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4 guides, 5 situations types et 180 questions sur ce thème dans l’application.
Les guides
8 leviers pour alléger les droits de succession
Entre parents et enfants, le barème monte à 20 % dès 15 932 € au-dessus de l’abattement, puis 30, 40 et 45 %. Tout ce qui suit est légal,…
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Des parents qui veulent aider leurs enfants
Vous avez de quoi donner un coup de pouce, et vous préférez le faire maintenant.
100 000 € par parent, par enfant, tous les quinze ans — Le compteur repart à zéro quinze ans après chaque donation. Non utilisé, il ne se cumule pas : c’est du temps perdu, pas de l’argent mis de côté.
31 865 € de don d’argent en plus, qui disparaît à 80 ans — Ce don familial de somme d’argent s’ajoute à l’abattement, à condition d’avoir moins de 80 ans et que le bénéficiaire soit majeur.
Selon l’âge la valeur taxée d’une nue-propriété — Donner la nue-propriété en gardant l’usage réduit la valeur transmise, d’après le barème de l’article 669 du CGI. À 60 ans, la nue-propriété vaut 50 % du bien.
Seul, sans enfant
Pas de conjoint, pas d’enfant. Vous vous demandez à qui tout cela ira.
Tout est disponible, à qui vous voulez — Sans descendant, il n’y a pas de réserve héréditaire. Vous disposez de la totalité par testament ou par donation.
L’État en dernier recours, s’il n’y a personne — Sans testament, la loi appelle d’abord vos parents, puis vos frères et sœurs et leurs enfants, puis les cousins jusqu’au sixième degré. À défaut, la succession revient à l’État.
55 à 60 % ce que paie celui que vous choisirez — 55 % pour un neveu ou une nièce, 60 % pour une personne sans lien de parenté, après des abattements de 7 967 € et 1 594 €. L’assurance-vie change complètement ce calcul.
Votre conjoint vient de mourir
Les premières semaines sont faites de démarches. Certaines ont un délai, et personne ne vous a dit lesquelles.
1 an pour demander à rester dans le logement à vie — Le conjoint marié survivant occupe gratuitement le logement pendant un an. Pour y rester jusqu’à la fin de ses jours, il doit le demander dans ce délai, sinon ce droit viager est perdu.
0 € de droits de succession pour le conjoint marié — Le conjoint marié et le partenaire de PACS ne paient aucun droit sur ce qu’ils reçoivent, quel que soit le montant. Les enfants, eux, ont chacun 100 000 € d’abattement, puis le barème.
6 mois pour déposer la déclaration de succession — À compter du décès, les héritiers ont six mois pour déclarer la succession et payer les droits, un an si le décès a eu lieu hors de France. Passé ce délai, des intérêts de retard courent.
Mon parent entre en EHPAD
La chute, l’hôpital, puis la question que personne n’avait chiffrée : combien coûte l’établissement, qui paie, et ce que devient la maison.
2 620 € par mois d’hébergement en moyenne, la dépendance en plus — L’hébergement est à la charge du résident : 2 164 € en chambre habilitée à l’aide sociale, 3 128 € sinon. La dépendance s’ajoute, 22,73 € par jour en GIR 1-2, dont 6,11 € de ticket modérateur que l’APA ne couvre jamais.
90 % des revenus du parent, puis les enfants, puis le département — Le résident aidé garde 10 % de ses revenus, 124 € au moins. Les enfants sont tenus à l’obligation alimentaire selon leurs moyens ; l’aide sociale du département vient après, et se récupère sur la succession dès le premier euro.
10 ans pendant lesquels une donation reste rattrapable par le département — L’aide sociale à l’hébergement se récupère sur les donations faites dans les dix ans avant la demande. La maison donnée aux enfants six ans plus tôt peut leur être réclamée à hauteur de l’aide versée ; douze ans plus tôt, non.
25 % des frais en réduction d’impôt, si le parent paie de l’impôt — Réduction de 25 % des frais d’hébergement et de dépendance, plafond 10 000 € par an : 2 500 € au plus, et rien pour un résident non imposable. L’enfant qui verse une pension la déduit, lui, de son revenu.
Un parent vient de mourir, j’hérite
Le notaire a fixé un rendez-vous, la banque a bloqué les comptes, et la fratrie découvre en même temps le chagrin et les chiffres. Il s’agit de savoir ce qui revient à qui, dans quel délai, et ce qui se décide maintenant.
