La lecture utile d’un historique n’est pas la liste des années mais le rendement annualisé, et l’écart entre celui-ci et la moyenne des années mesure ce que la volatilité a coûté. À rendement annualisé égal, le fonds dont les pires années sont les moins mauvaises est celui qu’on garde, parce qu’on ne le vend pas en route.
Quelle différence fiscale entre les deux ?
Sur son compte-titres, Côme hésite entre deux versions du même fonds : l’une verse ses dividendes, 3 % par an, l’autre les réinvestit automatiquement. Il ne compte rien retirer avant quinze ans.
Quelle différence fiscale entre les deux ?
- Distribués, les dividendes sont taxés chaque année
- Aucune, c’est le même fonds
- La version qui capitalise n’est jamais taxée
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Sur un compte-titres, les dividendes distribués sont imposés l’année de leur versement, au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. La version qui capitalise les garde dans le fonds. Rien n’est imposé tant que les parts ne sont pas vendues, et l’impôt ne porte que sur la plus-value, à la vente. Côme laisse ainsi travailler la totalité des gains pendant quinze ans. Dans un PEA ou une assurance-vie, la différence s’efface, puisque rien n’est imposé à l’intérieur de l’enveloppe.
CGI art. 158 · CGI art. 150-0 A
Le détail du calcul
Sur un compte-titres, la version distribuante d’un fonds verse chaque année ses dividendes, imposés, en 2026, à 12,8 % plus 18,6 % de prélèvements sociaux au moment du versement, avec un acompte prélevé par la banque, ou sur option globale au barème après abattement de 40 %, pour l’impôt seul, sur la part de la distribution que le fonds déclare provenir de dividendes d’actions ; il reste 2,06 % sur 3 % à réinvestir, si Côme pense à le faire, avec des frais de courtage. La version capitalisante réinvestit les 3 % en totalité à l’intérieur du fonds, sans fait générateur d’impôt ; la valeur de la part augmente d’autant, et l’impôt n’est dû qu’à la vente, sur la plus-value, à 31,4 %, avec possibilité d’imputer des moins-values. Sur quinze ans, 10 000 € à 4 % de hausse des cours plus 3 % de dividendes donnent environ 27 600 € en capitalisation, contre environ 24 200 € en distribution avec réinvestissement net, avant l’impôt final.
Les conditions à remplir
À la vente, la version capitalisante paie l’impôt sur toute la plus-value, dividendes réinvestis compris : 31,4 % sur 17 600 €, environ 5 500 €, contre le même taux sur la seule hausse des cours pour la distribuante, les dividendes nets réinvestis ayant relevé son prix d’achat ; le gain net reste supérieur en capitalisation, d’environ 800 à 900 €, parce que l’impôt différé a composé pendant quinze ans. Une réserve : pour un fonds d’actions étrangères, la version distribuante permet parfois de récupérer par crédit d’impôt la retenue à la source étrangère sur les dividendes, ce que la version capitalisante perd en partie. Dans un PEA ou une assurance-vie, aucun impôt ne frappe les dividendes distribués tant qu’ils restent dans l’enveloppe : les deux versions se valent, la distribuante servant à ceux qui veulent un revenu.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Côme, la version capitalisante sur son compte-titres, avec environ 850 € de gain net supplémentaire en quinze ans sur 10 000 €, et aucune gestion des réinvestissements ; si le revenu fiscal de référence de son foyer d’il y a deux ans est sous 50 000 €, 75 000 € en couple, la dispense d’acompte, demandée à sa banque avant le 30 novembre de l’année précédente, évite l’avance de trésorerie dans la version distribuante, sans changer l’impôt final ni les prélèvements sociaux. Le jour où il voudra un revenu, un retrait programmé sur la version capitalisante fera le même travail qu’un dividende, imposé seulement sur la part de gains. Et s’il a un PEA non rempli, la question ne se pose plus.
Quel gain annuel représente la hausse, rapportée à son apport ?
Aymeric achète un studio de 200 000 € avec 20 000 € d’apport et un crédit pour le reste. Le studio prend 2 % par an. Il compare avec un achat comptant de 200 000 €.
Quel gain annuel représente la hausse, rapportée à son apport ?
- 2 %, comme le studio
- Environ 20 % de son apport
- Environ 10 % de son apport
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La hausse de 2 % porte sur toute la valeur du studio, soit 4 000 € par an. Or Aymeric n’a apporté que 20 000 € : rapporté à son apport, c’est 20 %, avant les intérêts et les frais du crédit. C’est l’effet de levier : emprunter permet de profiter de la hausse d’un bien plus grand que ses moyens. Il joue aussi dans l’autre sens. Une baisse de 10 % du prix, soit 20 000 €, effacerait tout l’apport, et il resterait le crédit à rembourser.
Le détail du calcul
L’effet de levier rapporte la variation de valeur du bien entier aux seuls fonds propres engagés : 4 000 € de hausse annuelle sur 20 000 € d’apport font 20 %, mais le coût du crédit s’en retranche, 180 000 € à 3,5 % coûtent environ 6 300 € d’intérêts la première année, un peu moins ensuite à mesure que le capital s’amortit, plus 500 € d’assurance, sans compter 15 000 € de frais d’acquisition qui doivent être récupérés par la hausse avant tout gain ; le levier n’est positif que si le rendement total du bien, hausse plus loyer net, dépasse le coût du crédit : avec 2 % de hausse et un loyer net de charges et d’impôt de 3,5 %, 5,5 % sur 200 000 €, 11 000 €, contre 6 800 € de coût, le gain net est de 4 200 € par an, 21 % des 20 000 € d’apport, mais 12 % des 35 000 € engagés si les frais d’acquisition sont payés comptant ; sans loyer, le levier perd 2 800 € par an. Le mécanisme est celui de toute entreprise qui emprunte.
Les conditions à remplir
Le levier amplifie les pertes à l’identique : une baisse de 10 % du prix, 20 000 €, efface l’apport, et une revente forcée dans les premières années, après séparation ou mutation, laisse à peine de quoi solder le crédit une fois les frais de vente déduits, l’apport et les frais d’acquisition étant perdus ; plus tard, le capital déjà remboursé amortit le choc. Les intérêts d’un bien loué se déduisent des loyers au régime réel, ce qui réduit le coût du crédit de près de moitié dans la tranche à 30 %, impôt et prélèvements sociaux compris ; ceux d’une résidence principale ne se déduisent pas. Le taux d’effort de 35 % et l’apport exigé par la banque limitent le levier accessible ; un achat comptant supprime le risque de crédit mais immobilise 200 000 €, dont les 180 000 € que le crédit aurait laissés libres rapporteraient 5 400 € placés à 3 %.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Aymeric, en location, environ 4 200 € par an de gain net sur 20 000 € d’apport si la hausse tient à 2 % et le loyer à 3,5 % net, contre 600 € si ces mêmes 20 000 € étaient placés à 3 % ; avec 200 000 € disponibles, l’achat comptant rapporterait 11 000 € sans intérêts à payer, et l’achat à crédit 4 200 € plus les 5 400 € des 180 000 € laissés placés à 3 %, soit 9 600 € : le levier gagne en rendement relatif à mise égale, perd ici face au comptant parce que le crédit coûte plus que le placement, et ajoute le risque d’une baisse ; en résidence principale, sans loyer, le levier ne se justifie que par l’économie du loyer qu’il aurait payé. La simulation à faire avant de signer est celle d’une revente à moins 10 % dans trois ans, pas celle d’une hausse de 2 % sur vingt ans.
Comment revient-elle à 60 % d’actions ?
Il y a deux ans, Mireille a placé 100 000 € : 60 % en actions, 40 % en obligations. Les actions ont pris 15 % par an, les obligations 2 % par an. Elle veut revenir à sa répartition de départ.
Comment revient-elle à 60 % d’actions ?
- Sans rien faire, la répartition revient seule
- En vendant des actions pour des obligations
- En achetant encore des actions
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Deux ans plus tard, les actions de Mireille valent environ 79 350 € et les obligations 41 600 €. Les actions pèsent désormais 66 % du portefeuille : le risque a augmenté sans qu’elle l’ait choisi. Revenir à 60 %, c’est vendre environ 6 800 € d’actions pour acheter des obligations. Ce rééquilibrage revient à vendre ce qui a monté et à acheter ce qui a moins progressé. Dans une assurance-vie, ces arbitrages ne sont pas imposés.
Le détail du calcul
Après deux ans à 15 % par an, les 60 000 € d’actions valent 79 350 €, et les 40 000 € d’obligations à 2 % valent environ 41 600 € ; sur près de 121 000 €, les actions pèsent 65,6 %, et la cible de 60 % correspond à environ 72 500 € : Mireille vend près de 6 800 € d’actions et achète autant d’obligations. Sans rééquilibrage, la part d’actions dérive vers 70 % puis 80 % au fil des hausses, et le portefeuille devient plus risqué que ce qu’elle a choisi, précisément au moment où les actions sont chères ; le rééquilibrage ramène le risque à sa cible et applique mécaniquement la règle de vendre ce qui a monté et d’acheter ce qui a baissé, sans prévision. Les deux méthodes usuelles : à date fixe, une fois par an, ou dès que la part d’une classe s’écarte de plus de 5 points de sa cible.
Les conditions à remplir
Un rééquilibrage annuel ou par seuil de 5 points n’améliore pas forcément le rendement composé : dans une hausse continue des actions, ne rien faire rapporte davantage. La fiscalité décide de la méthode : dans une assurance-vie ou un PEA, les arbitrages internes sont sans impôt, le contrat d’assurance-vie pouvant prévoir des frais d’arbitrage ; sur un compte-titres, vendre près de 6 800 € d’actions réalise environ 1 650 € de plus-value, un peu plus de 500 € d’impôt à 31,4 %, ce qui incite à rééquilibrer par les nouveaux versements, dirigés vers la classe sous-pondérée, plutôt que par des ventes. Un rééquilibrage trop fréquent multiplie les frais pour rien.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Mireille, près de 6 800 € d’actions vers les obligations, sans impôt si le portefeuille est en assurance-vie, environ 500 € d’impôt sur un compte-titres, ou aucune vente si elle verse environ 11 300 € de nouvelle épargne en obligations ; puis un rendez-vous annuel à date fixe, ou une vérification quand une classe dépasse 65 % ou tombe sous 55 %. Le rééquilibrage n’est pas un pari sur une baisse des actions ; c’est le maintien du niveau de risque qu’elle a choisi à 60 %, et qui, à mesure qu’elle approche de l’usage de l’argent, peut lui-même descendre à 50 puis 40 %.
Qu’est-ce qui peut lui échapper ?
Sa banque propose à Fabienne un placement sur huit ans : capital protégé à l’échéance, et gain de 5 % par an si l’indice boursier ne baisse pas. Elle croit ne rien risquer.
Qu’est-ce qui peut lui échapper ?
- Rien, capital et gain sont garantis
- Uniquement les frais d’entrée
- Les dividendes, et une sortie avant huit ans
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Un produit structuré combine une obligation et des options : il promet une formule, pas un rendement libre. Le capital n’est protégé qu’à l’échéance, et seulement si l’émetteur, souvent une banque, ne fait pas défaut. Une sortie anticipée se fait au prix du marché, parfois avec une perte. La formule se calcule sur un indice sans dividendes, ou diminué d’un prélèvement forfaitaire, et plafonne les gains. Le document d’informations clés présente les scénarios et les frais.
Règlement (UE) n° 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
Un produit structuré à capital protégé sur huit ans se fabrique avec une obligation zéro coupon de l’émetteur, achetée par exemple 80 € pour rembourser 100 € dans huit ans à 2,8 % de taux, et, avec les 20 € restants moins, par exemple, 3 à 5 € de frais et de marge, des options sur l’indice qui produisent la formule promise, 5 % par an si l’indice ne baisse pas ; la formule est calculée ici sur l’indice de prix, sans les dividendes, ce qui prive l’investisseur de 2,5 à 3 % par an sur les actions européennes, environ 20 à 25 % sur huit ans, et plafonne le gain à 40 % quand l’indice pourrait faire davantage. La protection du capital n’existe qu’à l’échéance et repose sur la signature de l’émetteur : les porteurs de produits garantis par Lehman Brothers sont devenus en 2008 de simples créanciers de la faillite, la garantie d’une banque ne valant que ce que vaut la banque.
Jusqu’où ça va
En cours de vie, le produit se revend à son prix de marché, calculé chaque jour par l’émetteur selon les taux, la volatilité et le niveau de l’indice, avec une décote et un écart de prix qui peuvent faire perdre de l’argent même si l’indice n’a pas baissé ; certaines formules ne protègent le capital que si l’indice ne franchit pas une barrière, moins 30 ou moins 40 %, en dessous de laquelle la perte est celle de l’indice. Le document d’informations clés présente quatre scénarios sur huit ans, dont le défavorable peut montrer un rendement nul, et les coûts totaux, intégrés au prix du produit sans apparaître sur le compte, quelques pour cent du capital dans cet exemple et plus de 10 % dans certains produits. Ces produits conviennent à qui veut une exposition bornée et peut attendre le terme sans y toucher ; leur rendement, plafonné et conditionnel, reste dans de nombreux cas inférieur à celui de l’indice qu’ils suivent, selon l’étude de l’AMF et de l’ACPR de 2026.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Fabienne, une formule à 5 % par an si l’indice ne baisse pas, sinon zéro, avec le capital rendu à huit ans par sa banque, contre un placement à 60 % d’actions mondiales et 40 % de fonds en euros, dividendes compris, dont le gain n’est ni plafonné ni suspendu à la signature d’un seul émetteur, la poche en euros reposant sur l’assureur, mais sans protection du capital ; le produit structuré vaut si la peur de perdre l’emporte sur tout, et à condition de tenir huit ans. Les 20 à 25 % de dividendes non perçus sur huit ans sont une part de son prix, que la brochure ne chiffre pas ; le document d’informations clés donne les autres coûts.
Ses cryptomonnaies sont-elles garanties ?
Axel détient 8 000 € de cryptomonnaies sur une plateforme d’échange. Il pense que, comme à la banque, ses avoirs sont garantis jusqu’à 100 000 € si la plateforme fait faillite.
Ses cryptomonnaies sont-elles garanties ?
- Oui, jusqu’à 100 000 € comme un compte
- Non, la garantie des dépôts ne les couvre pas
- Oui, par la Banque de France directement
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La garantie des dépôts protège les sommes en euros déposées dans une banque, pas les cryptomonnaies. En application du règlement européen MiCA, les plateformes doivent être agréées, la période transitoire française ayant pris fin le 1er juillet 2026. Elles doivent aussi séparer les actifs de leurs clients des leurs et publier des informations sur les risques. Mais aucune garantie publique n’indemnise une perte. Les cours restent très volatils.
Règlement (UE) 2023/1114 · CMF art. L.312-4
L’explication complète
Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs impose aux prestataires de services sur crypto-actifs, depuis le 30 décembre 2024 et, pour ceux déjà enregistrés en France, depuis la fin de la période transitoire le 1er juillet 2026, un agrément délivré par l’autorité nationale, en France l’AMF, ou une simple notification pour les banques et autres entités financières déjà agréées, des fonds propres minimaux, une gouvernance, la conservation des crypto-actifs des clients sur des adresses distinctes de celles du prestataire, l’interdiction de les utiliser pour compte propre, et une responsabilité en cas de perte imputable au prestataire ; les stablecoins doivent être adossés à des réserves. Il ne crée aucun fonds de garantie : en cas de faillite, le client dont les actifs ont été correctement ségrégués les récupère en principe, celui dont la plateforme les a mélangés ou prêtés devient créancier chirographaire, ce que la faillite de FTX en 2022 a montré.
Les exceptions
La garantie des dépôts ne protège pas contre la faillite d’une plateforme, qui n’est pas une banque ; les euros qu’elle doit déposer pour ses clients, sur un compte distinct dans une banque, ne relèvent de cette garantie que si cette banque fait elle-même défaut et que les clients sont identifiés ; les crypto-actifs eux-mêmes ne sont jamais couverts. La conservation sur un portefeuille personnel, clé matérielle ou logicielle, supprime le risque de la plateforme et transfère au détenteur celui de la perte, du vol ou de l’oubli de la phrase de récupération, sans recours ; les plateformes régulées hors Union européenne n’offrent pas les protections de MiCA. Fiscalement, le compte sur une plateforme étrangère se déclare chaque année sur le 3916-bis, et les cessions contre des euros ou des biens sur le 2086, le gain net calculé sur le portefeuille entier étant imposé à 31,4 %, ou au barème sur option, avec une exonération si les cessions de l’année ne dépassent pas 305 €. La volatilité du bitcoin dépasse de loin celle des indices d’actions.
Ce que ça change chez vous
Pour Axel, 8 000 € exposés à la solvabilité et à l’honnêteté de sa plateforme, à vérifier sur le registre des prestataires agréés de l’AMF ; une plateforme agréée MiCA avec ségrégation réduit le risque sans le supprimer, une clé matérielle le supprime pour ce qui dépasse ce qu’il accepte de perdre, contre le risque de perdre la clé. La règle de taille est celle de tout actif spéculatif : une part dont la disparition totale n’affecterait pas le reste de son patrimoine.
Qui fixe ce taux, et comment ?
Le taux du Livret A a baissé en début d’année. Roselyne pense que sa banque l’a décidé seule, pour gagner davantage sur son épargne.
Qui fixe ce taux, et comment ?
- La Banque de France, au jour le jour
- L’État, selon une formule publique
- Chaque banque, librement
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Le taux du Livret A est le même dans toutes les banques. Il est fixé par les pouvoirs publics deux fois par an, à partir d’une formule. Cette formule fait la moyenne de l’inflation et d’un taux d’intérêt à court terme, arrondie, avec un plancher. Le gouvernement peut s’en écarter en cas de circonstances exceptionnelles. Le LDDS suit le même taux. Le LEP a sa propre formule, plus favorable.
Règlement CRBF n° 86-13
L’explication complète
Le taux du Livret A est calculé deux fois par an, pour le 1er février et le 1er août, comme la moyenne arithmétique de l’inflation hors tabac des six derniers mois et de la moyenne semestrielle de l’€STR, le taux interbancaire au jour le jour de la zone euro, arrondie au dixième de point le plus proche, avec un plancher de 0,5 % ; en janvier 2026, une inflation d’environ 1 % et un €STR d’environ 2 % donnaient 1,4 %, porté à 1,5 % au 1er février 2026 par le ministre sur proposition du gouverneur de la Banque de France, pour limiter la baisse, avant un retour à 1,7 % au 1er août 2026 ; le gouverneur peut proposer de déroger à la formule en cas de circonstances exceptionnelles ; c’est ce qui avait maintenu le taux à 3 % de février 2023 à janvier 2025, alors que la formule donnait davantage. Le LDDS a le même taux, le livret jeune au moins ce taux.
Les exceptions
Le livret d’épargne populaire suit en principe une formule propre, le plus élevé de l’inflation des six derniers mois et du taux du Livret A majoré d’un demi-point ; fixé au-dessus par dérogation, il est de 2,5 % en 2026 ; le PEL et le CEL ont leurs propres règles, le PEL gardant le taux de son ouverture, quinze ans au plus pour un plan ouvert depuis mars 2011, avant de devenir un livret au taux de la banque. Les dépôts du Livret A et du LDDS sont centralisés à 59,5 % à la Caisse des dépôts, qui finance le logement social et les collectivités à un taux indexé sur celui du livret, et conservés pour le reste par les banques, qui les prêtent aux PME. Un taux du livret supérieur à l’inflation coûte au logement social ; inférieur, il coûte aux épargnants.
Ce que ça change chez vous
Pour Roselyne, aucune banque n’y est pour rien : 1,5 % partout du 1er février au 31 juillet 2026, puis 1,7 % depuis le 1er août 2026, deux révisions par an, et un LEP à 2,5 % si le revenu fiscal de référence de son foyer, de l’avant-dernière ou de la dernière année, ne dépasse pas 23 028 € pour une part en métropole, qui bat l’inflation en 2026, sa formule le calant au moins sur elle, sauf dérogation. Les intérêts restent exonérés, calculés par quinzaine. La révision d’août 2026 a porté le taux à 1,7 % ; la prochaine, au 1er février 2027, dépendra de l’inflation et des taux de la BCE du second semestre 2026, que le ministre peut encore écarter.
De combien baisse le prix de cette obligation ?
Un fonds détient une obligation à dix ans qui verse 3 % par an, achetée à 100. Le lendemain, les taux du marché passent à 4 % par an. Aurèle, qui a investi dans ce fonds, voit sa valeur baisser.
De combien baisse le prix de cette obligation ?
- D’environ 25 %
- D’environ 8 %
- D’environ 1 %
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Quand les taux montent d’un point, une obligation qui ne verse que 3 % devient moins attrayante. Son prix baisse jusqu’à offrir, avec ses intérêts, le nouveau rendement de 4 %. Pour une obligation à dix ans, la baisse est d’environ 8 % : son prix tombe vers 92. Plus l’échéance est lointaine, plus la baisse est forte : c’est la sensibilité aux taux. Une obligation à deux ans ne perdrait qu’environ 2 %.
Le détail du calcul
Le prix d’une obligation est la somme de ses flux actualisés au taux de marché : dix coupons de 3 € et un remboursement de 100 €, actualisés à 4 %, valent 91,9 €, soit une baisse de 8,1 % par rapport au pair ; la sensibilité, ou duration modifiée, mesure la variation relative du prix pour une variation d’un point du taux : elle est égale à la duration de Macaulay, moyenne des dates des flux pondérée par leur valeur actuelle, 8,7 ans ici, divisée par un plus le taux, soit 8,4 ; la baisse réelle est un peu inférieure grâce à la convexité, qui fait que le prix baisse moins pour une hausse de taux qu’il ne monte pour une baisse équivalente. Une obligation à deux ans a une sensibilité proche de 1,9 : moins 1,9 % pour un point ; une obligation à trente ans, proche de 18.
Les conditions à remplir
Un fonds obligataire affiche une sensibilité globale, moyenne pondérée de celles de ses titres, dans son reporting mensuel, 7 pour un fonds d’obligations d’État de la zone euro à échéance moyenne huit ans, 2 à 3 pour un fonds court terme, 0 pour un fonds monétaire ; c’est le chiffre à lire avant d’investir, plus que la performance passée. La baisse de prix relève le rendement à l’échéance du portefeuille : le fonds d’Aurèle, qui rapportait 3 %, rapporte désormais 4 % sur ses titres, et les coupons réinvestis achètent des obligations mieux rémunérées ; à taux stables, la perte de 8 % est récupérée en un peu plus de deux ans par ce rendement de 4 %, coupons et retour progressif des titres vers le pair compris ; le seul point de rendement gagné mettrait plus de huit ans à la combler.
Ce qu’on peut faire autrement
Pour Aurèle, moins 8 % aujourd’hui, mais un fonds qui rapporte 4 % au lieu de 3 % : si les taux restent à 4 % et qu’il garde le fonds trois ans, il retrouve son niveau ; s’il le garde environ sa duration, huit à neuf ans, il retrouve à peu près les 3 % par an acceptés à l’achat dans ce même scénario d’une seule hausse des taux, la baisse initiale étant compensée par les coupons replacés à 4 %, qui ne se mesurent qu’à partir de la valeur après la baisse : c’est l’idée de l’immunisation, qui ne garantit rien pour un fonds, sans échéance, dont les taux et la gestion continuent de bouger. S’il a besoin de l’argent dans un an, la sensibilité de 8 était trop élevée pour lui, et un fonds à sensibilité 2 aurait perdu 2 %. Le chiffre à aligner sur son horizon est la sensibilité, pas le rendement.
Que se passe-t-il le jour du détachement ?
Une action vaut 50 € la veille du détachement d’un dividende de 2 €. Mickaël l’achète juste avant, espérant toucher 2 € sans rien perdre.
Que se passe-t-il le jour du détachement ?
- Il gagne 2 €, l’action reste à 50 €
- L’action baisse d’environ 2 €
- L’action monte de 2 €
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Le jour où le dividende est détaché, le cours de l’action baisse mécaniquement d’un montant proche du dividende. La société a sorti cet argent de ses caisses. Mickaël reçoit 2 €, mais son action ne vaut plus qu’environ 48 €. Il n’est pas plus riche, et les 2 € sont imposés. Le dividende n’est donc pas un gain gratuit : c’est une partie de la valeur de l’entreprise versée en argent.
C. com. art. L.232-12
Pourquoi c’est comme ça
Le versement d’un dividende suit trois dates : la date de détachement, à partir de laquelle l’action se négocie sans le droit au dividende, la date d’enregistrement, le jour ouvré suivant, qui fixe les actionnaires payés, et la date de paiement, fixée par la société, en général quelques jours ouvrés plus tard ; le jour du détachement, Euronext ajuste le cours de référence de la veille du montant du dividende, de sorte que le cours d’ouverture reflète mécaniquement 48 € pour une action à 50 € avec 2 € de dividende, avant les échanges de la journée qui s’y ajoutent. Mickaël, actionnaire la veille au soir, reçoit 2 € et détient une action de 48 € : sa richesse est inchangée, hors mouvements du jour, mais les 2 € sont un revenu imposable, et la baisse de 2 € une moins-value latente qui ne se réalisera qu’à la vente.
Jusqu’où ça va
Sur un compte-titres, le dividende est imposé, en 2026, à 12,8 % plus 18,6 %, soit 31,4 %, avec acompte à la source, ou au barème après abattement de 40 % sur option ; s’il revend l’action à 48 €, sa moins-value de 2 € est reportable dix ans sur des plus-values, pas sur des dividendes : l’aller-retour lui coûte 0,63 € d’impôt par action, plus deux fois les frais de courtage, pour un gain nul ; c’est pourquoi la capture de dividende ne fonctionne pas pour un particulier. Dans un PEA, le dividende n’est pas imposé et l’opération est neutre à l’euro près, moins les frais. Les indices de prix baissent du dividende, les indices dividendes réinvestis non. Un dividende exceptionnel ou une réduction de capital suivent la même mécanique d’ajustement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Mickaël, 2 € reçus, 0,63 € d’impôt, une action qui vaut 48 €, et deux ordres de bourse payés : une perte nette de 0,63 € plus les frais par action, pour une opération qui n’a produit aucune richesse. L’action se juge sur son rendement total, dividendes plus variation du cours, sur des années, pas sur la veille du détachement ; un fonds capitalisant dans un PEA lui évite même la question. Le dividende n’est pas un cadeau de la société ; c’est une partie de sa valeur remise en espèces et taxée au passage.
Au bout du compte, Hugo a-t-il gagné de l’argent ?
Hugo place 10 000 € dans un fonds qui investit dans des PME innovantes, parce qu’il « fait gagner 18 % d’impôt ». Sept ans plus tard, après les frais et une mauvaise année, il récupère 8 000 €.
Au bout du compte, Hugo a-t-il gagné de l’argent ?
- Oui, il récupère 8 000 €
- Non, il a perdu 200 €
- Oui, 1 800 € de gagnés
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La réduction d’impôt vaut 18 % de 10 000 €, soit 1 800 €. Mais le placement lui-même a perdu 2 000 €. Au total, Hugo a récupéré 8 000 € plus 1 800 € d’impôt en moins, pour 10 000 € engagés. Il perd 200 €, et son argent est resté bloqué sept ans. L’avantage fiscal est une aide au départ : c’est le rendement après frais qui décide du résultat.
CGI art. 199 terdecies-0 A
L’explication complète
Les fonds communs de placement dans l’innovation et les fonds d’investissement de proximité prélèvent des frais annuels de gestion, de distribution et de constitution qui pèsent chaque année, pendant toute la vie du fonds, avant même le résultat des participations. La réduction de 18 %, 25 % certaines années, était calculée sur le versement et acquise à condition de conserver les parts jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription ; supprimée pour les FIP de métropole par la loi de finances pour 2025, puis pour les FCPI classiques depuis le 21 février 2026, elle ne subsiste que pour les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes et les FIP Corse et outre-mer, à 30 % ; sur ce point, Hugo n’a rien perdu. Mais 8 000 € plus 1 800 € pour 10 000 € engagés font moins 200 €, un rendement d’environ moins 0,3 % par an sur sept ans, la réduction étant perçue l’année qui suit le versement.
Les exceptions
Sur la même période, un placement ordinaire à 4 % par an net de frais aurait porté 10 000 € à 13 160 €, et un fonds indiciel mondial à 7 % à 16 060 € ; l’avantage fiscal de 1 800 € aurait exigé un rendement du fonds d’au moins 1,8 % par an après frais pour égaler le premier. La réduction entre dans le plafonnement global des niches de 10 000 €, s’impute seulement sur l’impôt dû, et est reprise en cas de sortie avant le 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription, sauf décès, invalidité ou licenciement ; le fonds, lui, ne rend l’argent qu’à sa liquidation, au terme fixé par son règlement, sans rachat possible. Le document d’informations clés affiche les frais totaux sur la durée et les scénarios de performance, dont le défavorable ; il se lit avant, pas après.
Ce que ça change chez vous
Pour Hugo, 200 € de perte et sept ans d’immobilisation, là où un placement simple lui aurait laissé 3 000 à 6 000 € de plus ; les fonds fiscaux ne se justifient que pour un contribuable qui paie beaucoup d’impôt, accepte le blocage, et a sélectionné un gérant dont les fonds précédents ont rendu plus que leurs frais, ce qui se vérifie sur les liquidations passées. La question à poser à tout produit qui commence par l’économie d’impôt est ce qu’il vaut sans elle ; la réponse était dans les frais.
Que vaut vraiment cet avantage de 30 000 € ?
Un promoteur propose à Clara un appartement neuf à 300 000 €, avec un dispositif de réduction d’impôt de 10 % du prix étalée sur neuf ans, du type de ceux fermés depuis 2025. Le même appartement, ancien et à deux rues, se vend 250 000 €.
Que vaut vraiment cet avantage de 30 000 € ?
- Exactement 30 000 € de gagnés
- Il double la rentabilité du bien
- Rien : il ne couvre pas le surcoût de 50 000 €
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La réduction d’impôt de 30 000 € est étalée sur neuf ans. Elle ne compense pas les 50 000 € payés en plus que le prix du marché. Clara part donc avec 20 000 € de retard sur le prix, 8 750 € une fois comptés les frais d’acquisition plus faibles du neuf, avant même de compter les loyers plafonnés que ces dispositifs imposent. Un avantage fiscal ne vaut que si le bien vaut son prix sans lui. À la revente, c’est le marché qui fixe la valeur, pas le fisc.
CGI art. 199 novovicies · CGI art. 200-0 A
Pourquoi c’est comme ça
Un logement neuf vendu avec un dispositif de réduction d’impôt intègre dans son prix la commercialisation, la marge du promoteur et une prime liée à l’avantage fiscal lui-même, de sorte que le surcoût par rapport à l’ancien équivalent peut être important ; à la revente, l’acheteur suivant n’a pas de réduction et paie le prix du marché, celui de l’ancien, parfois moins, un logement de neuf ans n’étant plus neuf. Clara paie 300 000 € un bien qui en vaut 250 000 € : la réduction de 30 000 €, étalée sur neuf ans, ne couvre pas les 50 000 € de surcoût, et le loyer plafonné retire encore des revenus pendant neuf ans ; l’opération commence avec 20 000 € de retard sur le prix, 8 750 € frais d’acquisition compris.
Jusqu’où ça va
Le calcul se fait sans le dispositif : un bien à 250 000 € loué 850 € par mois au prix du marché rapporte 4,1 % brut ; le même à 300 000 € loué 750 € plafonné rapporte 3 % brut, plus 1,1 % de réduction d’impôt par an pendant neuf ans, 4,1 % au total pendant neuf ans puis 3 %, avec 50 000 € de perte en capital à la revente au prix de l’ancien ; la réduction d’impôt a servi à payer la marge du vendeur. Le dispositif n’est utile que si le prix du neuf est au niveau du marché, ce qui arrive dans les villes où le neuf est rare et recherché, et si le loyer plafonné est proche du loyer réel, ce qui arrive en zone détendue. Les frais de notaire réduits du neuf, 2,5 % au lieu de 7,5 %, rendent 11 250 € : frais compris, l’écart de prix est de 38 750 € et le retard après réduction de 8 750 €, avant la différence de loyers.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Clara, l’ancien à 250 000 € à deux rues, loué au prix du marché, avec 7,5 % de frais de notaire, 18 750 €, contre le neuf à 300 000 € avec 7 500 € de frais : 268 750 € contre 307 500 € tout compris, 38 750 € d’écart, que 30 000 € de réduction et dix ans de garantie décennale ne rattrapent pas avec un loyer plafonné. Un neuf vendu au prix de l’ancien, avec la réduction en plus, serait une bonne affaire ; celui-ci est vendu 20 % au-dessus. Le prix au mètre carré du quartier, sur les ventes récentes, est la seule référence.
À qui appartient cet argent ?
Les parents de Léna, 3 ans, ont ouvert un Livret A à son nom et y versent 50 € par mois.
À qui appartient cet argent ?
- À Léna
- À la banque, jusqu’à ses 18 ans
- Aux parents, qui l’ont versé
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Le compte est au nom de Léna : les sommes lui appartiennent. Ses parents l’administrent jusqu’à sa majorité, dans son intérêt, et n’en disposent pas pour eux.
