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Salaire brut, net, net après impôt : où part la différence ?

Publié le  · révisé le

Votre contrat dit 3 000 € brut. Votre banque reçoit un peu plus de 2 200 €. Entre les deux, votre employeur a aussi versé près de 1 000 € que vous ne voyez jamais.

Une femme vue de dos lit une fiche de paie à sa table de cuisine, une tasse et un carnet posés à côté, devant une fenêtre lumineuse.

Quatre chiffres pour un seul salaire

Un salaire a quatre visages. Le coût employeur est ce que l’entreprise dépense en tout. Le brut est le montant écrit dans le contrat, base de calcul de toutes les cotisations. Le net est ce qui reste après les cotisations salariales. Le net après impôt est ce qui arrive sur le compte, une fois le prélèvement à la source retenu.

Prenons Nadia, salariée cadre dans une entreprise de moins de cinquante salariés, célibataire, sans enfant, payée 3 000 € brut par mois, hors mutuelle pour garder l’exemple lisible. L’exemple est fictif et les montants sont arrondis à l’euro. Le simulateur brut et net du site refait ce calcul avec vos propres chiffres, dans votre navigateur.

Du brut au net : les cotisations salariales

La part salariale finance la retraite de base, la retraite complémentaire et, par la CSG et la CRDS, l’assurance maladie et la dette sociale. Depuis 2018, le salarié ne paie plus de cotisation chômage ni de cotisation maladie en tant que telles. Les taux ci-dessous sont ceux du secteur privé en vigueur en 2026, sur un salaire inférieur au plafond de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € par mois. Deux lignes tiennent au statut de cadre de Nadia : la cotisation APEC, et la CSG et la CRDS dues sur la prévoyance que son employeur finance pour elle.

La CSG et la CRDS ont une assiette particulière : elles se calculent sur 98,25 % du brut, et non sur 100 %, jusqu’à quatre plafonds annuels de la Sécurité sociale. Sur 3 000 €, l’assiette est donc de 2 947,50 €.

Exemple fictif : les cotisations salariales de Nadia sur 3 000 € brut
CotisationTauxAssietteMontant
Vieillesse plafonnée et déplafonnée6,90 % + 0,40 %3 000 €219,00 €
Retraite complémentaire Agirc-Arrco, tranche 13,15 %3 000 €94,50 €
Contribution d’équilibre général (CEG)0,86 %3 000 €25,80 €
APEC0,024 %3 000 €0,72 €
CSG9,20 %2 947,50 €271,17 €
CRDS0,50 %2 947,50 €14,74 €
CSG et CRDS sur la prévoyance des cadres payée par l’employeur9,70 %45,00 €4,37 €
Total salarial630,30 €

Net à payer : 3 000 € − 630,30 € = 2 369,70 €, soit 2 370 € arrondis. Une mutuelle d’entreprise ou des titres-restaurant modifieraient ce montant. Un non-cadre n’aurait pas la ligne APEC, ni la dernière si son employeur ne finance pas de prévoyance pour lui.

Le net de Nadia est donc de 2 370 €, soit 79 % du brut. Ce rapport varie peu d’un salarié à l’autre sous le plafond de la Sécurité sociale ; au-dessus, les taux de retraite complémentaire changent et le rapport baisse légèrement.

Du net au net imposable : la CSG non déductible

Le net imposable n’est pas le net à payer. Sur les 9,2 % de CSG, seuls 6,8 points sont déductibles du revenu imposable ; les 2,4 points restants et la CRDS de 0,5 % restent imposables (CGI art. 154 quinquies). Ils se rajoutent au net pour former le net imposable.

Pour Nadia, 2,4 % de 2 947,50 € font 70,74 €, et la CRDS 14,74 €. S’y ajoute la même part non déductible sur les 45 € de prévoyance payés par l’employeur, 1,31 €. Son net imposable est donc de 2 369,70 € + 85,48 € + 1,31 € = 2 456,49 € par mois, soit 2 456 € arrondis et 29 478 € par an. C’est ce chiffre que l’employeur transmet à l’administration fiscale et qui sert au prélèvement à la source.

Du net imposable au net après impôt : le prélèvement à la source

Depuis 2019, l’employeur retient l’impôt sur le revenu directement sur la paie, à un taux que l’administration lui transmet. Ce taux est calculé sur la dernière déclaration du foyer et actualisé chaque année en septembre. Un couple imposé en commun reçoit par défaut un taux individualisé, calculé sur les revenus de chacun ; il peut demander le taux du foyer. Sans déclaration connue, un taux par défaut s’applique selon le salaire.

Pour Nadia, le calcul suit le barème en vigueur en 2026. Ses 29 478 € de revenu imposable deviennent 26 530 € après la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels. La part au-dessus de 11 600 € est taxée à 11 %, soit 1 642 € ; la décote prévue pour les impôts modestes (CGI art. 197) en retire 154 €. Son impôt annuel est de 1 488 €, soit 5,0 % de son revenu imposable, taux arrondi au dixième : c’est son taux de prélèvement.

