Aket · Le journal · La vie à 2
La vie à 2
4 guides, 7 situations types et 157 questions sur ce thème dans l’application.
Les guides
7 moyens de protéger son conjoint
Sans rien faire, votre conjoint marié a un quart. Votre partenaire de PACS n’a rien. Votre compagnon non plus. Voici tout ce qui existe…
Lire l’article6 choses que le PACS ne fait pas
Le PACS a l’air d’un mariage léger. Sur la déclaration d’impôts, oui. Sur tout le reste, non.
Lire l’articleMariés sans contrat : ce qui est à qui
Neuf cas concrets pour savoir, en cas de divorce ou de décès, ce qui se partage et ce qui ne se partage pas.
Lire l’articleDivorcer : 6 étapes, et ce qu’elles coûtent
Un divorce se décide à deux, ou devant un juge ; il se chiffre toujours. Six étapes, dans l’ordre où elles arrivent, avec ce que chacune…
Lire l’articleLes situations
Mariés sans contrat, deux enfants
Vous êtes passés à la mairie, pas chez le notaire. Vos deux enfants sont de vous deux.
La moitié de ce que vous gagnez appartient à l’autre — Salaires, épargne, entreprise créée depuis le mariage : tout ce qui est acquis pendant tombe dans le pot commun, quel que soit le nom sur le compte ou sur les parts.
Deux options pour le survivant, s’il n’y a rien de signé — La totalité en usufruit, ou un quart en pleine propriété. Une donation entre époux en ajoute une troisième : un quart en pleine propriété et l’usufruit du reste.
200 000 € transmissibles à chaque enfant sans droits — 100 000 € de chaque parent à chaque enfant, rechargés tous les quinze ans. Non utilisés, ils ne se cumulent pas : ils repartent à zéro.
Pacsés, propriétaires à deux
Vous avez signé un PACS et acheté ensemble. Vous pensez être protégés l’un envers l’autre.
0 € pour votre partenaire, sans testament — Le PACS ne crée aucun droit dans la succession. Après vingt ans de vie commune et une maison payée à deux, le survivant n’hérite de rien : la part du défunt va à ses enfants, à défaut à ses parents.
Exonéré s’il y a un testament — Avec un testament, le partenaire reçoit ce que la quotité disponible permet, et ne paie aucun droit de succession. C’est le testament qui manque, pas l’exonération.
Sans indemnité en cas de rupture — Le PACS se défait par simple déclaration, sans juge et sans prestation compensatoire, même si l’un a mis sa carrière de côté.
En couple, sans rien signer
Vous vivez ensemble depuis des années. Aucun papier ne vous lie.
Rien n’est prévu par la loi entre vous — Ni héritage, ni pension, ni partage. Aux yeux du droit, vous êtes deux étrangers qui partagent une adresse.
60 % de droits sur ce que vous lui laissez — Par testament, votre compagne ou compagnon peut recevoir la quotité disponible. L’État en prend 60 % passé 1 594 € d’abattement.
Le départ peut lui être demandé du jour au lendemain — Le propriétaire du logement peut le vendre seul et demander à l’autre de partir, quelle que soit la durée de la vie commune.
Famille recomposée
Vous êtes remariés. Il y a des enfants d’avant, et peut-être des enfants ensemble.
Un quart en pleine propriété, et rien de plus — Dès qu’un seul enfant n’est pas issu de vous deux, votre conjoint perd l’option de l’usufruit total. Il reçoit un quart en pleine propriété (article 757 du Code civil).
Intouchable la réserve de chaque enfant — Une donation entre époux ne peut pas l’entamer. Les enfants d’une première union héritent à égalité avec les autres.
Retranchement le risque de la communauté universelle — L’attribution intégrale donne tout au survivant, mais un enfant qui n’est pas des deux peut demander à retrancher ce qui dépasse la quotité disponible (article 1527).
Un divorce se prépare
La décision est prise, ou presque. Reste à comprendre ce qui se partage, ce que cela coûte, et qui paie quoi ensuite.