C. civ. art. 382 · 385
Pourquoi c’est comme ça
Les parents administrent en commun les biens de leur enfant mineur, avec la jouissance légale des revenus jusqu’à ses seize ans, ce qui leur permet de percevoir les intérêts du livret en contrepartie de la charge de son entretien, sans toucher au capital ; chacun accomplit seul les actes d’administration, ouvrir un premier livret au nom de l’enfant, en percevoir les intérêts ; ouvrir un autre livret ou un compte-titres, placer, arbitrer, retirer sont des actes de disposition, faits à deux ; et ils doivent obtenir l’autorisation du juge des tutelles pour les actes de disposition graves énumérés par la loi : vendre de gré à gré un immeuble ou un fonds de commerce de l’enfant, contracter un emprunt en son nom, renoncer pour lui à un droit, accepter purement et simplement une succession, ou accomplir un acte grave sur ses valeurs mobilières. Un retrait du livret pour financer la voiture familiale est un détournement, non un acte de gestion.
Jusqu’où ça va
À la majorité, ou à l’émancipation, les parents rendent compte de leur gestion, et l’enfant peut demander le remboursement des sommes utilisées à d’autres fins que les siennes, dans les cinq ans suivant sa majorité ; en cas de conflit entre les parents, le juge aux affaires familiales peut imposer que les fonds de l’enfant soient bloqués. Les versements des grands-parents sur le livret sont des dons manuels à l’enfant, non aux parents, non rapportables à leur succession, même si Léna y vient un jour par représentation, sauf exigence expresse du donateur, mais imputés sur la quotité disponible, s’ils dépassent le présent d’usage, et exonérés dans l’abattement de 31 865 € par grand-parent sur quinze ans. Les parents peuvent retirer pour payer les frais de scolarité, un ordinateur, un séjour linguistique, le permis : tout ce qui est pour Léna.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les parents de Léna, 50 € par mois qui sont à elle, avec une marge entière pour choisir le support, Livret A, assurance-vie, plan d’épargne avenir climat, et pour financer ses besoins réels ; à 18 ans, elle en dispose seule, ce qui se prépare par une éducation à l’argent plus que par un blocage. Garder la main au-delà de ses dix-huit ans suppose que l’argent soit resté le leur : une assurance-vie à leur nom, dont elle ne reçoit le capital qu’au dénouement prévu ; une donation, elle, lui transfère le bien, et une clause d’emploi en encadre l’usage sans rendre aux parents la gestion, une clause d’inaliénabilité n’étant valable que temporaire, justifiée par un intérêt sérieux et légitime, et levable par le juge ; le livret à son nom, lui, est à elle dès le premier euro.
Peut-il retirer seul ?
Nathan a 16 ans et 2 400 € sur un Livret A qu’il a ouvert lui-même à quinze ans, sans ses parents.
Peut-il retirer seul ?
- Oui, sauf opposition de ses parents
- Non, jamais avant 18 ans
- Oui, mais 100 € au plus par mois
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Dès seize ans révolus, un mineur retire seul sur un Livret A qu’il a ouvert lui-même, sauf opposition de son représentant légal. Avant seize ans, la signature d’un parent est nécessaire.
CMF art. L.221-3
Pourquoi c’est comme ça
Les mineurs sont admis à se faire ouvrir des livrets A sans l’intervention de leur représentant légal ; ils peuvent retirer, sans cette intervention, les sommes figurant sur les livrets ainsi ouverts, mais seulement après l’âge de seize ans révolus et sauf opposition de la part de leur représentant légal ; l’opposition se notifie à la banque par écrit et bloque les retraits du mineur jusqu’à sa levée ou la majorité, sans empêcher les parents eux-mêmes de retirer pour l’enfant. Le livret jeune suit la même règle à seize ans ; avant, la signature d’un parent est requise. La règle ne s’étend pas aux autres produits : compte courant, carte de paiement, assurance-vie ou compte-titres au nom du mineur restent sous l’autorisation parentale jusqu’à dix-huit ans, et le plan d’épargne avenir climat ne se débloque avant la majorité que pour invalidité ou décès d’un parent, par le mineur lui-même dès seize ans sauf opposition, même si les banques proposent, avec l’accord des parents, des cartes à autorisation systématique.
Jusqu’où ça va
Un mineur de seize ans peut donc vider seul le Livret A de 2 400 € qu’il a ouvert, ce que ses parents ne peuvent empêcher qu’en formant opposition avant, et pas après ; l’argent est le sien, le retrait est régulier, et les parents n’ont aucun recours contre la banque. À l’inverse, le mineur ne peut pas s’endetter : un contrat de crédit signé par lui est annulable, et les parents ne répondent pas de ses dettes sauf s’ils s’engagent eux-mêmes, par caution ou co-emprunt. Un mineur peut aussi ouvrir seul un livret A dans une autre banque s’il n’en a pas, mais pas un second. À la majorité, tous les produits passent sous sa seule signature, et les parents perdent tout droit de regard, y compris sur un contrat d’assurance-vie qu’ils ont alimenté.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les parents de Nathan, deux options : former opposition, ce qui protège 2 400 € au prix d’une défiance, ou laisser faire, en discutant avec lui de l’usage, permis, études, voyage, et en gardant les versements futurs sur un support qu’il ne retire pas seul jusqu’à dix-huit ans, assurance-vie ou plan avenir climat. À seize ans, un retrait raisonné vaut plus qu’un blocage ; à dix-huit ans, tout lui revient de toute façon. Le relevé du livret, lu ensemble, est le meilleur cours d’économie de la maison.
Comment ce don est-il traité ?
Le grand-père d’Élise, 75 ans, vire 15 000 € sur le compte de sa petite-fille de 10 ans pour ses études futures.
Comment ce don est-il traité ?
- Don manuel à déclarer, sans droits dans l’abattement de 31 865 €
- Don exonéré au titre des 31 865 € du don familial d’argent
- Présent d’usage : rien à déclarer
Voir la réponseMasquer la réponse
Les 15 000 € sont virés pour des études futures, hors de tout événement. Ce n’est donc pas un présent d’usage, mais un don manuel. Il se déclare sur le formulaire papier 2735, dans le mois qui suit sa révélation. Le don d’un grand-parent à une mineure ne passe pas par la déclaration en ligne. Aucun droit n’est dû tant que l’abattement de 31 865 € entre eux n’est pas dépassé sur quinze ans. Le don familial d’argent exonéré, lui, exige un bénéficiaire majeur ou émancipé.
CGI art. 757 · 790 B · 790 G
Pourquoi c’est comme ça
Un présent d’usage est un cadeau fait à l’occasion d’un événement, anniversaire, réussite, fête, et proportionné aux moyens du donateur, sans seuil chiffré, la Cour de cassation appréciant au cas par cas depuis 1988 (Cass. 1re civ., 6 déc. 1988, n° 87-15.083) ; il échappe aux droits et au rapport, sans déclaration ; au-delà, un virement de 15 000 € pour les études est un don manuel, soumis aux droits de donation après l’abattement de 31 865 € dont dispose chaque petit-enfant vis-à-vis de chaque grand-parent, renouvelable tous les quinze ans, et déclaré par le donataire, ses parents pour une mineure, sur le formulaire papier 2735, le don d’un grand-parent à un mineur restant hors de la déclaration en ligne ; aucun droit n’est dû ici si aucune donation du même grand-père à Élise n’a entamé l’abattement dans les quinze ans précédents, et la déclaration fait courir le délai de quinze ans. Le don familial de somme d’argent de l’article 790 G, 31 865 € supplémentaires exonérés, exige un donateur de moins de 80 ans et un bénéficiaire majeur ou émancipé : à 75 ans et 10 ans, il ne s’applique pas.
Jusqu’où ça va
Un don non déclaré reste taxable sans limite de temps : il sera révélé au décès du grand-père, lors d’un contrôle ou par une déclaration ultérieure, et évalué à la plus élevée de sa valeur au jour du don ou au jour de sa déclaration, avec l’abattement disponible à cette date ; un don déclaré à temps consomme 15 000 € de l’abattement pour quinze ans, laissant 16 865 € disponibles jusqu’en 2041, puis 31 865 € de nouveau. Civilement, le don n’est pas rapportable à la succession du grand-père : il s’impute sur la quotité disponible, et n’est pas rapportable par la mère d’Élise. Le compte d’Élise appartient à Élise, ses parents l’administrent.
Ce que ça coûte vraiment
Pour le grand-père d’Élise, une déclaration sur le formulaire papier 2735 par les parents, sans droits, 16 865 € d’abattement restant jusqu’en 2041 ; à ses 18 ans, si le grand-père a encore moins de 80 ans, ce qui ne sera pas le cas, le don familial de 31 865 € s’ajouterait ; à 83 ans, seul l’abattement ordinaire subsiste. L’argent, placé sur un plan avenir climat ou une assurance-vie au nom d’Élise, travaille huit ans avant les études ; le grand-père peut aussi verser lui-même sur une assurance-vie à son nom avec Élise bénéficiaire, ce qui garde le contrôle et transmet hors succession civile ; versées après 70 ans, ses primes entrent toutefois dans les droits de succession au-delà de 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires, les gains restant exonérés.
Combien a-t-il à dix-huit ans, pour 10 800 € versés ?
Les parents de Jules versent 50 € par mois depuis sa naissance dans un fonds indiciel qui rend 6 % par an, gains réinvestis.
Combien a-t-il à dix-huit ans, pour 10 800 € versés ?
- Environ 30 000 €
- Environ 12 600 €
- Environ 19 400 €
Voir la réponseMasquer la réponse
À 6 % par an, les 216 versements de 50 € font environ 19 400 €. Jules a versé 10 800 €, et ses gains font près de 8 600 €. Sur un Livret A à 1,7 %, le même effort donnerait environ 12 600 €.
Pourquoi c’est comme ça
Des versements mensuels de 50 € pendant dix-huit ans, 216 versements, 10 800 € au total, capitalisés chaque mois au douzième de 6 % par an, produisent environ 19 400 €, dont 8 600 € de gains, 19 000 € avec une capitalisation annuelle, par la formule de la valeur acquise d’une suite de versements : le premier versement travaille dix-huit ans et vaut à lui seul 146 €, le dernier quelques semaines et vaut 50 €. À 1,7 %, taux du Livret A depuis le 1ᵉʳ août 2026, 12 600 € et 1 800 € de gains ; à 3 %, 14 300 € ; à 4 %, 15 800 € ; à 8 %, 24 000 €. Le taux fait presque tout, et le taux se paie en variations : l’indice MSCI World a rendu 9,1 % par an en dollars, dividendes réinvestis, de fin 1987 à fin août 2026, selon MSCI, en incluant une chute de 57 % de 2007 à 2009, et rien ne garantit la moyenne sur dix-huit ans précis, encore moins l’absence d’une baisse l’année où Jules aura besoin de l’argent.
Jusqu’où ça va
Les frais mangent le taux : un contrat à 2 % de frais annuels ramène 6 % à 4 % et 19 400 € à 15 800 €, 3 600 € perdus, plus de deux cinquièmes des gains ; un fonds indiciel à 0,3 % dans une assurance-vie en ligne à 0,5 % garde 5,2 % et 17 800 €. Pour un mineur, les enveloppes sont l’assurance-vie à son nom, ouverte par les parents, avec sa fiscalité après huit ans, le plan d’épargne avenir climat, exonéré mais bloqué jusqu’à dix-huit ans, ou un compte-titres, imposé à 31,4 % à la vente ; le PEA n’est possible qu’à dix-huit ans. La sécurisation progressive des trois ou quatre dernières années, en basculant une part vers le fonds en euros, protège le capital contre une baisse au mauvais moment, au prix de quelques centaines d’euros de rendement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les parents de Jules, le même effort sur un fonds indiciel à frais réduits plutôt que sur un fonds bancaire à 2 % vaut environ 2 000 € à l’arrivée, sans un euro de plus versé ; la vérification se fait sur le document d’informations clés du fonds et sur les frais du contrat. Quatre ans avant ses dix-huit ans, une bascule de 25 % par an vers le fonds en euros met le capital à l’abri d’un krach l’année du bac. Et 50 € qui deviennent 75 € à la première augmentation valent jusqu’à près de 10 000 € de plus à l’arrivée.
Quand les gains sont-ils imposés ?
Camille ouvre une assurance-vie au nom de sa fille de 2 ans et y verse 100 € par mois en unités de compte.
Quand les gains sont-ils imposés ?
- Seulement au retrait, avec l’abattement après huit ans
- Jamais, tant qu’elle est mineure
- Chaque année, avec les revenus des parents
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Sur une assurance-vie, les gains ne sont imposés qu’au moment d’un retrait. Après huit ans de contrat, 4 600 € de gains retirés par an échappent à l’impôt, 9 200 € pour un couple, un seul abattement pour tout le foyer fiscal. Les prélèvements sociaux, 17,2 % en 2026, restent dus.
CGI art. 125-0 A
Pourquoi c’est comme ça
Un contrat ouvert au nom d’un mineur par ses parents, qui signent tous deux la souscription et les rachats jusqu’à sa majorité, a la même fiscalité que tout contrat : les gains ne sont imposés qu’au rachat, au prorata de leur part dans le contrat, à 12,8 % avant huit ans et 7,5 % après, sous 150 000 € de versements, après l’abattement annuel de 4 600 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, prélevés au rachat sur les unités de compte et chaque année sur le fonds en euros. Un contrat ouvert à deux ans a seize ans d’âge à la majorité : un rachat de 10 000 € sur un contrat de 19 200 € versés valant 30 000 € contient 3 600 € de gains, sous l’abattement si celui du foyer fiscal où elle est déclarée n’a pas déjà servi cette année-là, et ne coûte qu’environ 620 € de prélèvements sociaux au taux de 2026. Le contrat, au nom de la fille, lui appartient : ses parents ne peuvent pas le racheter pour eux.
Jusqu’où ça va
À dix-huit ans, la fille signe seule, et rien ne l’empêche de tout racheter ; pour encadrer l’usage, les parents peuvent assortir leurs versements, qui sont des dons manuels, d’un pacte adjoint signé au moment du don, prévoyant que les fonds restent sur le contrat jusqu’à un âge fixé, 25 ans par exemple, et servent aux études ou à un premier logement, clause d’inaliénabilité temporaire admise par l’article 900-1 du Code civil pour un intérêt sérieux et légitime ; à défaut, seule la confiance encadre. Le plan d’épargne avenir climat exonère totalement les gains mais bloque jusqu’à dix-huit ans et cinq ans de détention, avec un choix de fonds restreint ; l’assurance-vie reste disponible à tout moment pour les besoins de l’enfant, avec un choix de supports large, et une fiscalité douce. Les deux peuvent se cumuler.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Camille, 100 € par mois pendant seize ans, 19 200 € versés, près de 30 000 € à 5 % ; un rachat de 10 000 € à dix-huit ans pour les études coûte environ 620 € de prélèvements sociaux, et les retraits suivants restent sans impôt tant que leurs gains tiennent dans l’abattement annuel du foyer fiscal, 4 600 € ou 9 200 €, partagé entre tous ses contrats ; les prélèvements sociaux restent dus. Un pacte adjoint signé aujourd’hui, sur papier libre ou par acte, fixe l’usage jusqu’à 25 ans si elle le souhaite ; un plan avenir climat en complément, avec 30 € par mois, ajoute une poche exonérée et bloquée. À dix-huit ans, la fille de Camille aura un contrat de seize ans d’âge, ce qui vaut plus qu’un capital.
Quand peut-il retirer ?
Un plan d’épargne avenir climat est ouvert pour Tom à sa naissance ; ses parents y versent 30 € par mois.
Quand peut-il retirer ?
- À tout moment, comme sur un Livret A
- À ses 18 ans, hors cas graves
- À ses 25 ans
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Le plan d’épargne avenir climat est bloqué jusqu’à la majorité, avec au moins cinq ans de détention. Seuls l’invalidité ou le décès d’un parent permettent de retirer plus tôt. Ses gains sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.
CMF art. L.221-34-2
Pourquoi c’est comme ça
Les sommes versées sur un plan d’épargne avenir climat sont indisponibles jusqu’à la majorité du titulaire, et au plus tôt cinq ans après l’ouverture du plan, sauf deux cas de retrait anticipé : l’invalidité du titulaire, au sens fixé par décret, et le décès de l’un de ses parents ; aucun autre motif, ni les études, ni la maladie d’un parent, ni la situation financière du foyer, ne permet un retrait. Ouvert à la naissance de Tom, il devient disponible à ses dix-huit ans, la condition de cinq ans étant remplie depuis longtemps ; ouvert à dix-sept ans, il aurait bloqué jusqu’à vingt-deux ans. Les versements sont plafonnés à 22 950 € et cessent dès que le titulaire a dix-huit ans et le plan plus de cinq ans, même sans retrait ; les retraits partiels deviennent alors possibles sans clôture.
Jusqu’où ça va
Par défaut, le plan est en gestion pilotée à horizon : investi en actifs finançant la transition écologique, fonds labellisés ou obligations vertes, avec une part de risque réduite progressivement, au moins 70 % d’actifs peu risqués étant exigés deux ans avant l’échéance, sauf option des parents pour une gestion libre ; les frais de gestion ne sont pas plafonnés, seuls les frais de transfert l’étant par décret. Le plan est clôturé le 31 décembre de l’année des trente ans du titulaire, les sommes étant alors virées sur un compte à son nom ; entre dix-huit et trente ans, retraits partiels libres si le plan a plus de cinq ans, le plan étant fermé aux nouveaux versements dès que ces deux conditions sont réunies. Les versements des grands-parents ou tiers sont des dons manuels à Tom, avec les règles habituelles.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, 30 € par mois pendant dix-huit ans, 6 480 € versés, environ 9 500 € à 4 % net de frais, intérêts capitalisés chaque mois, sans impôt ni prélèvements sociaux, contre environ 7 600 € sur un Livret A à 1,7 % ; la différence, environ 1 900 €, est le prix accepté du blocage et du risque de marché, atténué par la sécurisation finale. Les parents de Tom ne pourront pas y puiser pour un imprévu : c’est le rôle de leur propre épargne. À dix-huit ans, Tom retire ce qu’il veut, quand il veut, jusqu’à la clôture à la fin de l’année de ses trente ans ; le plan est un cadeau daté, pas un compte courant.
Sur un an, lequel rapporte le plus, net ?
Inès voit une offre : un livret bancaire à 4 % pendant trois mois, puis 1 %. Elle a 20 000 € sur son Livret A à 1,7 %.
Sur un an, lequel rapporte le plus, net ?
- Les deux pareil
- Le livret bancaire, grâce aux 4 %
- Le Livret A à 1,7 %
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Sur le livret bancaire, Inès touche 200 € bruts sur le trimestre à 4 %. Elle touche ensuite 150 € bruts sur neuf mois à 1 %. Cela fait 350 € bruts, soit environ 240 € nets après le prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Le Livret A, lui, rapporte 340 € nets, sans impôt.
CGI art. 200 A
Pourquoi c’est comme ça
Sur 20 000 € à 4 % pendant trois mois, 200 € d’intérêts bruts ; puis 1 % pendant neuf mois, 150 € ; 350 € bruts sur l’année, soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % et aux prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 % en 2026, environ 110 € retenus, 240 € nets, un rendement de 1,2 % ; sur le Livret A à 1,7 %, 340 € nets, exonérés, calculés par quinzaine. Le taux promotionnel brut de 4 % équivaut à 2,74 % net, déjà au-dessus du Livret A, mais seulement trois mois : sur douze mois, la moyenne pondérée brute est de 1,75 %, 1,2 % net. Les offres peuvent limiter le taux boosté à un plafond de versements, aux nouveaux clients ou aux versements nouveaux, et exiger un compte courant, une carte, ou une domiciliation.
Jusqu’où ça va
Le livret bancaire n’a d’intérêt que pour l’épargne qui dépasse les plafonds des livrets réglementés, 22 950 € au Livret A, 12 000 € au LDDS, 10 000 € au LEP ; à ce stade, il se compare au fonds en euros d’assurance-vie, 2,5 % brut par exemple, après 2,63 % en moyenne en 2025 selon l’ACPR, soit 2,07 % net de prélèvements sociaux, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains au rachat si le contrat a moins de huit ans, et au compte à terme à 2,5 % brut, 1,7 % net ; le livret bancaire à 1 % hors promotion perd. La banque prélève l’acompte de 12,8 % et les 18,6 % à la source ; un contribuable seul dont le revenu fiscal de référence d’il y a deux ans est sous 25 000 €, 50 000 € pour un couple, peut demander à sa banque, avant le 30 novembre, la dispense de l’acompte sur les intérêts de l’année suivante ; l’impôt définitif et les prélèvements sociaux restent dus. Enchaîner les promotions de banque en banque tous les trois mois, ce que certains font, rapporte 2,7 % net au prix d’une gestion permanente.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Inès, 100 € de moins sur l’année en suivant l’offre, et deux comptes à ouvrir et fermer ; le Livret A garde ses 20 000 €. Si son Livret A était plein, un LDDS au même taux, un LEP à 2,5 % si elle y a droit ou un fonds en euros à 2,07 % net de prélèvements sociaux, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, pourraient accueillir l’excédent ; le super livret ne l’emporte que pour de l’argent sans place ailleurs, pendant les trois mois de la promotion, avant d’être déplacé. Le taux qui compte est le taux net sur douze mois, pas celui de l’affiche.
Combien les frais lui coûtent-ils au bout de vingt ans ?
Bastien verse 100 € par mois pendant vingt ans dans un fonds qui rend 6 % par an avant frais. Son contrat prélève 1 % de frais de gestion par an.
Combien les frais lui coûtent-ils au bout de vingt ans ?
- Environ 5 100 €
- Environ 24 000 €
- Environ 500 €
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À 6 %, 100 € par mois pendant vingt ans font environ 46 200 €. Après un point de frais, à 5 %, ils font environ 41 100 €. Les frais ont donc retiré près de 5 100 €. C’est plus d’un cinquième des 24 000 € versés, et bien plus que 1 % du total.
Pourquoi c’est comme ça
Cent euros par mois pendant vingt ans, 240 versements, 24 000 € au total, capitalisés chaque mois au douzième de 6 % par an, produisent environ 46 200 € ; à 5 %, après un point de frais de gestion annuel, environ 41 100 € : 5 100 € d’écart, soit 11 % du capital final et 21 % des versements, pour un point de frais qui paraît anodin, parce que chaque euro prélevé une année cesse de composer toutes les années suivantes. Sur trente ans, le même point de frais coûte environ 17 000 € sur 100 000 € ; deux points, 31 000 €. Les frais d’un contrat se superposent : frais sur versements, plafonnés par la loi à 5 % des versements de l’année, prélevés avant même que l’argent ne travaille ; frais de gestion du contrat, prélevés chaque année sur l’encours ; frais courants du fonds, indiqués dans son document d’informations clés ; frais d’arbitrage.
Jusqu’où ça va
Un contrat bancaire peut cumuler 2 % de frais sur versements, 0,9 % de gestion et 1,5 % de frais de fonds, soit 2,4 % par an plus l’entrée, ce qui ramène 6 % à 3,6 % et 46 200 € à 34 400 € ; un contrat en ligne à 0 % d’entrée, 0,5 % de gestion et un fonds indiciel à 0,2 % laisse 5,3 % et 42 600 €. Depuis 2022, chaque assureur publie un tableau standardisé des frais totaux par catégorie de support, et le document d’informations clés du contrat et de chaque fonds affiche les coûts en pourcentage et en euros sur la durée indiquée, avec leur effet sur le rendement ; ces deux documents suffisent à comparer.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Bastien, 5 100 € d’écart pour un point, 9 500 € pour deux, sur un effort de 100 € par mois : le contrat en ligne à frais réduits avec un fonds indiciel mondial, ou le PEA pour la partie actions, est ce qui lui rend l’essentiel de ses gains. Un contrat déjà ouvert à frais élevés se garde pour sa date, avec un versement minimal, et les nouveaux versements vont ailleurs ; ou se transforme chez le même assureur si celui-ci propose une offre moins chère. Un point de frais, c’est plus de quatre ans de versements sur vingt ans.
Ses gains sont-ils exonérés d’impôt sur le revenu ?
Salomé ouvre un PEA en mars 2026 avec 50 € et ne reverse rien avant 2030, où elle y place 15 000 €. Elle retire ses gains en avril 2031.
Ses gains sont-ils exonérés d’impôt sur le revenu ?
- Oui, mais seulement sur les 50 € d’origine
- Non : les 15 000 € n’ont qu’un an
- Oui : le plan date de mars 2026
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L’ancienneté du PEA court à partir du premier versement, quel que soit son montant. En avril 2031, le plan de Salomé a donc cinq ans révolus. Ses gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus, au taux en vigueur le jour du retrait : 18,6 % en 2026.
CMF art. L.221-32 · CGI art. 157, 5° bis
Pourquoi c’est comme ça
La date d’ouverture d’un plan d’épargne en actions est celle du premier versement, même symbolique, et c’est elle qui compte pour les cinq ans : un plan ouvert avec 50 € en mars 2026 a cinq ans révolus en mars 2031, quels que soient les versements intermédiaires, y compris 15 000 € en 2030 ; en avril 2031, un retrait ne clôt pas le plan, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu et ne supportent que les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026, sur la part de gains qu’ils contiennent, calculée au prorata de la valeur du plan. Seule une clôture remet le compteur à zéro : retrait total, ou retrait avant cinq ans hors les exceptions de la loi, création ou reprise d’entreprise, licenciement, invalidité ou retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint ; un transfert du plan vers un autre établissement, avec ses titres et sa date, le conserve, contre des frais plafonnés à 150 €.
Jusqu’où ça va
Les 50 € qui attendent quatre ans sur un compte espèces ne rapportent rien, et certains établissements facturent des frais de tenue de compte, plafonnés par décret depuis la loi Pacte à 0,4 % de la valeur des titres par an plus 5 € par ligne de titres, soit rien sur 50 € laissés en espèces, et des frais d’ouverture, 10 € au plus ; la plupart des courtiers en ligne n’en prélèvent pas, selon l’AMF en janvier 2026. La même logique de prise de date vaut pour l’assurance-vie, dont les huit ans courent du premier versement, et pour le PEA-PME, distinct, qui a sa propre date ; elle ne vaut pas pour le plan d’épargne retraite, sans compteur fiscal, ni pour le compte-titres. Un PEA ouvert avant 2018 conserve en outre des taux de prélèvements sociaux historiques sur les gains d’avant cette date. Ouvrir tôt coûte au plus quelques euros ; fermer tôt se paie, en impôt sur le gain avant cinq ans et en date perdue.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Salomé, 15 050 € versés, dont 15 000 € placés en 2030 devenus 16 500 € en avril 2031 : un plan de 16 550 € et 1 500 € de gains. Son retrait de 1 500 € n’en contient que 136 € au prorata, soit environ 25 € de prélèvements sociaux au taux de 2026 et pas un euro d’impôt, le plan restant ouvert, le reste des gains supportant les prélèvements sociaux à sa sortie ; si le plan avait été ouvert en 2030, le retrait l’aurait fermé et ses 1 500 € de gains auraient supporté environ 470 € à 31,4 % ; la prise de date de 2026 lui vaut près de 200 € d’impôt sur le revenu et un plan intact. À l’échelle d’un PEA rempli à 150 000 € et retiré partiellement pendant des années, la date de 2026 vaut des milliers d’euros. Le geste prend dix minutes en ligne, avec 50 € ; il fixe une date, pas un rendement, qui dépend des supports et des frais.
Le jour du détachement, à combien se traite l’action, toutes choses égales par ailleurs ?
Romain détient 20 actions à 50 €. La société verse 2 € de dividende par action, versés sur son compte.
Le jour du détachement, à combien se traite l’action, toutes choses égales par ailleurs ?
- 48 €
- 52 €
- 50 €
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Le dividende sort de la caisse de l’entreprise, et le cours baisse du même montant : 48 €. Romain a maintenant 960 € d’actions et 40 € de dividende à recevoir. Cela fait 1 000 €, comme la veille, simplement répartis autrement.
C. com. art. L.232-12
Pourquoi c’est comme ça
Un dividende de 2 € par action est détaché à une date fixée par la société, après le vote de l’assemblée ; ce jour-là, l’action s’échange sans le droit au dividende, et la bourse ajuste le cours de référence de la veille du montant détaché, 48 € pour 50 €, avant l’ouverture ; les actionnaires enregistrés le jour ouvré suivant sont payés à la date fixée par la société, en général quelques jours ouvrés plus tard. Romain a bien 960 € d’actions et 40 € de dividende, un droit à recevoir jusqu’au paiement, 1 000 € comme la veille : le dividende n’est pas un revenu qui s’ajoute à la valeur de l’action, c’est une partie de cette valeur convertie en espèces. Les mouvements de la journée peuvent faire remonter ou descendre le cours, indépendamment.
Jusqu’où ça va
Sur un compte-titres, les 40 € sont imposés au prélèvement forfaitaire unique, 12,8 % d’acompte retenu par la banque et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026, environ 12,50 €, ou au barème après abattement de 40 % sur option ; dans un PEA, rien n’est prélevé, le dividende reste dans le plan et se réinvestit. Un fonds capitalisant réinvestit les dividendes des sociétés qu’il détient sans fait générateur, et les indices dividendes réinvestis mesurent le rendement total ; l’indice CAC 40 ordinaire, lui, baisse mécaniquement des dividendes détachés.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Romain, 40 € reçus et environ 12,50 € de prélèvement s’il est sur compte-titres, environ 27,50 € nets, avec une action qui vaut 48 € : une opération neutre avant impôt et légèrement perdante après, qui n’enrichit que si la société continue de gagner de l’argent et de le distribuer ; acheter la veille du détachement pour toucher le dividende, ce que certains tentent, revient à payer un impôt pour rien. Le rendement total de l’action, cours plus dividendes, sur plusieurs années, est la seule mesure ; dans un PEA, le dividende est simplement un cours qui se réinvestit.
Combien Julia perd-elle ?
Julia a 5 000 € dans un fonds indiciel monde qui détient environ 1 300 sociétés. L’une d’elles fait faillite ; elle pesait 0,02 % de l’indice.
Combien Julia perd-elle ?
- 1 €
- 5 000 €
- 100 €
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0,02 % de 5 000 €, c’est 1 €. La diversification d’un indice de plus de mille sociétés réduit à presque rien le risque propre à une entreprise, sans l’effacer. Elle ne protège pas, en revanche, d’une baisse de tout le marché.
CMF art. L.214-1
Pourquoi c’est comme ça
Un fonds indiciel coté, ou ETF, réplique un indice en détenant ses composants, un échantillon représentatif, ou par un contrat d’échange de performance ; les composants pèsent dans l’indice selon leur capitalisation boursière flottante : dans un indice monde d’environ 1 300 sociétés, la plus grande pèse 5,6 % fin août 2026 selon MSCI, les plus petites quelques centièmes de pour cent ; une société qui pèse 0,02 % représente 1 € sur 5 000 €, et sa faillite fait perdre au fonds exactement ce poids, en général déjà réduit à presque rien par la baisse du cours dans les mois précédents, la société étant retirée de l’indice lors d’une révision ou, dès le dépôt de bilan, au dernier prix disponible, la perte de cours déjà subie restant acquise. Le fonds ne peut pas valoir zéro tant que subsiste une société dans l’indice ; sa valeur suit la moyenne pondérée de toutes.
Jusqu’où ça va
La diversification réduit fortement le risque propre à chaque société, mais pas le risque de marché : quand toutes les actions baissent ensemble, comme de 57 % en dollars d’octobre 2007 à mars 2009 pour l’indice MSCI World, le fonds baisse d’autant, et le fonds monde reste concentré à 72 % sur les États-Unis et à 27 % sur ses dix premières valeurs fin août 2026, selon MSCI, ce qui est une forme de concentration. Les frais se prélèvent dans la valeur de part : en 2025, 0,33 % par an en moyenne pour les ETF d’actions et 1,37 % de frais totaux pour les fonds d’actions gérés activement, selon l’AMF. Sur un compte-titres, les gains sont imposés à 31,4 % à la vente ; dans un PEA, un fonds monde synthétique éligible ne supporte que 18,6 % après cinq ans.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Julia, 1 € perdu et 10 € de frais par an ; les mêmes 5 000 € sur cinq actions choisies à parts égales auraient exposé 1 000 € à chaque faillite possible, et environ 500 € à une baisse de 50 % de l’une d’elles. Ce que le fonds ne lui épargne pas : une forte baisse de tout le marché, perte latente que la vente rend définitive. Le prospectus indique le nombre de lignes, les dix premières positions et leur poids ; c’est là que se lit la concentration réelle du fonds, pas dans son nom.
Fin 2020, où en est-il par rapport à un épargnant qui n’a rien fait ?
Karim a 30 000 € en actions début 2020. Au creux du 23 mars, elles ont perdu 29 % depuis le début de l’année. L’indice mondial a pourtant rapporté environ 9 % par an en dollars de fin 1987 à août 2026, selon MSCI. Il vend, puis revient en septembre, une fois les marchés rassurés.
Fin 2020, où en est-il par rapport à un épargnant qui n’a rien fait ?
- Au même niveau
- Environ 10 000 € au-dessus
- Environ 10 000 € en dessous
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L’épargnant resté investi a environ 31 900 € fin 2020, car l’indice a fini l’année en hausse. Karim, lui, a vendu au creux, à environ 21 300 €. Il est revenu après la remontée et n’a qu’environ 22 400 € fin 2020. Son retard d’environ 9 500 € est définitif.
