Vous dirigez une société qui dégage plus de bénéfices que vous n’en dépensez, et on vous parle d’une holding. Une holding patrimoniale est une société dont l’actif est fait de titres d’autres sociétés. Elle ne supprime aucun impôt : elle déplace le moment où l’argent est imposé, de la filiale à votre poche. Voici ce qu’elle permet, à quelles conditions, et ce qu’elle coûte.

Ce qu’est une holding, et quand la question se pose
Une holding est une société, souvent une SAS ou une société civile à l’impôt sur les sociétés, qui détient des titres d’autres sociétés, ses filiales. Vous détenez la holding, qui détient votre société d’exploitation : les dividendes remontent d’un étage avant de vous atteindre.
La question se pose quand la société produit plus que son dirigeant ne consomme, ou quand une cession ou une transmission se prépare. Une holding passive détient et gère ses participations ; une animatrice conduit la politique du groupe et rend des services à ses filiales (CGI art. 787 B).
La holding n’est pas un compte personnel : y puiser pour une dépense privée sans dividende ni rémunération constitue un revenu distribué, imposé comme tel (CGI art. 109 et 111).
Le régime mère-fille : 5 % taxés, le reste remonte
Un dividende versé par une filiale à sa mère est en principe imposable chez la mère. Le régime des sociétés mères l’exonère si la mère est soumise à l’impôt sur les sociétés, détient au moins 5 % du capital de la filiale et conserve les titres deux ans (CGI art. 145). Reste imposable une quote-part de frais et charges de 5 % du dividende (CGI art. 216), à 25 %, ou à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les petites sociétés au capital entièrement libéré (CGI art. 219).
L’intégration fiscale suppose au moins 95 % de détention : la holding devient seule redevable de l’impôt pour le groupe et la quote-part sur les dividendes internes tombe à 1 % une fois la filiale membre depuis plus d’un exercice (CGI art. 223 A et 216). C’est une option pour cinq exercices, entre sociétés qui clôturent aux mêmes dates.
Le jour où la holding vous distribue, le dividende subit le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en vigueur en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou sur option le barème après un abattement de 40 % (CGI art. 200 A et 158).
Ce que la holding garde : l’exemple de Nadia
Un exemple fictif, en ordre de grandeur. Nadia détient 100 % d’une holding à l’impôt sur les sociétés, constituée depuis plus de deux ans, qui détient 100 % de la SAS Atelier. Celle-ci lui verse 140 000 € de dividendes, que Nadia veut investir sans les percevoir.
Sous le régime mère-fille, 5 % du dividende, soit 7 000 €, entrent dans le résultat de la holding : 1 750 € d’impôt au taux normal de 25 %, et 138 250 € à placer. Au taux réduit de 15 %, l’impôt serait de 1 050 €.
Rien n’est dû par Nadia tant que la holding ne distribue rien. Le jour où elle se versera cet argent, le dividende sera taxé à 31,4 % ou au barème : la holding a repoussé l’impôt, et son intérêt tient au rendement de l’argent investi entre-temps, lui aussi imposé un jour.
| Montant | |
|---|---|
| Dividende versé par la filiale | 140 000 € |
| Quote-part de frais et charges imposable (5 %, CGI art. 216) | 7 000 € |
| Impôt sur les sociétés au taux normal (7 000 € × 25 %) | 1 750 € |
| Disponible dans la holding | 138 250 € |
Au taux réduit de 15 % (CGI art. 219), l’impôt serait de 1 050 €. L’impôt personnel ne se déclenche qu’à la distribution par la holding, à 31,4 % ou au barème après abattement de 40 %.
Un autre chemin mène à la holding : apporter les titres de sa société à une holding qu’on contrôle, la plus-value étant placée en report d’imposition, calculée mais non payée (CGI art. 150-0 B ter) ; voir Apport-cession et report d’imposition.
Ce que la holding coûte, et ce qu’elle risque
La première limite est la trésorerie qui dort. Placée sur un compte-titres ou un contrat de capitalisation, elle produit des gains imposés à l’impôt sur les sociétés. Une holding se justifie par un projet d’investissement, pas par le seul report.
La deuxième est le coût de fonctionnement : création, comptabilité commerciale et liasse chaque année, assemblées, conventions pour les flux entre sociétés. Comptez en milliers d’euros par an.
