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Retraite & prévoyance

Rachat de trimestres : 6 chiffres

Racheter des trimestres coûte au barème, avant réduction, de 1 055 € à près de 8 700 € pièce en 2026. Six chiffres pour savoir quand la dépense se rembourse, et quand elle ne sert à rien.

Pour quiCeux qui ont fait des études longues, eu des années incomplètes, et qui approchent du calcul de leur pension.

  1. 112 trimestresGratuit
  2. 21 055 € à 8 675 €Gratuit
  3. 3Taux seul ou taux et duréeGratuit
  4. 4− 670 € ou − 1 000 €Gratuit
  5. 51,25 % par trimestreGratuit
  6. 6100 % déductibleGratuit
Le guide complet, gratuit sur le site

6 points pour comprendre le sujet

1

12 trimestres

Le maximum rachetable, au titre des années d’études supérieures et des années civiles incomplètes, tous régimes confondus.

Le rachat porte sur des périodes précises, justifiées par un diplôme ou un relevé. Il se demande à la caisse, qui notifie un prix. Ce prix se règle, comptant ou par une première échéance, avant la fin du deuxième mois suivant sa décision.

Ce que ça coûte Le paiement s’échelonne sur un, trois ou cinq ans selon le nombre de trimestres, avec majoration au-delà d’un an.

Pour qui
Toute personne à qui il manquera des trimestres à l’âge légal.
Ce que ça change
Douze trimestres rachetés en option taux, avec un revenu au-dessus du plafond, coûtent environ 42 800 € à 50 ans. À 62 ans, c’est plus de 54 000 €.
Peut-on revenir en arrière
Le rachat est définitif une fois payé ; le remboursement ouvert par la réforme de 2023 a pris fin le 14 avril 2025.

CSS art. L.351-14-1 · D.351-3 · D.351-7 · D.351-9

2

1 055 € à 8 675 €

Le coût d’un trimestre selon l’âge, le revenu et l’option, jusqu’à près de 8 700 € dans la tranche de revenu intermédiaire, où il suit le revenu, d’après le barème de 2013 toujours applicable en 2026.

Le prix monte avec l’âge jusqu’à 62 ans, puis redescend. À 40 ans, un trimestre coûte environ un tiers de moins qu’à 60 ans.

Il dépend aussi du revenu, selon trois tranches en 2026. La première va jusqu’à 75 % du plafond de la Sécurité sociale, environ 36 000 €. La deuxième va de ce seuil à 48 060 €, et la troisième au-dessus.

Ce que ça coûte Le barème donne un montant fixe dans la tranche basse et la tranche haute, un pourcentage du revenu entre les deux.

Pour qui
Ceux qui hésitent sur le moment de racheter.
Ce que ça change
À 45 ans et 42 000 € de revenu, 3 578 € en option taux, 5 300 € en option taux et durée.
Peut-on revenir en arrière
Le prix notifié se règle, ou s’engage par une première échéance, avant la fin du deuxième mois suivant la décision. Passé ce délai, une nouvelle demande au nouvel âge peut coûter plus cher.

CSS art. D.351-8 · D.351-14

3

Taux seul ou taux et durée

Les deux options : la première supprime la décote de 1,25 % par trimestre, la seconde ajoute aussi les trimestres à la durée d’assurance, pour environ moitié plus cher.

L’option taux coûte environ un tiers de moins. Elle efface la décote, mais la pension reste proratisée sur les trimestres réunis. L’option taux et durée sert aux carrières courtes.

Ce que ça coûte L’option se choisit dans la demande de rachat, pour les trimestres qu’elle vise, et ne change plus ensuite.

Pour qui
Ceux qui savent combien de trimestres leur manqueront.
Ce que ça change
Sur une pension de 1 800 € avant décote, quatre trimestres manquants la ramènent à 1 710 €. Un trimestre racheté en option taux la porte à 1 732,50 € : 22,50 € par mois, 1,25 % de la pension avant décote. En option taux et durée, si la durée d’assurance est elle aussi incomplète, le trimestre compte aussi dans la proratisation : environ 10 € de plus pour 172 trimestres requis, près de 33 € au total.
Peut-on revenir en arrière
Aucun changement d’option une fois la demande déposée.

CSS art. L.351-14-1 · D.351-4

4

− 670 € ou − 1 000 €

La réduction par trimestre pour les jeunes actifs qui rachètent leurs années d’études jusqu’à la fin de l’année de leurs 40 ans, sur quatre trimestres au plus.

