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La vie à 2

Mariés sans contrat : à qui appartiennent l’épargne, la maison et l’entreprise ?

Par la rédaction d’Aket · publié le

Dans la situation courante d’un mariage soumis au régime légal français de la communauté réduite aux acquêts, un compte à votre seul nom ne signifie pas que tout son contenu vous appartient personnellement. Tout dépend de l’origine des fonds et du moment où ils ont été acquis.

Le nom sur le compte ne suffit pas

Les salaires perçus pendant le mariage et l’épargne constituée avec ces revenus alimentent en principe la communauté. Un livret individuel peut donc contenir une épargne commune. À l’inverse, un bien reçu par succession par un seul époux est en principe propre, même si l’héritage intervient après le mariage.

Acheter ensemble ne règle pas toutes les questions

Nora possède un appartement avant de se marier. Il reste en principe son bien propre. Si des fonds communs remboursent ensuite le capital de son crédit, cela peut créer un compte à régler entre son patrimoine et la communauté, appelé récompense. Cela ne transforme pas mécaniquement le logement en bien détenu à moitié par chacun.

Pour une maison achetée pendant le mariage, un financement issu d’un héritage demande également de la vigilance : son origine et les mentions de l’acte comptent.

L’entreprise demande une lecture particulière

Les droits dans la société et leur valeur dans le patrimoine du couple se distinguent. Le régime matrimonial, les fonds employés et la forme sociale influencent l’analyse. « Je l’ai créée seul » ne suffit pas à conclure que toute sa valeur est propre.

Les actes d’achat, justificatifs de donation et relevés permettent de retracer l’histoire des biens, bien mieux que le seul nom figurant sur un compte.

Un schéma de l’application, gratuit, à manipuler ici.
Une question pour vérifier

Un livret à mon nom contient-il nécessairement de l’argent propre ?

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non.

Information générale sur le droit français en vigueur à la date de publication, pas un conseil personnalisé. Les situations et montants des exemples sont fictifs. Pour une décision qui vous engage, consultez un notaire, un avocat ou un conseiller en gestion de patrimoine.

Sources

Dans l’application

Des questions du quiz sur ce sujet

La vie à 2

Nicolas, 38 ans, marié sans contrat à Élodie, fait virer son salaire sur un compte ouvert à son seul nom. En dix ans, il y a mis 40 000 € de côté. Au moment du divorce, il estime que cette épargne est à lui.

Les 40 000 € du compte de Nicolas lui appartiennent-ils en propre ?

  • Non : cette épargne est commune, moitié chacun
  • Oui, sauf s’il a caché ce compte à Élodie
  • Oui : le compte est à son nom, Élodie n’y a jamais eu accès
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La réponse

Le nom sur le compte dit qui peut signer, pas à qui est l’argent. Chaque époux peut ouvrir un compte seul et y faire ce qu’il veut vis-à-vis de la banque. Mais cela ne change pas la nature de l’argent. Des salaires économisés pendant le mariage sont communs, quel que soit le compte où ils dorment. Au divorce, les 40 000 € se partagent.

C. civ. art. 221 · C. civ. art. 1402 · Cass. 1re civ. 9 juill. 2008

La vie à 2

Sandrine, 44 ans, mariée sans contrat à Thibault, reçoit 50 000 € de la succession de sa mère. Elle s’en sert pour rembourser par anticipation une partie du crédit de leur maison, achetée 250 000 €, frais compris. Dix ans plus tard, ils divorcent : la maison vaut 375 000 €.

Que peut réclamer Sandrine à la communauté au titre de cet héritage ?

  • 50 000 €, la somme qu’elle a versée
  • 75 000 €, sa mise revalorisée comme la maison
  • Rien : l’argent a servi à rembourser une dette du couple
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La réponse

L’héritage n’est pas perdu : il a pris de la valeur avec la maison. L’argent hérité est un bien propre à Sandrine. Quand un bien propre sert à enrichir le pot commun, le pot commun doit une compensation, appelée récompense. Et cette récompense n’est pas figée : comme l’argent a servi à payer la maison, elle suit la valeur de la maison. 50 000 € sur 250 000 €, c’est un cinquième. Un cinquième de 375 000 €, c’est 75 000 €.

C. civ. art. 1433 · C. civ. art. 1469 al. 3 · C. civ. art. 1409