La troisième est l’abus de droit. Une holding sans substance, créée pour un motif principalement fiscal, peut être écartée (LPF art. L64), avec les impôts éludés et, pour l’article L64, une majoration de 80 %, ou 40 % si le contribuable n’a pas eu l’initiative principale des actes (CGI art. 1729). S’y ajoute, pour les holdings de 5 000 000 € d’actifs au moins contrôlées par une personne physique, aux revenus surtout passifs, une taxe de 20 % sur certains actifs non professionnels qu’elle détient, comme les véhicules de tourisme, les bateaux, les bijoux, les vins ou les logements réservés à l’associé (CGI art. 235 ter C) ; les titres et la trésorerie n’y entrent pas.
Holding et transmission : le lien avec le pacte Dutreil
La holding compte au moment de transmettre. Le pacte Dutreil exonère de droits 75 % de la valeur des titres d’une société opérationnelle (CGI art. 787 B) : une holding animatrice y entre en entier, hors ces biens, une holding passive seulement à hauteur de ses titres de la filiale opérationnelle. Depuis la loi de finances pour 2026, une liste de biens qui ne servent pas l’activité (véhicules de tourisme, bateaux, bijoux, vins, logements…) est exclue de l’exonération, et l’engagement individuel de conservation passe à six ans.
La qualité d’animatrice se prouve par des faits. L’article Pacte Dutreil : l’exonération de 75 % expliquée simplement détaille les engagements.
Qui consulter : un expert-comptable pour chiffrer les flux, un avocat fiscaliste pour la substance et le pacte, un notaire dès que la transmission se dessine. La société qui détient un immeuble a son article, SCI familiale : IR ou IS ? ; le guide Chef d’entreprise rassemble les repères du dirigeant.
La page « Votre patrimoine de dirigeant » relie votre entreprise et votre patrimoine privé : la page du projet.
Dans l’application, le parcours « Je comprends une holding » d’Aket Platinum suit, sur vos propres sociétés, les étages de détention, les dividendes entre sociétés, la sortie vers la personne et la dette ; son simulateur « Me payer » chiffre ce qui vous parvient selon la voie choisie.
Ma holding reçoit 180 000 € de dividendes de ma société et je n’en retire rien cette année. Combien d’impôt ?
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Sous le régime mère-fille, 5 % du dividende, soit 9 000 €, entrent dans le résultat de la holding : 2 250 € d’impôt à 25 %, ou 1 350 € si le taux réduit de 15 % s’applique (CGI art. 145, 216 et 219). Vous ne payez rien à titre personnel tant que la holding ne vous distribue rien ; le jour où elle le fera, le dividende sera taxé à 31,4 % ou au barème.
Information générale sur le droit français en vigueur à la date de publication, pas un conseil personnalisé. Les situations et montants des exemples sont fictifs. Pour une décision qui vous engage, consultez un notaire, un avocat ou un conseiller en gestion de patrimoine.
Sources
- Légifrance, CGI art. 145 : le régime des sociétés mères, 5 % du capital et conservation de deux ans
- Légifrance, CGI art. 216 : la quote-part de frais et charges de 5 %, 1 % dans un groupe intégré après plus d’un exercice
- BOFiP, BOI-IS-BASE-10-10-10-20 : les participations éligibles au régime des sociétés mères
- Légifrance, CGI art. 223 A : l’intégration fiscale, la société mère seule redevable pour les filiales détenues à 95 %
- Légifrance, CGI art. 219 : taux normal de 25 % et taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, capital entièrement libéré
- Légifrance, CGI art. 150-0 B ter : le report d’imposition des plus-values d’apport de titres (version en vigueur depuis la loi de finances pour 2026)
- Légifrance, CGI art. 235 ter C : la taxe de 20 % sur certains actifs non professionnels des holdings patrimoniales
- Légifrance, CGI art. 787 B : le pacte Dutreil, la holding animatrice, les sociétés interposées et l’engagement individuel de conservation
- Légifrance, LPF art. L64 A : les actes à motif principalement fiscal écartés par l’administration
- Impots.gouv, Les revenus mobiliers : prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026, option pour le barème et abattement de 40 %


