Un versement sur un PER, un don à une association, un salarié à domicile pour le ménage ou la garde des enfants : les trois « réduisent l’impôt », dit-on. Mais pas de la même manière, ni du même montant. Le PER se déduit du revenu, le don ouvre une réduction d’impôt, l’emploi à domicile un crédit d’impôt : trois mécanismes qui ne retirent pas la même somme.

Trois mécanismes, trois résultats
Une déduction se retranche du revenu avant le calcul de l’impôt. Elle vaut donc votre tranche marginale : 30 % de la somme déduite si vous êtes dans la tranche à 30 %, 11 % dans la tranche à 11 %, rien si vous n’êtes pas imposable. Le PER fonctionne ainsi.
Une réduction se retranche de l’impôt lui-même, à un taux fixe, quel que soit votre revenu. Mais elle ne peut pas dépasser l’impôt dû : si elle est plus grande, l’excédent est perdu, sauf report prévu par la loi. Les dons fonctionnent ainsi.
Un crédit se retranche aussi de l’impôt, mais s’il le dépasse, l’administration rembourse la différence. Il profite donc aussi à ceux qui ne paient pas d’impôt. L’emploi à domicile et la garde d’enfants fonctionnent ainsi. Le guide Budget et impôts rappelle comment l’impôt lui-même se calcule, par parts et par tranches.
Le PER : une déduction plafonnée, et un impôt différé
Ce que vous versez volontairement sur un plan d’épargne retraite vient en déduction de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus d’activité de l’année précédente, nets de frais professionnels, retenus jusqu’à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, avec un minimum de 10 % de ce plafond (CGI art. 163 quatervicies). Pour les versements de 2026, cela donne un plafond compris entre 4 710 € et 37 680 €. La part non utilisée des trois années précédentes s’ajoute ; à partir des plafonds de 2026, elle se reporte sur cinq ans (loi de finances pour 2026, art. 10).
L’économie vaut la tranche marginale, à condition que le versement ne fasse pas descendre le revenu dans la tranche inférieure, auquel cas la fin du versement ne rapporte plus que 11 %. Et l’économie n’est pas définitive : le capital déduit sera imposé à la sortie, au barème de l’époque ; sorti en capital, il peut, sous conditions, bénéficier du système du quotient, qui atténue la progressivité (BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 100). Depuis 2026, les versements faits après 70 ans ne sont plus déductibles (loi de finances pour 2026, art. 9). L’article PER : comparer l’économie d’impôt à l’entrée et la fiscalité à la sortie suit cet aller-retour.
Les dons : 66 % ou 75 %, dans deux plafonds
Un don à un organisme d’intérêt général, culturel, sportif, éducatif ou humanitaire, ouvre une réduction de 66 % de son montant, dans la limite de 20 % du revenu imposable (CGI art. 200). Ce qui dépasse ces 20 % se reporte sur les cinq années suivantes.
Un don à un organisme qui fournit des repas, des soins ou un logement à des personnes en difficulté, ou qui accompagne les victimes de violences domestiques, ouvre une réduction de 75 %, dans la limite de 2 000 € de dons par an en vigueur en 2026 ; au-delà, le taux de 66 % reprend. Le reçu fiscal de l’organisme indique la case à remplir. Dans les deux cas, un don de 100 € ne coûte donc que 34 € ou 25 € au donateur, à condition qu’il ait de l’impôt à réduire.
L’emploi à domicile : un crédit de 50 % sous plafonds
Les dépenses de services à la personne à domicile, ménage, garde d’enfants, soutien scolaire, jardinage, assistance à une personne âgée, ouvrent un crédit d’impôt de 50 % (CGI art. 199 sexdecies). Le plafond de dépenses est de 12 000 € par an, soit 6 000 € de crédit au plus. Il est majoré de 1 500 € par enfant à charge ou par membre du foyer de plus de 65 ans, sans dépasser 15 000 €, et porté à 15 000 € la première année d’emploi direct, 18 000 € avec les majorations.
Certaines prestations ont leur propre sous-plafond : 500 € pour le petit bricolage, 3 000 € pour l’assistance informatique, 5 000 € pour le jardinage. Les aides reçues, comme le complément de libre choix du mode de garde, se déduisent des dépenses avant le calcul. Et ce crédit entre dans le plafonnement global des avantages fiscaux, fixé à 10 000 € par an et par foyer (CGI art. 200-0 A), contrairement aux dons et au PER, qui en sont exclus.
Un exemple dans la tranche à 30 %
Prenons Claire, célibataire, 50 000 € de salaire imposable par an, soit 45 000 € après la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels. L’exemple est fictif et fige les règles : ses dépenses de 2026 sont chiffrées au barème publié en 2026 pour les revenus de 2025, celui des revenus de 2026 n’étant pas encore connu. À ce barème, son impôt est de 11 % sur la part comprise entre 11 600 € et 29 579 €, soit 1 978 €, puis 30 % sur la part comprise entre 29 579 € et 45 000 €, soit 4 626 € : 6 604 € en tout, avant tout levier.