La réduction est de 670 € pour l’option taux et de 1 000 € pour l’option taux et durée, avec un paiement échelonné possible. Elle s’ajoute au prix plus bas de l’âge.

Ce que ça coûte La demande se dépose auprès de la caisse au plus tard le 31 décembre de l’année des 40 ans.

Pour qui
Les diplômés du supérieur, jusqu’à l’année de leurs 40 ans.
Ce que ça change
Quatre trimestres à 27 ans, revenu modeste : environ 2 600 € en option taux au lieu de 5 300 €, déductibles.
Peut-on revenir en arrière
Après l’année des 40 ans, le tarif plein s’applique.

CSS art. D.351-14-1

5

1,25 % par trimestre

La décote appliquée au taux de pension pour chaque trimestre manquant au taux plein, dans la limite de vingt trimestres, soit 25 % au plus.

Le rachat en option taux supprime la décote sur les trimestres rachetés. Racheter des trimestres au-delà de ce qui manque ne sert à rien. Pour un départ à 67 ans, il n’y a pas de décote.

Ce que ça coûte La décote se calcule au plus favorable entre les trimestres manquants pour le taux plein et ceux manquants pour 67 ans.

Pour qui
Ceux qui envisagent de partir avant le taux plein.
Ce que ça change
Quatre trimestres manquants sur une pension de 1 800 € avant décote : 90 € par mois de décote, 1 080 € par an, à vie.
Peut-on revenir en arrière
Travailler quatre trimestres de plus efface la même décote sans dépense, et ajoute de la durée d’assurance, des points de complémentaire et parfois un meilleur salaire moyen ; le départ est en revanche repoussé d’un an.

CSS art. L.351-1 · R.351-27

6

100 % déductible

Le montant du rachat se déduit du revenu imposable l’année du paiement, sans plafond ; à 30 % de taux marginal, l’impôt baisse de 27 % à 30 % du montant, selon que la déduction de 10 % pour frais professionnels joue ou non.

L’échelonnement sur plusieurs années répartit la déduction. Un versement unique peut faire tomber une année entière dans une tranche inférieure.

Ce que ça coûte La déduction vaut pour le régime général et les régimes alignés. L’Agirc-Arrco propose en parallèle un rachat de points pour les mêmes années d’études, déductible lui aussi.

Pour qui
Tout contribuable imposable qui rachète.
Ce que ça change
Pour 14 300 € rachetés par un salarié imposé à 41 %, la déduction de 10 % pour frais professionnels se calcule après le rachat : l’impôt baisse d’environ 5 300 €, si tout reste dans cette tranche. Le coût net est d’environ 9 000 €, soit un peu plus de huit ans du gain de 1 080 € par an, sur une pension de 1 800 € avant décote. Ce ratio simple ne tient compte ni de l’impôt et des prélèvements sociaux sur la pension, ni de ce que la somme aurait rapporté placée, ni de la durée de la retraite. Pour un indépendant, la baisse atteint près de 5 900 €.
Peut-on revenir en arrière
La déduction est acquise l’année du paiement, même si la retraite est prise ailleurs ensuite.

CGI art. 83, 1° · 154 bis

La réponse complète, sur le blog

L’article qui développe ce sujet

Techniques avancées

Ces points se vérifient avec la caisse de retraite et un professionnel du bilan retraite, relevé de carrière et simulation de pension en main.

Le versement pour la retraite des années d’apprentissage et de stage

Les apprentis d’avant 2014 et les stagiaires d’études peuvent racheter leurs périodes à un tarif réduit, distinct du rachat d’études.

Pour les stages, le rachat porte sur deux trimestres au plus, à 481 € par trimestre en 2026. Il se demande avant la fin de l’année des 30 ans. Pour l’apprentissage antérieur à 2014, le tarif préférentiel est de 1 618 € par trimestre en 2026, limité à quatre trimestres.

Les trimestres d’apprentissage s’imputent sur le plafond de douze trimestres. Ceux de stage s’imputent sur les quatre trimestres d’études rachetables à tarif réduit. Tous ces versements se déduisent de la même façon.

CSS art. L.351-17 · D.351-16 · L.351-14-1, IV · D.351-14-3

La surcote plutôt que le rachat

Chaque trimestre cotisé après l’âge légal, une fois la durée requise atteinte, majore la pension de base de 1,25 %, sans limite. La complémentaire accumule des points.