1,1 % de droit de partage sur les biens partagés — Au divorce, l’État prélève 1,1 % de la valeur nette des biens que le couple partage, en plus des frais du notaire. Sur 400 000 € à partager, 4 400 €.
8 ans au plus pour verser une prestation compensatoire en capital — La prestation compensatoire, qui corrige l’écart de niveau de vie créé par le divorce, se verse en capital, d’un coup ou échelonné sur huit ans au plus. Versée dans les douze mois, elle ouvre une réduction d’impôt.
2 avocats et aucun juge, pour un divorce par consentement mutuel — Quand les époux sont d’accord sur tout, le divorce se fait par une convention signée avec deux avocats et déposée chez un notaire, sans passer devant un juge. Un enfant mineur qui demande à être entendu ramène l’affaire devant le juge.
On se marie l’an prochain
La date est prise, le lieu aussi. Reste une question que personne ne pose au dîner : contrat ou pas, et lequel. Elle se règle avant la mairie, chez le notaire, en une heure.
0 € de contrat : la communauté réduite aux acquêts s’applique dès le jour du mariage — Sans contrat, tout ce qui est gagné, acheté ou épargné pendant le mariage est commun par moitié, salaires compris, quel que soit le nom sur le compte ; ce qui était à chacun avant, et ce qui est reçu par héritage ou donation, reste personnel, preuve à l’appui.
300 à 500 € pour un contrat de mariage chez le notaire, avant la cérémonie — Séparation de biens, participation aux acquêts, communauté aménagée : le contrat se signe avant le mariage, et se change ensuite par acte notarié, sans délai d’attente depuis 2019, avec l’accord des deux. Le schéma des sept clauses en montre les effets.
1/4 ou l’usufruit ce que le conjoint reçoit au décès, avec des enfants communs ; 1/4 seulement avec des enfants d’une autre union — Le mariage fait hériter : un quart en pleine propriété ou l’usufruit de tout, au choix, avec des enfants communs ; un quart sans option en famille recomposée ; tout ou presque sans enfant, selon les parents survivants. Le PACS ne fait pas hériter.
25 % de réduction d’impôt sur une prestation compensatoire versée dans les douze mois, si un jour le mariage finit — Le mariage crée aussi des obligations à la rupture : prestation compensatoire selon l’écart de niveau de vie, partage des biens communs, solidarité des dettes du ménage. Les régimes les plus protecteurs au décès sont ceux qui coûtent le plus au divorce.
On se sépare, sans être mariés
Pas de juge, pas de divorce, et pourtant un logement, un crédit, des comptes, parfois des enfants. La rupture d’un PACS ou d’un concubinage se règle avec les règles de la propriété et de l’indivision, pas celles du mariage.
0 € de prestation compensatoire à la fin d’un PACS ou d’un concubinage — Le divorce prévoit une prestation pour l’écart de niveau de vie ; la rupture d’un PACS n’en prévoit aucune, même après vingt ans d’arrêt de travail pour les enfants. Seule une faute distincte ouvre des dommages et intérêts.
50/50 ce que dit l’acte d’achat, quoi qu’aient payé les comptes — Le logement acheté à deux appartient dans les proportions écrites dans l’acte ; celui qui a payé davantage ne récupère que ce qu’il prouve, par une créance ou une déclaration d’apport. Sous le PACS en indivision, les biens achetés pendant l’union sont réputés indivis par moitié.
2 ans au plus pour que l’un rachète la part de l’autre, ou que le bien soit vendu — Nul n’est tenu de rester en indivision : à défaut d’accord sur le rachat, le juge ordonne la vente. Le crédit signé à deux reste dû par les deux tant que la banque n’a pas libéré l’un des emprunteurs, ce qu’elle n’accepte que si l’autre tient seul les 35 % de taux d’effort.