Chaque mois, 5,0 % de 2 456,49 € sont retenus, soit 122,82 €. Le net après impôt de Nadia est de 2 369,70 € − 122,82 € = 2 246,88 €, soit 2 247 €. L’année suivante, après la déclaration de printemps, un solde ou un remboursement corrige l’écart entre les retenues et l’impôt réellement dû.

Au-dessus du brut : les cotisations patronales et la réduction générale

L’employeur verse, en plus du brut, des cotisations qui financent la maladie, la retraite, la famille, le chômage et les accidents du travail. Leurs taux pleins représentent environ 43 % du brut pour un cadre, prévoyance obligatoire de 1,5 % comprise, le taux accidents du travail variant selon l’activité. Sur 3 000 €, cela fait environ 1 290 € par mois avant toute réduction.

Exemple fictif, estimation : les cotisations patronales sur 3 000 € brut, avant réduction
CotisationTaux pleinMontant
Assurance maladie13,00 %390,00 €
Vieillesse plafonnée et déplafonnée8,55 % + 2,11 %319,80 €
Allocations familiales5,25 %157,50 €
Assurance chômage et AGS4,00 % + 0,25 %127,50 €
Agirc-Arrco et CEG, tranche 14,72 % + 1,29 %180,30 €
Prévoyance des cadres1,50 %45,00 €
Accidents du travail, FNAL, CSA, APEC, formation, apprentissageenviron 2,4 %environ 72 €
Total patronal avant réductionenviron 43,1 %environ 1 292 €

Taux du régime général en vigueur en 2026, entreprise de moins de cinquante salariés. Le taux accidents du travail est propre à chaque entreprise. La prévoyance des cadres, 1,50 % au moins sur la part du salaire sous le plafond de la Sécurité sociale, ne s’applique pas aux non-cadres.

Ces montants sont réduits par la réduction générale dégressive unique, appelée RGDU depuis 2026. Elle a remplacé l’ancienne réduction, qui s’arrêtait à 1,6 SMIC, ainsi que les taux réduits de cotisation maladie et famille, supprimés la même année. La RGDU est maximale au SMIC et décroît jusqu’à 3 SMIC, soit 65 629,20 € brut par an sur la base du SMIC de janvier 2026 ; au-delà, elle disparaît.

Le coefficient se calcule par une formule : 0,02 + T × [0,5 × (3 × SMIC annuel ÷ salaire annuel brut − 1)]^1,75, avec T = 0,3781 dans une entreprise de moins de cinquante salariés. Pour Nadia, 36 000 € par an, le coefficient vaut 0,0999, soit 3 596 € de réduction par an ou 300 € par mois. Les cotisations patronales retombent à environ 992 €, et le coût total de son poste à environ 3 992 €.

Le même salaire, vu de quatre endroits

Mis bout à bout, les quatre chiffres de Nadia se lisent ainsi. L’entreprise dépense environ 3 992 €. Le contrat dit 3 000 €. La fiche de paie annonce 2 370 € net et 2 456 € net imposable. Le compte en banque reçoit 2 247 €. Sur ce que l’employeur dépense, 56 % arrivent à la salariée après impôt ; le reste finance sa retraite, sa santé, sa prévoyance, l’assurance chômage et l’impôt sur le revenu.

Ce rapport n’est pas une perte : les cotisations retraite ouvrent des droits à pension, calculés selon les règles de chaque régime et non comme un compte qui rendrait les sommes versées, et la CSG finance les remboursements de soins. Mais le connaître change la lecture d’une proposition d’embauche, d’une augmentation ou d’un changement de statut : pour un non-cadre au même brut, l’employeur n’est pas tenu à la prévoyance d’au moins 1,5 % propre aux cadres, même si un accord de branche ou d’entreprise peut en prévoir une ; sans elle, le net est supérieur de quelques euros.

Le dossier « Comprendre et anticiper mes impôts » reprend ce calcul sur votre propre fiche de paie, puis chiffre chaque levier sur votre déclaration : la page du projet. Le guide Budget et impôts donne les repères du calcul de l’impôt lui-même.

Une question pour vérifier

Mon net imposable est plus élevé que mon net à payer : est-ce une erreur de paie ?

Voir la réponseMasquer la réponse

Non. La part non déductible de la CSG, 2,4 points, et la CRDS restent imposables et se rajoutent au net ; c’est sur ce net imposable que le prélèvement à la source s’applique.

Information générale sur le droit français en vigueur à la date de publication, pas un conseil personnalisé. Les situations et montants des exemples sont fictifs. Pour une décision qui vous engage, consultez un notaire, un avocat ou un conseiller en gestion de patrimoine.

Sources

Dans l’application

Ce que l’application ajoute sur ce sujet

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