Pourquoi c’est comme ça
Entre le 19 février et le 23 mars 2020, l’indice MSCI World a perdu 34 % en euros, dividendes nets réinvestis, soit 29 % depuis le début de l’année, selon MSCI ; il avait retrouvé son niveau de février dès août en dollars, mais seulement le 7 janvier 2021 en euros, et a fini l’année en hausse d’environ 6 % en euros, portant 30 000 € restés investis à environ 31 900 €. Karim a vendu au creux, à environ 21 300 €, et est revenu début septembre, quand l’indice avait déjà repris environ 40 % depuis mars : ses 21 300 € ont ensuite suivi la hausse de septembre à décembre, environ 5 %, jusqu’à environ 22 400 € fin 2020 ; le retard d’environ 9 500 € par rapport à l’épargnant passif est définitif, il ne se rattrape que par un rendement supérieur ensuite, qu’il n’aura pas puisqu’il détient le même fonds. Il a aussi payé deux séries de frais et, s’il était en plus-value depuis l’achat, 30 % sur les gains réalisés à la vente, le taux forfaitaire de 2020.
Jusqu’où ça va
Sur l’indice MSCI World, en dollars, les plus fortes hausses d’un jour de 2008 et de 2020 sont tombées au cœur des paniques, à quelques jours des pires baisses : plus 9,5 % le 13 octobre 2008, plus 8,8 % le 24 mars 2020, douze jours après une baisse de 9,9 %, selon MSCI. Sortir exige deux décisions justes, la sortie et le retour, et la seconde est facilement prise trop tard, quand les nouvelles sont redevenues bonnes et les cours déjà remontés. Ce qui protège se fixe avant la baisse : une part d’actions dont la chute d’un tiers reste supportable sans vente, le reste en fonds en euros ou en obligations, et une réserve de précaution qui évite d’avoir besoin de l’argent.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Karim, environ 9 500 € sur 30 000 €, près d’un tiers de son capital, perdus en six mois d’absence ; avec 15 000 € d’actions et 15 000 € de fonds en euros, la même baisse, 29 % depuis le début de l’année, n’aurait coûté qu’environ 15 % au total, un niveau qui laisse plus facilement le portefeuille en place. Une part d’actions fixée à l’avance, à un niveau dont la baisse reste supportable sans vente, sépare l’épargnant resté investi de Karim. Le relevé du 23 mars 2020 est le meilleur rappel à garder.
Quelle enveloppe lui coûte le moins d’impôt et de prélèvements ?
Émilie, célibataire, a 10 000 € de gains sur un PEA de six ans, 10 000 € sur une assurance-vie de neuf ans et 10 000 € sur un compte-titres. Elle retire tout la même année et reste aux taux forfaitaires, sans option pour le barème.
Quelle enveloppe lui coûte le moins d’impôt et de prélèvements ?
- Le compte-titres
- Le PEA
- L’assurance-vie
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Aux taux de 2026, le PEA ne paie que 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 1 860 €. Sur l’assurance-vie, 4 600 € de gains sont exonérés d’impôt, et les 5 400 € restants paient 7,5 %, soit 405 €, abattement entier et primes sous 150 000 € supposés. S’ajoutent 17,2 % sur les 10 000 €, soit 1 720 €, pour un total de 2 125 €. Mais les prélèvements sociaux ont déjà été retenus chaque année sur la part en euros. Le compte-titres paie 31,4 %, soit 3 140 €. Sur une seule année de retrait, le PEA coûte le moins. Sur plusieurs années, l’abattement annuel de l’assurance-vie se répète.
CGI art. 125-0 A · 157, 5° bis · 200 A
Pourquoi c’est comme ça
Sur le PEA de plus de cinq ans, les 10 000 € de gains retirés supportent les seuls prélèvements sociaux, 18,6 % appliqués par l’administration aux gains retirés en 2026, 1 860 €, sans impôt sur le revenu ; sur l’assurance-vie de neuf ans, si l’abattement du foyer est encore entier et les primes de tous ses contrats sous 150 000 €, les gains retirés sont d’abord réduits de l’abattement annuel de 4 600 €, puis imposés à 7,5 % sur les 5 400 € restants, 405 €, et supportent 17,2 % de prélèvements sociaux sur 10 000 €, 1 720 €, dont une partie a déjà été retenue chaque année sur la part en fonds en euros, soit 2 125 € au total ; sur le compte-titres, 12,8 % plus 18,6 %, 3 140 €, sans abattement, sauf option pour le barème avec 65 % d’abattement pour des actions ou parts de sociétés acquises avant 2018 et détenues au moins huit ans, les obligations en étant exclues, qui ramène l’impôt à 30 % de 3 500 € dans cette tranche, 1 050 €, plus 1 860 € de prélèvements, 2 910 € avant CSG déductible.
Jusqu’où ça va
Le classement change avec le calendrier : retirer les 10 000 € de gains de l’assurance-vie sur trois années civiles, 4 600 €, 4 600 € et 800 €, efface l’impôt de 7,5 % et ne laisse que les 1 720 € de prélèvements sociaux, sous le PEA ; un couple marié ou pacsé dispose de 9 200 € par an et y arrive en deux ans. Au-delà de 150 000 € de primes sur l’ensemble de ses contrats, au 31 décembre précédent, les gains correspondants passent à 12,8 %. Le compte-titres garde une place pour les titres inéligibles au PEA, actions hors Europe en direct, et pour les moins-values à imputer ; il est aussi le seul dont la plus-value latente est purgée au décès sans prélèvements, quand le PEA est clôturé avec prélèvements sociaux et l’assurance-vie transmise avec ses abattements propres.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Émilie, l’ordre des retraits sur une année : le PEA d’abord, 1 860 €, puis 4 600 € de gains de l’assurance-vie sans impôt, 791 € de prélèvements, et le compte-titres en dernier, ou jamais si elle peut attendre ; sur trois ans, l’assurance-vie devient la moins chère, à 1 720 €. Sur les 30 000 € de gains, étaler l’assurance-vie sur trois ans économise 405 €, et garder le compte-titres diffère 3 140 € jusqu’à une vente future, sans changer un seul placement. Dans cet ordre, le compte-titres, le plus taxé, vient en dernier.
Si la banque fait défaut, le fonds de garantie des dépôts lui rend :
Yasmine a 130 000 € sur un compte à terme dans une seule banque, en attendant un achat dans deux ans.
Si la banque fait défaut, le fonds de garantie des dépôts lui rend :
- 70 000 €
- 130 000 €
- 100 000 €
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La garantie couvre 100 000 € pour chaque déposant, dans chaque établissement. Les 30 000 € restants dépendent de la liquidation. Répartis sur deux établissements distincts, les 130 000 € auraient été couverts en entier.
CMF art. L.312-4 · L.312-16
Pourquoi c’est comme ça
Le fonds de garantie des dépôts et de résolution, alimenté par les cotisations des banques, indemnise les déposants lorsque l’Autorité de contrôle prudentiel constate l’indisponibilité des dépôts d’un établissement, dans un délai de sept jours ouvrables, sans démarche, par virement sur un compte désigné ; le plafond est de 100 000 € par déposant et par établissement agréé, tous comptes de dépôt confondus, comptes courants, comptes à terme, livrets bancaires, PEL et CEL, en euros ou en devises ; un compte joint est réparti à parts égales entre ses cotitulaires, sauf autre clé prévue au contrat, la part de chacun s’ajoutant à ses autres dépôts dans la même banque sous son propre plafond, et un compte de mineur compte pour le mineur. Les 130 000 € de Yasmine dans une seule banque sont couverts à 100 000 € ; les 30 000 € restants sont une créance sur la liquidation, remboursée selon l’actif disponible, au terme de la liquidation.
Jusqu’où ça va
Les dépôts exceptionnels temporaires, provenant de la vente d’un bien d’habitation du déposant, de la réparation en capital d’un dommage, d’un capital de retraite, d’une succession, d’un legs ou d’une donation, d’une prestation compensatoire ou d’une indemnité de rupture du contrat de travail, bénéficient d’une couverture supplémentaire de 500 000 € par événement, en plus des 100 000 € ordinaires, pendant trois mois à compter de leur encaissement, sans limite pour l’indemnité d’un dommage corporel ; un versement d’assurance n’en bénéficie que s’il répare un dommage ; cette part se demande au fonds, justificatifs à l’appui, dans les deux mois de son courrier d’indemnisation ; passé les trois mois, retour à 100 000 €. Le Livret A, le LDDS et le LEP sont garantis à part par l’État jusqu’à 100 000 € par personne ; les titres et fonds détenus en compte-titres ou PEA sont la propriété du client, restitués en cas de faillite, avec une garantie de 70 000 € pour les cas de disparition ; les contrats d’assurance-vie relèvent du fonds de garantie des assurances de personnes, 70 000 € par assuré et par assureur. Deux enseignes d’un même groupe avec un seul agrément comptent pour un seul établissement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Yasmine, 30 000 € exposés deux ans à un risque faible mais réel, quand un second compte à terme dans une autre banque, ou 30 000 € sur un Livret A et un LDDS garantis par l’État, la couvrent entièrement ; si les 130 000 € viennent d’une vente immobilière de moins de trois mois, elle est couverte en entier jusqu’en fin de délai, sur demande au fonds, et doit répartir avant. La liste des établissements agréés et de leurs groupes figure sur le registre REGAFI ; deux marques d’un même établissement agréé ne font qu’un, deux établissements agréés d’un même groupe font deux.
Quel taux son plan lui garantit-il, brut puis net de prélèvement forfaitaire ?
Grégoire ouvre un PEL en février 2026 et y verse 300 € par mois pour un apport dans cinq ans.
Quel taux son plan lui garantit-il, brut puis net de prélèvement forfaitaire ?
- 2 % brut, environ 1,4 % net
- 2,5 % brut, environ 1,7 % net
- 1,7 % net d’impôt, comme le Livret A
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Les PEL ouverts depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 servent 2 % brut, fixés pour toute la vie du plan. Leurs intérêts subissent 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, taux maintenu pour l’épargne logement en 2026. Il reste donc 1,4 % net. Tout retrait ferme le plan. Avant deux ans, les intérêts sont recalculés au taux du compte épargne logement. Avant quatre ans, les droits à prêt sont réduits ou perdus.
CCH art. L.315-1 · CGI art. 157, 9° bis
Pourquoi c’est comme ça
Le taux de rémunération des plans d’épargne logement est fixé par arrêté pour les plans ouverts à partir d’une date et reste acquis à chaque plan pendant toute sa durée, quinze ans au plus, dix ans de versements : 2 % brut pour les plans de 2026, contre 1,75 % en 2025, 2,25 % en 2024, 2 % en 2023, 1 % d’août 2016 à 2022 ; les intérêts, capitalisés chaque année, supportent 12,8 % d’impôt sur le revenu, sur option le barème, et 17,2 % de prélèvements sociaux, taux maintenu pour l’épargne logement en 2026, soit 1,4 % net ; ils sont prélevés chaque année à la source. Le plan exige un versement initial de 225 € et 540 € par an au minimum, jusqu’à 61 200 € de versements, et donne après quatre ans un droit à prêt immobilier, jusqu’à 92 000 € sur deux à quinze ans, au taux du plan majoré de 1,2 point, 3,2 %, calculé sur les intérêts acquis.
Jusqu’où ça va
Tout retrait entraîne la clôture : avant deux ans, les intérêts sont recalculés au taux du compte épargne logement, 1,25 % depuis le 1er août 2026, et les droits à prêt sont perdus ; entre deux et trois ans, les droits à prêt sont perdus mais le taux est conservé ; entre trois et quatre ans, les droits à prêt sont réduits ; après quatre ans, tout est acquis. Le droit à prêt à 3,2 % vaut si les taux de marché sont plus élevés au moment de l’achat ; il ne vaut rien s’ils passent sous 3,2 %, et il se cède à un proche. La prime d’État n’existe plus pour les plans ouverts depuis 2018. Le PEL est garanti par le fonds de garantie des dépôts dans la limite de 100 000 €.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Grégoire, 300 € par mois pendant cinq ans, 18 000 € versés, environ 18 950 € bruts et 18 650 € nets, un gain de 650 € ; le même effort sur un fonds en euros à 2,5 % brut, 2,07 % net, donne environ 18 950 €, environ 18 830 € après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, et sur un Livret A à 1,7 %, environ 18 800 €, sans blocage ; le PEL gagne seulement par son droit à prêt à 3,2 %, si les taux restent au-dessus : ses intérêts acquis, environ 940 € bruts, multipliés par 2,5, fixent le total d’intérêts du prêt, soit un prêt d’environ 14 000 € sur dix ans, loin du plafond de 92 000 €, et un point d’écart avec le marché vaut alors environ 800 € sur la durée du crédit, hors assurance et frais. Pour un apport dans cinq ans, le PEL suppose de ne pas toucher aux fonds avant quatre ans ; le Livret A et le LDDS accueillent sans blocage près de 35 000 €.
Si elle la vend aujourd’hui, elle en tire environ :
Pauline détient une obligation d’État de 1 000 € à 3 %, remboursable dans neuf ans. Les taux du marché montent à 4 %.
Si elle la vend aujourd’hui, elle en tire environ :
- 930 €
- 1 080 €
- 1 000 €
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Le coupon de 3 % est devenu inférieur au taux du marché. Un acheteur ne paie donc l’obligation qu’environ 930 €, pour retrouver 4 % sur les neuf ans restants. Si Pauline la garde jusqu’au terme, elle récupère 1 000 €.
CMF art. L.213-5
Pourquoi c’est comme ça
Le prix d’une obligation sur le marché est la valeur actuelle de ses flux au taux exigé aujourd’hui : neuf coupons de 30 € et 1 000 € de remboursement, actualisés à 4 %, valent 926 € ; l’acheteur qui paie ce prix touche 30 € par an et 74 € de gain au remboursement, ce qui lui donne 4 % par an, le rendement du marché. La sensibilité, variation du prix pour un point de taux, est proche de la durée restante corrigée, environ 7,7 ici : un point de hausse coûte environ 7,7 %, et la règle approximative, autant de pour cent que d’années restantes, donne le bon ordre de grandeur pour les coupons faibles. La symétrie joue : si les taux tombaient à 2 %, l’obligation vaudrait environ 1 082 €, et Pauline pourrait la vendre avec 82 € de gain. Rien de tout cela ne change les flux promis.
Jusqu’où ça va
Un fonds obligataire classique subit ces variations sans échéance, il renouvelle ses titres en permanence, et sa valeur ne revient pas mécaniquement au pair ; en 2022, les fonds d’obligations longues ont nettement baissé, d’autant plus que leur durée était longue, et leur rendement courant est ensuite remonté. Les fonds à échéance, ou fonds datés, achètent des obligations arrivant à terme la même année et les conservent, ce qui se rapproche du comportement d’une obligation en direct, avec la diversification sur de nombreux émetteurs, mais sans garantie du capital : la valeur au terme dépend des prix payés, des frais et des défauts éventuels. Les obligations d’État françaises se négocient sur le marché secondaire par coupures de 1 €, avec un minimum d’ordre fixé par chaque courtier ; les coupons sont imposés à 31,4 % hors enveloppe.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Pauline, 70 € de moins si elle vend aujourd’hui, rien, sauf défaut de l’État, si elle garde neuf ans avec ses 30 € par an, et une opportunité si les taux redescendent ; vendre à 926 € pour racheter une obligation neuve à 4 % a la même valeur que garder, les deux titres étant évalués au même taux de marché : coupons réinvestis à 4 %, le résultat final est identique, aux frais et à la fiscalité près, la vente réalisant une moins-value de 74 € ; l’arbitrage ne crée donc rien hors besoin d’argent. Si elle a besoin de ses 1 000 € dans un an, elle aurait dû détenir une obligation à un an, sensibilité 1, ou un fonds monétaire ; c’est la durée qu’elle a choisie en 2024 qui décide de l’ampleur de la variation, pas le marché.
Sur quelle somme l’impôt porte-t-il ?
Malik retire 10 000 € d’une assurance-vie de 50 000 € ouverte il y a six ans, qui contient 5 000 € de gains.
Sur quelle somme l’impôt porte-t-il ?
- 1 000 €
- 10 000 €
- 5 000 €
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Le retrait emporte la même proportion de gains que le contrat, soit 10 %. Sur les 10 000 € retirés, 1 000 € sont donc des gains. Avant huit ans, ces 1 000 € supportent 12,8 % d’impôt, soit 128 €. S’y ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, s’ils n’ont pas déjà été retenus.
CGI art. 125-0 A
Pourquoi c’est comme ça
Lors d’un rachat partiel, la part de gains imposable est calculée par la formule : montant du rachat moins le produit des versements nets par le rapport du rachat sur la valeur totale du contrat ; pour Malik, 10 000 € moins 45 000 € multipliés par 10 000 sur 50 000, soit 10 000 € moins 9 000 € : 1 000 € de gains, 10 % du rachat, exactement la proportion de gains dans le contrat. Avant huit ans, ces 1 000 € supportent le prélèvement forfaitaire de 12,8 %, 128 €, retenu par l’assureur, ou sur option globale le barème, ce qui vaut pour un foyer qui reste non imposable gains compris ; et 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, environ 170 €, sauf pour la part de gains du fonds en euros déjà prélevée chaque année, l’assureur régularisant à l’euro près.
Jusqu’où ça va
Après huit ans, le même rachat aurait supporté 7,5 % sur les gains au-delà de l’abattement annuel, 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, commun à tous les contrats du foyer, sous 150 000 € de primes sur l’ensemble de ses contrats : rien sur 1 000 € si l’abattement est disponible, 75 € s’il est déjà consommé par d’autres rachats, et les prélèvements sociaux dans les deux cas ; attendre deux ans aurait économisé 128 €, ou 53 €, ce qui se compare au besoin. Les versements nets retenus sont les versements diminués des rachats antérieurs de capital ; après un rachat, le contrat continue avec 40 000 €, dont 4 000 € de gains, et son ancienneté intacte. L’assureur dispose de deux mois pour payer après réception de la demande complète, pièce d’identité et relevé bancaire ; en pratique, une à trois semaines. Un rachat partiel programmé, mensuel ou trimestriel, applique la même formule à chaque versement et sert de revenu complémentaire peu taxé.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Malik, 128 € d’impôt et jusqu’à 170 € environ de prélèvements sociaux, 300 € au plus sur 10 000 € retirés, et un contrat qui poursuit sa sixième année ; s’il reste non imposable une fois les 1 000 € ajoutés à ses revenus, l’option globale pour le barème ramène l’impôt à zéro, et il ne reste que les prélèvements sociaux ; près du seuil, ces 1 000 € réduisent la décote et coûtent jusqu’à 158 € pour une personne seule à 17 200 € imposables, plus que les 128 € du forfait. Le même besoin dans deux ans ne coûterait que les prélèvements sociaux, environ 170 €, si l’abattement du foyer est disponible ; un rachat plus petit aujourd’hui, complété par un livret, réduit la note proportionnellement. L’avance, prêt de l’assureur, aurait évité toute imposition pour un besoin temporaire.
Le déficit public, c’est :
Le journal titre : « Déficit de 5,1 % du PIB en 2025 ». La famille Durand se demande si c’est la dette.
Le déficit public, c’est :
- La dette totale accumulée au fil des années
- L’écart d’une seule année entre dépenses et recettes
- Les intérêts payés dans l’année sur la dette
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Le déficit est un flux annuel. En 2025, les administrations ont dépensé 5,1 % du PIB de plus qu’elles n’ont encaissé. La dette est le stock formé par les déficits successifs : 115,7 % du PIB fin 2025, selon les comptes publiés par l’Insee en mai 2026.
Loi organique n° 2001-692 art. 34
Pourquoi c’est comme ça
Le déficit public est le solde négatif d’une année entre les recettes et les dépenses de l’ensemble des administrations, État, collectivités locales, Sécurité sociale, mesuré en comptabilité nationale selon les règles européennes : 5,1 % du PIB en 2025, soit environ 150 milliards d’euros, dont près de 65 milliards de charge d’intérêts et près de 90 milliards de déficit primaire, hors intérêts ; la dette publique au sens de Maastricht est le stock brut des emprunts de ces administrations, consolidé, 3 460 milliards fin 2025, 115,7 % du PIB, qui augmente chaque année à peu près du déficit, 154 milliards de plus en 2025 pour 152,5 milliards de déficit, l’écart venant de la trésorerie et des opérations sur actifs financiers, et dont le poids diminue en proportion avec la croissance nominale du PIB. La dette s’auto-entretient quand le taux d’intérêt moyen dépasse la croissance nominale : l’effet boule de neige.
Jusqu’où ça va
Quand le taux moyen de la dette rejoint la croissance nominale, le déficit primaire qui stabilise la dette est proche de zéro ; à 3 % de déficit primaire, la dette progresse de 3 points de PIB par an. La charge d’intérêts de l’ensemble des administrations publiques a atteint près de 65 milliards en 2025 selon l’Insee, et celle de l’État seul approche 60 milliards dans le budget 2026 : l’un des tout premiers postes de dépense. Le déficit se lit dans la loi de finances votée chaque automne et dans les comptes publiés par l’Insee en mars ; la dette, chaque trimestre. Les engagements hors bilan, retraites des fonctionnaires, garanties, ne sont pas dans la dette de Maastricht.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les Durand, quatre personnes sur 69 millions d’habitants : environ 200 000 € de dette et 8 800 € de déficit pour l’année, qu’ils ne remboursent pas directement mais dont ils portent les intérêts, environ 3 750 € par an pour leur foyer, via les impôts et les prélèvements ; et un risque, celui d’une hausse des taux exigés par les prêteurs, qui renchérirait tout. Le déficit dit ce qui se décide chaque année ; la dette dit ce qui a été décidé avant eux, et ce que leurs enfants porteront.
Qui détient la dette de l’État français ?
Bernard a 60 000 € sur le fonds en euros de son assurance-vie. Il lit que la dette française est « aux mains des marchés ».
Qui détient la dette de l’État français ?
- Des spéculateurs étrangers pour l’essentiel
- La Banque de France seule
- Pour moitié des non-résidents, pour moitié des résidents
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Au 30 juin 2025, 55,4 % de la dette négociable de l’État était détenue par des non-résidents, classés selon leur lieu de résidence, pas leur nationalité : des fonds, des banques centrales et des assureurs. Le reste est détenu par des résidents : assureurs, banques et Banque de France. Le fonds en euros de Bernard en fait partie.
CMF art. L.221-5
Pourquoi c’est comme ça
La dette négociable de l’État, 2 757 milliards d’euros fin septembre 2025 en obligations assimilables du Trésor et bons à court terme, était détenue au 30 juin 2025 à 55,4 % par des non-résidents, banques centrales étrangères, fonds de pension, gestionnaires d’actifs, assureurs européens et asiatiques. En 2023, selon la Cour des comptes, les assureurs français en détenaient 11,2 %, à travers les fonds en euros des contrats d’assurance-vie, les banques françaises 7,4 %, et d’autres investisseurs nationaux 26,9 %, dont la Banque de France pour le compte de l’Eurosystème à la suite des programmes d’achat de 2015 à 2022, sa part propre n’étant pas publiée.
Jusqu’où ça va
Le fonds en euros d’un contrat est investi par l’assureur surtout en obligations, dont une large part d’obligations d’État françaises et européennes, conservées jusqu’à l’échéance ; une hausse des taux fait baisser leur valeur de marché sans affecter leur remboursement, mais si les assurés retiraient massivement, l’assureur serait contraint de vendre à perte, ce que la loi Sapin 2 permet au HCSF de prévenir en suspendant temporairement les rachats. Le Livret A suit une autre route : 59,5 %, avec le LDDS, centralisés à la Caisse des dépôts pour le logement social et les collectivités, le reste conservé par les banques. Un ménage peut aussi détenir directement des OAT via un compte-titres. En 2026, l’État prévoit d’emprunter 310 milliards, dont près de 176 pour rembourser les titres arrivant à échéance, selon le Sénat.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Bernard, une part de ses 60 000 € est, à travers son assureur, prêtée à l’État français et à ses voisins de la zone euro, à un taux moyen qui remonte avec les émissions nouvelles ; son fonds en euros à 2,5 % en vit. Un défaut de la France, jamais survenu depuis 1797, toucherait son contrat ; une hausse brutale des taux toucherait la valeur de marché des obligations, pas leur remboursement ; l’assureur les inscrit à leur prix d’achat et ne constate la perte que s’il vend. Les marchés, ce sont aussi ses 60 000 €.
Que devient la charge d’intérêts annuelle sur ces 10 milliards ?
En 2026, l’État rembourse une OAT de 10 milliards émise en 2016 à 0,5 % par an, et emprunte 10 milliards à 4,4 % par an pour la remplacer.
Que devient la charge d’intérêts annuelle sur ces 10 milliards ?
- Elle disparaît, la dette a été remboursée
- Elle reste à 50 millions
- Elle passe de 50 à 440 millions
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À 0,5 %, 10 milliards coûtent 50 millions d’intérêts par an. À 4,4 %, ils en coûtent 440 millions. La dette n’a pas bougé, mais la facture a été multipliée par près de neuf. C’est ainsi que la charge de la dette monte par paliers, titre après titre.
Pourquoi c’est comme ça
L’État ne rembourse pas ses obligations sur ses recettes : à chaque échéance, il émet une nouvelle obligation pour rembourser l’ancienne, au taux du marché du jour ; une OAT de 10 milliards à 0,5 % émise en 2016, qui coûtait 50 millions d’intérêts par an, est remplacée par une OAT à 4,4 % qui en coûte 440 millions, pour une dette inchangée. Le taux moyen de l’ensemble de la dette évolue lentement, parce que seule la fraction qui arrive à échéance, près de 176 milliards en 2026 selon le Sénat, sur 2 757 milliards de dette négociable fin septembre 2025, plus les nouvelles émissions du déficit, est renouvelée ; il continue de monter tant que les titres anciens à taux bas sont remplacés par des titres à 3 ou 4 %, même si les taux de marché cessent de monter.
Jusqu’où ça va
La maturité moyenne de la dette française, de l’ordre de huit à neuf ans, fait que la hausse des taux de 2022 se diffuse sur une décennie : la charge d’intérêts de l’État approche 60 milliards dans le budget 2026, et celle de l’ensemble des administrations publiques est passée de 58 milliards en 2024 à près de 65 en 2025 selon l’Insee ; les obligations indexées sur l’inflation ont ajouté leur part en 2022 et 2023. Un point de plus sur tous les taux, durablement, coûte environ 3 milliards la première année, et 33,5 milliards par an au bout de neuf ans, selon les estimations reprises par le Sénat ; c’est l’ordre de grandeur du budget de la recherche et de l’enseignement supérieur. L’écart de taux avec l’Allemagne, de 0,66 point en février à 0,81 point en août 2026 en moyenne mensuelle, selon la BCE, mesure la prime demandée à la France.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les finances publiques, une charge d’intérêts de l’État d’environ 60 milliards, et qui monte chaque année par le seul jeu des renouvellements, sans nouveau déficit ; pour un épargnant, un fonds en euros dont le rendement remonte avec ces mêmes émissions, et des OAT à 4,4 % accessibles en direct ou via des fonds datés. La question posée à chaque budget est celle du déficit primaire, le seul levier que l’État contrôle ; le taux de renouvellement, lui, est fixé par ceux qui prêtent.
D’où vient ce seuil de 3 % ?
Clara entend qu’avec 5,1 % de déficit, la France « dépasse les 3 % ».
D’où vient ce seuil de 3 % ?
- Du traité de Maastricht de 1992
- D’une règle de la Banque de France
- D’une loi française de 1958
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Les seuils de 3 % de déficit et 60 % de dette viennent du traité de Maastricht de 1992. Ils sont repris dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Les dépasser ouvre une procédure pour déficit excessif. La France s’y trouve depuis 2024.
Règlement (CE) n° 1467/97
Pourquoi c’est comme ça
Le seuil de 3 % du PIB figure dans le traité de Maastricht de 1992, avec le seuil de dette de 60 %, qui correspond au niveau auquel se stabilise une dette avec 3 % de déficit et 5 % de croissance nominale, hypothèses des années 1990. Depuis la réforme d’avril 2024, les règles européennes fixent à chaque État une trajectoire de dépenses nettes sur quatre ans, prolongeable à sept en cas de réformes et d’investissements, avec un ajustement annuel minimal de 0,5 point de PIB tant que le déficit dépasse 3 %, et une réduction de la dette de 1 point par an au-dessus de 90 %. Un État au-dessus des seuils peut être placé en procédure pour déficit excessif, sans automatisme : la décision revient aux États membres réunis, sur rapport de la Commission.
Jusqu’où ça va
La procédure, ouverte pour la France en juillet 2024 avec six autres États, impose un plan de retour sous 3 %, que la France a fixé à 2029, après un déficit de 5,1 % en 2025, selon l’Insee ; les sanctions prévues, une amende jusqu’à 0,05 % du PIB par semestre depuis la réforme de 2024, restent théoriques, la pression venant plutôt des marchés, qui exigent une prime de risque, 0,81 point au-dessus de l’Allemagne en août 2026 en moyenne mensuelle selon la BCE, et des agences de notation. La règle des 3 % ne distingue pas les dépenses d’investissement des dépenses courantes, ce qui est sa critique la plus ancienne ; la réforme de 2024 tient compte des investissements dans la durée du plan.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Clara, les 3 % se traduisent en décisions budgétaires annuelles, recettes nouvelles comme la hausse des prélèvements sociaux sur le capital à 18,6 % en 2026 ou la contribution sur les hauts revenus, gel de barèmes et de prestations, ou dépenses reportées ; chaque point de déficit en moins représente environ 30 milliards, un peu plus de 400 € par habitant. Le chiffre n’a rien de naturel, mais il ordonne la discussion européenne et le regard des prêteurs ; c’est à ce titre qu’il compte dans son budget.
Ce décalage entre la bourse et l’économie est :
Viviane lit que la France est entrée en récession au deuxième trimestre. Son fonds actions monde a déjà perdu 25 % depuis six mois, alors que la croissance était encore de 1 % par an au trimestre précédent.
Ce décalage entre la bourse et l’économie est :
- Habituel : les marchés anticipent de plusieurs mois
- Impossible : la bourse suit le PIB au trimestre près
- Une anomalie propre à cette année-là
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Les marchés évaluent ce qui vient, pas ce qui est. Ils ont touché leur creux en mars 2009 et en mars 2020, avant que l’économie ne se redresse. Ils peuvent aussi baisser plusieurs mois avant qu’une récession soit constatée.
Pourquoi c’est comme ça
Le cours d’une action est la valeur actuelle des bénéfices futurs attendus, actualisés au taux exigé par les investisseurs : quand ceux-ci révisent à la baisse les bénéfices à venir ou relèvent le taux exigé, le cours baisse immédiatement, avant que la baisse des bénéfices ne soit publiée et bien avant que la récession ne soit constatée par les comptes nationaux, publiés un mois après la fin du trimestre ; symétriquement, dès que l’amélioration devient probable, le cours remonte. Les épisodes récents l’illustrent : l’indice monde a touché son creux le 9 mars 2009, alors que le PIB français n’a repris qu’au deuxième trimestre 2009 et que le chômage a monté jusqu’en 2010 ; le 23 mars 2020, alors que le confinement commençait à peine et que la récession du deuxième trimestre, moins 12,2 %, n’était pas encore mesurée.
Jusqu’où ça va
Le fonds actions monde de Viviane est investi à 72 % aux États-Unis, 6 % au Japon, 2,4 % en France fin août 2026, selon MSCI : la récession française n’est qu’un élément parmi d’autres, et la baisse de 25 % traduit une anticipation mondiale, liée par exemple aux taux d’intérêt, aux bénéfices des grandes sociétés américaines et au dollar. Les récessions ne sont pas toutes précédées d’une baisse de 25 %, et certaines baisses de 25 % ne sont suivies d’aucune récession, 2022 par exemple ; le marché anticipe en moyenne, avec des faux signaux. Ce que le décalage implique pour l’épargnant : la baisse a déjà eu lieu quand la nouvelle arrive, la remontée commence avant que les nouvelles s’améliorent, et attendre que la récession soit finie pour revenir revient à manquer le début de la hausse : en 2009, l’indice MSCI World avait regagné plus de 40 % en dollars trois mois après son creux du 9 mars, selon MSCI.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Viviane, moins 25 % déjà dans son relevé ; vendre maintenant, à l’annonce de la récession, c’est vendre après la baisse et avant la remontée probable, sans certitude sur celle-ci. Si son horizon dépasse cinq ans, garder ou verser laisse le temps à une remontée, sans la garantir ; si elle a besoin de l’argent dans l’année, la baisse était le risque qu’elle portait, et une reprise peut tarder. Le journal décrit le passé ; son relevé décrit ce que les marchés attendent.
Ce mouvement de trois ans correspond au cycle décrit par :
Un fabricant de semi-conducteurs voit ses prix flamber en 2021, s’effondrer en 2023, puis repartir en 2024, avec une demande qui croît, par hypothèse, de 8 % par an en tendance.
Ce mouvement de trois ans correspond au cycle décrit par :
- Minsky, l’instabilité financière
- Kitchin, le cycle des stocks
- Kondratiev, la vague longue
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Les clients commandent en double par peur de manquer, puis les stocks débordent et les prix s’effondrent. Une nouvelle pénurie suit. C’est le cycle des stocks de Kitchin, de trois à cinq ans. On le voit dans les enquêtes de conjoncture et dans les cours des fabricants.