Quatre trimestres de plus valent 5 % de pension à vie. La surcote ne commence qu’une fois la durée requise atteinte : un rachat n’apporte alors plus rien. Avant ce cap, quatre trimestres travaillés réduisent la décote comme quatre trimestres rachetés, sans dépense et avec un salaire perçu entre-temps.

Le calcul du rachat se compare à cette alternative, et au cumul emploi-retraite. Celui-ci crée depuis 2023 de nouveaux droits, réservés aux périodes travaillées après 67 ans pour une première pension prenant effet à compter de 2027.

CSS art. L.351-1-2 · D.351-1-4 · L.161-22-1-1

Le remboursement du rachat rendu inutile par la réforme

Certains assurés ont vu leur rachat devenir sans effet à cause du relèvement de l’âge légal ou de la durée d’assurance. Ils ont pu en demander le remboursement, revalorisé, dans les délais fixés par la loi de 2023.

La règle générale reste que le rachat payé n’est pas remboursable. Un rachat effectué près de la liquidation porte sur les seuls trimestres réellement manquants, quitte à payer un peu plus cher.

Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 art. 10

Préparer vos échanges

Avant de décider

Ces six chiffres sont ceux du régime général en 2026, sur le barème fixé en 2013 et reconduit. Votre relevé de carrière, votre âge de départ, vos autres régimes et votre taux d’imposition en font l’application.

La caisse notifie le prix, et un professionnel calcule si la dépense se rembourse. Ce guide informe, il ne remplace pas la notification de votre caisse.

À demander aux professionnels
  • Racheter des trimestres ou travailler plus longtemps : lequel coûte le moins dans mon cas ?
  • Quelle année payer le rachat pour le déduire au mieux ?
Les documents à réunir
  • Votre relevé de carrière et votre estimation indicative globale, sur info-retraite.fr
Se tester

Deux questions sur le sujet

Retraite & prévoyance

Marguerite, 66 ans, a eu une carrière hachée : 125 trimestres validés sur les 167 requis pour sa génération. Elle attend ses 67 ans, l’âge du « taux plein automatique », persuadée que sa pension sera alors au maximum.

À 67 ans, la pension de base de Marguerite sera-t-elle au maximum ?

  • Non, elle sera réduite d’environ un quart faute de trimestres
  • Oui, 67 ans donne le taux plein
  • Oui, si elle a cotisé au moins 120 trimestres
Voir la réponseMasquer la réponse
La réponse

Non. À 67 ans, Marguerite obtient le taux plein de 50 % quoi qu’il arrive : la décote disparaît. Mais sa carrière reste incomplète. Une pension de base dépend de deux choses : le taux, et la part de trimestres validés sur le nombre requis. Avec 125 trimestres sur 167, sa pension est multipliée par 125/167, soit environ 75 %. Elle reste donc réduite d’un quart.

CSS art. L.351-8

Le détail du calcul

La pension de base tient en une formule : salaire annuel moyen × taux × trimestres réunis ÷ trimestres requis. À 67 ans, le taux est de 50 % d’office, mais le rapport de 125 sur 167 réduit la pension d’un quart. Pour un salaire moyen de 30 000 €, Marguerite toucherait environ 11 200 € par an au lieu de 15 000 €.

Les conditions à remplir

Tous les trimestres comptent : cotisés, mais aussi assimilés, comme le chômage indemnisé, la maladie, la maternité, et les majorations pour enfants. Un relevé de carrière peut être incomplet : une période oubliée, un emploi à l’étranger ou un service militaire peuvent manquer, et se corrigent avant le départ.

Ce qu’on peut faire autrement

Chaque trimestre ajouté augmente la pension de 1/167e de la pension complète, environ 90 € par an pour un salaire moyen de 30 000 €, même à taux plein, jusqu’à 167 trimestres. Travailler au-delà de 67 ans en ajoute, et ouvre une surcote une fois les 167 atteints. Même sans travailler, demander sa retraite après 67 ans majore la durée d’assurance de 2,5 % par trimestre d’attente, tant que la carrière reste incomplète. Le rachat d’années d’études ou d’années incomplètes est possible, à un coût élevé, dont le rapport au gain de pension varie selon les situations.

Retraite & prévoyance

Françoise, 68 ans, retraitée depuis sept ans, veuve depuis cinq ans, touche, en plus de ses propres retraites, deux pensions de réversion issues de la carrière de son mari : celle de la Sécurité sociale et celle de la retraite complémentaire des salariés. Elle envisage de se remarier avec Bernard.

Que deviennent ses pensions de réversion si elle se remarie ?

