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Immobilier

Achat immobilier à deux : que prévoir quand les apports sont différents ?

Par la rédaction d’Aket · publié le

Vous apportez 60 000 €, votre partenaire 20 000 €, et vous pensez rembourser le crédit à parts égales. Faut-il acheter à 50/50 ? Pas nécessairement. Pour un achat en indivision, les proportions de propriété sont celles de l’acte. Elles ne se recalculent pas automatiquement à chaque mensualité.

L’apport n’est qu’une partie du financement

Prenons un projet de 300 000 €, frais compris. Léa apporte 60 000 € et Hugo 20 000 €. Le crédit de 220 000 € est prévu à moitié par chacun. Leur contribution prévue atteint donc 170 000 € pour Léa et 130 000 € pour Hugo. Ce calcul peut nourrir la discussion sur les proportions à inscrire : environ 56,67 % et 43,33 %. Il ne remplace pas la rédaction notariale ni l’examen du régime du couple.

Le crédit et la propriété sont deux sujets différents

Un engagement à rembourser la banque n’attribue pas, à lui seul, un pourcentage du logement. Inversement, une répartition de propriété ne dispense pas de respecter les obligations du prêt. Si l’un finance finalement davantage que prévu, une créance peut être discutée selon les accords et les circonstances ; elle n’est pas une modification automatique du titre.

Trois conversations avant de signer

Trois points se présentent en général au notaire : les apports, leur origine et le remboursement envisagé ; le traitement d’une modification durable de la contribution de chacun ; la séparation et le décès, où pouvoir racheter une part et pouvoir hériter sont deux protections différentes.

Cette présentation concerne l’indivision. Un mariage sous communauté ou un PACS avec une convention particulière impose une analyse adaptée. Une répartition rassurante sur le papier peut être inadaptée si elle ne correspond ni au régime juridique ni au projet du couple.

Une question pour vérifier

Je rembourse 60 % du crédit : suis-je automatiquement propriétaire de 60 % ?

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Non : la réponse se lit notamment dans le titre de propriété et dans le régime applicable.

Information générale sur le droit français en vigueur à la date de publication, pas un conseil personnalisé. Les situations et montants des exemples sont fictifs. Pour une décision qui vous engage, consultez un notaire, un avocat ou un conseiller en gestion de patrimoine.

Sources

Dans l’application

Des questions du quiz sur ce sujet

Immobilier

Manon, 31 ans, et Idris, 33 ans, vivent ensemble sans être mariés ni pacsés. Ils achètent une maison 600 000 € : Idris apporte 200 000 € d’économies, le reste est emprunté et remboursé moitié-moitié. À 50/50, sa part de l’apport aurait été de 100 000 € : il a donc mis 100 000 € de plus que sa part. Chez le notaire, ils signent l’acte « à parts égales », sans y réfléchir.

S’ils se séparent et vendent la maison, Idris récupère-t-il d’office ces 100 000 € payés en plus ?

  • Oui, mais seulement la moitié, puisqu’ils vivaient à deux
  • Non : l’acte dit 50/50, donc chacun a droit à la moitié
  • Oui : l’apport se rembourse automatiquement avant de partager le prix
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La réponse

Ce qui compte, c’est ce qui est écrit sur l’acte, pas ce qui est sorti du compte en banque. Entre personnes non mariées, la loi ne connaît que l’acte d’achat. À 50/50 sur le papier, la maison et le prix de vente se partagent en deux. Les 100 000 € versés en plus par Idris ne lui reviennent pas d’office. Il devra prouver qu’il s’agissait d’une avance à rembourser, et non d’un cadeau ou de sa participation aux dépenses du couple.

C. civ. art. 515-8 · C. civ. art. 815 · CGI art. 777

La vie à 2

Julie, 43 ans, et Romain, 45 ans, concubins, ont acheté il y a quatre ans un appartement à Bordeaux 200 000 €. Julie a apporté 120 000 €, Romain 80 000 €, mais l’acte notarié indique 50/50. L’appartement vaut aujourd’hui 260 000 €. Ils se séparent et vendent.

Que revient-il à Julie sur les 260 000 € ?

  • La moitié, 130 000 €, plus 20 000 € remboursés
  • La moitié, 130 000 €, point final
  • 60 % du prix de vente, soit 156 000 €
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La réponse

130 000 € plus 20 000 €. La plus-value sur son apport en trop ? Pour Romain. Sans mariage ni PACS, ce qui compte est ce qui est écrit dans l’acte d’achat. À 50/50, chacun est propriétaire de la moitié, et donc de la moitié de la plus-value. Celui qui a payé plus que sa part peut demander le remboursement de l’excédent, ici 20 000 € payés pour la part de Romain. Mais s’il s’agit d’un prêt, c’est pour son montant d’origine, sans revalorisation.

C. civ. art. 1895 · C. civ. art. 1303 · C. civ. art. 815 · Cass. 1re civ., 10 sept. 2025, n° 24-12.672

Immobilier

Yasmine, 34 ans, et Romain, 36 ans, ne sont ni mariés ni pacsés et achètent leur premier appartement ensemble. Le notaire évoque une société civile immobilière ; ils répondent que « c’est pour les riches » et partent sur l’indivision, plus simple.

Quelle est la différence de fond entre les deux formules ?

  • L’indivision se quitte à tout moment ; la société l’organise
  • Aucune au quotidien : la société coûte juste plus cher
  • La société fait payer moins d’impôt sur les loyers
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La réponse

L’indivision, c’est la sortie sauvage. La société, c’est une sortie balisée par les statuts et par la loi. En indivision, nul n’est tenu d’y rester : chacun peut demander le partage, donc la vente, à tout moment. Une convention d’indivision ne peut geler cela que cinq ans à la fois. Dans une société civile, la sortie d’un associé se prévoit dans les statuts, avec le retrait ou l’agrément du repreneur. Le bien commun est ainsi protégé contre un départ brutal.

C. civ. art. 815 · C. civ. art. 815-17 · C. civ. art. 1857 · C. civ. art. 1869 · C. civ. art. 1873-3