Pourquoi c’est comme ça
Les économistes distinguent quatre cycles superposés : le cycle de Kitchin, trois à cinq ans, lié aux stocks ; le cycle de Juglar, sept à onze ans, lié à l’investissement en équipements ; le cycle de Kuznets, quinze à vingt-cinq ans, lié à la construction et aux infrastructures ; le cycle de Kondratiev, quarante à soixante ans, lié aux grandes innovations, contesté. Le cycle des stocks repose sur l’effet coup de fouet : quand la demande finale accélère, chaque maillon de la chaîne, distributeur, assembleur, fabricant de composants, commande plus que son besoin et allonge ses délais, ce qui amplifie la hausse en amont ; quand la demande finale ralentit, chacun réduit ses commandes et vit sur ses stocks, et l’amont s’effondre alors que l’aval ne baisse que peu. Les semi-conducteurs sont le cas d’école.
Jusqu’où ça va
De 2020 à 2022, la pénurie liée au confinement et à la demande d’électronique a fait monter les prix et allongé les délais, provoquant des commandes de précaution et des doubles commandes ; en 2023, les stocks accumulés ont fait chuter les prix des mémoires et les volumes ; en 2024, le déstockage achevé et la demande liée à l’intelligence artificielle ont relancé le cycle. L’enquête mensuelle de conjoncture de l’Insee et les indices des directeurs d’achats mesurent le jugement des entreprises sur leurs stocks, en avance de quelques mois sur la production ; les cours des fabricants anticipent eux-mêmes ces retournements.
Ce que ça coûte vraiment
Pour le fabricant, des résultats qui s’écartent fortement, d’une année à l’autre, de la tendance supposée de 8 % ; pour l’actionnaire, des cours très volatils, ce qui interdit d’extrapoler une année, bonne ou mauvaise, et qui incite à mesurer la valorisation sur un cycle complet, bénéfices moyens sur cinq ans, plutôt que sur les derniers trimestres. Celui qui détient un fonds diversifié traverse le cycle sans le voir. Le cycle est connu ; son calendrier ne l’est jamais à l’avance.
Dans le vocabulaire de Minsky, ces emprunteurs relèvent du financement :
Aux États-Unis, en 2006, 40 % des nouveaux crédits immobiliers sont accordés sans justificatif de revenu, à des emprunteurs qui comptent revendre plus cher, sur des maisons dont les prix montent de 10 % par an.
Dans le vocabulaire de Minsky, ces emprunteurs relèvent du financement :
- Spéculatif
- Ponzi
- Prudent
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Les revenus de ces emprunteurs ne couvrent même pas les intérêts. Tout repose sur la hausse du prix de leur maison. C’est le financement Ponzi décrit par Minsky, le premier à céder quand les prix cessent de monter. Il a cédé en 2006 aux États-Unis, puis en 2008 pour tout le système.
Pourquoi c’est comme ça
Hyman Minsky classe les emprunteurs selon la relation entre leurs revenus et leurs échéances : le financement prudent, ou couvert, où les revenus paient intérêts et capital ; le financement spéculatif, où ils ne couvrent que les intérêts, le capital devant être refinancé à l’échéance ; le financement Ponzi, où ils ne couvrent même pas les intérêts, l’emprunteur comptant sur la hausse du prix de l’actif ou sur de nouveaux emprunts pour tenir. Son hypothèse d’instabilité financière : une période de stabilité et de hausse des prix pousse les prêteurs à relâcher leurs critères et les emprunteurs à s’endetter davantage, de sorte que la part des financements spéculatifs et Ponzi croît jusqu’au point où un ralentissement des prix, ou une hausse des taux, rend le renouvellement impossible ; c’est le moment Minsky, où les ventes forcées font chuter les prix et contaminent les emprunteurs sains.
Jusqu’où ça va
Aux États-Unis, les crédits subprime, à taux d’appel bas puis révisés, sans apport ni justificatif, se sont multipliés au milieu des années 2000 ; leurs emprunteurs comptaient refinancer avant la révision du taux, grâce à des maisons dont les prix montaient. Quand les prix ont plafonné mi-2006, les refinancements ont cessé, les défauts ont grimpé, les ventes forcées ont fait baisser les prix, et les titres adossés à ces crédits, détenus par les banques du monde entier, ont provoqué la crise de 2008. Les mêmes mécanismes se lisent dans toute bulle : Japon 1990, actions technologiques 2000, immobilier espagnol 2008 ; et les indicateurs à surveiller sont la part de crédits à taux d’effort élevé, l’apport moyen et la vitesse de hausse des prix.
Ce que ça coûte vraiment
En France, la décision du HCSF de 2021, contraignante depuis 2022, limite le taux d’effort à 35 % et la durée à vingt-cinq ans, avec 20 % de flexibilité : elle limite le financement Ponzi, où l’emprunteur ne couvre pas ses intérêts ; elle coûte des refus de prêt en haut de cycle, ce que les promoteurs et agents dénoncent, et vise à éviter un moment Minsky immobilier, ce que 2008 a rappelé. Pour un épargnant, la lecture de Minsky s’applique à son propre bilan : des placements financés à crédit dont les revenus ne couvrent pas les intérêts sont, quels que soient les prix, du financement Ponzi.
Que fait son portefeuille en 2022 ?
Hervé détient 50 % d’actions et 50 % d’obligations d’État, un mélange qui avait amorti la baisse de 2008, quand les actions perdaient 40 %. En 2022, le taux de l’emprunt d’État français à dix ans passe d’environ 0,2 % à près de 3 % par an.
Que fait son portefeuille en 2022 ?
- Les obligations compensent la baisse des actions
- Actions et obligations baissent ensemble, de 15 % à 20 % chacune
- Il gagne, car les taux montent
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La remontée brutale des taux a fait baisser tout ce qui se valorise avec un taux. Les actions monde ont perdu 18 % en dollars, une OAT à dix ans environ 20 %. En 2008, les obligations montaient pendant que les actions chutaient. Cette fois, ce contrepoids n’a pas joué.
Pourquoi c’est comme ça
Le prix d’une action comme celui d’une obligation est la valeur actuelle de flux futurs, dividendes ou coupons, actualisés à un taux qui dépend des taux d’intérêt sans risque : quand la banque centrale américaine relève ses taux de près de 0 à plus de 4 % en 2022 pour combattre une inflation de 6,5 % sur l’année, selon le Bureau of Labor Statistics, la BCE la suivant jusqu’à 4 % en 2023, le taux d’actualisation monte pour les deux, et les deux baissent ensemble, d’autant plus que leurs flux sont lointains ; les actions de croissance et les obligations longues ont été les plus touchées. En 2022, l’indice MSCI World a perdu 17,7 % en dollars, dividendes réinvestis, selon MSCI, moins en euros grâce à la hausse du dollar, et une OAT à dix ans achetée fin 2021 a perdu environ 20 % par le calcul, un portefeuille mixte n’ayant protégé de rien.
Jusqu’où ça va
De 2000 à 2021, actions et obligations ont évolué en sens inverse la plupart du temps : chaque récession, 2001, 2008, 2020, voyait la banque centrale baisser ses taux, ce qui faisait monter les obligations pendant que les actions chutaient ; cette corrélation négative tenait à une inflation basse et stable. Avec une inflation élevée et instable, comme en 2022, la corrélation devient positive : le régime d’inflation décide du rôle des obligations. En 2022, le dollar a monté d’environ 6 % contre l’euro, selon les cours de la BCE, ce qui a amorti la baisse des actions mondiales pour un épargnant en euros ; les livrets et le fonds en euros ont fini l’année positifs, en recul de pouvoir d’achat. Depuis 2023, les taux plus élevés redonnent aux obligations leur capacité d’amortir une récession classique.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Hervé, moins 17 % là où il attendait un amortisseur ; la leçon n’est pas d’abandonner le mélange, qui a fait son travail en 2008 et en 2020, mais de comprendre qu’il protège d’un cycle des affaires, pas d’un choc d’inflation, et de lui ajouter une poche qui tient dans ce cas : fonds monétaire, or ou matières premières, et une duration obligataire plus courte ; les obligations indexées sur l’inflation protègent le pouvoir d’achat de qui les garde jusqu’au terme, pas leur prix en cours de route, comme 2022 l’a montré. À 4 % de taux, ses obligations rapportent désormais ce qu’elles n’ont pas rapporté pendant dix ans ; la perte de 2022 est le prix d’entrée dans ce rendement.
Est-ce possible ?
Une grand-mère de 72 ans veut donner 31 865 € en argent à son petit-fils de 15 ans, au titre du don familial exonéré.
Est-ce possible ?
- Non : le bénéficiaire doit être majeur
- Oui, à tout âge du bénéficiaire
- Oui, jusqu’à 10 000 €
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Le don familial d’argent exonéré exige un donateur de moins de 80 ans et un bénéficiaire majeur ou émancipé. Le petit-fils, mineur, ne remplit pas cette condition. Avant 18 ans, ce don d’argent relève de l’abattement ordinaire grand-parent de 31 865 €, valable pour tout type de bien.
CGI art. 790 G · 790 B
Pourquoi c’est comme ça
Les dons de sommes d’argent consentis en pleine propriété au profit d’un enfant, d’un petit-enfant, d’un arrière-petit-enfant ou, à défaut de descendance, d’un neveu ou d’une nièce, sont exonérés de droits dans la limite de 31 865 € tous les quinze ans, à condition que le donateur soit âgé de moins de 80 ans au jour du don et que le bénéficiaire soit majeur ou émancipé ; c’est l’article 790 G. L’abattement de l’article 790 B, 31 865 € entre chaque grand-parent et chaque petit-enfant tous les quinze ans, s’applique à tout bien, argent, titres, immeuble, sans condition d’âge ni du donateur ni du bénéficiaire, et se cumule avec le premier. À 15 ans, le petit-fils reçoit ce don sous le second ; à 18 ans, il pourra recevoir 31 865 € de plus sous le premier, si sa grand-mère a alors moins de 80 ans, ce qui sera le cas à 75 ans.
Jusqu’où ça va
Le don à un mineur se fait entre les mains de ses administrateurs légaux, ses parents, qui gèrent les fonds dans son intérêt, ou avec un pacte adjoint au don manuel, signé par la donatrice et les parents, qui peut désigner un tiers administrateur, un autre grand-parent ou un oncle, fixer l’emploi des fonds, études ou premier logement, et interdire leur disposition jusqu’à 25 ans, si ce blocage est temporaire et justifié par un intérêt sérieux et légitime ; le pacte, sous seing privé, se rédige avant le virement et se conserve avec la déclaration. La déclaration est faite par les parents au nom de l’enfant, sur le formulaire papier 2735, le don d’un tiers à un mineur échappant à la déclaration en ligne obligatoire depuis 2026 ; sans droits, elle fixe la date et fait courir le délai de quinze ans, après lequel l’abattement se reconstitue ; un don non déclaré reste rapportable fiscalement sans limite et sera révélé au décès. Civilement, les dons ne sont pas rapportables, même si le petit-fils vient un jour à la succession par représentation, sauf si sa grand-mère l’a expressément exigé ; ils comptent seulement pour la réserve.
Ce que ça coûte vraiment
Pour la grand-mère, 31 865 € possibles dès maintenant sous l’article 790 B, déclarés sans droits, avec un pacte adjoint si elle veut encadrer l’usage ; puis, aux 18 ans du petit-fils, 31 865 € de plus sous l’article 790 G, elle aura 75 ans ; puis, quinze ans après le premier don, à 87 ans, le renouvellement de l’abattement général, plus de don familial passé 80 ans. Au total, 95 595 € transmissibles sans droits sur quinze ans, si aucune donation antérieure n’a entamé ces abattements ; le calendrier se cale sur ses 80 ans, pas sur les 18 ans du petit-fils.
Que se passe-t-il ce jour-là ?
Léa a 18 ans ; son assurance-vie ouverte par ses parents contient 25 000 €, sans clause particulière.
Que se passe-t-il ce jour-là ?
- Rien : les parents gardent la main jusqu’à 25 ans
- Léa dispose seule du contrat : rachat, arbitrage, bénéficiaire
- Le contrat est clôturé d’office et le capital lui est versé
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À la majorité, l’administration légale par les parents prend fin. Léa dispose seule de son contrat, et ses parents lui rendent compte de leur gestion. Seul un pacte adjoint ou une clause d’inaliénabilité, prévus au départ, auraient repoussé cette libre disposition.
C. civ. art. 382 · 387-5 · 900-1
Pourquoi c’est comme ça
L’administration légale des biens de l’enfant prend fin à sa majorité ou à son émancipation, et les parents doivent alors rendre compte de leur gestion, en remettant un compte de gestion lorsque le juge l’a exigé, l’action en reddition se prescrivant par cinq ans ; à partir de ce jour, Léa est seule titulaire du contrat souscrit à son nom : elle peut le racheter en totalité, arbitrer les supports, désigner ses propres bénéficiaires à la place de ses héritiers, que vise la clause usuelle d’un contrat de mineur, ou nantir le contrat. Aucune clause du contrat ne peut, après coup, restreindre ces droits ; seules les stipulations attachées aux dons qui ont alimenté le contrat pouvaient le faire, si elles ont été écrites au moment de chaque don.
Jusqu’où ça va
Le pacte adjoint à un don manuel peut contenir une clause d’inaliénabilité temporaire, valable si elle est limitée dans le temps et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, la protection d’un jeune majeur contre sa propre inexpérience étant admise en pratique jusqu’à 25 ans environ, et une clause d’emploi, études, logement ; l’assureur, informé du pacte, refuse alors les rachats jusqu’au terme. Sans pacte, la seule voie est l’accord de Léa : par exemple un mandat de gestion confié à ses parents, révocable, ou une lettre d’intention sans valeur juridique. Un rachat total à 18 ans sur un contrat de plus de huit ans coûte peu : 4 600 € de gains par an exonérés si l’abattement du foyer fiscal est disponible, puis 7,5 % sous 150 000 € de primes, et 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains : seuls les gains, une fraction des 25 000 €, sont imposables ; avant huit ans, 12,8 % sans abattement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les parents de Léa, aucun levier juridique le jour même : les 25 000 € sont à elle, et le rachat total ne lui coûterait que les prélèvements sociaux sur les gains, sans impôt si les gains rachetés restent sous l’abattement, en un rachat ou en deux répartis sur deux années civiles ; ce qui reste est une conversation, de préférence avant les 18 ans, sur l’usage, les études, le permis, un apport futur, et sur ce que des années d’ancienneté valent pour un contrat qu’il serait dommage de fermer. Pour les prochains enfants, ou les prochains dons, le pacte adjoint avec clause à 25 ans se signe au premier versement ; il coûte une page.
Que lui évite sa réserve ?
Marius, 27 ans, met 150 € par mois sur un Livret A. Sa voiture demande 1 400 € de réparations au bout de deux ans.
Que lui évite sa réserve ?
- Rien : il aurait pu payer par carte
- Une amende
- Un crédit à 19 % ou un découvert : 295 € d’intérêts
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La réserve sert à payer l’imprévu sans emprunter. En crédit renouvelable à 19 % de taux nominal, remboursé en vingt-quatre mensualités, les 1 400 € auraient coûté environ 295 € d’intérêts. C’est plus que ce que le livret rapporte en quatre ans.
CMF art. L.221-1 ; C. consom. art. L.312-65
Pourquoi c’est comme ça
Un crédit renouvelable à 19 % de taux nominal, hors frais, sur 1 400 € remboursé en douze mensualités constantes coûte environ 150 € d’intérêts ; en vingt-quatre mensualités, environ 295 €, soit un TAEG de 20,7 % ; si 19 % est le TAEG, environ 135 € et 270 € ; un découvert non autorisé à 16 % pendant trois mois, environ 55 € plus les commissions d’intervention, 8 € par opération plafonnées à 80 € par mois ; un paiement fractionné en quatre fois avec 2 % de frais, 28 € sur trois mois, la première échéance réglée à l’achat, soit un TAEG de près de 18 %. Le Livret A de Marius, à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, rapporte une soixantaine d’euros par an sur 3 660 € : le crédit évité pour une seule réparation vaut deux à cinq ans d’intérêts du livret ; c’est ce que rapporte une réserve le jour où elle sert, un rendement mesuré, sur la somme utilisée, au taux du crédit qu’elle remplace, 16 à 19 %, et non au taux affiché du livret.
Jusqu’où ça va
Une fois les 1 400 € retirés, la réserve tombe à 2 260 €, un mois et quelques de dépenses ; reconstituée à 150 € par mois, elle retrouve son niveau en dix mois, période pendant laquelle un second imprévu trouverait moins de réserve : c’est la raison pour laquelle le repère courant est de trois à six mois de dépenses, et non d’une seule réparation. Les imprévus courants d’un salarié de 27 ans, panne, dépôt de garantie d’un nouveau logement, franchise d’assurance, frais de santé non remboursés, déplacement familial urgent, période de chômage entre deux contrats avec la carence de France Travail, dessinent le montant. Le livret d’épargne populaire, à 2,5 %, si son revenu fiscal de référence le permet, relève nettement le rendement de la réserve, 2,5 % contre 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, sans rien changer à sa disponibilité.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Marius, 1 400 € payés sans un euro d’intérêt, une réserve à reconstituer en dix mois, et une cible de six mois de dépenses, environ 11 000 € à 1 900 € par mois, qui lui prendrait cinq ans à 150 € par mois : viser trois mois d’abord, 5 700 €, atteints en deux ans, puis partager l’épargne entre la fin de la réserve et un placement long. Le voisin sans réserve paie sa réparation environ 1 695 € et repart sans rien ; Marius la paie 1 400 € et repart avec 2 260 €. C’est toute la différence entre épargner et rapporter.
Et le pouvoir d’achat de son livret ?
Rosalie a 22 950 € sur son Livret A à 1,7 %. Les prix montent de 2 % par an.
Et le pouvoir d’achat de son livret ?
- Il augmente de 1,7 %
- Il ne bouge pas
- Il baisse d’environ 0,3 %
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Le livret rapporte 1,7 % quand les prix montent de 2 %. Rosalie perd donc 0,3 point de pouvoir d’achat par an. Cela fait environ 70 € sur 22 950 €, malgré 390 € d’intérêts nets.
CMF art. L.221-1 · R.221-5
Pourquoi c’est comme ça
Le rendement réel d’un placement se calcule en divisant un plus le rendement nominal par un plus l’inflation, moins un : pour le Livret A à 1,7 % et une inflation de 2 %, moins 0,29 % par an, soit 67 € de pouvoir d’achat perdus sur 22 950 €, malgré 390 € d’intérêts crédités et exonérés ; en dix ans à ce rythme, le solde affichera 27 200 € et achètera ce que 22 300 € achètent aujourd’hui. La formule du taux, calée pour moitié sur l’inflation passée, retarde structurellement : selon l’Insee, le rendement réel des livrets défiscalisés a été d’environ moins 3,6 % en 2022 et moins 1,9 % en 2023, contre plus 0,9 % en 2015 et plus 0,6 % en 2016.
Jusqu’où ça va
Le livret n’est pas conçu pour enrichir mais pour rester disponible, garanti et exonéré : c’est le support de la réserve de précaution, trois à six mois de dépenses, et des projets à moins de deux ans ; au-delà de cette fonction, l’argent qui y dort perd contre l’inflation, ce que le plafond de 22 950 € rappelle. À horizon comparable, le fonds en euros à 2,5 % brut, 2,07 % net de prélèvements sociaux, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, fait à peu près l’équilibre avec 2 % d’inflation ; le LEP à 2,5 % bat l’inflation en 2026, sa formule le calant au moins sur elle, sauf dérogation ; les placements à long terme, actions via un PEA ou une assurance-vie, ont rendu de l’ordre de 5 % par an au-delà de l’inflation de 1900 à 2024 pour les actions mondiales, selon l’annuaire UBS des rendements, au prix de variations que la réserve, elle, n’a pas vocation à subir. L’exonération fiscale du livret vaut près de 0,8 point : un placement taxé à 31,4 % doit rapporter près de 2,5 % brut pour égaler 1,7 % net.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Rosalie, 22 950 € au plafond : si sa réserve nécessaire est de 8 000 €, 15 000 € y sont de trop et perdent 45 € de pouvoir d’achat par an, sans compter le manque à gagner d’un placement long, environ 450 € la première année à 3 % de plus ; sur dix ans, gains réinvestis, près de 6 000 € d’écart avant impôt, si cet écart de rendement se maintient, ce que rien ne garantit. La répartition usuelle : la réserve sur le livret et le LEP, les projets datés sur un fonds en euros ou un compte à terme, le reste sur un PEA ou une assurance-vie en fonds diversifiés. Le livret a fait son travail ; il ne peut pas en faire un autre.
Quel écart au bout de vingt ans ?
Amir compare deux assurances-vie pour 100 € par mois pendant vingt ans à 5 % brut : l’une à 3 % de frais d’entrée et 1 % de frais de gestion, l’autre à 0 % et 0,6 %.
Quel écart au bout de vingt ans ?
- Quelques centaines d’euros
- Environ 2 800 € sur un capital d’environ 38 000 €
- Aucun : les frais sont remboursés à la sortie
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Les frais d’entrée retirent 3 € sur chaque versement de 100 €. Et 0,4 point de frais de gestion en moins par an s’accumule avec le temps. Au bout de vingt ans, l’écart atteint environ 2 800 €, près de 7 % du capital final.
C. assur. art. L.132-5-2 · art. A.132-8
Pourquoi c’est comme ça
Sur le premier contrat, chaque versement de 100 € est amputé de 3 € avant d’être investi, et le capital subit 1 % de frais de gestion par an, ce qui ramène 5 % brut à 4 % net : 97 € par mois pendant vingt ans à 4 %, capitalisés chaque mois, donnent environ 35 600 € ; sur le second, 100 € entiers à 4,4 % net donnent environ 38 400 € ; l’écart d’environ 2 800 € représente près de 12 % des 24 000 € versés, pour 3 % à l’entrée et 0,4 point de gestion. À ces frais du contrat s’ajoutent, dans les deux cas, les frais courants des fonds détenus, 0,33 % en moyenne pour les ETF d’actions et 1,37 % pour les fonds d’actions gérés en 2025, selon l’AMF, et les éventuels frais d’arbitrage et de gestion pilotée ; l’écart total entre un contrat chargé et un contrat en ligne peut dépasser un point et demi par an.
Jusqu’où ça va
Depuis juin 2022, chaque assureur publie un tableau standardisé des frais par catégorie de support et par contrat, et le document d’informations clés de chaque fonds indique ses frais courants et l’effet des coûts sur le rendement en euros sur la durée indiquée ; la comparaison se fait sur le total, contrat plus fonds. Un contrat ancien à frais élevés ne se transfère pas chez un autre assureur sans perdre son ancienneté, mais peut être transformé chez le même assureur en un contrat plus récent moins chargé, sans perte d’antériorité, depuis la loi Pacte ; à défaut, l’ancien contrat conservé avec un encours minimal garde sa date, et un nouveau contrat peut recevoir les versements suivants. Les frais d’entrée, plafonnés par la loi à 5 % des versements de l’année, se négocient.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Amir, environ 35 600 € contre 38 400 € au bout de vingt ans pour les mêmes versements et le même rendement brut : 2 800 € partis en frais évitables, plus de deux ans de versements, et davantage si le premier contrat propose des fonds plus chers ; le contrat en ligne, avec un fonds indiciel mondial et une part de fonds en euros, ramène le total à moins de 1 %. Si son contrat actuel est celui à 3 % et 1 %, chaque versement y supporte ces frais ; une comparaison porte sur l’ensemble des frais, des supports et des garanties, et l’ancien contrat garde sa date fiscale même sans nouveau versement.
Que change le versement automatique par rapport aux versements quand elle y pense ?
Chloé, 24 ans, met en place 50 € par mois sur un fonds diversifié via un PEA, sans jamais y penser.
Que change le versement automatique par rapport aux versements quand elle y pense ?
- Rien : c’est la même somme à la fin
- La régularité : elle n’attend pas le bon moment
- Une garantie contre les baisses de marché
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Le versement programmé lisse le prix d’achat et supprime l’hésitation. Sur dix ans, Chloé aura investi douze fois par an, quoi qu’il arrive. Celui qui attend le bon moment n’investit que les mois où il se décide.
CMF art. L.221-30 · L.221-31
Pourquoi c’est comme ça
Investir la même somme à date fixe achète plus de parts quand les cours sont bas et moins quand ils sont hauts : 50 € achètent 5 parts à 10 €, 6,25 parts à 8 €, 4,17 parts à 12 € ; le prix moyen payé, la moyenne harmonique des cours, est toujours inférieur à leur moyenne arithmétique, et l’écart grandit avec les variations. L’effet décisif est comportemental : le versement automatique supprime le choix de la date, donc le risque d’acheter après les hausses et de vendre après les baisses, et fait investir douze fois par an, y compris les mois où l’on n’aurait jamais osé.
Jusqu’où ça va
Cinquante euros par mois pendant vingt ans, 12 000 € versés, donnent, intérêts capitalisés chaque mois, environ 23 000 € à 6 % par an, 20 500 € à 5 %, 16 400 € à 3 %, 14 300 € à 1,7 % sur un livret ; le taux de 6 % est une hypothèse, sans garantie ; l’indice MSCI World a rendu 9,1 % par an en dollars, dividendes réinvestis, de fin 1987 à fin août 2026, selon MSCI, avec de fortes baisses en chemin. Dans un PEA, le versement programmé s’installe sur un fonds indiciel éligible ; il se modifie ou se suspend à tout moment, et prend date pour les cinq ans dès le premier mois. Un prélèvement daté du lendemain de la paie part avant que l’argent ne soit dépensé, et un montant relevé à chaque augmentation suit le revenu.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Chloé, 23 000 € à 44 ans pour 12 000 € versés, si les marchés font leur moyenne, sans une décision à prendre pendant vingt ans ; sur quarante ans, jusqu’à la retraite, les 50 € deviennent environ 100 000 € à 6 %. Pendant une baisse, les 50 € achètent plus de parts qu’avant, sans que rien n’indique que le cours a touché son bas ; ce qui fait suspendre ou modifier le versement relève du budget, de la réserve disponible et de l’horizon, pas du niveau des marchés. Un versement qu’on ne voit pas est un versement qu’on ne rate pas ; c’est tout l’avantage.
Quelle est la différence de risque ?
Romain hésite entre acheter dix actions choisies par lui et un fonds indiciel qui réplique un indice mondial de 1 500 entreprises.
Quelle est la différence de risque ?
- Le fonds répartit le risque sur 1 500 entreprises
- Aucune : ce sont des actions dans les deux cas
- Le fonds est garanti
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Un fonds indiciel suit toutes les entreprises de l’indice, chacune selon son poids, qu’il détienne les titres ou en reproduise la performance. La faillite de l’une pèse le plus souvent quelques centièmes de pour cent. Avec dix titres à parts égales, une seule faillite retire 10 % du portefeuille.
CMF art. L.214-2 · L.214-24 ; Règlement (UE) 2019/1156
Pourquoi c’est comme ça
Un indice boursier est un panier d’actions pondéré, le plus souvent par la capitalisation flottante de chaque société, la valeur des titres réellement en circulation : dans l’indice monde des pays développés, environ 1 300 sociétés de 23 pays, les États-Unis pèsent plus de 70 % et les dix premières valeurs, presque toutes technologiques, plus d’un quart, selon MSCI fin août 2026 ; un indice n’est pas une répartition égale, et sa diversification est réelle mais inégale. Un fonds indiciel, coté en continu ou à valeur liquidative quotidienne, réplique l’indice soit physiquement, en détenant les titres, soit synthétiquement, par un contrat d’échange de performance avec une banque, ce qui permet à un fonds sur indice mondial d’être éligible au PEA en détenant 75 % de titres européens.
Jusqu’où ça va
Dix actions choisies à parts égales exposent 10 % du portefeuille à chaque société : une faillite coûte 10 %, une baisse de 50 % d’un titre coûte 5 % ; dans l’indice, une société ne pèse le plus souvent que quelques centièmes de pour cent, sauf les plus grandes, autour de 5 %. La diversification ne protège pas du risque de marché, l’indice MSCI World a perdu 57 % en dollars d’octobre 2007 à mars 2009, selon MSCI, et a mis plusieurs années à le regagner, ni d’une concentration sectorielle, la technologie pesant près de 30 % fin août 2026. Les ETF d’actions ont coûté 0,33 % par an en moyenne en 2025 selon l’AMF, 33 € sur 10 000 €, contre des frais de courtage à chaque ordre pour dix titres, et le temps de suivre dix sociétés ; dans un PEA, les gains du fonds ne supportent que 18,6 % après cinq ans, comme les dix actions si elles sont européennes.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Romain, 10 000 € sur un fonds indiciel monde dans son PEA, 20 € de frais par an, la plus grande société autour de 5,5 % du fonds selon MSCI fin août 2026, et rien à suivre ; dix actions choisies à parts égales coûtent moins de frais annuels mais exposent 1 000 € à chaque histoire d’entreprise, et supposent qu’il fasse mieux que l’ensemble des quelque 1 300 sociétés de l’indice. Une répartition possible : 80 à 90 % sur le fonds, le reste sur les titres qu’il a envie de suivre, dans le même PEA. L’indice ne choisit pas les meilleures ; il les contient toutes.
Que risque-t-elle avec l’ordre au marché ?
Sarah passe un ordre d’achat sur une action peu échangée. Elle hésite entre « au marché » et « à cours limité ».
Que risque-t-elle avec l’ordre au marché ?
- De payer des frais doublés par le courtier
- Rien : il est exécuté au dernier cours affiché
- D’être servie plus cher, faute de vendeurs au dernier cours
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L’ordre au marché s’exécute contre les meilleures offres disponibles, quel que soit leur prix. Sur un titre peu échangé, l’écart avec le dernier cours peut atteindre plusieurs pour cent. L’ordre à cours limité fixe un prix maximal, quitte à ne pas être exécuté.
CMF art. L.533-18 ; Directive 2014/65/UE art. 27
Pourquoi c’est comme ça
Le carnet d’ordres d’une action affiche à chaque instant les meilleures propositions d’achat et de vente avec leurs quantités, et la différence entre les deux, la fourchette, mesure la liquidité : étroite sur une grande valeur du CAC 40, large sur une petite valeur échangée quelques milliers d’euros par jour ; l’ordre au marché est exécuté immédiatement contre les meilleures offres disponibles, puis les suivantes si la première quantité ne suffit pas, à des prix de plus en plus éloignés, sans limite ; l’ordre à cours limité fixe un prix maximal à l’achat, minimal à la vente, et n’est exécuté que si le marché l’atteint, en totalité ou partiellement, le reste attendant dans le carnet jusqu’à la fin de sa validité, jour, à révocation, ou à date. L’ordre à la meilleure limite prend le meilleur prix affiché pour la quantité disponible et laisse le reste en limite.
Jusqu’où ça va
Les ordres à seuil et à plage de déclenchement deviennent actifs quand le cours franchit un niveau, pour couper une perte ou entrer sur un mouvement, au marché pour le premier, avec une limite pour le second. Pour Sarah, 250 titres au marché, 5 000 € au dernier cours de 20 €, sur un carnet qui ne contient que 100 titres à 20 €, 100 à 20,40 € et 100 à 21 €, sont exécutés à 20,36 € en moyenne, 5 090 € débités hors frais, près de 2 % au-dessus du dernier cours, et 90 € perdus au premier clic ; un ordre limité à 20,10 € aurait pris les 100 premiers titres et laissé le reste en attente, quitte à ne pas être servi. Les frais de courtage, 0,1 à 0,5 % ou un forfait de quelques euros, s’ajoutent ; le règlement-livraison intervient deux jours ouvrés après. Sur un fonds indiciel très liquide, l’ordre au marché ne coûte presque rien.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Sarah, la règle tient en une ligne : au marché sur les grandes valeurs et les fonds cotés liquides, quand la fourchette est de quelques centièmes ; à cours limité, au dernier cours ou légèrement au-dessus, sur tout titre peu échangé, et l’ordre au marché s’évite à l’ouverture ou sur une petite valeur, où le carnet est vide ; une exécution partielle vaut mieux qu’une exécution chère. Le carnet d’ordres s’affiche gratuitement chez tous les courtiers avant de valider ; les cinq meilleures limites de chaque côté disent tout ce qu’il faut savoir.
Que vaut sa perte tant qu’il ne vend pas ?
Tom a 10 000 € sur un fonds mondial. Une crise fait chuter l’indice de 30 % en six mois.
Que vaut sa perte tant qu’il ne vend pas ?
- 3 000 €, définitivement perdus
- Tout : l’indice peut tomber à zéro
- 3 000 €, latents tant qu’il ne vend pas
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Ses 10 000 € en valent 7 000 : la perte de 3 000 € existe déjà, elle est latente. Vendre la réalise et la rend définitive ; sans vente, une remontée peut la réduire, sans certitude. Les grandes baisses de l’indice mondial ont été effacées jusqu’ici. En 2020, il a fallu quelques mois en dollars et moins d’un an en euros. Après 2000 et 2008, il a fallu plusieurs années. Vendre au creux transforme la baisse en perte définitive.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
Une baisse de 30 % sur un fonds signifie que ses 10 000 € se vendraient aujourd’hui 7 000 € ; tant qu’il ne vend pas, Tom détient le même nombre de parts, et la perte, déjà inscrite sur son relevé, n’est pas réalisée : une moins-value latente n’est ni imposable ni imputable ; vendre la réalise, et, sur un compte-titres, la moins-value réalisée ne s’impute que sur des plus-values de titres de l’année ou des dix années suivantes, jamais sur le revenu ; dans un PEA, une vente interne ne crée aucune moins-value déclarable, seule la perte constatée à la clôture du plan s’impute, sous conditions. Les grandes baisses de l’indice monde ont jusqu’ici été effacées, parfois au bout de plusieurs années : selon MSCI, l’indice MSCI World, dividendes réinvestis, a perdu 57 % en dollars d’octobre 2007 à mars 2009, et près de 18 % en 2022, regagnés dès 2023. Rien ne garantit la prochaine fois ; jusqu’ici, vendre au creux a figé une perte que la remontée a ensuite effacée.