  • Elle garde les deux, rien ne change
  • Elle garde la base, perd la complémentaire
  • Elle perd les deux, base et complémentaire
Voir la réponseMasquer la réponse
La réponse

Françoise garde la réversion du régime de base, mais perd pour toujours celle de la retraite complémentaire. Les deux régimes n’ont pas les mêmes règles. Le régime de base des salariés, la Sécurité sociale, ne retire pas la réversion en cas de remariage. Il la soumet à une condition de ressources, celles du nouveau couple après un remariage, mais seulement tant qu’elle est encore révisable, jusqu’à trois mois après le début de toutes les retraites personnelles. Celle de Françoise, retraitée depuis sept ans, est figée : elle ne bouge plus. La retraite complémentaire des salariés du privé, elle, la supprime définitivement dès le remariage. Peu importe que la pension soit déjà versée ou pas encore demandée.

CSS art. L.353-1 · Règlement AGIRC-ARRCO

Pourquoi c’est comme ça

La réversion du régime général, 54 % de la pension du défunt, est soumise à une condition de ressources, environ 25 000 € par an pour une personne seule et 40 000 € pour un couple en 2026, appréciée sur les trois derniers mois ou les douze derniers en cas de dépassement ; le remariage ne la supprime pas, mais fait entrer les revenus du nouveau conjoint dans le calcul, ce qui peut la réduire ou la faire disparaître par dépassement du plafond, avec une révision possible jusqu’à trois mois après la liquidation de tous les avantages personnels de retraite. La réversion Agirc-Arrco, 60 % des points du défunt, sans condition de ressources, est supprimée par le remariage en application du règlement du régime, de façon définitive : un divorce ultérieur ne la fait pas renaître, et une réversion non encore demandée est perdue aussi.

Jusqu’où ça va

Le PACS et le concubinage ne sont pas des remariages : Françoise peut se pacser avec Bernard ou vivre avec lui sans perdre aucune des deux réversions ; les revenus d’un partenaire pacsé ou d’un concubin entrent dans la condition de ressources de la base comme ceux d’un nouvel époux, tant qu’elle est révisable, ce qui n’est plus le cas pour elle. La réversion des régimes de la fonction publique, 50 % sans condition de ressources, est supprimée en cas de remariage, de PACS ou de concubinage notoire, et peut être recouvrée, sur demande, si la nouvelle union cesse ; celle des indépendants suit la règle du régime général pour la base et une règle propre pour la complémentaire. Les conjoints divorcés se partagent la réversion de base au prorata des années de mariage, ce qui vaut aussi pour la complémentaire, non remariés seulement.

Ce que ça coûte vraiment

Pour Françoise, si la réversion Agirc-Arrco de son mari, cadre, atteint 800 € par mois, le remariage lui coûte près de 10 000 € par an à vie, sa réversion de base, figée depuis des années, restant ce qu’elle est ; sur les quelque vingt ans d’espérance de vie d’une femme de 68 ans, près de 190 000 €. Une veuve dont les retraites personnelles viennent de commencer verrait en plus sa base recalculée sur les ressources du couple. Un PACS avec Bernard lui donne l’exonération de droits de succession entre partenaires, avec un testament, sans toucher à ses deux réversions. Le mariage se pèse à ce prix.

Le lexique

Les mots à connaître

Capital décès

Une somme forfaitaire versée par la Sécurité sociale aux proches d’un salarié qui meurt : 4 009 € depuis le 1ᵉʳ avril 2026. Dans les trois mois avant le décès, il devait être salarié, indemnisé par France Travail, invalide pensionné ou titulaire d’une rente d’accident du travail d’au moins 66,66 %,…

Carrière longue

Le dispositif qui permet de partir à la retraite avant l’âge légal quand on a commencé à travailler jeune, avec assez de trimestres cotisés dès les premières années et toute la durée requise cotisée.

Décote

Ce mot a deux sens. Pour l’impôt sur le revenu, c’est une réduction automatique des petits impôts, qui adoucit l’entrée dans le barème. Pour la retraite, c’est la baisse du taux de la pension de base quand on part avant 67 ans sans tous ses trimestres, sauf taux plein accordé plus tôt, pour…

PER (plan d’épargne retraite)

Un plan bloqué en principe jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. Ses versements se déduisent du revenu imposable, sauf option contraire et, depuis 2026, sauf ceux faits à partir de 70 ans. Les versements déduits sont imposés à la sortie, au taux d’alors : l’impôt payé peut être plus…