Livret, PEA, assurance-vie, PER : 7 repères pour choisir
Livret, PEA, assurance-vie, PER, compte-titres : chaque enveloppe a sa durée, sa fiscalité et son horizon. Sept repères pour savoir laquelle fait quoi, avant de choisir ce qu’on y met.
Pour quiLes épargnants qui hésitent entre plusieurs enveloppes, et ceux qui en ont ouvert sans savoir ce qui les distingue.
Les deux premiers points du guide
Les livrets réglementés
Garantis, disponibles, sans impôt : la place de la réserve de précaution, pas celle du long terme.
Le Livret A, plafonné à 22 950 €, et le LDDS, à 12 000 €, sont garantis par l’État, disponibles à tout moment, et leurs intérêts échappent à l’impôt et aux prélèvements sociaux. Le livret d’épargne populaire, réservé aux revenus modestes, rapporte davantage jusqu’à 10 000 €. Leur taux est fixé par l’État et revu deux fois par an.
- Pour qui
- Tout le monde, pour la réserve de précaution et les projets à moins de deux ans.
- Ce que ça change
- L’argent disponible évite le crédit et le découvert ; au-delà de la réserve, il perd face à l’inflation sur la durée.
- Peut-on revenir en arrière
- Retrait à tout moment, sans frais ni impôt ; les intérêts se calculent par quinzaine.
CMF art. L.221-1 · CMF art. L.221-13 · CMF art. L.221-27
Le PEA
Des actions européennes, et des gains sans impôt sur le revenu après cinq ans ; le compteur part à l’ouverture.
Le plan d’épargne en actions reçoit jusqu’à 150 000 € de versements, investis en actions et fonds européens. Après cinq ans, les retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus, et un retrait ne ferme plus le plan. Avant cinq ans, un retrait clôture le plan et les gains sont taxés. La date qui compte est celle de l’ouverture, pas celle des versements.
- Pour qui
- Les épargnants qui acceptent les variations des marchés pour un horizon de cinq ans et plus.
- Ce que ça change
- Sur 20 000 € de gains, la sortie après cinq ans coûte 3 720 € de prélèvements, contre 6 280 € sur un compte-titres au taux de 31,4 %.
- Peut-on revenir en arrière
- Retrait possible à tout moment ; avant cinq ans, il ferme le plan, sauf cas prévus comme un licenciement ou une invalidité.
CMF art. L.221-30 · CMF art. L.221-32 · CGI art. 150-0 A
Le guide complet compte 7 points
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Deux questions sur le sujet
Josiane, 68 ans, veuve, garde 40 000 € sur le fonds en euros de son assurance-vie. Il lui a rapporté 2,5 % l’an dernier et elle en est contente : « au moins, ça ne bouge pas ». L’inflation, elle, a été de 2 %.
De combien son pouvoir d’achat a-t-il vraiment augmenté en un an ?
- De 2,5 % : c’est ce que l’assureur lui a versé
- D’à peine 0,5 % : l’inflation a mangé le reste
- De rien du tout : elle a perdu de l’argent
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2,5 % affichés, 0,5 % dans la poche : le reste, c’est l’inflation qui l’a pris. Le rendement qui compte n’est pas celui du relevé, c’est celui qui reste une fois l’inflation retirée. 2,5 % de rendement moins 2 % de hausse des prix, cela donne 0,5 % de gain réel. Le capital de Josiane grossit sur le papier, mais il achète à peine plus qu’avant.
CGI art. 125-0 A
Rachid, 34 ans, technicien salarié, vient de toucher une prime de 8 000 €. Il a 1 200 € sur son compte courant, aucun autre argent de côté, et dépense environ 2 000 € par mois. Il veut tout placer en actions « pour que ça travaille ».
Quelle réserve de précaution retient-on en général avant de placer à long terme ?
- Un mois de salaire : le suivant arrive vite
- Deux ans de dépenses : on ne sait jamais
- Six mois de dépenses, soit environ 12 000 €
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Six mois de dépenses au chaud d’abord, la bourse ensuite : sa prime entière n’y suffit même pas. Avant un placement à long terme, l’usage retient une réserve immédiatement disponible couvrant au moins six mois de dépenses courantes. Pour Rachid, cela fait 12 000 € : sa prime plus son compte courant n’y arrivent pas encore. Cette réserve ne sert pas à rapporter, elle sert à ne jamais être obligé de vendre au mauvais moment.
C. mon. fin. art. L.221-1 et s.
Les mots à connaître
Un contrat d’épargne, pas une assurance décès : on y place de l’argent, on le retire quand on veut, et au décès le capital va aux bénéficiaires désignés, hors succession, avec sa propre fiscalité. Après huit ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel.
Un prêt que l’assureur vous accorde sur votre propre contrat, sans le fermer ni déclencher d’impôt. On le rembourse plus tard, avec des intérêts ; le contrat continue de produire ses gains pendant ce temps.
Un compte pour détenir des actions, des obligations ou des fonds, sans plafond ni contrainte, mais sans avantage fiscal : chaque gain est taxé à 31,4 %, sauf option pour le barème.
L’argent gardé disponible pour les imprévus, souvent trois à six mois de dépenses, sur un livret garanti. Elle évite de payer une panne ou une facture avec un crédit ou un découvert.