Jusqu’où ça va
Pour revenir de 7 000 à 10 000 €, il faut une hausse de 43 %, et non de 30 % : c’est l’asymétrie des pourcentages, qui rend les fortes baisses coûteuses ; mais les versements poursuivis pendant la baisse achètent des parts 30 % moins cher. La baisse est déjà une perte de valeur ; ce qui la rend définitive, c’est d’avoir besoin de l’argent au creux : c’est la fonction de la réserve de précaution sur livret et d’un horizon long pour les actions. Les documents d’informations clés indiquent pour les fonds d’actions une durée de détention de cinq ans au moins, et un indicateur de risque de 4 à 6 ; ces chiffres signifient exactement ce que Tom vit.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Tom, 7 000 € affichés, 3 000 € de perte latente, et rien de définitif tant qu’il ne vend pas ; s’il a besoin des 10 000 € dans six mois, ils n’auraient pas dû être en actions, et il vend ce qu’il faut sans attendre une remontée qui n’a pas de date. La décision n’a rien à voir avec les marchés : elle dépend de la date à laquelle il a besoin de l’argent, qu’il connaissait avant la crise. Le relevé à moins 30 % est le moment de vérifier son horizon, pas de le changer.
Comment chacun est-il imposé ?
Delphine touche 400 € de dividendes par an : 200 € dans son PEA, 200 € sur son compte-titres.
Comment chacun est-il imposé ?
- Les deux à 31,4 %, PEA ou pas
- Aucun : les dividendes sont exonérés partout
- Pas d’impôt dans le PEA ; 31,4 % ou le barème hors PEA
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Dans le PEA, les dividendes réinvestis ne sont pas imposés. Après cinq ans, les retraits ne supportent que les prélèvements sociaux. Sur un compte-titres, les dividendes subissent le prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Sur option, ils passent au barème, avec un abattement de 40 %.
CGI art. 157, 5° bis · 200 A · 158, 3
Pourquoi c’est comme ça
Sur un compte-titres, les dividendes d’actions françaises sont soumis, l’année de leur versement, à un acompte d’impôt de 12,8 % prélevé par la banque et aux prélèvements sociaux de 18,6 %, 31,4 % au total en 2026, ou, sur option globale annuelle pour tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values, au barème progressif après un abattement de 40 % et avec 6,8 points de CSG déductibles, ce qui vaut mieux dans les tranches à 0 et 11 % ; les contribuables dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple, peuvent demander la dispense d’acompte avant le 30 novembre de l’année précédente, sur le revenu fiscal de référence d’il y a deux ans. Les dividendes de sociétés étrangères subissent une retenue à la source dans le pays d’origine, à un taux qui dépend de la convention, 15 % aux États-Unis avec le formulaire W-8BEN, 30 % sans ; la France accorde un crédit d’impôt qui s’impute sur l’impôt de 12,8 %, jamais sur les prélèvements sociaux.
Jusqu’où ça va
Dans le PEA, les dividendes sont encaissés sur le compte espèces du plan sans aucun prélèvement, réinvestis sans frottement, et n’apparaissent pas dans la déclaration de revenus, hors la fraction imposable des titres non cotés ; l’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026, frappant les gains au retrait ; pour les titres non cotés détenus dans le PEA, l’exonération des dividendes est limitée chaque année à 10 % du montant placé dans ces titres, le surplus étant imposable. Les dividendes étrangers dans le PEA subissent la retenue à la source du pays sans crédit d’impôt possible, frottement que ne connaissent pas, dans le plan, les titres à dividendes français, et que le compte-titres compense en partie par un crédit d’impôt conventionnel. Un fonds capitalisant dans le PEA déplace la question sans la supprimer : les retenues étrangères sont alors supportées par le fonds lui-même, selon son domicile et son mode de réplication, et réduisent sa performance.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Delphine, environ 63 € par an à 31,4 % sur les 200 € du compte-titres, 0 € sur ceux du PEA ; sur vingt ans à 6 %, 200 € réinvestis chaque année deviennent environ 7 800 € dans le PEA, contre 5 300 € sur le compte-titres où seuls 137 € nets se réinvestissent chaque année et où la plus-value finale sera encore taxée : 2 500 € d’écart pour 200 € de dividendes. Si son PEA n’est pas au plafond, il peut accueillir les titres à dividendes français ou les fonds éligibles ; les actions étrangères hors Union européenne, en direct, ne peuvent être détenues que sur le compte-titres.
Où placer une somme qui a une date à deux ans ?
Sonia doit apporter 35 000 € en mars 2028 pour son achat immobilier. Elle en a 30 000 € en janvier 2026.
Où placer une somme qui a une date à deux ans ?
- Sur des supports garantis : fonds en euros, livrets
- En actions, pour rattraper les 5 000 €
- Sur des crypto-actifs
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Une somme datée se juge à sa date, pas au rendement. À deux ans, une baisse de 20 % des actions n’a pas le temps de se rattraper. Les supports garantis rapportent aujourd’hui de 1,7 % à 2,5 % selon le support, taux révisables. À taux constants, ils donnent environ 31 100 à 31 400 € en mars 2028, et le reste vient de 160 € par mois.
C. assur. art. L.131-1 ; CMF art. L.221-1
Pourquoi c’est comme ça
La règle de l’horizon découle des données : l’indice MSCI World a perdu 57 % en dollars d’octobre 2007 à mars 2009, et 25 % en dollars de fin 2021 à fin septembre 2022, selon MSCI ; une somme dont on a besoin dans vingt-six mois n’a pas le temps d’absorber ce scénario, et une baisse de 20 % sur 30 000 € ferait manquer 6 000 € le jour du compromis, ce qui peut faire échouer l’achat. À moins de trois ans, les supports garantis écartent ce risque : fonds en euros d’assurance-vie, par exemple 2,5 % avant prélèvements sociaux, soit 2,07 % net de prélèvements sociaux, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, après 2,63 % en moyenne en 2025 selon l’ACPR, compte à terme, 2,38 % brut en moyenne en août 2026 pour les nouveaux dépôts des ménages à deux ans au plus, selon la Banque de France, Livret A et LDDS à 1,7 % exonérés, LEP à 2,5 % sous condition de revenus.
Jusqu’où ça va
Sur le fonds en euros, 30 000 € à 2,07 % net, si ce taux se maintient, pendant vingt-six mois donnent environ 31 400 €, environ 31 200 € après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, à condition de négocier zéro frais d’entrée, et de prévoir le délai de rachat, deux mois au plus, en pratique souvent une à quatre semaines, ce qui conduit à demander les fonds un peu plus de deux mois avant l’acte ; sur les livrets, plafonnés à 22 950 € et 12 000 €, 31 100 € environ, disponibles le jour même ; un compte à terme de vingt-quatre mois à 2,5 % brut, 1,7 % net, donne 31 000 € à date fixe. La banque vérifie l’origine des fonds par les relevés ; un apport sur assurance-vie se justifie par le relevé de situation. Les intérêts d’un fonds en euros sont prélevés chaque année de leurs prélèvements sociaux, sans impôt tant qu’on ne retire pas.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Sonia, 30 000 € sur un Livret A et un LDDS, dont les plafonds réunis suffisent s’ils sont vides, sinon sur un fonds en euros sans frais d’entrée ou un compte à terme de vingt-quatre mois, environ 31 000 à 31 400 € en mars 2028 selon le support, et 160 € par mois pendant vingt-quatre mois pour atteindre 35 000 € à taux constants, avec une marge de quelques dizaines d’euros seulement ; un LEP à 2,5 %, si elle y a droit, prend 10 000 € de plus. La demande de rachat de l’assurance-vie part un peu plus de deux mois avant l’acte, dès janvier 2028 pour un acte en mars. L’apport sera là le jour du compromis, aux taux d’aujourd’hui ; c’est la seule performance qui compte pour cet argent-là.
Que se passe-t-il s’il retire au bout de six mois ?
Victor place 20 000 € sur un compte à terme à 3 % pendant dix-huit mois, pour des travaux prévus à cette date.
Que se passe-t-il s’il retire au bout de six mois ?
- Il perd une partie du capital, en pénalité
- Son capital, mais tout ou partie des intérêts en moins
- Rien : les intérêts acquis lui sont versés
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Le compte à terme garantit le capital et un taux fixé d’avance. Un retrait anticipé, quand il est possible, entraîne une pénalité sur les intérêts. C’est souvent la perte totale des intérêts, ou un taux réduit. Ce n’est jamais une perte de capital.
CMF art. L.312-4 ; CGI art. 125 A · 200 A
Pourquoi c’est comme ça
Le compte à terme est un dépôt bloqué pour une durée fixée, de un mois à cinq ans, à un taux connu d’avance, fixe ou progressif par période, garanti par la banque et par le fonds de garantie des dépôts jusqu’à 100 000 € par déposant et par établissement ; les intérêts sont versés à l’échéance ou par période, et supportent le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % en 2026, ou le barème sur option. Pour Victor, 20 000 € à 3 % sur dix-huit mois donnent 900 € d’intérêts bruts, près de 620 € nets, soit environ 2,1 % par an net ; le taux annoncé est parfois le taux de la dernière période d’un contrat progressif, auquel cas le taux actuariel moyen, obligatoirement indiqué, est inférieur.
Jusqu’où ça va
Le retrait anticipé est possible dans la plupart des contrats, avec un préavis prévu au contrat, souvent de 32 jours, et une pénalité contractuelle : intérêts recalculés à un taux réduit, souvent celui d’un livret ordinaire, ou perte totale des intérêts de la période en cours, ou d’une partie de ceux acquis ; jamais de perte de capital. Les conditions se lisent avant la souscription : montant minimal, possibilité de retrait partiel, taux appliqué en cas de sortie, renouvellement automatique à l’échéance au taux du moment, qu’il faut refuser s’il est bas. À dix-huit mois, un fonds en euros à 2,07 % net rapporte à peu près autant en restant disponible, avant l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans ; les livrets réglementés, s’ils ne sont pas pleins, 1,7 % exonérés ; le LEP, 2,5 %.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Victor, près de 620 € nets à dix-huit mois, s’il tient la date ; sorti à six mois, souvent zéro intérêt, et 20 000 € rendus après 32 jours de préavis, ce qui compte pour des travaux dont le devis peut arriver plus tôt ; répartir 15 000 € sur le compte à terme et 5 000 € sur un livret ou le fonds en euros garde une marge de manœuvre. Face à un fonds en euros à 2,07 % net de prélèvements sociaux, le compte à terme, à environ 2,06 % net par an, ne fait pas mieux si le contrat d’assurance-vie a plus de huit ans, l’abattement annuel du foyer effaçant l’impôt s’il est disponible ; dans un contrat plus récent, l’impôt de 12,8 % sur les gains ramène le fonds en euros vers 1,8 % net, et le compte à terme l’emporte si la date est certaine. Trois lignes des conditions générales décident : pénalité, préavis, renouvellement.
Quel risque prend-elle ?
Hélène lit que l’OAT à dix ans rapporte 4,45 %, taux du 21 septembre 2026 selon la Banque de France. Elle envisage d’en acheter pour un projet dans quatre ans.
Quel risque prend-elle ?
- Aucun : l’État garantit tout, capital et intérêts
- Le taux peut tomber à zéro en cours de route
- Une perte en capital si elle revend avant l’échéance
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Gardée jusqu’à son terme, une obligation rend son nominal, c’est-à-dire la somme prêtée à l’émission, sauf défaut de l’émetteur. Revendue avant, elle se vend au prix du marché, qui baisse quand les taux montent. À dix ans, une hausse de 1 point des taux fait perdre environ 8 % au prix.
CMF art. L.213-1 ; C. mon. fin. art. L.211-1
Pourquoi c’est comme ça
Une OAT à dix ans achetée aujourd’hui au pair avec un coupon de 4,45 % rembourse 100 € dans dix ans, et vaut entre-temps ce que le marché en donne : dans quatre ans, avec six ans restants, sa sensibilité sera d’environ 5, et son prix d’environ 95 € si les taux à six ans sont alors à 5,5 %, d’environ 105 € s’ils sont à 3,5 % ; Hélène, qui a besoin de son capital à cette date, prend le risque d’une perte de 5 % ou plus, ou bénéficie d’un gain, sans le contrôler ; sa seule certitude est le remboursement à 100 € dans dix ans, qu’elle n’attendra pas. La solution qui aligne le placement sur le projet est une obligation dont l’échéance coïncide : une OAT arrivant à terme dans quatre ans, autour de 3,9 % fin septembre 2026, rembourse 100 € le jour du projet, sauf défaut, quels que soient les taux intermédiaires.
Jusqu’où ça va
Un fonds obligataire classique n’a pas d’échéance et suit les taux ; un fonds daté 2030, qui détient des obligations remboursées cette année-là et les porte jusqu’au terme, vise le comportement d’une obligation à quatre ans avec de nombreux émetteurs, d’État ou d’entreprises, sans garantie du capital ni du rendement. La France est notée A+ par Fitch et S&P et Aa3 par Moody’s au 28 août 2026, après des abaissements en 2024 et 2025 ; le risque de défaut reste très faible, et l’écart de rendement avec l’Allemagne, de 0,66 à 0,81 point de février à août 2026 en moyenne mensuelle, selon la BCE, en est le prix. Les coupons sont imposés à 31,4 % chaque année, la plus-value éventuelle à la vente aussi ; les OAT s’achètent sur le marché secondaire chez la plupart des courtiers en ligne, avec un minimum d’ordre et des frais propres à chacun, et un écart de prix à vérifier.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Hélène, une OAT arrivant à échéance à la date du projet, ou un fonds daté qui la vise, sans garantie pour ce dernier : environ 3,9 % fin septembre 2026 pour une OAT, connus dès l’achat et tenus jusqu’au terme hors défaut, 100 € rendus le jour prévu, sans que le mouvement des taux ne compte ; l’OAT à dix ans à 4,45 % répond à un projet à dix ans ou à un besoin de revenu long, pas à un projet à quatre ans. Un compte à terme de quatre ans ou un fonds en euros à 2,07 % net de prélèvements sociaux, environ 1,8 % après l’impôt de 12,8 % sur les gains si le contrat a moins de huit ans, font le même travail avec moins de rendement et moins de manipulation ; l’obligation directe gagne un point par an pour qui accepte de passer un ordre.
Que faire des 10 000 € en actions à trois mois de la date ?
Nadia a 40 000 € en assurance-vie pour un achat dans trois mois : 30 000 € en fonds en euros, 10 000 € en actions.
Que faire des 10 000 € en actions à trois mois de la date ?
- Les laisser : trois mois, c’est court pour perdre
- Les vendre dès maintenant, pour sécuriser la somme
- Les vendre le jour J, au prix du jour
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À l’approche de la date, la part en actions se ramène peu à peu vers le support garanti, en une ou plusieurs fois. Attendre le jour J, c’est laisser le marché de la semaine décider du montant.
C. assur. art. L.132-21 · L.131-1
Pourquoi c’est comme ça
Dans une assurance-vie, un arbitrage transfère l’épargne d’un support à un autre sans sortir du contrat : aucune imposition, aucune perte d’ancienneté, et des frais d’arbitrage fixés par le contrat ; à trois mois d’une date connue, la sécurisation consiste à ramener la part exposée aux marchés vers le fonds en euros, en une fois ou par tiers sur les trois mois, ce qui lisse le prix de sortie ; la théorie de l’horizon veut que cette part soit déjà nulle à moins de deux ans d’un besoin daté, et Nadia est en retard. Le fonds en euros garantit en principe le capital et les intérêts acquis ; la somme de 40 000 € est alors garantie par l’assureur selon les termes du contrat, avant la fiscalité du rachat.
Jusqu’où ça va
Le rachat partiel se demande par formulaire ou en ligne, avec une pièce d’identité et un relevé bancaire ; l’assureur dispose de deux mois pour payer, sous peine d’intérêts au taux légal majoré, et paie en pratique en une à quatre semaines ; une demande faite un peu plus de deux mois avant la signature couvre donc le délai légal, avec une marge pour un notaire qui veut les fonds sur son compte deux jours avant l’acte. La fiscalité du rachat porte sur la part de gains, 12,8 % avant huit ans, 7,5 % après pour les gains liés à moins de 150 000 € de primes sur l’ensemble de ses contrats, 12,8 % au-delà, après un abattement annuel de 4 600 € par personne, 9 200 € pour un couple, commun à tous les contrats du foyer, plus 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains des unités de compte ; un rachat de 40 000 € sur un contrat qui en contient 8 000 de gains coûte au plus environ 2 400 € aux taux de 2026. Un nantissement ou une acceptation du bénéficiaire bloqueraient le rachat ; à vérifier.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Nadia, 10 000 € arbitrés aujourd’hui vers le fonds en euros, 40 000 € garantis par l’assureur selon les termes du contrat, avant la fiscalité du rachat, et un rachat demandé un peu plus de deux mois avant l’acte ; laissés en actions, les 10 000 € pouvaient valoir 8 000 € le jour de la signature, 2 000 € manquants qu’aucun rendement de trois mois ne justifie de risquer. Si le contrat a plus de huit ans, le rachat coûte 7,5 % sur les gains au-delà de l’abattement annuel du foyer, 4 600 € ou 9 200 €, sous 150 000 € de primes sur l’ensemble de ses contrats, et 17,2 % de prélèvements sociaux sur l’ensemble des gains, déjà retenus pour la part en fonds en euros. Le calendrier tient en trois dates : l’arbitrage maintenant, la demande de rachat à deux mois, les fonds chez un notaire à deux jours.
Qui détient cette dette, pour l’essentiel ?
La dette publique française atteint 3 460 milliards d’euros fin 2025.
Qui détient cette dette, pour l’essentiel ?
- La Banque de France seule
- Les ménages français, par les livrets
- Des investisseurs, pour moitié à l’étranger
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La dette de l’État est faite d’obligations, achetées par des assureurs, des fonds, des banques et des banques centrales. Un peu plus de la moitié est détenue par des non-résidents.
CMF art. L.213-1 ; Loi organique n° 2001-692 du 1ᵉʳ août 2001
Pourquoi c’est comme ça
L’État emprunte chaque année pour couvrir son déficit et rembourser les emprunts arrivés à échéance, en vendant des obligations aux enchères à des banques spécialistes, qui les revendent. Les détenteurs finaux sont des assureurs, des fonds de pension, des banques, des banques centrales ; l’Eurosystème en détient une part importante depuis les rachats de 2015 à 2022.
Jusqu’où ça va
Un peu plus de 50 % de la dette négociable est détenue par des non-résidents, ce qui expose la France au jugement des investisseurs internationaux et aux notations, A+ chez S&P et Fitch, Aa3 chez Moody’s en 2026. L’épargnant français en détient indirectement par son fonds en euros, investi en obligations d’État pour une large part.
Ce que ça coûte vraiment
Pour un ménage, la dette se ressent par le taux des OAT à dix ans, monté au-delà de 4,5 % en septembre 2026, qui tire les taux des crédits immobiliers et le rendement des fonds en euros ; et par la charge d’intérêts, plus de 60 milliards par an, prélevée sur les impôts avant toute dépense.
Que représente la charge d’intérêts en 2026 ?
Le taux moyen de la dette française remonte avec chaque nouvelle émission : l’État emprunte à dix ans à plus de 4,5 % fin septembre 2026, selon la Banque de France.
Que représente la charge d’intérêts en 2026 ?
- Environ 10 milliards d’euros
- Plus de 60 milliards d’euros par an
- 1 000 milliards d’euros
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La charge de la dette des administrations publiques dépasse 60 milliards d’euros par an. Elle a atteint 64,7 milliards en 2025, selon l’Insee. Elle continue de monter, car les anciens emprunts à taux bas sont remplacés par des emprunts à 3 ou 4 %. Elle rejoint ainsi les premiers postes du budget.
LF 2026 ; Loi organique n° 2001-692 art. 7
Pourquoi c’est comme ça
La charge d’intérêts de l’État suit avec retard les taux de marché, parce que la dette négociable, 2 757 milliards fin septembre 2025 et près de 2 900 milliards prévus fin 2026, a une durée de vie moyenne de l’ordre de huit à neuf ans et ne se renouvelle qu’à raison de près de 176 milliards en 2026, selon le Sénat, plus les émissions nouvelles qui financent le déficit ; chaque OAT émise entre 2015 et 2021 à 0 ou 1 % qui arrive à échéance est remplacée par une OAT à 3 ou 4 %, et la facture monte sans qu’un euro de dette supplémentaire soit contracté. Pour l’ensemble des administrations publiques, la charge est passée de 58 milliards en 2024 à près de 65 milliards en 2025 selon l’Insee ; pour l’État seul, le budget 2026 en prévoit près de 60 milliards ; les obligations indexées sur l’inflation, 12 % de l’encours, ont ajouté environ 15 milliards par an en 2022 et 2023.
Jusqu’où ça va
À ce niveau, la charge de la dette se compare aux plus gros budgets de l’État, défense et enseignement scolaire ; selon le Sénat, elle dépasserait 90 milliards en 2029 et approcherait 100 milliards autour de 2030, avec une OAT à dix ans supposée à 3,8 % fin 2026, ce qui en ferait le premier poste de l’État. Elle se paie avant toute autre dépense, l’État n’ayant jamais fait défaut depuis 1797 et ne pouvant se le permettre sans perdre l’accès au marché ; la prime demandée à la France par rapport à l’Allemagne, de 0,66 à 0,81 point de février à août 2026 en moyenne mensuelle selon la BCE, ajoute à elle seule environ 20 milliards par an une fois toute la dette négociable renouvelée. Réduire cette charge suppose soit une baisse des taux, hors de portée du budget, soit un déficit primaire nul pour stabiliser la dette.
Ce que ça coûte vraiment
Rapportés aux 30 millions de ménages, 60 à 65 milliards d’intérêts font 2 000 à 2 200 € par ménage et par an, prélevés par l’impôt et les cotisations avant l’école, l’hôpital ou les retraites ; pour un épargnant, ces mêmes intérêts sont ce que rapportent le fonds en euros et les OAT, à plus de 4,5 % à dix ans en septembre 2026, la dette de l’un étant le placement de l’autre. La question budgétaire de chaque automne se lit dans ce chiffre : un point de plus sur tous les taux, durablement, coûte environ 3 milliards la première année et 33,5 milliards au bout de neuf ans, selon le Sénat.
Que se passe-t-il quand un État les dépasse ?
Le déficit public français dépasse 5 % du PIB, la dette 115 % : les règles européennes parlent de 3 % et 60 %.
Que se passe-t-il quand un État les dépasse ?
- Une procédure pour déficit excessif
- Une amende automatique de la Commission
- L’exclusion de la zone euro
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Les règles réformées en 2024 imposent une trajectoire de réduction du déficit et de la dette sur plusieurs années. La Commission la contrôle. Les sanctions financières existent sur le papier. Elles n’ont jamais été appliquées à un État de la zone euro.
Règlement (UE) 2024/1263 ; Traité sur le fonctionnement de l’UE art. 126
Pourquoi c’est comme ça
Le traité de Maastricht a fixé deux références : un déficit sous 3 % du PIB et une dette sous 60 %. La réforme de 2024 remplace les règles mécaniques par des trajectoires nationales de dépenses sur quatre à sept ans, négociées avec la Commission, avec un ajustement minimal du déficit chaque année et une baisse de la dette en moyenne sur la période pour les pays au-dessus des seuils.
Jusqu’où ça va
La France est en procédure pour déficit excessif depuis 2024 ; le non-respect de la trajectoire expose à des sanctions théoriques, jusqu’à 0,05 % du PIB par semestre, et surtout à la défiance des marchés, qui se traduit par un écart de taux avec l’Allemagne, de 0,66 à 0,81 point de février à août 2026 en moyenne mensuelle, selon la BCE.
Ce que ça coûte vraiment
Pour les ménages, la trajectoire se traduit en lois de finances : gel de barèmes, hausse de prélèvements sociaux comme les 18,6 % de 2026, réduction de niches. Le calendrier européen fixe l’horizon des efforts à venir : un déficit ramené sous 3 % du PIB en 2029, selon le plan présenté par la France.
Où est le lien ?
Karim négocie un crédit immobilier. Il ne voit pas le rapport avec la dette publique.
Où est le lien ?
- Il n’y en a aucun : l’État et les ménages empruntent séparément
- La dette fait baisser les taux, en inondant le marché
- Le taux de l’État à dix ans sert de référence aux banques
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Les banques fixent leurs taux fixes en suivant le taux de l’État à la même durée. Elles ne répercutent pas toujours toute sa hausse. L’OAT est montée au-delà de 4,5 % en septembre 2026. Elle tire vers le haut les crédits, à 3,30 % en moyenne en juillet 2026 selon la Banque de France.
CMF art. L.313-1 ; C. consom. art. L.314-6
Pourquoi c’est comme ça
Une banque qui prête à taux fixe sur vingt ans se refinance sur les marchés à un coût qui suit les taux longs de la zone euro, dont le taux de l’OAT française à dix ans est la référence pour les banques françaises, et y ajoute d’ordinaire le coût du risque, ses frais et sa marge, mais la concurrence a contenu la hausse en 2026, les crédits restant sous l’OAT ; quand l’OAT passe de 0 % en 2021 à plus de 4,5 % en septembre 2026, les taux immobiliers suivent, en partie et avec un décalage, vers 3,30 % en moyenne en juillet 2026, toutes durées, selon la Banque de France ; le taux d’usure, plafond légal calculé sur les taux moyens du trimestre précédent, suit lui aussi. L’écart entre le taux français et le taux allemand, de 0,66 à 0,81 point de février à août 2026 en moyenne mensuelle, se retrouve dans les crédits : un emprunteur allemand paie moins cher parce que son État emprunte moins cher.
Jusqu’où ça va
La transmission joue aussi sur l’épargne : les fonds en euros, investis en obligations, voient leur rendement remonter avec retard à mesure qu’ils achètent des titres à 4 %, 2,6 % en 2023 et en 2024 contre 1,3 % en 2021 ; les comptes à terme et les fonds obligataires suivent immédiatement ; le Livret A, calé sur l’inflation et les taux courts, moins. Les taux courts fixés par la Banque centrale européenne, 2,5 % pour le taux de dépôt depuis le 16 septembre 2026, gouvernent les crédits à taux variable et les livrets ; les taux longs, gouvernés par les marchés et par la confiance dans l’État, gouvernent les crédits immobiliers et l’assurance-vie. Un abaissement de la note de la France, ou un budget non voté, renchérit l’OAT en quelques jours, et les crédits en quelques semaines.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Karim, 250 000 € sur vingt ans : à 3,8 %, 1 490 € par mois et 107 000 € d’intérêts ; à 4,8 %, 1 620 € par mois et 139 000 €, 32 000 € de plus pour un point de dette publique en plus ; la négociation porte sur la marge de la banque et sur l’assurance, pas sur l’OAT. Le moment de signer se lit sur la courbe de l’OAT : ses hausses se retrouvent dans les barèmes bancaires avec retard, et une offre de prêt vaut trente jours. La dette publique n’est pas une abstraction ; elle est dans son tableau d’amortissement.
Sa définition courante en Europe ?
En 2009, le PIB français recule de 2,8 %. Les journaux parlent de récession.
Sa définition courante en Europe ?
- Deux trimestres consécutifs de recul du PIB
- Un chômage au-dessus de 10 % de la population
- Une baisse du PIB sur une année entière
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En Europe, la définition technique d’une récession est de deux trimestres consécutifs de baisse du produit intérieur brut. Aux États-Unis, un comité déclare les récessions à partir d’un faisceau d’indicateurs.
Règlement (UE) 549/2013 relatif au système européen des comptes
Pourquoi c’est comme ça
La récession technique, définition usuelle en Europe, est un recul du produit intérieur brut en volume, corrigé des variations saisonnières, pendant au moins deux trimestres consécutifs ; l’Insee publie une première estimation trente jours après la fin du trimestre, révisée ensuite, de sorte qu’une récession peut être effacée par une révision. Aux États-Unis, le comité de datation du National Bureau of Economic Research déclare les récessions a posteriori sur un faisceau d’indicateurs, emploi, production, revenus, ventes, sans règle des deux trimestres ; c’est ainsi que le recul de 2022 n’a pas été qualifié de récession. La France a connu des récessions en 1975, 1993, 2008-2009 avec moins 2,8 % sur l’année 2009, et 2020 avec moins 7,4 %, la plus forte baisse annuelle de la série d’Eurostat, commencée en 1975.
Jusqu’où ça va
Les indicateurs avancés précèdent la récession de quelques mois, sans calendrier fixe : le climat des affaires de l’Insee, les indices des directeurs d’achats, l’inversion de la courbe des taux quand les taux courts dépassent les taux longs, la chute des permis de construire et des immatriculations, et la bourse, qui peut baisser avant ; le chômage, lui, réagit avec retard et peut continuer de monter après la reprise. Pendant une récession, la banque centrale baisse ses taux, l’État laisse filer le déficit, ce qui rappelle 2009 et 2020 ; l’inflation ralentit. La reprise du PIB précède celle de l’emploi. Une définition ne dit rien de la douleur ressentie : une croissance nulle avec chômage en hausse en produit autant.
Ce que ça coûte vraiment
Pour un ménage, la récession se traduit par le risque d’emploi, d’où la réserve de précaution, par le gel des salaires, et par la baisse des taux, favorable à l’emprunteur et défavorable à l’épargnant en livrets ; pour l’épargnant en actions, par des marchés qui baissent avant l’annonce et remontent avant la fin, ce qui interdit d’agir sur la nouvelle. En 2009, l’indice monde a touché son creux en mars, quand la récession était au plus fort et son annonce partout ; celui qui a vendu ce mois-là a vendu au plus bas. La définition sert à l’historien ; l’épargnant vit avec les indicateurs avancés.
De quel cycle s’agit-il ?
Un chef d’entreprise remarque que les commandes de machines de son secteur montent et retombent tous les sept à dix ans.
De quel cycle s’agit-il ?
- Le cycle de Kitchin, trois à cinq ans, lié aux stocks
- Le cycle de Juglar, sept à dix ans, lié à l’investissement
- Le cycle de Kondratiev, cinquante ans, lié aux innovations
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Juglar a décrit au XIXᵉ siècle un cycle d’une dizaine d’années, rythmé par l’investissement en équipement et le crédit. Kitchin a identifié un cycle plus court, de trois à cinq ans, lié aux stocks.
Règlement (UE) 549/2013
Pourquoi c’est comme ça
Clément Juglar a décrit en 1862, à partir des statistiques bancaires, un cycle d’une dizaine d’années en trois phases, prospérité, crise, liquidation, rythmé par l’investissement des entreprises et le crédit qui le finance : en expansion, les carnets de commandes se remplissent, le taux d’utilisation des capacités monte, les entreprises commandent des machines et construisent des usines, financées par un crédit abondant ; ces capacités arrivent en production toutes en même temps, en haut de cycle, au moment où la demande ralentit, ce qui crée des surcapacités, un arrêt de l’investissement, des faillites de fournisseurs de machines, puis une reprise quand les capacités excédentaires ont été absorbées. Le cycle de Kitchin, trois à cinq ans, joue à l’intérieur, par les stocks ; celui de Kuznets, quinze à vingt-cinq ans, par la construction ; celui de Kondratiev, quarante à soixante ans, par les grandes innovations, reste discuté.
Jusqu’où ça va
Le secteur des biens d’équipement amplifie le cycle : quand la demande finale ralentit un peu, les commandes de machines peuvent chuter beaucoup, parce que les entreprises reportent leurs investissements ; c’est l’accélérateur. Les enquêtes trimestrielles de l’Insee sur les intentions d’investissement dans l’industrie, le taux d’utilisation des capacités de production, les commandes de machines-outils et les mises en chantier donnent la position dans le cycle, avec une avance variable ; les banques centrales cherchent à amortir les cycles par les taux, ce qui les déplace plus qu’elles ne les suppriment, comme 2008 l’a montré après des taux bas prolongés. Les cycles se superposent et se brouillent ; ils décrivent des régularités, pas un calendrier.
Ce que ça coûte vraiment
Pour le chef d’entreprise, la position dans le cycle change le prix d’une machine, moins chère en bas de cycle quand les fabricants ont des stocks, et la disponibilité du crédit, plus rare au moment où il en a le plus besoin ; investir à contre-cycle, si la trésorerie le permet, est la stratégie classique des entreprises familiales. Pour un salarié du secteur, les phases de liquidation sont celles des plans sociaux ; pour l’actionnaire, les cours des fabricants de machines chutent fortement en bas de cycle et remontent en haut, ce qui rend les bénéfices d’une seule année inutilisables pour juger.
Comment Minsky décrit-il cette phase ?
Après dix ans sans crise, les banques prêtent à des emprunteurs qui ne remboursent que grâce à la hausse des prix de leurs actifs.
Comment Minsky décrit-il cette phase ?
- Comme la preuve d’une économie saine
- Comme un simple cycle de stocks
- Comme la finance spéculative, puis à la Ponzi
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Minsky distingue trois financements. Dans le financement couvert, les revenus paient le capital et les intérêts. Dans le spéculatif, ils ne paient que les intérêts. Dans le financement à la Ponzi, seule la hausse du prix de l’actif permet de rembourser. Une stabilité prolongée pousse l’économie vers ce troisième financement.