En 2026, Claire verse 5 000 € sur un PER, donne 500 € à une association d’aide alimentaire et 1 000 € à un musée, et paie 4 000 € de ménage et de garde déclarés. Son plafond PER n’est pas 10 % de 50 000 € : il se calcule sur ses revenus de 2025 nets de frais, 10 % de 45 000 € soit 4 500 €, puis le plancher de 4 710 € en vigueur en 2026 le relève. Sur ses 5 000 €, seuls 4 710 € sont donc déductibles ; les 290 € restants ne le sont pas, faute de plafond non utilisé les trois années précédentes.
| Levier | Mécanisme | Somme versée | Impôt en moins |
|---|---|---|---|
| Versement PER | Déduction à la tranche de 30 %, limitée au plafond de 4 710 € | 5 000 €, qui restent sur son PER | 1 413 € |
| Don à une association d’aide alimentaire | Réduction de 75 % | 500 € | 375 € |
| Don à un musée | Réduction de 66 % | 1 000 € | 660 € |
| Ménage et garde à domicile | Crédit de 50 % | 4 000 € | 2 000 € |
| Total | 10 500 €, dont 5 000 € épargnés | 4 448 € |
Barème publié en 2026 pour les revenus de 2025, appliqué par hypothèse aux dépenses de 2026. Impôt après leviers : 6 604 − 4 448 = 2 156 €. Le PER reste à 30 % parce que 45 000 − 4 710 = 40 290 € dépasse encore 29 579 € ; l’impôt sur 40 290 € est de 5 191 €, moins 1 035 € de réductions et 2 000 € de crédit. Le crédit de 2 000 € reste sous le plafonnement global de 10 000 €.
Les quatre leviers ne se valent pas pour le même euro. Les 5 000 € du PER retirent 1 413 €, soit 30 % des 4 710 € déductibles, mais ils ne sont pas dépensés : ils restent à Claire, bloqués jusqu’à la retraite, sauf achat de la résidence principale ou accident de la vie, et imposables à la sortie. Les 1 500 € de dons retirent 1 035 € : ils lui coûtent 465 €. Les 4 000 € de ménage et de garde retirent 2 000 € : le service lui revient à 2 000 €.
Ce qu’il faut vérifier avant de compter dessus
La tranche d’abord : la même déduction de 4 710 € rapporterait 518 € dans la tranche à 11 %, et rien pour un foyer non imposable, alors que le crédit d’impôt de 2 000 € serait versé dans tous les cas. Le montant de l’impôt ensuite : une réduction ne peut pas dépasser l’impôt dû, et une personne dont l’impôt est de 300 € ne tirera que 300 € de 1 000 € de dons.
Le plafonnement global enfin : à 10 000 € par an, il additionne l’emploi à domicile, la garde d’enfants hors du domicile, les investissements locatifs défiscalisés et quelques autres. Un foyer qui cumule un crédit emploi à domicile de 6 000 € et une réduction locative de 5 000 € verra son avantage ramené à 10 000 €. Les dons, le PER et les effets du quotient familial restent hors de ce plafond.
Le calculateur d’impôt sur le revenu, qui applique le barème en vigueur en 2026 à votre foyer, est dans l’application (Platinum). Sur le site, le simulateur brut/net applique ce même barème à un salaire, gratuitement et dans votre navigateur.
Le dossier « Comprendre et anticiper mes impôts » recalcule votre impôt levier par levier sur votre propre déclaration, avec votre plafond PER restant et ce qu’il reste sous le plafonnement global : la page du projet.
Je ne suis pas imposable : un don de 300 € me rapporte-t-il 198 € ?
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Non. La réduction pour don se retranche de l’impôt dû et ne peut pas le dépasser ; sans impôt, elle ne rend rien. Seul un crédit d’impôt, comme celui de l’emploi à domicile, est remboursé quand il dépasse l’impôt.
Information générale sur le droit français en vigueur à la date de publication, pas un conseil personnalisé. Les situations et montants des exemples sont fictifs. Pour une décision qui vous engage, consultez un notaire, un avocat ou un conseiller en gestion de patrimoine.
Sources
- Service-public, Dons aux associations : réduction d’impôt de 66 % ou 75 % et plafonds
- Service-public, Emploi d’un salarié à domicile : crédit d’impôt de 50 % et plafonds
- Service-public, Plafonnement global des avantages fiscaux : 10 000 € par an
- Service-public, Plan d’épargne retraite (PER) : déduction des versements et fiscalité de sortie
- Service-public, Quel est le barème de l’impôt sur le revenu ?
- Légifrance, CGI art. 163 quatervicies : plafond de déduction des versements PER
- BOFiP, BOI-RSA-PENS-30-10-20 : prestations de retraite en capital, système du quotient