13,5 % des revenus du parent qui paie, pour un enfant en garde classique : la table indicative de la pension — Mariés ou non, la contribution à l’entretien des enfants suit les mêmes règles : table du ministère de la Justice, intermédiation par la CAF depuis 2023, allocation de soutien familial d’environ 197 € par enfant en cas d’impayé. La résidence de l’enfant fixe aussi les parts fiscales.
Six questions pour se tester
Pierre et Alice sont mariés depuis dix ans, sans contrat. Alice est professeure. Pierre, ancien prof d’économie, a créé son entreprise il y a six ans. Elle vaut aujourd’hui 400 000 €. Ils divorcent.
Alice a-t-elle droit à quelque chose sur l’entreprise de Pierre ?
- Non, l’entreprise est à Pierre, c’est lui qui l’a créée
- Oui, la moitié de sa valeur
- Oui, mais seulement si elle y a travaillé
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Sans contrat, ils sont en communauté : ce qui est gagné ou créé pendant le mariage appartient aux deux. La nuance change tout. Ce n’est pas l’entreprise qui se partage, c’est sa valeur. Pierre garde les titres et la direction, et doit 200 000 € à Alice. Comment, sans vendre ? C’est le mécanisme.
C. civ. art. 1401 · 1421 · 1832-2
Nadia vit depuis cinq ans avec Karim, sans mariage ni PACS, dans un appartement qui lui appartient, acheté avant leur rencontre. Elle veut le quitter, vendre, et repartir ailleurs.
Peut-elle décider seule de vendre ?
- Non, Karim y vit depuis cinq ans, il a son mot à dire
- Oui, seule, et Karim n’a aucun droit de rester
- Oui, mais elle doit lui laisser un délai d’un an
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Oui. L’appartement est à Nadia seule et ils ne sont pas mariés : Karim n’a aucun droit sur la vente, même si c’est aussi sa résidence principale. Un PACS n’y changerait rien. Et voilà le double fond : s’ils étaient mariés, elle ne pourrait pas vendre sans l’accord de Karim, même si l’appartement est à elle seule. Seul le mariage protège le logement de la famille.
C. civ. art. 215 al. 3 · 515-4
Claire, 47 ans, a hérité de l’appartement de sa mère à Nantes, qu’elle loue 900 € par mois. Elle est mariée depuis quinze ans avec Julien, sans contrat de mariage. Elle encaisse les loyers sur un compte à son seul nom.
À qui appartiennent ces loyers ?
- À Claire, comme l’appartement
- Au couple, moitié-moitié
- À Claire, tant qu’ils restent sur son compte
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Au couple. L’appartement est à Claire, ses loyers sont à tous les deux. Sans contrat de mariage, vous êtes sous le régime de la communauté. Ce que l’on possède avant le mariage ou que l’on reçoit par héritage reste personnel, mais tout ce que cela rapporte (loyers, dividendes, intérêts) tombe dans le pot commun. Le compte sur lequel l’argent arrive ne change rien.
C. civ. art. 1401 · C. civ. art. 1403 · C. civ. art. 1469 al. 3
Marc, 52 ans, a acheté sa maison de Tours bien avant de rencontrer Sophie. Ils se sont mariés il y a six ans en séparation de biens et vivent dans cette maison avec leurs deux enfants. Marc reçoit une belle offre et veut vendre.
Marc peut-il signer la vente seul ?
- Oui, la maison est à lui seul
- Oui, s’il prévient Sophie par écrit
- Non, il lui faut l’accord de Sophie
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Non. Sa maison, oui ; mais c’est le logement de la famille. Le logement de la famille est protégé quel que soit le régime matrimonial, même en séparation de biens et même si un seul des époux en est propriétaire. Pour le vendre, l’hypothéquer ou vendre les meubles qui le garnissent, il faut l’accord des deux. Sans cela, l’époux oublié peut faire annuler la vente.