Loi n° 2013-672 du 26 juillet 2013 ; Règlement (UE) 575/2013
Pourquoi c’est comme ça
Hyman Minsky a montré que la stabilité économique porte en elle l’instabilité : quand rien ne va mal pendant longtemps, prêteurs et emprunteurs prennent plus de risques, les garanties se relâchent, la dette monte plus vite que les revenus. Le retournement, quand les prix d’actifs cessent de monter, force les ventes et amplifie la baisse.
Jusqu’où ça va
La crise de 2008 en est l’illustration : des crédits immobiliers accordés sur la seule anticipation de hausse des prix. Depuis, les régulateurs imposent des coussins de capital aux banques et, en France, le HCSF plafonne le taux d’effort à 35 % et la durée des crédits à vingt-cinq ans, ce qui limite ce troisième stade dans l’immobilier.
Ce que ça coûte vraiment
Pour un emprunteur, la question de Minsky est simple : le crédit se rembourse-t-il avec les revenus, ou avec la revente ? Un investissement locatif dont le loyer ne couvre que 60 % de la mensualité dépend, pour le reste, des autres revenus de l’emprunteur ; sans eux, il relève du financement spéculatif, voire Ponzi si le loyer ne couvre pas les intérêts, et tient tant que les prix montent.
Est-ce une règle ?
Anne lit que l’or et les obligations d’État montent quand les actions baissent.
Est-ce une règle ?
- Non : ils bougent toujours dans le même sens, quel que soit le cycle
- Oui, toujours : c’est une loi des marchés
- Une tendance, pas une règle : en 2022, tout a baissé ensemble
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Les obligations d’État et l’or ont amorti certaines baisses d’actions, en 2008 par exemple, mais pas toutes. En 2022, la hausse brutale des taux a fait baisser les obligations en même temps que les actions. La diversification réduit le risque, elle ne le supprime pas.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
Dans une récession classique, la demande recule, l’inflation ralentit, la banque centrale baisse ses taux directeurs et les investisseurs se réfugient dans les obligations d’État, dont le prix monte quand les taux baissent : en 2008, une OAT à dix ans achetée fin 2007 a gagné environ 10 %, par le calcul sur les taux de la BCE, pendant que l’indice MSCI World perdait 40 % en dollars, selon MSCI ; l’or, sans rendement mais sans risque de crédit, sert aussi de refuge. Ce mécanisme joue quand l’inflation est basse et stable ; quand l’inflation surprend à la hausse, la banque centrale relève ses taux, et les obligations baissent avec les actions, comme en 2022, où l’indice MSCI World a perdu 12,8 % en euros et une OAT à dix ans environ 20 %.
Jusqu’où ça va
Le régime d’inflation décide donc du rôle des obligations : amortisseur en récession désinflationniste, poids mort en choc d’inflation ; les obligations indexées sur l’inflation, dont le capital suit l’indice des prix, protègent le pouvoir d’achat de qui les garde jusqu’au terme ; l’or protège contre les crises de confiance et la baisse du dollar, pas systématiquement contre l’inflation. Les tendances ne sont pas des règles, et 2022 en est la preuve.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Anne, une allocation qui tient dans les deux cas : actions pour la croissance, obligations d’État à duration moyenne pour la récession, une poche d’or et d’obligations indexées pour le choc d’inflation, et un fonds en euros ou monétaire pour la liquidité ; aucune classe ne monte quand tout baisse, mais elles ne baissent pas toutes de la même ampleur ni ne remontent au même moment. Le rééquilibrage annuel vers les cibles fait le reste. La règle qu’elle a lue s’est vérifiée certaines années, en 2008 par exemple ; c’est pour les autres que l’on diversifie davantage.
Doit-il un impôt ?
Yanis a vendu pour 200 € d’ether dans l’année, avec 120 € de plus-value, et rien d’autre.
Doit-il un impôt ?
- Oui, s’il a un compte à l’étranger, quel que soit le montant
- Oui, 31,4 % sur les 120 € de gain
- Non : ses cessions de l’année ne dépassent pas 305 €
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Sous 305 € de cessions dans l’année, la plus-value est exonérée, quelle que soit sa taille. Au-dessus, ne serait-ce que d’un euro, toute la plus-value de l’année devient imposable.
CGI art. 150 VH bis, II, B
Pourquoi c’est comme ça
Les personnes physiques sont exonérées d’impôt sur les plus-values d’actifs numériques lorsque la somme des prix de cession de l’année, hors opérations d’échange en sursis, n’excède pas 305 € ; le seuil s’apprécie sur le total des ventes contre euros ou autres monnaies légales, et des paiements en cryptomonnaies pour des biens ou services, quel que soit le gain ou la perte réalisés, et non sur la plus-value ; il est unique par foyer fiscal et par an, sans proratisation. Yanis, avec 200 € de cessions, est exonéré de ses 120 € de plus-value ; à 306 € de cessions, la totalité de sa plus-value annuelle serait imposée, à 31,4 % ou au barème, et non la fraction excédant le seuil ; c’est un seuil et non une franchise.
Jusqu’où ça va
Les échanges de cryptomonnaies entre elles sans soulte, stablecoins compris, ne sont pas des cessions et n’entrent pas dans les 305 € ; un paiement de 50 € en bitcoins dans un commerce, si. Même sous le seuil, la déclaration reste due : le formulaire 2086 pour les cessions, et le 3916-bis pour chaque compte sur une plateforme étrangère, sous peine de 750 € par compte. Le seuil de 305 €, fixé en 2019, n’a pas été revalorisé à ce jour et vise les usages de paiement anecdotiques ; il ne constitue pas un abattement pour les investisseurs, dont la première vente d’un montant significatif rend imposable tout le gain de l’année, calculé sur le portefeuille entier. Les moins-values de l’année se compensent avec les gains de la même année seulement.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Yanis, zéro impôt cette année, un 2086 à remplir, et un 3916-bis si sa plateforme est étrangère ; l’année prochaine, s’il vend 400 €, la totalité de sa plus-value devient imposable, pas les 95 € au-dessus du seuil. Au-delà de ces montants, le seuil ne sert plus à rien, et c’est la formule sur le portefeuille entier qui compte.
Quelle plus-value déclare-t-elle sur cette vente ?
Clara a investi 8 000 € au total. Son portefeuille vaut 12 000 € le jour où elle vend pour 2 000 €.
Quelle plus-value déclare-t-elle sur cette vente ?
- 2 000 €
- 667 €
- 4 000 €
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La méthode française raisonne sur le portefeuille entier. La vente représente 2 000 sur 12 000 de sa valeur globale. Elle emporte donc la même fraction du prix total d’acquisition. La plus-value vaut 2 000 − 8 000 × 2 000 / 12 000, soit 667 €.
CGI art. 150 VH bis, III
Pourquoi c’est comme ça
La plus-value ou moins-value de chaque cession est égale à la différence entre le prix de cession, net des frais, et le produit du prix total d’acquisition de l’ensemble du portefeuille d’actifs numériques par le quotient du prix de cession sur la valeur globale du portefeuille au jour de la cession : pour Clara, 8 000 € multipliés par 2 000 sur 12 000 donnent 1 333 € de prix d’acquisition imputé, et 2 000 moins 1 333 font 667 € ; peu importe quel jeton elle a vendu, ni ce qu’il lui a coûté individuellement. Après la vente, le prix total d’acquisition est diminué de la fraction imputée, 1 333 €, et passe à 6 667 € pour les cessions suivantes ; la valeur globale se relève à chaque nouvelle vente, sur tous les comptes, plateformes et portefeuilles personnels confondus, au cours du jour.
Jusqu’où ça va
Une seconde vente de 3 000 € quand le portefeuille vaut 15 000 € impute 6 667 € multipliés par 3 000 sur 15 000, soit 1 333 €, et dégage 1 667 € de plus-value ; la même vente quand le portefeuille ne vaut plus que 8 000 € impute 2 500 € et dégage 500 € : la plus-value de chaque vente dépend de la valeur totale du jour, ce qui rend le calcul impossible sans un relevé de l’ensemble à chaque date. Les frais de cession se déduisent du seul premier terme de la formule, pas du prix qui sert au quotient. Chaque cession est reportée sur le formulaire 2086 avec ses quatre données ; le total annuel, à 31,4 % ou au barème, va sur la 2042-C.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Clara, 667 € sur cette vente, environ 210 € d’impôt et prélèvements à 31,4 %, et un prix d’acquisition restant de 6 667 € ; sur une année, plusieurs ventes sur un portefeuille qui monte dégagent une plus-value croissante à chaque fois. Un tableur avec, pour chaque date, les achats en euros, les ventes, la valeur totale du portefeuille et le prix d’acquisition restant, est la seule façon de remplir le 2086 ; les exports des plateformes ne couvrent pas la clé matérielle ni les autres comptes. Le premier euro de la formule est la valeur globale ; elle se note le jour de chaque vente, pas après.
Que change l’option pour le barème ?
Odile, retraitée non imposable, réalise 4 000 € de plus-value crypto.
Que change l’option pour le barème ?
- L’impôt tombe à zéro, pas les prélèvements sociaux
- Rien : le forfait s’applique quand même
- Elle double l’impôt
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L’option pour le barème remplace les 12,8 % d’impôt forfaitaire par le taux marginal du foyer. Pour Odile, ce taux est de 0 %. Les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026, restent dus dans tous les cas.
CGI art. 200 C · 150 VH bis
Pourquoi c’est comme ça
Les plus-values d’actifs numériques des particuliers sont soumises au prélèvement forfaitaire de 12,8 %, ou, depuis l’imposition des revenus de 2023, sur option expresse et irrévocable exercée chaque année sur la déclaration, au barème progressif de l’impôt sur le revenu ; l’option est propre aux actifs numériques : exercée chaque année case 3CN, elle est indépendante de l’option globale pour les revenus de capitaux mobiliers et plus-values de titres, case 2OP. Les prélèvements sociaux, 18,6 % en 2026, sont dus quelle que soit l’option ; pour Odile, non imposable, le barème ramène l’impôt à zéro et laisse 744 € de prélèvements sur 4 000 €, contre 1 256 € au forfait. Au barème, 6,8 points de la CSG payée sur ces plus-values sont déductibles du revenu de l’année du paiement, comme pour les dividendes et intérêts.
Jusqu’où ça va
Le barème gagne pour un taux marginal de 0 %, économie d’environ 510 € ici, et de 11 %, économie d’environ 100 € avec la CSG déductible ; il perd à 30 %, environ 600 € de plus avec la CSG déductible, et au-delà. L’option n’entraîne pas les autres revenus mobiliers du foyer au barème : les intérêts de livrets bancaires d’Odile restent au prélèvement forfaitaire, sauf option distincte case 2OP. Le contribuable dont les opérations sont réalisées dans des conditions analogues à celles d’un professionnel, outils, volumes, fréquence, relève depuis 2023 des bénéfices non commerciaux au barème avec cotisations sociales, sans option ; ce n’est pas le cas d’une retraitée qui vend une position. La plus-value entre dans le revenu fiscal de référence dans les deux cas, ce qui peut affecter un tarif social l’année suivante.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Odile, environ 510 € gagnés en cochant la case 3CN de la 2042-C, avec le 2086 pour le détail des cessions et le 3916-bis pour sa plateforme si elle est étrangère ; l’option se réexamine chaque année, une année avec plus de revenus pouvant la rendre perdante. Son revenu fiscal de référence augmentera de 4 000 € pour l’année.
Que risque-t-il ?
Mehdi a des comptes sur trois plateformes étrangères depuis deux ans et n’a jamais rempli de 3916-bis.
Que risque-t-il ?
- Rien tant qu’il n’a pas vendu
- 750 € d’amende par compte et par an
- La fermeture des comptes
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Chaque compte d’actifs numériques détenu à l’étranger se déclare chaque année, même sans opération. L’amende est de 750 € par compte non déclaré et par année. Elle passe à 1 500 € au-dessus de 50 000 € d’avoirs.
CGI art. 1649 bis C · 1736, X
Pourquoi c’est comme ça
Les personnes physiques domiciliées en France déclarent, en même temps que leur déclaration de revenus, les références des comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos auprès d’entreprises, personnes ou organismes établis à l’étranger, sur le formulaire 3916-bis, un par compte, avec l’identité du prestataire, le numéro de compte et la date d’ouverture ; l’obligation vaut même pour un compte resté sans opération. L’amende est de 750 € par compte non déclaré et par année, portée à 1 500 € lorsque la valeur des comptes a dépassé 50 000 € à un moment de l’année ; elle se cumule sur chaque année non prescrite, et le délai de reprise de l’administration sur les revenus liés passe de trois à dix ans.
Jusqu’où ça va
Depuis le 1er janvier 2026, la directive DAC8 impose aux prestataires de services sur crypto-actifs de l’Union européenne, et aux prestataires étrangers servant des clients européens, de collecter l’identité et la résidence fiscale de leurs clients et de transmettre chaque année les opérations aux administrations, qui les échangent entre elles ; les premiers échanges portent sur 2026, transmis en 2027, ce qui rend les comptes non déclarés visibles à l’administration française. Une régularisation spontanée, par déclaration rectificative en ligne des années non prescrites avec les 3916-bis manquants et les 2086 si des cessions ont eu lieu, avant tout contrôle, réduit de moitié les intérêts de retard ; l’amende reste encourue, et seule l’administration peut en accorder la remise ; en cas de contrôle, les intérêts de retard sont dus en totalité et les droits rappelés supportent une majoration de 80 %.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Mehdi, 4 500 € encourus pour trois comptes sur deux ans ; une déclaration rectificative maintenant, avec six 3916-bis, réduit de moitié les intérêts de retard ; l’amende reste encourue, sauf remise gracieuse ; à partir de la déclaration de 2027 sur les revenus de 2026, l’administration disposera de toute façon des données. Fermer les comptes n’efface rien, la clôture se déclarant aussi ; regrouper sur une seule plateforme, ou sur une plateforme française, réduit les formulaires pour l’avenir.
Est-ce une opération imposable ?
Paul paie un ordinateur de 1 500 € en bitcoin sur un site qui l’accepte.
Est-ce une opération imposable ?
- Oui : payer avec des cryptos est une cession, comme une vente en euros
- Oui, seulement si l’ordinateur vaut plus de 305 €
- Non : il n’a rien vendu
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Payer un bien ou un service en actifs numériques déclenche l’impôt, comme une vente contre des euros. Le prix de cession retenu est la valeur de l’ordinateur.
CGI art. 150 VH bis, I
Pourquoi c’est comme ça
Le fait générateur est défini largement : cession à titre onéreux contre une monnaie ayant cours légal, ou contre un bien ou un service. Seul l’échange d’un actif numérique contre un autre, sans soulte, bénéficie du sursis d’imposition, stablecoins compris ; le paiement d’un achat consomme une fraction du portefeuille comme une vente.
Jusqu’où ça va
La plus-value se calcule avec la formule globale, sur la valeur du bien acquis ; le commerçant ne transmet rien au fisc, la traçabilité vient de la plateforme ou du portefeuille utilisé. Offrir des cryptos à un proche est une donation, à déclarer comme telle ; les recevoir en salaire les rend imposables dès la réception comme un salaire.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Paul, 1 500 € de cession qui s’ajoutent au total de l’année pour le seuil de 305 €, et une plus-value proportionnelle à celle de son portefeuille : environ 160 € si celui-ci a gagné 12 %. La carte de paiement adossée à une plateforme multiplie ces cessions par dizaines.
Quelle différence ?
Clara a 2 334 € de plus-values en octobre. Elle envisage de vendre une position en perte de 800 €, soit fin décembre, soit début janvier.
Quelle différence ?
- En décembre elle efface des gains ; en janvier elle est perdue
- Aucune : une perte est une perte, quelle que soit la date
- En janvier, elle se reporte sur dix ans
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Les pertes sur actifs numériques ne s’imputent que sur les gains de la même année, sans report. Vendue en décembre, la position réduit donc la base imposable, si la formule sur le portefeuille entier fait bien apparaître une moins-value. Vendue en janvier, la perte est perdue si l’année suivante ne dégage aucun gain.
CGI art. 150 VH bis, IV
Pourquoi c’est comme ça
Les moins-values subies au cours d’une année sur les cessions d’actifs numériques sont imputées exclusivement sur les plus-values de même nature réalisées au cours de la même année ; le solde négatif éventuel n’est ni reportable sur les années suivantes, ni imputable sur d’autres revenus, à la différence des moins-values de valeurs mobilières, reportables dix ans. Pour Clara, une perte de 800 € réalisée en décembre s’impute sur ses 2 334 € de gains d’octobre et ramène la base imposable à 1 534 €, soit 251 € d’impôt et prélèvements en moins à 31,4 % ; réalisée en janvier, elle ne se compense qu’avec les gains de l’année suivante, et se perd si celle-ci n’en dégage aucun. La perte se calcule elle aussi sur le portefeuille entier : la cession d’une position en perte n’engendre une moins-value que si le prix de cession est inférieur à la fraction du prix total d’acquisition imputée.
Jusqu’où ça va
La règle n’interdit pas de vendre en perte puis de racheter aussitôt la même position pour la conserver, aucune règle française spécifique ne l’interdisant, pour les titres comme pour les actifs numériques, tant que la cession est réelle et contre euros ; le rachat réinitialise le prix d’acquisition de la fraction rachetée. La fin d’année devient donc la date qui compte : les gains réalisés depuis janvier se compensent avec les moins-values, calculées selon la formule, dégagées avant le 31 décembre, à hauteur des gains seulement, une moins-value excédentaire sur actifs numériques étant perdue. Le formulaire 2086 retrace chaque opération, gains et pertes, et le total net va sur la 2042-C.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Clara, 251 € gagnés en vendant en décembre plutôt qu’en janvier, à condition que la vente de 800 € de perte apparente soit bien une moins-value au sens de la formule, ce qui se vérifie en calculant la fraction de prix d’acquisition imputée sur cette cession ; si elle veut garder la position, elle la rachète le lendemain. Une perte supérieure à 2 334 € ne servirait à rien au-delà ; une perte de 2 334 € exactement efface tout l’impôt de l’année. Le 15 décembre est une bonne date pour faire ce compte.
Doit-elle déclarer un compte étranger ?
Anaïs conserve ses cryptos sur une clé matérielle, sans aucune plateforme.
Doit-elle déclarer un compte étranger ?
- Oui, chaque année
- Non : sans tiers teneur, pas de compte à déclarer
- Oui, si la clé vient de l’étranger
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Le 3916-bis vise les comptes ouverts auprès d’un prestataire. Un portefeuille auto-hébergé, comme la clé d’Anaïs, n’en est pas un. Ses actifs comptent néanmoins dans la valeur globale utilisée pour chaque calcul de plus-value.
CGI art. 1649 bis C · 150 VH bis, III
Pourquoi c’est comme ça
L’obligation de déclaration sur le formulaire 3916-bis vise les comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos auprès d’entreprises, de personnes ou d’organismes établis à l’étranger ; un portefeuille auto-hébergé, sur clé matérielle ou logicielle, dont l’utilisateur détient seul les clés privées sans intermédiaire, n’est pas un compte tenu par un tiers, et n’entre donc pas, selon la lettre du texte, dans le champ de la déclaration ; le jour où Anaïs transfère des jetons vers une plateforme étrangère pour vendre, le compte ouvert sur cette plateforme devient déclarable pour l’année, même utilisé quelques jours. Les transferts entre sa clé et une plateforme ne sont pas des cessions et ne déclenchent rien ; seule la vente en euros, ou un paiement, compte.
Jusqu’où ça va
En revanche, les avoirs de la clé entrent dans la valeur globale du portefeuille au jour de chaque cession, et leur prix d’achat dans le prix total d’acquisition : une vente de 1 000 € sur une plateforme, alors que la clé contient 20 000 € achetés 5 000 €, impute une fraction du prix d’acquisition calculée sur l’ensemble, et non sur les seuls jetons présents sur la plateforme ; omettre la clé fausse le calcul dans un sens ou dans l’autre, et l’administration peut le reconstituer par les adresses publiques de la blockchain. La preuve des prix d’achat repose sur les relevés des plateformes d’origine, les virements bancaires et les dates.
Ce que ça coûte vraiment
Pour Anaïs, aucun 3916-bis tant qu’elle reste hors plateforme, mais un registre personnel indispensable : pour chaque achat, la date, le montant en euros et la plateforme d’origine ; pour chaque vente future, la valeur totale de tout ce qu’elle détient au jour de la vente, clé comprise ; et les relevés bancaires des achats initiaux, conservés dix ans. Le jour où elle vend 2 000 € via une plateforme, elle déclare cette plateforme si elle est établie à l’étranger, la cession sur le 2086 avec la valeur globale incluant la clé, et l’impôt à 31,4 % sur la plus-value ainsi calculée. La clé la protège de la plateforme ; elle ne la dispense de rien.
Comment ses gains peuvent-ils être imposés ?
Un salarié passe deux cents ordres par mois sur les cryptos, avec effet de levier et outils professionnels.
Comment ses gains peuvent-ils être imposés ?
- Toujours au forfait de 31,4 %
- En bénéfices non commerciaux, au barème
- En salaires, comme un emploi
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Depuis 2023, le critère n’est plus le volume des ordres mais les conditions d’exercice. On regarde les outils, la fréquence, l’effet de levier et la technicité. Les gains d’une activité professionnelle relèvent alors des bénéfices non commerciaux et des cotisations des indépendants.
CGI art. 92, 2, 1° bis · 150 VH bis
Pourquoi c’est comme ça
La loi de finances pour 2022 a remplacé le critère du caractère habituel par celui des conditions d’exercice : un particulier qui utilise des outils et des techniques de professionnel, effet de levier, algorithmes, fréquence élevée, relève des bénéfices non commerciaux, comme le minage. Le simple volume ne suffit plus.
Jusqu’où ça va
Le régime professionnel impose au barème avec les cotisations sociales des indépendants, au régime micro-BNC sous 83 600 € en 2026 avec 34 % d’abattement, ou au réel ; il permet en contrepartie de déduire les frais et de reporter les pertes. La qualification s’apprécie au cas par cas, souvent lors d’un contrôle.
Ce que ça coûte vraiment
Pour ce salarié, 20 000 € de gains ne seraient plus imposés au forfait de 31,4 %, près de 6 300 €, mais au barème, selon les règles des bénéfices non commerciaux, avec la possibilité de déduire ses outils au réel ; la frontière s’apprécie sur des éléments constitués avant le contrôle, pas pendant.
Combien peut-elle y verser ?
Le PEA de Julie a reçu 140 000 € de versements. Elle veut ouvrir un PEA-PME.
Combien peut-elle y verser ?
- 75 000 €
- 225 000 €
- 85 000 €
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Le PEA classique est plafonné à 150 000 € de versements, le PEA-PME à 225 000 €. Mais les deux partagent un plafond commun de 225 000 €. Avec 140 000 € déjà versés sur son PEA, Julie peut verser 85 000 € sur le PEA-PME. Les plafonds portent sur les versements, jamais sur la valeur du plan. Un PEA qui a doublé n’est pas plein pour autant.
Code monétaire et financier art. L221-30 et L221-32-1
Le détail du calcul
Les deux plans ont été rapprochés en 2019 pour orienter l’épargne vers les petites entreprises : le PEA-PME a gagné en souplesse, mais le cumul a été plafonné pour éviter qu’on additionne deux enveloppes défiscalisées. Le calcul est simple et se fait sur les seuls versements cumulés : plafond commun de 225 000 €, dont 150 000 € au plus sur le PEA classique. Un retrait ne rouvre pas de capacité de versement : après cinq ans, les versements restent possibles, mais seulement dans la limite du plafond non encore utilisé.
Les conditions à remplir
Un seul PEA par personne, et pas de PEA joint : un couple marié ou pacsé peut en détenir deux, soit, avec les PEA-PME, 450 000 € de capacité commune. Le PEA jeune, ouvert à un majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents, est plafonné à 20 000 € et s’impute sur le plafond du titulaire lorsqu’il devient autonome. Les titres éligibles diffèrent : actions européennes pour le PEA, titres de petites et moyennes entreprises et d’entreprises de taille intermédiaire pour le PEA-PME, obligations remboursables en actions comprises.
Ce qu’on peut faire autrement
Le compteur des cinq ans court à partir du premier versement, qui fixe la date d’ouverture du plan. Un premier versement symbolique suffit donc à prendre date, y compris sur un PEA-PME dont on ne se servira que plus tard. Et le transfert d’un plan d’une banque à l’autre conserve l’antériorité, que la clôture ferait perdre.
Comment ce retrait est-il imposé ?
Gaël a déduit chacun de ses versements. À la retraite, il retire 50 000 € de son plan, dont 12 000 € de gains.
Comment ce retrait est-il imposé ?
- Le tout au barème de l’impôt
- 38 000 € au barème, 12 000 € au forfait
- Le tout au forfait de 31,4 %
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Gaël a déduit ses versements à l’entrée. Sa sortie en capital se coupe donc en deux. La part qui correspond aux versements est imposée au barème, sans l’abattement de 10 % des pensions. La part qui correspond aux gains supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. La déduction à l’entrée n’est pas un cadeau, c’est un report. Il est gagnant si le taux marginal baisse à la retraite ; à taux égal, le gain se réduit à ce que l’économie d’impôt a rapporté entre-temps, et il peut devenir perdant si le taux monte.
CGI art. 158, 5-b quinquies · CGI art. 200 A
L’explication complète
Le plan d’épargne retraite propose un marché : déduire aujourd’hui, être imposé demain. Le versement s’impute sur le revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels avec un plancher et un plafond, et les droits non utilisés des trois années précédentes, cinq pour les plafonds nés depuis 2026, peuvent être mobilisés. L’économie réalisée vaut environ le versement multiplié par le taux marginal du moment. À la sortie, la même somme revient dans le revenu imposable, à un taux marginal qui est celui de la retraite.
Les exceptions
Renoncer à la déduction à l’entrée change tout à la sortie : la part des versements n’est alors plus imposée du tout, et seuls les gains supportent le forfait. Pour un contribuable non imposable ou faiblement imposé, la déduction n’aurait économisé que peu ou rien à l’entrée. La sortie en rente des versements déduits obéit encore à un autre régime, celui des pensions, avec l’abattement de 10 % et des prélèvements sociaux réduits. Et les déblocages anticipés pour accident de la vie, invalidité, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, affection grave, handicap ou accident grave d’un enfant à charge, surendettement, fin de droits au chômage ou, pour un ancien administrateur, membre du directoire ou d’un organe de surveillance n’ayant pas liquidé sa retraite, deux ans sans mandat ni contrat de travail depuis sa révocation ou son non-renouvellement, cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire ou, en conciliation, sur demande du président du tribunal de commerce avec l’accord du titulaire, sont exonérés d’impôt sur le revenu, les gains restant soumis aux prélèvements sociaux ; l’achat de la résidence principale, lui, suit le régime ordinaire.
Ce que ça change chez vous
Deux règles pratiques en découlent. La première : déduire surtout quand le taux marginal d’aujourd’hui dépasse celui qu’on anticipe à la retraite, en dessous de 30 %, l’intérêt devient mince. La seconde : étaler la sortie plutôt que tout retirer la même année, pour ne pas faire bondir le taux marginal l’année du déblocage ; un retrait unique peut aussi demander le système du quotient, qui en atténue l’effet. Le plan autorise les retraits fractionnés, et c’est là que se joue l’essentiel du gain.
Sur quoi peut-elle imputer sa perte ?
Yasmine a perdu 9 000 € sur ses actions cette année. Elle a par ailleurs 4 000 € d’intérêts et 5 000 € de plus-value sur la vente d’un studio.
Sur quoi peut-elle imputer sa perte ?
- Sur la plus-value immobilière
- Sur les deux
- Sur ni l’une ni l’autre
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Une perte sur valeurs mobilières ne s’impute que sur des plus-values de même nature. Ce sont celles de l’année, puis celles des dix années suivantes. Elle ne s’impute ni sur les intérêts, ni sur une plus-value immobilière, ni sur le revenu global. La perte de Yasmine n’est pas perdue : elle se reporte, mais elle ne sert à rien cette année.
CGI art. 150-0 D, 11°
L’explication complète
Le cloisonnement par nature de revenu est un principe général de l’impôt français : les revenus de capitaux mobiliers, les plus-values mobilières, les plus-values immobilières et les revenus fonciers forment des catégories étanches, avec leurs règles et leurs reports. Une moins-value boursière s’impute d’abord sur les plus-values de même nature réalisées la même année, avant tout abattement, puis le solde se reporte sur dix ans. La moins-value se déclare pour l’année où elle est réalisée, ligne 3VH ; les années suivantes, son solde se suit sur la fiche 2074-CMV lorsqu’un gain est à compenser, sans être redéclaré comme une nouvelle perte : une moins-value non déclarée se rattrape par réclamation dans le délai légal, au-delà elle devient très difficile à faire valoir.
Les exceptions
Deux cas sortent du cadre. À l’intérieur d’un PEA, les moins-values ne se déclarent pas et se compensent d’elles-mêmes, puisque seul le gain net du plan est taxé ; en cas de clôture en perte, une imputation est possible sous conditions. Et la perte issue de la cession de titres d’une société en liquidation, ou celle d’un investissement en capital dans une jeune entreprise, obéit à des régimes particuliers, parfois plus favorables. Les moins-values sur crypto-actifs, elles, ne se compensent qu’entre elles et ne se reportent pas.
Ce que ça change chez vous
La conséquence pratique s’appelle la purge des moins-values : quand une plus-value importante est prévue, il peut être judicieux de solder la même année les lignes en perte, quitte à les racheter ensuite, aucune règle française n’interdit le rachat immédiat, à la différence d’autres pays. L’inverse est vrai aussi : réaliser une perte une année sans gain, c’est immobiliser un avantage pendant dix ans au plus, et le perdre au-delà.
Qu’est-ce qui définit une saison, dans cette grille ?
Hugo lit qu’un portefeuille « toutes saisons » est fait pour traverser n’importe quelle période. Il cherche ce que sont ces saisons.
Qu’est-ce qui définit une saison, dans cette grille ?
- Le niveau des taux directeurs, et lui seul
- Le sens de la croissance et celui de l’inflation
- Le calendrier des marchés, trimestre par trimestre
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La grille croise deux questions. La croissance accélère-t-elle ou ralentit-elle ? L’inflation monte-t-elle ou baisse-t-elle ? Cela donne quatre cases, donc quatre saisons. Chacune a historiquement favorisé des actifs différents. Aucune ne s’annonce à l’avance, et c’est tout l’intérêt de la grille.
Règlement (UE) 549/2013 relatif au système européen des comptes
Pourquoi c’est comme ça
Deux variables suffisent à décrire le climat que traversent les placements : la croissance et l’inflation, chacune par rapport à ce que les marchés attendaient. Croissance en hausse et inflation basse : les actions et les obligations d’entreprise ont prospéré. Croissance en baisse et inflation en baisse : les obligations d’État longues ont monté quand les banques centrales baissaient les taux. Inflation en hausse : l’or, les matières premières et les actifs réels ont tenu, pendant que les obligations à taux fixe perdaient de la valeur. Croissance en baisse et inflation en hausse, la stagflation, a été la saison la plus rude, où presque tout ce qui se valorise avec un taux a baissé.
Jusqu’où ça va
La grille ne prédit rien : elle classe. Les saisons ne se succèdent pas dans l’ordre, elles durent de quelques mois à une décennie, et on ne sait dans laquelle on est qu’avec retard, quand les chiffres sont publiés. Les années 2010 ont été un long printemps, croissance modeste, inflation basse, taux nuls, qui a fait croire que les obligations amortissaient toujours les actions. 2022 a rappelé qu’elles ne le font que dans une saison sur quatre, celle de la récession désinflationniste.
Ce que ça coûte vraiment
Un portefeuille bâti pour une seule saison gagne beaucoup tant qu’elle dure et perd beaucoup quand elle change. Un portefeuille qui tient dans les quatre gagne moins dans chacune et perd moins au passage de l’une à l’autre : c’est un choix de régularité contre un choix d’amplitude, pas une formule gagnante. Le coût de la régularité est visible chaque année où l’actif à la mode fait mieux ; le coût de l’amplitude ne se voit qu’au changement de saison.
Quels actifs ont fini l’année en hausse ?
Léa possède 60 % d’actions mondiales et 40 % d’obligations d’État. En 2022, l’inflation surprend à la hausse et la croissance ralentit.
Quels actifs ont fini l’année en hausse ?
- Les obligations d’État longues, refuge habituel
- Les actions de croissance, portées par la technologie
- Les matières premières et le monétaire
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En 2022, l’inflation monte et la croissance baisse : c’est la saison la plus rude. En un an, la BCE a relevé son taux de dépôt de −0,50 % à 2 %. La Réserve fédérale est passée de près de 0 à plus de 4 %. L’indice MSCI World a perdu 17,7 % en dollars et 12,8 % en euros. Une OAT à dix ans a perdu environ 20 %, et les plus longues davantage. Les livrets et le fonds en euros ont fini l’année positifs, mais en recul de pouvoir d’achat. Le 60/40 a perdu des deux côtés.
Règlement (UE) 549/2013 relatif au système européen des comptes
Pourquoi c’est comme ça
2022 est l’année où la diversification classique a échoué, et elle a échoué pour une raison précise : les actions et les obligations se valorisent toutes deux avec un taux d’actualisation. Quand ce taux monte brutalement, les deux baissent ensemble, quelle que soit la santé des entreprises. Les obligations amortissent les actions dans les récessions désinflationnistes, 2001, 2008, 2020, parce que les taux y baissent ; elles les accompagnent vers le bas quand l’inflation force les taux à monter.
