Retraite : 7 chiffres qui comptent
La retraite se calcule avec sept nombres. Presque personne ne les connaît avant 60 ans.
Pour quiToute personne qui travaille, surtout après 45 ans.
Les deux premiers points du guide
170 à 172 trimestres
Les trimestres du taux plein : 170 pour les nés de 1963 à mars 1965, 171 d’avril à décembre 1965, 172 à partir de 1966.
Un trimestre se valide avec un revenu égal à 150 heures payées au SMIC, et non avec trois mois de travail ; quatre au plus par an. Enfants, chômage indemnisé, maladie et service national comptent aussi, dans certaines limites.
- Pour qui
- Toute personne qui prépare son départ, et d’abord les générations 1963 à 1966, concernées par la suspension de la réforme.
- Ce que ça change
- Chaque trimestre manquant au départ coûte deux fois : la décote de 1,25 % et une pension calculée sur les seuls trimestres réunis.
- Peut-on revenir en arrière
- Un relevé erroné se fait corriger auprès de sa caisse ; des trimestres manquants se rachètent, sous conditions et à un coût élevé.
CSS art. L351-1 · R351-9 · LFSS 2026
67 ans
L’âge du taux plein automatique : il supprime la décote, pas les trimestres manquants.
À 67 ans, le taux de 50 % est acquis quel que soit le nombre de trimestres. Mais la pension reste proportionnelle à la carrière : 130 trimestres sur 172 donnent un peu plus des trois quarts de la pension complète.
- Pour qui
- Les personnes aux carrières courtes ou interrompues : études longues, périodes à l’étranger, arrêts pour les enfants.
- Ce que ça change
- Partir à 67 ans évite la décote, pas la proratisation : une carrière de 130 trimestres donne environ 76 % de la pension de base d’une carrière complète.
- Peut-on revenir en arrière
- La date de départ se choisit ; une fois la pension liquidée, elle ne se recalcule plus, sauf droits nouveaux ouverts par un cumul emploi-retraite.
CSS art. L351-8
Le guide complet compte 7 points
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Deux questions sur le sujet
Marguerite, 66 ans, a eu une carrière hachée : 125 trimestres validés sur les 167 requis pour sa génération. Elle attend ses 67 ans, l’âge du « taux plein automatique », persuadée que sa pension sera alors au maximum.
À 67 ans, la pension de base de Marguerite sera-t-elle au maximum ?
- Non, elle sera réduite d’environ un quart faute de trimestres
- Oui, 67 ans donne le taux plein
- Oui, si elle a cotisé au moins 120 trimestres
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Non : le taux plein supprime la décote, mais pas la carrière incomplète. Avec 125 trimestres sur 167, sa pension reste réduite d’un quart. Une pension de base dépend de deux choses : le taux (50 % au maximum) et la proportion de trimestres validés par rapport au nombre requis. À 67 ans, on obtient le taux de 50 % quoi qu’il arrive : plus de pénalité. Mais la deuxième condition reste : avec 125 trimestres sur 167, la pension est multipliée par 125/167, soit environ 75 %.
CSS art. L.351-8
Françoise, 68 ans, veuve depuis cinq ans, touche deux pensions de réversion issues de la carrière de son mari : celle de la Sécurité sociale et celle de la retraite complémentaire des salariés. Elle envisage de se remarier avec Bernard.
Que deviennent ses pensions de réversion si elle se remarie ?
- Elle garde les deux
- Elle perd les deux
- Elle garde celle de la Sécurité sociale, mais perd définitivement la complémentaire
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Elle conserve la réversion du régime de base, mais le remariage supprime pour toujours celle de la retraite complémentaire. Les deux régimes n’ont pas les mêmes règles. Le régime de base des salariés (Sécurité sociale) ne retire pas la réversion en cas de remariage. La retraite complémentaire des salariés du privé, elle, la supprime définitivement dès que le bénéficiaire se remarie, que la pension soit déjà versée ou pas encore demandée.
CSS art. L.353-1 · Règlement AGIRC-ARRCO
Les mots à connaître
Une somme forfaitaire versée par la Sécurité sociale aux proches d’un salarié qui meurt en activité, 4 009 € en 2026. Elle ne passe pas par la succession et ne supporte ni droits ni prélèvements.
Le dispositif qui permet de partir à la retraite avant l’âge légal quand on a commencé à travailler jeune, avec assez de trimestres cotisés dès les premières années.
Deux sens. Pour l’impôt sur le revenu : une réduction automatique des petits impôts, qui adoucit l’entrée dans le barème. Pour la retraite : la baisse de la pension quand on part avant d’avoir tous ses trimestres, 1,25 % par trimestre manquant.
Un plan bloqué jusqu’à la retraite, dont les versements se déduisent du revenu imposable. L’économie d’impôt à l’entrée est reprise à la sortie, au taux d’alors : le PER décale l’impôt dans le temps, il ne le supprime pas.