C. civ. art. 215 al. 3 · C. civ. art. 1751 · Cass. 1re civ., 14 mars 2018
Antoine, 44 ans, et Léa, 41 ans, sont mariés en séparation de biens. Ils ont acheté leur appartement de Lyon à deux, 50/50 sur l’acte. Antoine, qui gagne trois fois plus, a remboursé seul les mensualités pendant douze ans. Ils se séparent.
Antoine peut-il réclamer à Léa la moitié de ce qu’il a payé ?
- Oui, avec ses relevés bancaires pour preuve
- Oui, la moitié des mensualités, revalorisée
- Non, le plus souvent il ne récupère rien
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Non. Payer la maison, c’était contribuer aux charges du mariage. Même en séparation de biens, chaque époux doit contribuer aux charges du ménage à proportion de ses moyens. Les tribunaux considèrent souvent que celui qui a financé seul le logement de la famille a simplement rempli cette obligation, à la hauteur de ce qu’il gagnait. Il n’a donc pas de créance contre l’autre.
C. civ. art. 214 · Cass. 1re civ., 16 sept. 2014
Hélène, 63 ans, et Bernard, 66 ans, sont mariés depuis trente ans et ont deux enfants. Bernard entend souvent que « le conjoint est protégé par la loi » et ne s’en préoccupe pas. Hélène, elle, a rédigé un testament laissant tout aux enfants.
Au décès d’Hélène, Bernard a-t-il une part garantie de sa succession ?
- Oui, au moins un quart
- Oui, la moitié
- Non, aucune part garantie
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Non. Avec des enfants, le conjoint n’a aucune part réservée. En France, seuls les enfants ont une part que la loi leur réserve, la « réserve héréditaire ». Le conjoint n’est réservataire qu’en l’absence d’enfant. Avec des enfants, un testament peut donc l’écarter de la succession. Ce que la loi lui donne par défaut (un quart en pleine propriété, ou l’usufruit de tout) ne joue que si rien d’autre n’a été prévu. Deux exceptions tout de même : le droit d’occuper gratuitement le logement pendant un an ne peut pas lui être retiré, et le droit d’y rester à vie ne peut l’être que par un testament reçu par notaire.
C. civ. art. 757 · C. civ. art. 763 · C. civ. art. 764 · C. civ. art. 914-1 · C. civ. art. 1094-1 · C. civ. art. 1527
Les mots du thème
Tout ce qu’un couple marié sans contrat gagne ou achète pendant le mariage : salaires, économies, logement. Ces biens sont communs, et se partagent en deux au divorce ou au décès, quel que soit le nom sur la facture.
Une clause du contrat de mariage qui donne au conjoint survivant plus que la loi ne prévoit, par exemple toute la communauté. Il ne paie aucun droit dessus, mais les enfants d’une autre union peuvent le contester.
Dans un mariage sans contrat, tout ce qui est acquis pendant l’union et appartient aux deux époux, moitié chacun : salaires, achats, loyers des biens propres. Ils se partagent au divorce ou au décès.
Ce qui reste à un seul des époux, même mariés sans contrat : ce qu’il avait avant le mariage, et ce qu’il reçoit par donation ou héritage pendant. À condition de pouvoir le prouver le jour du partage.
Le régime des couples mariés sans contrat. Ce qui est gagné ou acheté pendant le mariage est commun ; ce qui vient d’avant, d’une donation ou d’un héritage reste propre. C’est le régime de la grande majorité des couples.
Un régime choisi par contrat où tout est commun, y compris les biens d’avant le mariage et les héritages. Souvent complété d’une clause qui donne tout au survivant : les enfants n’héritent alors qu’au second décès.
La vie commune sans mariage ni PACS. Pour la loi, chacun reste un étranger pour l’autre : pas d’héritage sans testament, 60 % de droits sur ce qui est légué, aucune obligation de secours.
L’acte signé chez le notaire, avant ou pendant le mariage, qui choisit le régime des biens du couple : séparation, participation aux acquêts, communauté universelle. Sans contrat, c’est la communauté réduite aux acquêts.
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