Jusqu’où ça va
L’ampleur dépend de la durée des obligations détenues : une obligation à dix ans perd environ 8 % pour un point de taux en plus, une à deux ans environ 2 %. Les fonds obligataires « longs » ont fortement baissé en 2022, d’autant plus que leur durée était longue ; les fonds monétaires sont restés stables. Et l’effet ne dure que le temps de la hausse des taux : une fois les taux installés à 3 ou 4 %, les obligations rapportent à nouveau, et 2023-2024 les a vues remonter.
Ce que ça coûte vraiment
Pour qui a retiré en 2022, la perte a été réalisée aux deux étages à la fois, sans l’amortisseur habituel. Pour qui a continué de verser, les mêmes obligations achetées après la hausse des taux ont rapporté trois fois plus qu’avant. C’est ce que la saison change : pas la valeur finale d’un placement qu’on garde, mais ce qu’il vaut le jour où l’on a besoin de vendre.
Quels actifs ont le plus profité de cette saison ?
Marc regarde 2013-2019 : croissance modeste mais régulière, inflation sous 2 %, taux proches de zéro.
Quels actifs ont le plus profité de cette saison ?
- Les actions et les obligations d’entreprise
- L’or et les matières premières
- Les livrets et les comptes à terme
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Avec une croissance en hausse et une inflation basse, les bénéfices montent et les taux restent bas. Les actions comme les obligations d’entreprise en profitent. L’or, qui ne rapporte rien, et les livrets, alignés sur des taux nuls, sont restés loin derrière les actions pendant la décennie. C’est une saison confortable, au point de faire oublier les trois autres.
Règlement (UE) 549/2013 relatif au système européen des comptes
Pourquoi c’est comme ça
Le printemps est la saison des flux : les entreprises vendent plus, empruntent pour pas cher et distribuent davantage ; les investisseurs acceptent de payer les bénéfices futurs plus cher parce que l’alternative, le taux sans risque, ne rapporte rien. Les actions montent par les deux bouts, les bénéfices et le multiple. Les obligations d’entreprise gagnent sur le resserrement de leur prime de risque. L’immobilier profite du crédit bon marché.
Jusqu’où ça va
Ce qui n’a pas de revenu souffre, comme l’or. Et plus le printemps dure, plus les valorisations s’étirent : c’est ce qui a fait la violence de la chute des actions de croissance en 2022, quand la saison a tourné.
Ce que ça coûte vraiment
La longue saison de 2010-2021 a formé des réflexes : acheter les baisses, ignorer les obligations, tenir le cash pour un coût. Ces réflexes ont coûté cher au premier changement de saison. Le printemps ne se reconnaît vraiment qu’en été, et ce que ce printemps a coûté à ceux qui l’ont pris pour un climat permanent, c’est l’écart entre un portefeuille d’une saison et un portefeuille des quatre.
Pourquoi ont-elles monté pendant la récession ?
En 2008, Sophie voit ses actions perdre 40 %. Ses obligations d’État à long terme, elles, montent de 10 %.
Pourquoi ont-elles monté pendant la récession ?
- Parce que l’État a versé une prime aux porteurs
- Parce que les banques centrales ont baissé les taux
- Parce que leur coupon augmente quand l’activité baisse
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Ici, la croissance et l’inflation baissent ensemble : c’est la récession désinflationniste. Les banques centrales baissent alors leurs taux. Les obligations existantes portent un coupon fixé plus haut, elles valent donc davantage. Une obligation à dix ans gagne environ 8 % pour un point de baisse des taux. C’est le contrepoids classique aux actions, dans cette saison-là.
CMF art. L.213-1 ; C. mon. fin. art. L.211-1
Pourquoi c’est comme ça
Une obligation est une promesse de coupons fixes : quand les taux du marché baissent, cette promesse vaut plus cher, puisque les nouvelles obligations rapportent moins. Plus la durée restante est longue, plus l’effet est fort, c’est la sensibilité. En récession, deux forces poussent les taux vers le bas : la banque centrale qui les abaisse, et les investisseurs qui cherchent la sécurité de l’État. Les obligations d’État longues cumulent les deux.
Jusqu’où ça va
L’effet a des limites. Il suppose que l’inflation baisse avec la croissance, vrai en 2001, 2008 et 2020, faux en 2022. Il suppose des taux qui ont de la marge pour baisser : à 0 %, comme en 2020 en Europe, la baisse est courte et le contrepoids faible. Et il ne joue que pour les obligations d’État des pays jugés sûrs ; les obligations d’entreprise, elles, baissent en récession avec le risque de défaut.
Ce que ça coûte vraiment
Le contrepoids a un prix en temps normal : les obligations longues rapportent moins que les actions sur la durée, et perdent en cas de hausse des taux. Les détenir, c’est payer une assurance dont on ne voit la valeur que dans cette saison précise, et la trouver inutile pendant toutes les autres. 2022 a rappelé que l’assurance a aussi ses exclusions.
Dans quelle saison l’or a-t-il historiquement le mieux tenu ?
Nadia lit que l’or a fortement monté certaines années où les obligations perdaient, puis qu’il a baissé pendant les années qui ont suivi.
Dans quelle saison l’or a-t-il historiquement le mieux tenu ?
- Quand la croissance ralentit et que les prix baissent
- Quand la croissance accélère avec des prix stables
- Quand l’inflation surprend à la hausse
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L’or ne verse rien : il ne vaut que ce qu’on accepte d’en donner. Il a monté quand l’inflation surprenait à la hausse et que la monnaie perdait de sa valeur. Il a stagné ou baissé quand les taux réels remontaient, c’est-à-dire les taux après inflation. Les placements à revenu redevenaient alors attrayants. Sa saison, c’est l’inflation. Sa contre-saison, ce sont les taux réels positifs.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
L’or est une monnaie qui ne s’imprime pas : quand celle qu’on imprime perd de sa valeur, il en gagne, en termes relatifs. Il n’a ni coupon ni dividende, ce qui le rend indifférent aux bénéfices des entreprises, mais très sensible au taux réel, le taux d’intérêt moins l’inflation. Taux réel négatif : détenir de l’or ne coûte rien de plus qu’un livret et protège du pouvoir d’achat. Taux réel positif et élevé : l’or coûte le revenu auquel on renonce.
Jusqu’où ça va
Le prix en est la volatilité, sans revenu pour la compenser. Les matières premières partagent sa saison avec plus d’amplitude encore, et un coût de détention, le stockage ou le roulement des contrats à terme.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que l’or coûte, c’est ce qu’il ne rapporte pas pendant les longues saisons où il dort. Ce qu’il évite, c’est la perte de pouvoir d’achat des années où tout le reste en perd. Sa place dans un portefeuille est celle d’une assurance contre une saison, dont la prime est un rendement nul le reste du temps.
Que veut dire cette volatilité de 15 % ?
La fiche mensuelle d’un fonds actions monde affiche une volatilité annuelle de 15 % et un rendement moyen passé de 7 %.
Que veut dire cette volatilité de 15 % ?
- Deux années sur trois, le résultat s’écarte de moins de 15 points de sa moyenne
- Le fonds ne peut pas perdre plus de 15 % sur une année
- Le fonds a perdu 15 % l’année dernière
Voir la réponseMasquer la réponse
La volatilité mesure la dispersion des rendements annuels autour de leur moyenne. À 15 %, environ deux années sur trois tombent entre −8 % et +22 %, si les rendements se répartissent en cloche. Une année sur trois sort de cette fourchette, et rien n’interdit −30 % ou +40 %. Ce n’est pas un plafond de perte, mais l’amplitude habituelle des écarts.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
La volatilité est une statistique, pas une garantie : elle décrit l’amplitude passée des variations, sur une période donnée, en supposant que les rendements se distribuent autour d’une moyenne. Un livret a une volatilité nulle ; l’indice MSCI World, 14,86 % sur dix ans au 31 août 2026, selon MSCI. Elle sert à comparer les supports entre eux plus qu’à prédire l’année qui vient.
Jusqu’où ça va
Sa limite, c’est qu’elle sous-estime les extrêmes : les marchés font des écarts de quatre ou cinq écarts-types bien plus souvent que la courbe en cloche ne le prévoit, 1987, 2008, mars 2020. Et elle est calculée sur une fenêtre : la volatilité des années calmes est faible juste avant les années agitées. L’indicateur de risque de 1 à 7 des documents d’information est bâti, pour un fonds ordinaire, sur une mesure voisine, une volatilité équivalente à la valeur en risque, complétée du risque de crédit, avec les mêmes angles morts.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que la volatilité coûte, c’est une chose précise : la possibilité de devoir vendre au mauvais moment. Un placement à 15 % de volatilité qu’on ne vendra pas avant dix ans coûte peu de nuits blanches ; le même, dont on aura besoin dans dix-huit mois, coûte près d’une chance sur trois d’être en perte à la date voulue, sous l’hypothèse d’une loi normale. La volatilité ne se juge pas seule : elle se juge contre la date à laquelle on aura besoin de l’argent.
Qu’a-t-il perdu ?
Pierre a placé 10 000 € sur un fonds indiciel monde. Trois mois plus tard, il vaut 8 400 €.
Qu’a-t-il perdu ?
- 1 600 €, définitivement
- 1 600 €, latents tant qu’il ne vend pas
- Tout : le fonds va continuer de baisser
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Son fonds vaut 8 400 € : la perte de 1 600 € existe déjà, elle est latente. Seule la vente la réalise et fixe le résultat ; sans vente, une remontée peut la réduire, sans certitude. Les grandes baisses de l’indice MSCI World ont toutes été effacées jusqu’ici, selon MSCI. Il a fallu de moins d’un an en 2020 à treize ans et demi en euros après 2000. Une perte définitive suppose autre chose : une faillite, ou une vente au creux.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
L’explication complète
Deux choses portent le même nom et n’ont rien en commun : la variation d’un prix, et la disparition d’une valeur. Un fonds qui détient plus d’un millier d’entreprises ne disparaît pas avec l’une d’elles ; son prix peut baisser de moitié, puis remonter ou non, et le fonds lui-même peut être fermé ou liquidé, à la valeur de ses titres ce jour-là. Une action unique peut disparaître avec l’entreprise. Le premier risque est la volatilité, que le temps a jusqu’ici fini par résorber pour un indice mondial, sans garantie ; le second est la perte en capital, et rien ne le résorbe. Les confondre conduit à vendre ce qui allait revenir, et à garder ce qui ne reviendra pas.
Les exceptions
L’exception, ce sont les baisses qui durent plus longtemps que l’horizon : l’indice MSCI World a mis treize ans et demi à retrouver en euros, dividendes nets compris, son niveau d’août 2000, selon MSCI. Un placement isolé sur un seul pays ou un seul secteur peut rester en perte au-delà d’une vie d’épargnant ; pour l’indice mondial, aucune période de quinze ans commencée depuis fin 2000 n’a fini en perte, et rien ne le garantit.
Ce que ça change chez vous
La règle pratique n’est pas une règle de placement mais une règle de calendrier : ce qui est placé en actions est de l’argent dont on n’aura pas besoin avant une durée qui dépasse les baisses connues. Le jour où un besoin imprévu force la vente en baisse, la perte latente devient définitive, et c’est la réserve de précaution, pas le placement, qui a manqué.
Et sur des périodes de quinze ans glissantes ?
De 2001 à 2025, l’indice MSCI World, dividendes réinvestis, a fini 7 années sur 25 en baisse, environ une sur quatre.
Et sur des périodes de quinze ans glissantes ?
- Une période sur quatre, comme pour une année
- Une période sur deux : le risque s’accumule
- Aucune période en perte, sur les données passées
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La volatilité annuelle ne s’additionne pas avec le temps : le rendement annuel moyen varie de moins en moins à mesure que la durée s’allonge. De 2001 à 2025, 7 années sur 25 ont été négatives pour l’indice MSCI World, dividendes réinvestis. Pourtant, aucune période de quinze ans commencée depuis fin 2000 n’a fini en perte, selon les séries de MSCI. Le passé ne garantit rien, mais il montre ce que l’horizon change.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
Le rendement annualisé d’un placement se resserre autour de sa moyenne à mesure que la durée s’allonge : les bonnes et les mauvaises années se compensent en partie. Sur les périodes de quinze ans commencées depuis fin 2000, la pire a encore rapporté environ 3,5 % par an en dollars et 2,4 % par an en euros, dividendes nets réinvestis, pour l’indice MSCI World, selon MSCI. La dispersion des résultats annuels est divisée par la racine carrée de la durée, c’est la mécanique, et elle suppose des années à peu près indépendantes.
Jusqu’où ça va
Deux réserves. La dispersion du capital final, elle, s’élargit avec la durée. Et les données passées portent sur les marchés qui ont survécu ; un pays dont la bourse a fermé n’y figure pas. Un horizon long resserre le rendement annuel moyen, il ne supprime ni le risque de perte ni l’incertitude sur le montant final.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte, c’est de tenir : quinze ans, c’est plusieurs fortes baisses, traversées sans vendre. Le rendement moyen n’est acquis qu’à qui reste.
Pourquoi l’ordre des années compte-t-il, à rendement moyen égal ?
Roland part à la retraite avec 400 000 € placés à 60 % en actions, et retire 1 600 € par mois. Sa première année de retraite est 2008.
Pourquoi l’ordre des années compte-t-il, à rendement moyen égal ?
- Il ne compte pas : seule la moyenne fait le résultat
- Parce que les retraits en baisse vendent plus de parts
- Parce que l’impôt est plus lourd les années de baisse
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Dès qu’on retire de l’argent, l’ordre des années compte, même à rendement moyen identique. Une baisse de 30 % des parts qu’il vend, la première année, oblige Roland à en vendre 43 % de plus pour ses 1 600 €. Ces parts lui manqueront à la reprise. La même baisse en dixième année arrive après neuf ans de retraits financés sans vendre au creux, avec moins de retraits à traverser en baisse : elle pèse moins sur le résultat final. C’est le risque de séquence : il n’existe que pour qui verse ou retire en cours de route ; sans aucun flux, l’ordre des années ne change pas le capital final.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
Pendant la phase d’épargne, la volatilité est une alliée : les mois de baisse achètent plus de parts pour la même somme. Pendant la phase de retrait, elle devient l’adversaire, par symétrie : les mois de baisse vendent plus de parts pour la même somme. Le capital d’un retraité dépend donc de l’ordre des rendements, pas seulement de leur moyenne.
Jusqu’où ça va
Le risque se concentre sur les cinq à dix premières années de retrait, quand le capital est au plus haut et que chaque vente pèse le plus. Passé ce cap, une baisse se produit sur un horizon plus court, avec moins de retraits à financer en baisse. Il disparaît pour qui ne retire pas ; il s’atténue pour qui retire sur une poche stable, livrets et fonds en euros, sans toucher aux actions pendant les baisses, tant que cette réserve dure : les 160 000 € hors actions de Roland couvrent environ huit ans de retraits, avant rendement et inflation, et une baisse plus longue, ou la reconstitution de la poche, ramène le risque.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte : détenir en actifs stables l’équivalent de plusieurs années de retraits, qui rapportent moins pendant les bonnes années. Ce que ça évite : vendre ses actions au creux les années où il ne fallait pas.
Que touche-t-elle chaque année ?
Anne achète sur le marché une obligation d’État de 1 000 € de nominal, coupon 3 %, pour 950 €.
Que touche-t-elle chaque année ?
- 30 €, quel que soit le prix qu’elle a payé
- 28,50 €, soit 3 % de 950 €
- 3 % du cours du jour, qui varie
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Le coupon est fixé sur le nominal, pas sur le prix payé. Anne touche 3 % de 1 000 €, soit 30 € par an, jusqu’au remboursement. Payée 950 €, l’obligation rapporte donc 3,16 % en rendement courant. Elle rapporte davantage à l’échéance, puisqu’elle sera remboursée 1 000 €. Sur une obligation à taux fixe, le coupon ne bouge pas. C’est le prix qui s’ajuste au taux du marché.
CMF art. L.213-5 · L.211-1
Pourquoi c’est comme ça
Une obligation est un prêt découpé en titres : le nominal est la somme prêtée, le coupon l’intérêt promis, l’échéance la date du remboursement. Ces trois termes sont fixés à l’émission et ne changent plus. Ce qui change, c’est le prix auquel les porteurs se revendent le titre entre eux : si les taux du marché montent à 4 %, une obligation qui promet 3 % ne trouve preneur qu’en dessous de son nominal ; s’ils baissent à 2 %, elle se paie au-dessus. Le coupon reste 30 € ; le rendement pour l’acheteur dépend du prix qu’il paie.
Jusqu’où ça va
Trois rendements coexistent. Le rendement nominal, 3 %, ne sert à rien à l’acheteur sur le marché. Le rendement courant, coupon divisé par prix, 3,16 %. Le rendement à l’échéance, qui ajoute la différence entre le prix payé et le nominal remboursé, étalée sur la durée restante : pour 950 € payés cinq ans avant l’échéance, autour de 4,1 % par an. C’est ce dernier que les fonds et les courtiers affichent, et le seul qui compare deux obligations.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que le prix sous le pair coûte, c’est le temps : le gain de 50 € n’est acquis qu’au remboursement, et vendre avant expose au cours du moment. Ce qu’il rapporte est fiscal aussi : en France, coupons et plus-value de remboursement sont imposés de la même façon, au prélèvement forfaitaire de 31,4 % ou au barème, sans l’abattement pour durée de détention qui subsiste, au barème, pour les actions acquises avant 2018.
D’où vient l’écart ?
Bruno compare une obligation d’État à cinq ans à 3 % et une obligation d’une grande entreprise, même durée, à 4,2 %.
D’où vient l’écart ?
- De frais de gestion plus élevés sur l’entreprise
- Du risque que l’entreprise ne rembourse pas
- D’un coupon versé deux fois par an chez l’entreprise
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L’écart est la prime de risque de crédit : elle rémunère le risque que l’emprunteur ne paie pas. L’État français emprunte au taux de référence. Une entreprise paie au-dessus, d’autant plus que sa notation est basse. Ici, 1,2 point sur cinq ans, c’est le prix du risque de faillite d’une grande entreprise bien notée. Une entreprise fragile paie davantage.
CMF art. L.213-5 · L.211-1
Pourquoi c’est comme ça
Prêter, c’est accepter de ne pas être remboursé : tout le reste est le prix de cette acceptation. Les agences de notation classent les emprunteurs de AAA à D ; la frontière entre « investissement » (jusqu’à BBB−) et « spéculatif » (à partir de BB+) sépare deux mondes, celui où le défaut est rare et celui où il est bien plus fréquent. La prime suit : d’autant plus large que la note est basse.
Jusqu’où ça va
La prime bouge avec le cycle. En expansion, elle se resserre : les obligations d’entreprise gagnent. En récession, elle s’élargit brutalement, en 2008, les obligations d’entreprise ont baissé, le haut rendement bien davantage, pendant que les obligations d’État gagnaient. Elles n’ont donc pas le même rôle : l’État amortit les récessions, l’entreprise les subit, avec les actions. Un fonds « obligataire » peut contenir l’un, l’autre ou les deux ; l’étiquette ne le dit pas, la composition oui.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que rapporte la prime sur la durée, c’est à peu près ce qu’elle promet, défauts déduits. Ce qu’elle coûte, c’est de perdre en même temps que les actions dans la saison où l’on comptait sur les obligations pour tenir.
Quel est son rendement à l’échéance, en ordre de grandeur ?
Delphine achète 920 € une obligation de 1 000 € de nominal, coupon 2 %, remboursée dans quatre ans.
Quel est son rendement à l’échéance, en ordre de grandeur ?
- 2 %, le coupon
- Environ 4,2 % par an
- Environ 8,7 %, la décote
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Delphine a deux sources de gain. Le coupon lui rapporte 20 € par an. Elle gagne aussi 80 € de différence entre le prix payé et le nominal remboursé, en quatre ans, soit 20 € par an. Cela fait environ 40 € par an, sur un capital moyen de 960 € entre 920 payés et 1 000 remboursés. Le rendement est donc de 4,2 % par an, ce que confirme le calcul exact. C’est le rendement à l’échéance, le seul qui compte pour comparer.
CMF art. L.213-5 · L.211-1
Pourquoi c’est comme ça
Le prix d’une obligation sur le marché est l’équilibre entre ce qu’elle promet et ce que les titres neufs offrent. Émise à 2 % quand les taux étaient bas, elle ne vaut plus le nominal une fois les taux à 4 % : personne ne paierait 1 000 € pour 20 € par an quand 40 € sont disponibles ailleurs. Son prix baisse jusqu’à ce que coupon et décote rapportent ensemble le taux du marché. Delphine ne fait pas une affaire : elle paie le taux du jour, autrement présenté.
Jusqu’où ça va
La décote n’est acquise qu’à l’échéance. Entre-temps, si les taux montent encore, le prix baisse davantage ; s’ils baissent, il remonte vers le nominal plus vite. Pour une obligation gardée jusqu’au bout, le chemin ne compte pas : les 1 000 € reviennent à la date, sauf défaut. C’est ce qui distingue l’obligation en direct du fonds obligataire, qui n’a pas de date et vend et rachète sans cesse.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que le rendement à l’échéance coûte de vigilance : il suppose de réinvestir les coupons au même taux, ce qui n’est jamais exactement vrai, et il ignore l’impôt, qui frappe la décote comme un gain au remboursement. Et il suppose de tenir quatre ans. Vendue au bout de deux ans après une nouvelle hausse des taux, l’obligation aurait rapporté moins que 2 %, voire perdu.
Que se passe-t-il pour son titre ?
Émile détient une obligation d’État indexée sur l’inflation, coupon réel 0,5 %. L’inflation de l’année est de 5 %.
Que se passe-t-il pour son titre ?
- Le nominal est relevé de 5 %, et le coupon avec lui
- Il touche 5,5 % de coupon, puis rien de plus
- Rien : le coupon reste 0,5 % du nominal initial
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Sur une obligation indexée, comme l’OATi ou l’OAT€i, c’est le nominal qui suit l’inflation. Ici, si l’indice de référence du titre, les prix hors tabac avec un décalage de trois mois, monte de 5 %, 1 000 € deviennent 1 050 €, et le coupon de 0,5 % se calcule sur ce nominal relevé : 5,25 €. Au remboursement, Émile reçoit le nominal indexé, avec un plancher au nominal d’origine. Ses flux suivent ainsi les prix, coupon et capital compris, avant impôt et frais, pour qui a payé le nominal et garde le titre jusqu’au terme.
CMF art. L.213-5 · L.211-1
Pourquoi c’est comme ça
L’obligation classique promet des euros ; l’obligation indexée promet du pouvoir d’achat. Son coupon est un taux réel, ce qui reste une fois l’inflation payée, appliqué à un nominal qui suit l’indice des prix. Quand l’inflation surprend à la hausse, l’obligation classique perd, l’indexée gagne ; quand l’inflation est plus faible qu’attendu, c’est l’inverse. L’écart entre les deux taux, à l’émission, est l’inflation que le marché anticipe, le « point mort ».
Jusqu’où ça va
L’indexée n’est pas à l’abri de tout : elle reste sensible au taux réel. En 2022, l’inflation a monté mais les taux réels aussi, et les OATi ont perdu en prix, davantage les plus longues, malgré l’indexation du nominal. Gardée jusqu’au terme, elle rend ce qu’elle promet ; vendue avant, elle subit le marché comme les autres. Sa saison est celle où l’inflation monte plus vite que les taux réels.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que la protection coûte, c’est le rendement réel abandonné : 0,5 % réel contre 3 % nominal, c’est rapporter moins que l’obligation classique si l’inflation reste sous 2,5 %. L’indexée est une assurance contre l’inflation, payée en rendement les années où l’inflation ne vient pas.
Quelle est la différence de fond ?
Fanny hésite entre une obligation d’État à cinq ans achetée en direct et un fonds d’obligations d’État « 3 à 7 ans ».
Quelle est la différence de fond ?
- Le fonds est garanti par le gestionnaire, pas l’obligation
- L’obligation a une date de remboursement ; le fonds n’en a pas
- Le fonds verse ses coupons, l’obligation les capitalise
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L’obligation en direct rend son nominal à une date connue, sauf défaut de l’émetteur. Entre-temps, son prix varie, mais la fin est écrite. Le fonds garde en permanence une durée de trois à sept ans : il vend ce qui raccourcit pour acheter plus long. Il n’a donc pas d’échéance, et sa valeur suit les taux sans jamais « revenir au pair », c’est-à-dire au nominal. Mêmes actifs, deux comportements.
CMF art. L.214-2 · L.214-24 ; Règlement (UE) 2019/1156
Pourquoi c’est comme ça
Un fonds obligataire est une obligation perpétuellement renouvelée : il garde une durée cible, donc une sensibilité constante aux taux. Quand les taux montent, sa valeur baisse et ne remonte que si les taux redescendent, ou, lentement, à mesure que les coupons plus élevés des nouveaux titres compensent. Un porteur d’obligation en direct qui tient jusqu’au bout, lui, ne subit la hausse des taux qu’en manque à gagner, sans perte sur les flux promis, sauf défaut de l’émetteur ou titre payé au-dessus du nominal. Le fonds apporte en échange la diversification entre émetteurs, et la liquidité quotidienne.
Jusqu’où ça va
Entre les deux, les fonds datés : un fonds qui achète des obligations arrivant toutes à échéance la même année, et se dissout à cette date. Il retrouve la logique de l’obligation en direct, un rendement à l’échéance estimé au départ, sans garantie, avec la diversification du fonds. Le rendement affiché d’un fonds daté suppose qu’aucun émetteur ne fasse défaut.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que le fonds coûte : des frais annuels, 0,81 % en moyenne pour les fonds d’obligations européens en 2024, selon l’ESMA citée par l’AMF, qui pèsent lourd sur un rendement de 3 %, et l’absence de date à laquelle « on récupère sa mise ». Ce qu’il évite : concentrer un prêt sur un seul emprunteur, et devoir gérer soi-même le réemploi des coupons. À date fixe, l’obligation ou le fonds daté ; sans date, le fonds classique, ce sont deux outils, pas deux niveaux de qualité.
Combien de classes d’actifs détient-il ?
Gilles a un livret A, des parts de SCPI et un fonds indiciel actions. Il pense avoir « trois placements ».
Combien de classes d’actifs détient-il ?
- Une seule : ce sont tous des placements
- Trois : le monétaire, l’immobilier, les actions
- Deux : le livret et le reste
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Une classe d’actifs regroupe ce qui réagit de la même façon aux mêmes causes. Le monétaire suit les taux courts, l’immobilier les loyers et le crédit, les actions les bénéfices. Le livret, la SCPI et le fonds de Gilles réagissent différemment à une hausse des taux ou à une récession. C’est cette différence qui fait la diversification, pas le nombre de lignes.
CMF art. L.214-2 · L.214-24 ; Règlement (UE) 2019/1156
L’explication complète
Cinq grandes familles suffisent à décrire presque tout ce qu’on peut détenir. Le monétaire, livrets, fonds monétaires, comptes à terme, rend les taux courts, avec peu ou pas de variation de capital. Les obligations prêtent à un État ou une entreprise contre un coupon, avec un prix qui bouge en sens inverse des taux. Les actions détiennent une part des entreprises et de leurs bénéfices, avec la volatilité la plus forte. L’immobilier, en direct ou en parts, encaisse des loyers et suit le crédit. Les matières premières et l’or, enfin, ne rapportent rien mais suivent les prix. Tout le reste, fonds en euros, structurés, cryptos, se ramène à des mélanges ou des paris sur ces familles.
Les exceptions
La frontière n’est pas toujours nette. Le fonds en euros est de l’obligataire garanti par un assureur ; une SCPI dans une assurance-vie reste de l’immobilier ; un fonds « diversifié » est déjà une répartition entre classes, dont il faut lire la composition. Et deux lignes de la même classe, deux fonds actions monde, diversifient peu : elles détiennent en grande partie les mêmes entreprises sous deux noms.
Ce que ça change chez vous
Compter en classes plutôt qu’en lignes change la lecture d’un patrimoine : dix lignes d’actions, c’est une classe ; une résidence principale, une SCPI et un locatif, c’est une classe qui pèse 61 % du patrimoine brut des ménages en moyenne, et autour de 70 % entre le 4e et le 9e décile, selon l’Insee en 2024. C’est cette part-là, et non le nombre de placements, que le bilan d’Aket mesure quand il parle de concentration.
Que devient la volatilité du mélange, s’ils ne bougent pas ensemble ?
Deux placements rapportent chacun 6 % par an en moyenne, avec 15 % de volatilité. Inès les mélange à parts égales.
Que devient la volatilité du mélange, s’ils ne bougent pas ensemble ?
- 15 %, la moyenne des deux placements
- Moins de 15 %, et moins encore s’ils bougent à l’opposé
- Plus de 15 % : les risques s’additionnent
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Quand deux placements ne montent et ne baissent pas aux mêmes moments, leurs écarts se compensent en partie. Le rendement du mélange reste 6 %, mais sa volatilité tombe sous 15 %. Elle tombe autour de 10,6 % s’ils sont indépendants, et plus bas encore s’ils bougent en sens contraire. C’est le seul « repas gratuit » de la finance : moins de risque pour le même rendement.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
La corrélation mesure à quel point deux placements bougent ensemble, de +1, toujours dans le même sens, à −1, toujours en sens contraire. À +1, mélanger ne réduit rien. À 0, la volatilité du mélange à parts égales est celle d’un seul divisée par la racine de deux. À −1, elle peut tomber à zéro. Actions et obligations d’État ont eu une corrélation négative de 2000 à 2021, ce qui a fait le succès des portefeuilles mixtes ; elle est devenue positive en 2022.
Jusqu’où ça va
La corrélation n’est pas une constante : elle monte dans les crises, quand tout se vend ensemble, et c’est précisément alors qu’on comptait sur elle. Les vraies diversifications restantes sont peu nombreuses : les obligations d’État en récession désinflationniste, l’or et les matières premières en inflation, le monétaire toujours.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que la diversification coûte, c’est de toujours détenir quelque chose qui fait moins bien que le meilleur actif de l’année, et d’avoir l’air de s’être trompé chaque année. Ce qu’elle rapporte se voit sur vingt ans : un chemin moins accidenté vers à peu près le même endroit, et surtout moins d’occasions de vendre au creux.
Que s’est-il passé, sans qu’il intervienne ?
Jean, 45 ans, verse sur un PER sans rien choisir. Vingt ans plus tard, à deux ans de la retraite, il regarde la composition.
Que s’est-il passé, sans qu’il intervienne ?
- Rien : la répartition est celle du premier jour
- La part à faible risque a monté à l’approche de la retraite
- Tout est passé en actions pour rattraper le retard
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Par défaut, un PER applique la gestion pilotée à horizon retraite. La part d’actifs à faible risque augmente par paliers à l’approche du départ. Pour le profil équilibré, elle atteint au moins 20 % à dix ans, 50 % à cinq ans et 70 % à deux ans. Ce qui va être retiré est ainsi sécurisé peu à peu, sans décision de Jean.
CMF art. L.224-3 · D.224-3 ; arrêté du 7 août 2019
Pourquoi c’est comme ça
La gestion à horizon applique une idée simple : le risque qu’on peut porter dépend du temps qui reste avant d’avoir besoin de l’argent. Loin de la retraite, le temps laisse de la marge face aux baisses, sans les supprimer, et les actions dominent ; près de la retraite, le risque de séquence prend le dessus et la part stable monte. Les textes fixent des planchers par profil, prudent, équilibré, dynamique, et les gestionnaires appliquent une trajectoire, la « désensibilisation », qui bascule chaque année une fraction vers le fonds en euros ou l’obligataire court.
Jusqu’où ça va
Le mécanisme a ses limites. Il sécurise selon le calendrier, pas selon le marché : il peut vendre des actions au creux de 2008 parce que le titulaire a eu 60 ans cette année-là. Il suppose une date de départ connue, alors qu’elle bouge. Et « faible risque » désigne des fonds en euros, qui ont fini 2022 en positif, mais aussi des fonds obligataires, dont 2022 a montré qu’ils pouvaient perdre. Le titulaire peut à tout moment changer de profil ou passer en gestion libre.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que la gestion pilotée coûte, c’est du rendement dans les dernières années, la part sécurisée rapporte en principe moins que les actions sur longue période, et des frais de gestion parfois supérieurs à la gestion libre. Ce qu’elle évite, c’est le scénario redouté : partir à la retraite avec 60 % d’actions l’année d’un krach. Elle ne choisit pas pour vous ; elle choisit à votre place quand vous ne choisissez pas.
Qu’achète-t-elle exactement, et que reste-t-il au bout de dix ans ?
Valérie, fortement imposée, achète pour dix ans l’usufruit de parts de SCPI : 30 % du prix des parts, contre 100 % des loyers pendant dix ans.
Qu’achète-t-elle exactement, et que reste-t-il au bout de dix ans ?
- Les loyers pendant dix ans, puis plus rien : l’usufruit s’éteint
- Les parts elles-mêmes, payées 30 % grâce à une décote
- Les loyers à vie, comme un usufruit classique
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Un usufruit temporaire est un droit qui a une date de fin. Pendant dix ans, Valérie encaisse tous les loyers. À l’échéance, son droit s’éteint, et le nu-propriétaire retrouve la pleine propriété sans rien payer. Valérie a acheté un flux de loyers, pas un bien. Le prix, autour de 30 % pour dix ans, est la valeur actualisée de ce flux.