100 000 € d’abattement par enfant, puis 20 % dès 15 932 € — Chaque enfant reçoit 100 000 € sans droits sur la part de chaque parent, tous les quinze ans ; au-delà, le barème monte vite : 5 % puis 10, 15 et 20 % dès 15 932 €. Une donation de moins de quinze ans consomme l’abattement.
6 mois pour déclarer et payer, puis 0,20 % par mois — La déclaration de succession et le paiement des droits sont dus dans les six mois du décès, un an pour un décès à l’étranger ; ensuite, 0,20 % d’intérêt par mois et 10 % de majoration après douze mois. Le paiement se fractionne sur demande.
4 mois avant qu’on puisse vous forcer à choisir : accepter, renoncer, ou à concurrence de l’actif — Accepter purement engage sur les dettes ; renoncer efface tout et transmet la part à ses propres enfants ; accepter jusqu’à hauteur de l’actif limite les dettes à ce qu’on reçoit, avec un inventaire. Sans choix pendant dix ans, on est réputé renonçant.
2,5 % de droit de partage quand la fratrie sort de l’indivision — Tant que rien n’est partagé, les héritiers sont ensemble propriétaires de tout ; celui qui occupe la maison doit une indemnité aux autres. Le partage notarié coûte 2,5 % de l’actif partagé ; une vente à un tiers l’évite.
Six questions pour se tester
Sophie et Marc sont pacsés depuis quinze ans. Marc a deux enfants d’une première union. Il n’a jamais fait de testament. Il meurt.
Sophie hérite de quoi ?
- De la moitié, comme un conjoint
- D’un quart, les enfants ont le reste
- De rien
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De rien. Le PACS ne fait pas de Sophie une héritière. Tout va aux deux enfants de Marc. Un testament aurait pu lui laisser une part, et cette part aurait été totalement exonérée de droits, comme entre époux.
C. civ. art. 515-5 · 734 · CGI art. 796-0 bis
Nadia, 52 ans, vient de perdre son père, qui possédait un petit immeuble loué. En attendant le rendez-vous chez le notaire, elle continue d’encaisser les loyers sur son propre compte, « pour gérer ». Elle ne sait pas encore si son père laissait des dettes.
En encaissant et en gardant ces loyers, Nadia a-t-elle pris une décision sur la succession ?
- Oui : elle a accepté la succession, dettes comprises
- Non : elle gère simplement en attendant le notaire
- Oui, mais seulement à hauteur des loyers encaissés
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Oui. Sans rien signer, elle vient d’accepter la succession — avec toutes ses dettes. Certains gestes valent acceptation de la succession même sans papier : percevoir les loyers pour soi, vendre un bien du défunt, demander le partage. Or accepter « purement et simplement » signifie répondre des dettes du défunt, y compris au-delà de ce que l’on reçoit. Nadia est engagée.
C. civ. art. 782 · C. civ. art. 784 · C. civ. art. 787 · C. civ. art. 788 à 790
Marc, 66 ans, a souscrit une assurance-vie il y a vingt-cinq ans avec la clause « mon épouse, Françoise Martin, à défaut mes enfants ». Il a divorcé de Françoise il y a douze ans et s’est remarié avec Nathalie il y a huit ans. Il n’a jamais retouché sa clause.
À son décès, à qui l’assureur verse-t-il le capital ?
- À Nathalie, son épouse au jour du décès
- À ses enfants, le divorce ayant annulé la désignation
- À Françoise, l’ex-épouse
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À Françoise. Son nom est dans la clause, et la clause n’a pas bougé. Une clause bénéficiaire ne se met pas à jour toute seule : le divorce n’annule pas la désignation d’une personne nommée, et le remariage ne la transfère pas. Si Marc avait seulement écrit « mon conjoint », la loi aurait désigné l’épouse du jour du décès, Nathalie. En nommant Françoise, il l’a désignée pour de bon, tant qu’il ne change pas la clause.
C. assur. art. L.132-8 · CGI art. 796-0 bis · CGI art. 990 I
Anne, 72 ans, donne sa maison de Vannes à ses deux enfants en se réservant, sur les conseils d’un proche, un simple « droit d’usage et d’habitation » plutôt qu’un usufruit — « c’est pareil, et c’est moins cher ». Trois ans plus tard, elle entre en résidence services et voudrait louer la maison pour payer son loyer.
Anne peut-elle mettre la maison en location ?
- Oui : elle a gardé le droit d’y vivre, donc d’en tirer un revenu
- Non : un droit d’habitation ne permet ni de louer ni de céder
- Oui, avec l’accord d’un seul de ses deux enfants
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Non. Le droit d’habitation, c’est habiter — pas louer. L’usufruit permet d’occuper le bien ou de le louer et d’en toucher les loyers. Ce droit d’usage et d’habitation est un usufruit « rétréci » : limité aux besoins de son titulaire et de sa famille, il ne peut être ni loué ni cédé. Anne peut habiter la maison, pas la transformer en revenu — et ses enfants, nus-propriétaires, ne peuvent pas la louer non plus sans son accord.
C. civ. art. 625 à 636 · C. civ. art. 631 · C. civ. art. 634 · C. civ. art. 595
Sacha, Maëlle et Romain, la trentaine, ont hérité à parts égales de la maison de leur grand-mère. Après une tempête, le toit fuit. Maëlle vit à l’étranger et ne répond pas, Romain trouve le devis trop cher. Sacha veut faire réparer tout de suite.
Sacha peut-il faire réparer le toit sans l’accord des deux autres ?
- Non : dans une indivision, toute décision se prend à l’unanimité
- Oui, seul : réparer pour sauver le bien, c’est permis à chacun
- Oui, mais seulement s’il détient au moins deux tiers de la maison
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Oui : un seul indivisaire peut agir seul pour éviter que le bien ne se dégrade. Dans une indivision, il y a trois niveaux de décision. Pour sauver le bien d’un péril (toit qui fuit, chaudière qui lâche), un seul peut agir sans demander l’avis de personne. Pour gérer (louer, faire des travaux d’entretien courant), il faut les deux tiers des parts. Pour vendre ou hypothéquer, il faut tout le monde.
C. civ. art. 815-2 · C. civ. art. 815-3 · C. civ. art. 815-13
La maison de vacances des grands-parents appartient depuis vingt-deux ans à quatre cousins, en indivision, sans aucun écrit. Gérard, 61 ans, veut récupérer sa part pour financer sa retraite. Les trois autres lui répondent qu’après tant d’années, il a accepté la situation et qu’il est trop tard.
Gérard peut-il encore exiger de sortir de l’indivision ?
- Non : après dix ans sans réclamer, l’indivision est acquise
- Oui, mais seulement si la majorité des cousins l’accepte
- Oui, à tout moment : personne ne peut être forcé de rester en indivision
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Oui, même vingt-deux ans après : le droit de demander le partage ne se perd jamais. Personne ne peut être obligé de rester dans une indivision. Chaque indivisaire peut demander le partage quand il veut, quel que soit le temps écoulé, et il n’a besoin de l’accord de personne pour le demander. Si les autres refusent, le juge tranchera, au besoin en ordonnant la vente.
C. civ. art. 815 · C. civ. art. 1873-3
Les mots du thème
Une part de ce que vous recevez ou possédez sur laquelle l’impôt ne se calcule pas. Chaque parent peut par exemple donner 100 000 € à chaque enfant sans droits, tous les quinze ans : c’est l’abattement. Au-delà, le barème s’applique.
Une façon d’accepter un héritage sans risquer d’y perdre, que la loi désigne par la formule « à concurrence de l’actif net » : les dettes du défunt ne se paient que dans la limite de ce qu’on reçoit. Elle se déclare au tribunal ou chez le notaire, avec un inventaire.
Le document établi par le notaire après un décès, qui dit qui sont les héritiers et quelle part revient à chacun. C’est lui qui permet de débloquer les comptes et de régler la succession.
La personne qui recevra le capital d’une assurance-vie au décès. Elle est désignée dans une clause du contrat, modifiable à tout moment. Une clause oubliée peut envoyer l’argent à un ex-conjoint.
Le découpage de la propriété d’un bien en deux : l’usufruit, qui donne l’usage et les revenus, et la nue-propriété, qui donne les murs. Donner la nue-propriété en gardant l’usufruit est la façon la plus courante de transmettre une maison de son vivant.
L’ordre dans lequel la loi désigne les héritiers quand rien n’a été prévu : les enfants d’abord, puis les parents et les frères et sœurs, et le conjoint marié à côté d’eux. Ni le partenaire de PACS ni le concubin n’y figurent.
Une donation faite sans notaire : de l’argent, des titres, un objet remis de la main à la main ou par virement. Elle doit être déclarée aux impôts, et elle compte dans la succession du donateur.
Le fait de donner de son vivant, sans rien recevoir en échange, de façon définitive. Entre parents et enfants, chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant sans droits, tous les quinze ans.
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