C. civ. art. 617 · CGI art. 669
Le détail du calcul
Le démembrement découpe une part de SCPI en deux droits, vendus à deux acheteurs différents : l’usufruitier paie une fraction du prix, d’autant plus forte que la durée est longue, et reçoit tous les loyers ; le nu-propriétaire paie le reste et ne touche rien jusqu’à l’échéance, où il récupère la part entière. La clé de répartition est fixée par la société de gestion de la SCPI pour chaque durée, et non par le barème fiscal de l’article 669, qui ne sert qu’aux droits d’enregistrement. Pour l’usufruitier, le rendement se calcule sur son seul prix : 5 % de loyers sur 100 rapportent près de 17 % par an sur 30 payés, dont il faut retrancher l’amortissement d’un droit qui vaut zéro à la fin.
Les conditions à remplir
Trois conditions font ou défont l’opération. Le rendement de la SCPI doit tenir dix ans : une baisse des loyers touche l’usufruitier seul, qui a payé d’avance. L’usufruit temporaire acquis par un particulier est imposé comme les loyers, revenus fonciers, au barème plus 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, et l’article 13, 5 du CGI impose comme un revenu, chez le vendeur, la première cession de cet usufruit. Et l’usufruitier ne peut ni vendre les parts ni sortir avant l’échéance ailleurs qu’à un autre acheteur d’usufruit, rare. L’usufruit temporaire convient surtout à une société soumise à l’impôt sur les sociétés, qui l’amortit, et la nue-propriété à un particulier.
Ce qu’on peut faire autrement
Le nu-propriétaire, lui, achète 70 % de la valeur pour retrouver la part entière dans dix ans : 3,6 % par an si elle vaut encore 100 à l’échéance, ce que ni le prix de part ni les frais de retrait ne garantissent, sans revenu, sans impôt sur le revenu, hors IFI pendant toute la durée, puisque l’usufruitier, s’il y est assujetti, y déclare la pleine propriété. C’est l’usage habituel du démembrement chez le particulier : acheter demain moins cher qu’aujourd’hui, avec un impôt nul entre-temps. Le renoncement est le revenu ; le gain est la reconstitution, non imposable puisqu’il n’y a pas de cession.
Est-ce le signe d’un mauvais fonds ?
Thomas souscrit 20 000 € dans un fonds de capital-investissement bloqué dix ans. Les trois premières années, sa valeur liquidative baisse.
Est-ce le signe d’un mauvais fonds ?
- Non : les frais et les premières pertes précèdent les sorties
- Oui : un bon fonds monte dès la première année
- Non : la valeur d’un fonds non coté ne change jamais
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C’est la courbe en J. Les premières années, le fonds appelle le capital, paie ses frais et constate ses premières pertes, car les entreprises qui échouent le font vite. Pendant ce temps, les réussites mettent des années à se vendre. La valeur baisse, puis remonte quand les ventes arrivent. Juger un tel fonds avant sa cinquième année, c’est juger une récolte à la semence.
CMF art. L.214-28 · L.214-30 ; Règlement (UE) 2019/1156
Pourquoi c’est comme ça
Le capital-investissement achète des entreprises qui ne sont pas cotées : pas de prix quotidien, pas de sortie à tout moment, une valeur estimée par le gestionnaire et une liquidité qui n’arrive qu’à la revente des participations. Le fonds appelle l’argent par tranches, l’investit, et rend le capital et les plus-values au fil des cessions. Le rendement se mesure alors par le multiple, combien on récupère pour un euro engagé, et par le taux de rendement interne, qui tient compte du temps.
Jusqu’où ça va
Les véhicules ouverts, FCPR, FCPI, FIP, unités de compte de capital-investissement en assurance-vie, prélèvent des frais annuels élevés, tout compris. La réduction d’impôt à l’entrée, qui a longtemps fait vendre ces fonds, a disparu pour les FIP de métropole avec la loi de finances pour 2025, puis, depuis le 21 février 2026, pour les FCPI classiques ; seuls les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes et les FIP Corse et outre-mer en gardent une, à 30 %, et elle ne compense pas toujours ces frais.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte : dix ans sans pouvoir sortir, une valorisation qu’on ne peut pas vérifier. Ce que ça rapporte, quand ça rapporte : une prime d’illiquidité sur les actions cotées, et une exposition à des entreprises que la bourse ne porte pas. C’est un placement pour de l’argent dont on n’aura besoin dans aucun scénario avant dix ans, et pour une part qui reste petite, parce que le pire des cas est la perte totale.
À quelle condition ?
Claire hérite de parts d’un groupement forestier de 200 000 €. Elle apprend que les droits ne se calculeront que sur 50 000 €.
À quelle condition ?
- Que la forêt soit exploitée : coupes régulières, revenus déclarés
- Que la forêt reste dans la famille pendant trente ans
- Qu’un engagement de gestion durable de trente ans soit pris
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Les bois et forêts, en direct ou via un groupement forestier, sont exonérés de droits de mutation à hauteur de 75 % de leur valeur. La condition : un engagement de gestion durable pour trente ans, pris par le groupement pour ses parts, attesté par un certificat de l’administration joint à la déclaration de succession. Dans un groupement, seule la part qui représente la forêt est exonérée ; la trésorerie reste taxée en entier. Comme elle se revend difficilement, la forêt est d’abord un actif de transmission.
CGI art. 793, 1-3° · 793, 2-2°
Le détail du calcul
Le régime Monichon, du nom de son auteur, date de 1959, dans le prolongement de la loi Sérot de 1930 : il exonère les trois quarts de la valeur des bois et forêts aux droits de succession et de donation, sur engagement de gestion durable, un document de gestion agréé, appliqué pendant trente ans par le bénéficiaire et ses successeurs. Le groupement forestier applique le même régime à ses parts, à condition d’être détenues depuis plus de deux ans quand elles ont été acquises à titre onéreux. Le calcul est simple : sur 200 000 €, 50 000 € taxables, soit pour un enfant 0 € de droits si son abattement de 100 000 € est encore entier et que rien d’autre ne lui est transmis ; sans abattement disponible, ces 50 000 € coûteraient environ 8 200 €.
Les conditions à remplir
L’engagement est lourd : trente ans, transmis aux héritiers, avec une déchéance qui rétablit les droits majorés si la gestion s’écarte du plan. Le rendement courant est faible, la valeur suit le prix du bois et le foncier rural, et la revente de parts de groupement prend des mois, sans marché organisé.
Ce qu’on peut faire autrement
Ce que la forêt rapporte est presque entièrement fiscal et successoral : pour un patrimoine dont les droits de succession dépassent 20 %, elle transmet quatre fois plus par euro de droits qu’un placement financier. Ce qu’elle coûte, c’est un capital immobilisé pour une génération, exposé à la tempête, au scolyte et aux prix du bois. L’exonération est le rendement ; il faut que l’impôt à éviter existe.
Ce qui les distingue vraiment, c’est :
Léo compare trois répartitions classiques : 60 % actions et 40 % obligations ; un quart chacun en actions, obligations longues, or et cash ; 70 % actions et 30 % obligations comme le fonds norvégien.
Ce qui les distingue vraiment, c’est :
- Leur rendement passé : la meilleure a toujours été la même
- Le nombre de saisons qu’elles traversent sans grosse perte
- Leurs frais : le 60/40 coûte deux fois moins
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Les grands modèles d’allocation sont des paris sur les saisons. Le 60/40 mise sur deux actifs qui se protègent l’un l’autre en récession désinflationniste. Le portefeuille permanent ajoute l’or et le cash pour tenir dans l’inflation et la stagflation. Le 70/30 accepte plus de variations pour plus de rendement à long terme. Aucun n’a été « le meilleur » : chacun l’a été dans sa saison, et pire dans une autre.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
Quatre modèles servent de référence. Le 60/40 : simple, deux classes, un seul mécanisme de protection. Le portefeuille dit permanent : quatre quarts, un par saison, rééquilibrés une fois l’an. Le « toutes saisons » d’un grand fonds spéculatif : pondéré par le risque plutôt que par le montant, donc lourd en obligations et léger en actions, avec de l’or et des matières premières. Le modèle des grandes universités américaines : une majorité d’actifs non cotés, capital-investissement, immobilier, forêts, une prime d’illiquidité en échange d’un capital bloqué.
Jusqu’où ça va
Le modèle universitaire suppose une liquidité qu’un particulier n’a pas et un accès aux gestionnaires qu’il n’a pas non plus ; les autres se reproduisent avec quelques fonds indiciels et un fonds monétaire. Le choix n’est pas entre gagner et perdre, il est entre l’amplitude qu’on supporte et le rendement qu’on abandonne.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que coûte un modèle, c’est de le tenir : le rééquilibrer chaque année, vendre ce qui a monté, acheter ce qui a baissé, et regarder, chaque année, une de ses classes faire moins bien que ce dont tout le monde parle. Ce qu’il rapporte est précisément ce qu’une décision au coup par coup ne rapporte pas : un chemin décidé d’avance, quand la saison change et que les réflexes trompent.
Le profil « prudent » qui en sort mesure surtout :
Avant d’ouvrir un compte-titres, Sonia doit remplir un questionnaire sur ses revenus, ses connaissances et ce qu’elle accepterait de perdre.
Le profil « prudent » qui en sort mesure surtout :
- Sa tolérance déclarée, la moins fiable des trois mesures
- Sa capacité financière à absorber une perte
- L’horizon auquel elle aura besoin de l’argent
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Un profil de risque tient compte, en principe, de trois choses. La capacité à perdre dépend de la situation financière, la tolérance du tempérament, l’horizon de la date du besoin. En pratique, les questionnaires pèsent souvent d’abord la tolérance, la moins stable, car elle change avec le dernier marché vu. Le profil obtenu n’est pas une note : c’est une limite à ce qu’on vous proposera.
CMF art. L.533-13 ; Directive 2014/65/UE art. 25
L’explication complète
Le profil de risque mesure trois choses distinctes, que le questionnaire mélange souvent : la capacité à perdre, ce que la situation financière permet d’absorber sans changer de vie, la tolérance, ce que le tempérament supporte sans vendre en panique, et l’horizon, quand l’argent sera nécessaire. Un jeune cadre sans dettes a une capacité élevée et parfois une tolérance faible ; un retraité aisé l’inverse. La loi demande d’apprécier ces éléments ensemble, sans fixer de formule entre eux. En pratique, beaucoup de questionnaires pèsent d’abord la tolérance déclarée, la moins fiable des trois, parce qu’elle change avec le dernier marché vu.
Les exceptions
Le profil n’engage que le vendeur, et seulement pour ce qu’il propose : un client peut acheter seul, sur un compte-titres, un produit que son profil écarterait : sans avis personnalisé, le prestataire ne vérifie que ses connaissances et son expérience, l’avertit si le produit ne lui paraît pas approprié, sans l’empêcher, et pour un instrument simple acheté à l’initiative du client, en exécution simple, il ne vérifie rien, après l’en avoir informé. Il ne couvre pas les produits vendus sans intermédiaire. Et il se refait : un changement de situation, une succession, un départ à la retraite justifient de le mettre à jour.
Ce que ça change chez vous
Ce que le profil change concrètement, c’est la gamme qu’on vous montre, et ce qu’on pourra vous reprocher d’avoir acheté. Un profil « prudent » signé un jour de baisse ferme pendant des années l’accès aux placements dont l’horizon aurait justifié le risque. Répondre au questionnaire en pensant à la date du besoin plutôt qu’à l’humeur du jour est la seule façon d’obtenir un profil qui ressemble à la situation.
Sur quoi cet indicateur est-il calculé ?
Le document d’information de trois fonds affiche un indicateur de risque : 1 pour un fonds monétaire, 3 pour un fonds obligataire, 4 pour un fonds actions.
Sur quoi cet indicateur est-il calculé ?
- Sur la volatilité passée, plus le risque de crédit
- Sur la perte maximale garantie par le gestionnaire
- Sur la note attribuée par l’autorité des marchés
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L’indicateur synthétique de risque, de 1 à 7, combine un risque de marché, mesuré pour un fonds ordinaire par une volatilité équivalente à sa valeur en risque sur cinq ans de données, deux ans au moins, et, s’il existe, un risque de crédit. Le 1 correspond à moins de 0,5 %, le 2 à moins de 5 %, le 3 à moins de 12 %. Le 4 à moins de 20 %, le 5 à moins de 30 %, le 6 à moins de 80 %, le 7 à 80 % et au-delà ; le risque de crédit peut relever la classe. Un fonds actions monde est en 4 en période calme et en 5 après une crise. C’est le même fonds et le même risque réel, avec deux étiquettes.
Règlement (UE) 1286/2014 ; Règlement délégué (UE) 2017/653
L’explication complète
Le règlement européen sur les produits d’investissement packagés impose un document de trois pages, le DIC, avec un indicateur de risque calculé selon une méthode unique : pour un fonds ordinaire, une volatilité équivalente à sa valeur en risque, sur cinq ans de données, deux ans au moins, la méthode variant selon la catégorie du produit, combinée au risque de crédit pour les produits qui dépendent d’un émetteur. Sept classes, des seuils fixés. Le monétaire et le fonds en euros sont en 1 ou 2, selon le classement retenu par le producteur ; les obligations d’État en 2 ou 3 ; les SCPI en 3 ou 4, parce que leur prix bouge peu, ce qui mesure leur illiquidité autant que leur sûreté ; les actions monde en 4 ou 5 ; les actions d’un seul secteur et les matières premières en 5 ou 6, les produits à effet de levier jusqu’à 7.
Les exceptions
L’indicateur a trois angles morts que le règlement lui-même signale. Il est rétrospectif : cinq ans calmes donnent un chiffre bas juste avant une crise. Il ignore la liquidité : une SCPI en 3 peut mettre un an à se vendre. Et il ne pèse le risque de crédit qu’en probabilité, sans dire l’ampleur de la perte, un produit structuré en 3 peut valoir zéro si la banque émettrice fait défaut. Le document porte d’ailleurs, sous l’indicateur, une mention sur ce que le chiffre ne couvre pas.
Ce que ça change chez vous
Ce que l’indicateur change chez vous, c’est la comparaison : à chiffre égal, deux produits relèvent de la même classe réglementaire de risque, pas forcément de la même amplitude passée, et c’est déjà une information. Ce qu’il ne dit pas, c’est ce qu’on peut perdre et en combien de temps on récupère son argent. Deux questions à poser en plus de lui, produit par produit, avant de signer.
Que se passe-t-il si le portefeuille perd 30 % ?
Richard détient 600 000 € d’actions et d’obligations. Sa banque lui propose 300 000 € de crédit garanti par ce portefeuille, sans le vendre.
Que se passe-t-il si le portefeuille perd 30 % ?
- Rien : le crédit est fixé au jour de la signature
- La banque demande un apport ou vend des titres : l’appel de marge
- Le taux du crédit monte à proportion de la baisse
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Le crédit lombard est une avance garantie par des titres mis en gage. Si le portefeuille baisse au point de ne plus couvrir le prêt dans la proportion convenue, la banque exige un complément, en argent ou en titres. Elle peut aussi vendre une partie du portefeuille : c’est l’appel de marge. Il tombe précisément quand les marchés sont au plus bas.
C. civ. art. 2355 ; CMF art. L.211-20
Pourquoi c’est comme ça
Le lombard finance un besoin sans vendre : ni plus-value réalisée, ni impôt, ni sortie d’un placement qu’on veut garder. La banque prête contre un nantissement du compte-titres ou de l’assurance-vie, à taux fixe ou variable selon le contrat, souvent un taux de marché plus une marge, remboursable in fine ou à tout moment. La quotité prêtable dépend de la volatilité de ce qui est nanti et de la banque. Le prêt est rapide, sans hypothèque ni notaire.
Jusqu’où ça va
Le risque est celui du levier : emprunter contre des actifs qui peuvent baisser, pour financer autre chose, expose au scénario où les deux vont mal ensemble. Une baisse de 30 % sur un portefeuille nanti à 50 % ramène la couverture sous le seuil si le contrat exige, comme au départ, que la dette reste sous la moitié des titres : 300 000 € pour 420 000 € font 71 %, et il manque 90 000 € de remboursement ou 180 000 € de titres ; l’appel de marge oblige à vendre au creux, ou à apporter de l’argent qu’on n’a pas, puisqu’on empruntait. Un taux variable ajoute un second risque : son coût suit les taux du marché, qui ont fortement remonté en 2022 et 2023. Et l’assurance-vie nantie reste bloquée : pas de rachat sans l’accord de la banque.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que le lombard coûte : le taux, la contrainte sur le portefeuille, et le risque de vendre au pire moment. Ce qu’il évite : une cession qui déclencherait 31,4 % d’impôt sur des plus-values anciennes, ou la sortie d’une assurance-vie de plus de huit ans. Il est fait pour des besoins courts et sûrs, un apport en attendant une vente, un décalage de trésorerie, adossés à des actifs stables. Adossé à des actions pour acheter d’autres actions, c’est le mécanisme même des faillites de 1929 et de 2008.
Que permet une hypothèque sur sa maison ?
Hélène, 68 ans, possède sa maison, 500 000 €, sans crédit. Elle a besoin de 150 000 € et ne veut ni vendre ni entamer ses placements.
Que permet une hypothèque sur sa maison ?
- Rien après 65 ans : les banques ne prêtent plus aux retraités
- Un prêt hypothécaire classique, ou un prêt viager
- Une vente à la banque, avec le droit de rester chez elle
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Un bien payé sert de garantie : la banque peut prêter contre une hypothèque. Le prêt peut être amortissable, ou in fine, avec le capital remboursé en une fois au terme. L’âge n’est pas un obstacle légal, tant que l’assurance ou la garantie suit. Le prêt viager hypothécaire va plus loin : aucune mensualité, sauf formule où seuls les intérêts se paient. Le capital et les intérêts sont réglés au décès, ou plus tôt si le bien est vendu ou démembré, dans la limite de sa valeur à ce moment.
C. conso. art. L.315-1 · L.313-1 ; C. civ. art. 2385
Pourquoi c’est comme ça
L’hypothèque rend liquide un patrimoine qui ne l’est pas : la maison reste, l’argent sort. Le prêt hypothécaire classique est un crédit ordinaire dont la garantie est l’immeuble, acte notarié, inscription, frais, et dont l’usage est libre : aider un enfant, financer des travaux, investir. Le prêt viager hypothécaire est autre chose : sans condition d’âge légale, de ressources ni d’assurance, il ne se rembourse qu’au décès, ou plus tôt si le bien est vendu ou démembré, le contrat pouvant prévoir le paiement périodique des seuls intérêts, et la dette ne peut jamais dépasser la valeur du bien appréciée à ce terme. Entre-temps, les intérêts s’ajoutent au capital : à 6 % par an, la dette double en douze ans environ, à 5 % en quatorze ans.
Jusqu’où ça va
Le prêt viager a un coût élevé, un taux supérieur au marché, capitalisé, et un montant qui dépend de l’âge, parce que la banque porte le risque de longévité. Il diminue l’héritage d’autant, et les héritiers choisissent alors entre rembourser la dette pour garder le bien et laisser la banque le vendre. Le prêt hypothécaire classique, lui, exige des revenus pour les mensualités, ce qui peut exclure les retraités modestes que le viager vise.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que l’hypothèque coûte : les frais d’acte, un taux, et pour le viager une dette qui grossit en silence. Ce qu’elle évite : vendre un bien exonéré de plus-value pour en placer le produit, ou liquider une assurance-vie qui transmettrait hors succession. L’arbitrage se fait entre le coût du crédit et ce que le bien conservé continue de produire, un loyer économisé, une plus-value latente, une transmission préparée. C’est un calcul, pas un réflexe.
Quel est l’horizon réel de ce placement ?
Nora, 62 ans, place 100 000 € qu’elle ne compte transmettre qu’à son décès. Son conseiller lui propose un profil prudent « à cause de son âge ».
Quel est l’horizon réel de ce placement ?
- Trois ans : passé 60 ans, l’horizon est court
- Vingt-cinq ans ou plus : celui de ses héritiers
- Un an : l’argent doit rester disponible
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L’horizon d’un placement, c’est la date à laquelle l’argent sera dépensé, pas l’âge de celui qui le détient. Une somme qui ne sera transmise qu’au décès a au moins l’horizon de la vie de celle qui la détient, vingt-cinq ans et plus en espérance pour une femme de 62 ans, puis celui de ceux qui la recevront. L’âge compte pour l’argent dont on vivra. Il ne dit rien de l’argent qu’on ne touchera pas. Le profil « prudent par l’âge » applique donc un horizon court à un capital qui en a un long.
CMF art. L.533-13
L’explication complète
L’horizon se fixe poche par poche, et un même patrimoine en a plusieurs. La réserve de précaution a un horizon nul : elle doit être là demain, sans perte. L’argent des cinq prochaines années, un achat, des études, un complément de retraite, a un horizon court, où la volatilité coûte. L’argent d’après a un horizon long, où le rendement moyen varie moins d’une année sur l’autre, sans garantie sur le montant final. Et l’argent qu’on transmettra a l’horizon des bénéficiaires, qui peut dépasser la vie du détenteur. Un retraité de 62 ans peut tenir 80 % d’actions sur sa dernière poche, si rien ne l’oblige à y puiser, et 0 % sur la première.
Les exceptions
L’exception est la dépendance : un capital réservé aux héritiers peut devoir financer un établissement, à environ 3 000 € par mois, proche des 3 100 € mensuels moyens d’une chambre non habilitée à l’aide sociale en 2024 selon la CNSA, sans préavis. C’est ce qui justifie de garder une poche intermédiaire mobilisable en quelques semaines, entre la réserve et le long terme, pas de raccourcir l’horizon de tout. L’assurance-vie se prête à ce découpage : plusieurs contrats, chacun avec son horizon et sa clause bénéficiaire, ou plusieurs supports dans un même contrat, chacun avec son horizon, la clause bénéficiaire portant alors sur le contrat entier.
Ce que ça change chez vous
Ce que le profil par l’âge coûte, c’est la différence entre 2 % et 6 % par an pendant vingt-cinq ans sur la poche transmise : le capital final est divisé par deux et demi. Ce que l’horizon par poche demande, c’est de nommer chaque somme, à quoi, pour quand, pour qui, avant de la placer. La question n’est jamais « quel est mon profil » mais « à quelle date cet argent-là sera dépensé, et par qui ».
Que se passe-t-il pendant quinze ans, et après ?
Paul achète la nue-propriété d’un appartement neuf : 60 % du prix, l’usufruit de quinze ans allant à un bailleur social.
Que se passe-t-il pendant quinze ans, et après ?
- Il touche 60 % des loyers, puis tout
- Il ne touche rien, ne paie ni charges ni IFI, et récupère l’appartement entier
- Il paie les charges sans loyer, puis doit racheter l’usufruit
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Pendant l’usufruit, Paul n’a ni loyers, ni charges, ni taxe foncière, ni IFI. Tout revient à l’usufruitier, qui gère et entretient le bien : dans ce montage, la convention lui laisse aussi les grosses réparations, qui reviendraient sinon au nu-propriétaire. À l’échéance, l’usufruit s’éteint de plein droit. Paul devient plein propriétaire d’un bien remis en état, sans acte ni impôt. Son gain, 40 % de la valeur en quinze ans, n’est pas une plus-value imposable : rien n’a été vendu.
C. civ. art. 617 · 605 ; CGI art. 968
Le détail du calcul
Le démembrement d’un immeuble sur une durée fixe est un placement sans revenu et sans souci : l’usufruitier temporaire, le plus souvent un bailleur social, parfois une SCPI, loue, entretient, paie tout, et rend le bien à l’échéance. La décote payée par le nu-propriétaire, 35 à 45 % pour quinze ans, est la valeur actualisée des loyers auxquels il renonce. Le rendement implicite, de 3 à 4 % par an selon la décote, se calcule avant frais d’acquisition et à valeur du bien constante, ce que rien ne garantit ; il ne supporte en revanche aucun impôt : pas d’impôt sur le revenu puisqu’il n’y a pas de revenu, pas d’IFI puisque l’article 968 met l’immeuble démembré chez l’usufruitier, pas de plus-value à la reconstitution puisqu’il n’y a pas de cession.
Les conditions à remplir
Trois conditions. La qualité de l’usufruitier : c’est lui qui entretient et remet en état, et un bailleur social y est tenu par convention, un particulier beaucoup moins. La revente avant l’échéance, possible mais sur un marché étroit, avec une plus-value calculée sur le prix de la nue-propriété. Et le financement : le crédit est possible, mais sans loyer pour le rembourser, ce qui limite l’opération à qui a la capacité d’épargne pour porter les mensualités quinze ans.
Ce qu’on peut faire autrement
Ce que le nu-propriétaire abandonne, c’est quinze ans de loyers et la liberté de disposer ; ce qu’il évite, c’est quinze ans de gestion, d’impôt sur des revenus fonciers au taux marginal plus 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, et d’IFI. Pour un contribuable fortement imposé qui n’a pas besoin de revenu, un immeuble qui rapporterait 4 % brut en direct rend moins, net, que la nue-propriété à 3,5 % sans impôt, avant frais d’acquisition. C’est le calcul à faire ligne à ligne, et il ne vaut que si le bien retrouvé dans quinze ans est celui qu’on voudra.
Qu’a fait le temps à sa répartition ?
Bastien a placé 50 % en actions et 50 % en obligations il y a dix ans. Sans y toucher, il est aujourd’hui à 72 % d’actions.
Qu’a fait le temps à sa répartition ?
- Il l’a laissée intacte : la répartition ne dépend que des versements
- Il l’a rendue plus risquée qu’elle n’a jamais été décidée
- Il l’a rendue plus prudente, les actions ayant vieilli
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Ce qui monte le plus finit par peser le plus. Sans rééquilibrage, un portefeuille dérive vers son actif le plus performant, donc le plus volatil. Bastien n’a jamais décidé d’être à 72 % d’actions : le marché l’a décidé pour lui, juste avant la prochaine baisse. Rééquilibrer, c’est vendre ce qui a monté pour racheter ce qui a baissé, à date fixe ou à seuil. On retrouve ainsi le risque qu’on avait choisi.
CMF art. L.533-12 ; Règlement (UE) 1286/2014
Pourquoi c’est comme ça
Le rééquilibrage est le seul geste qui force à acheter bas et vendre haut de façon mécanique, sans prévision. Deux méthodes : à date, une fois par an, au même moment, ou à seuil, quand une classe s’écarte de plus de cinq points de sa cible. La contrepartie : les années de forte hausse des actions, on en a vendu en chemin.
Jusqu’où ça va
Le rééquilibrage a un coût fiscal hors enveloppe : vendre sur un compte-titres des actions qui ont monté réalise une plus-value imposée à 31,4 %, sauf moins-values à imputer ou option globale pour le barème. Dans un PEA ou une assurance-vie, les arbitrages internes sont libres d’impôt, ce qui en fait les bons endroits pour une répartition qu’on entretient. Il a aussi un coût de frais, négligeable avec des fonds indiciels, sensible avec des fonds à droits d’entrée. Et il ne s’applique qu’à ce qu’on peut vendre par morceaux : pas à l’immobilier en direct.
Ce que ça coûte vraiment
Ce que ça coûte vraiment, c’est le geste contraire à l’instinct : vendre ce qui vient de gagner, acheter ce qui vient de perdre, une fois par an, sans regarder les nouvelles. Ce que ça évite : l’arrivée d’une baisse avec 72 % d’actions quand on en avait accepté 50. Un rééquilibrage annuel calé sur un anniversaire ou une date fiscale tient dix minutes ; c’est le tenir vingt ans qui fait la différence.
Où est l’écart avec un fonds monde ?
Émilie possède douze actions françaises choisies une à une. Elle se juge diversifiée.
Où est l’écart avec un fonds monde ?
- Nulle part : douze lignes suffisent statistiquement
- Ses douze titres partagent un pays, une devise et souvent un secteur
- Le fonds est plus risqué : il détient des entreprises inconnues
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Douze titres réduisent le risque propre à chaque entreprise, mais pas le risque commun. Pour Émilie, c’est la France, l’euro, le cycle européen, et parfois deux ou trois secteurs surreprésentés. Un fonds indiciel monde répartit sur plus de mille deux cents entreprises, une vingtaine de pays développés, leurs devises et tous les secteurs. Ses frais sont de quelques dixièmes de point par an. La diversification se compte en causes de perte indépendantes, pas en lignes.
CMF art. L.214-24 ; Règlement (UE) 2019/1156
L’explication complète
Le risque d’une action a deux étages : ce qui lui est propre, sa gestion, son produit, sa dette, et ce qu’elle partage avec le marché, le cycle, les taux, la devise, le secteur. Le premier se dilue en multipliant les titres. Le second ne se dilue pas en ajoutant des titres du même marché ; il ne se réduit qu’en changeant de marché, de devise, de classe. Douze actions françaises ont réduit le premier étage et gardé tout le second : en 2008 comme en 2020, elles ont baissé ensemble.
Les exceptions
La concentration a ses raisons légitimes : connaître ses entreprises, encaisser des dividendes en euros sans conversion, la société supportant elle-même ses risques de change, éviter les frais d’un fonds, loger les titres dans un PEA. Elle a aussi ses illusions : la performance passée d’un choix de douze titres peut tenir à un ou deux d’entre eux, et la France pèse 2,36 % de l’indice MSCI World fin août 2026, selon MSCI.
Ce que ça change chez vous
Ce que ça change chez vous : la question n’est pas « combien de lignes » mais « à combien de causes de perte différentes suis-je exposé ». Une réponse honnête pour Émilie : pour l’essentiel à une seule, le marché européen, même si certaines de ses sociétés vendent dans le monde entier. Ajouter un fonds monde à côté de ses douze titres ne les remplace pas ; il ajoute les causes qui leur manquent.
Combien valent ces 100 $ cinquante ans plus tard, avant impôt et avant inflation ?
Inès, 34 ans, lit qu’« en bourse, on gagne 12 % par an ». Elle se demande ce que 100 $ deviendraient en cinquante ans à ce rythme, dividendes réinvestis.
Combien valent ces 100 $ cinquante ans plus tard, avant impôt et avant inflation ?
- Environ 29 000 $
- Environ 290 $
- Environ 2 900 $
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12 % par an pendant cinquante ans multiplient un capital par près de 300 : 100 $ deviennent environ 29 000 $. Ce n’est qu’un calcul. L’indice MSCI World, dividendes réinvestis, a rendu 9,1 % par an en dollars de fin 1987 à fin août 2026, selon MSCI. Il a perdu 40,3 % en 2008, et l’inflation retire encore sa part.
Pourquoi c’est comme ça
Le CAC 40 que donnent les journaux est un indice « nu » : il ignore les dividendes. Sa version « dividendes réinvestis » (CAC 40 GR) ajoute chaque année le dividende, réinvesti dans les mêmes actions : sur plusieurs décennies, cet ajout composé pèse lourd dans le résultat.
Ce que le chiffre cache
12 % par an serait une moyenne, faite d’années très différentes. L’indice MSCI World, dividendes réinvestis, a perdu 40,3 % en dollars en 2008, et 7 années sur 25 ont fini en baisse de 2001 à 2025, selon MSCI. Le chiffre est en dollars : pour un épargnant en euros, le change ajoute ses propres variations, dans un sens ou dans l’autre.
Ce qu’il ne dit pas
Un indice n’a ni frais ni impôt : un fonds qui le suit prélève quelques dixièmes de point par an, et la fiscalité s’applique à la sortie. Aucun rythme passé ne se reproduit à l’identique, et l’ordre des bonnes et des mauvaises années compte pour qui verse ou retire de l’argent en cours de route. Le calcul sert de repère d’échelle, pas de promesse.
Les mots du thème
Un contrat d’épargne, pas une assurance décès. On y place de l’argent, et on le retire quand on veut. Au décès, le capital va aux bénéficiaires désignés, hors succession, avec sa propre fiscalité. Après huit ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel.
Un prêt que l’assureur peut vous accorder sur votre propre contrat, si celui-ci le prévoit, sans le fermer ni déclencher d’impôt. On le rembourse plus tard, avec des intérêts ; le contrat continue de produire ses gains pendant ce temps.
Un compte pour détenir des actions, des obligations ou des fonds, sans plafond ni contrainte, mais sans avantage fiscal : les dividendes, les intérêts et les plus-values réalisées à la vente sont taxés à 31,4 % en 2026, après déduction des moins-values, sauf option pour le barème.
L’argent gardé disponible pour les imprévus, trois à six mois de dépenses selon un repère courant, sur un livret garanti. Elle évite de payer une panne ou une facture avec un crédit ou un découvert.
L’impôt à taux fixe sur les revenus du capital : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % en 2026. On peut lui préférer le barème progressif, sur option, pour l’ensemble de ses revenus de capitaux.
Le support garanti d’une assurance-vie : le capital ne peut en principe pas baisser, et les intérêts acquis chaque année sont définitivement gagnés. Les exceptions : un contrat garanti brut de frais, ou en partie seulement. En contrepartie, le rendement est modeste.
Un fonds qui réplique un indice boursier, comme le CAC 40 ou un indice mondial, au lieu de choisir des actions une à une. Ses frais sont faibles, et son résultat suit celui du marché, dans les deux sens.
Des intérêts qui produisent à leur tour des intérêts, parce qu’ils restent placés. Sur quelques années, l’effet est faible ; sur trente ans à 3 % par an, il fait plus que doubler une somme placée d’un coup.